M396 – DU MILIEU D’EUX …

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     « Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? ou quel part a le fidèle avec l’infidèle ? Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un Père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant… » II Cor 6:14-18.

   En parcourant l’histoire du peuple d’Israël, ce ne fut, dès le commencement, qu’une succession d’appels à « sortir du milieu d’eux… » ; que ce « milieu » fût celui d’une nation étrangère, dans laquelle Israël était exilé, menacé dans son existence même, ou celui d’une situation résultant de l’apostasie, dans laquelle le peuple d’Israël était tombé. La stabilité spirituelle d’Israël fut donc au prix d’incessants retours à l’Éternel, et donc au pays promis. Au patriarche Abram, appelé plus tard Abraham, venu d’Ur en Chaldée, puis résidant à Charan : Néh 9:7, l’Éternel dit : « Va-t’en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai… » Gen 12:1. Il est frappant de constater qu’au cours de leur histoire, et ceci jusqu’à nos jours, les Hébreux furent victimes de la persécution, soit individuellement, soit en tant que peuple, et connurent toujours l’errance à diverses périodes. Ceci préfigurait le pèlerinage douloureux des rachetés de Jésus, lesquels, tout en étant «  dans le monde, ne sont pas du monde… » Jean 15:19.

   Ayant donc été choisi, Abraham, par son obéissance, eut pour vocation d’être en bénédiction à toutes les nations, suivant les paroles qui lui furent adressées de la part de Dieu: « Je bénirai ceux qui te béniront, je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi… » Gen 12:3. En même temps, les fils d’Israël reconnaissant « qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre », « montraient par là qu’ils cherchaient une patrie », tout en « désirant une meilleure, c’est-à-dire une céleste… » Héb 11:13-14, 16. En effet, alors qu’ils étaient esclaves dans le pays d’Égypte, le Pharaon lui-même, suite au message de Moïse, leur donna l’ordre de quitter l’Égypte, en disant : « Levez-vous, sortez du milieu de mon peuple, vous et les enfants d’Israël. Allez, servez l’Éternel, comme vous l’avez dit. Prenez vos brebis et vos bœufs, comme vous l’avez dit ; allez, et bénissez-moi… ! » Exo 12:31-32. Pharaon demanda même la bénédiction sur lui, alors que ce fut au milieu de cette même nuit, que « l’Éternel frappa tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, depuis le premier-né de Pharaon assis sur son trône, jusqu’au premier-né du captif dans sa prison, et jusqu’à tous les premiers-nés des animaux… » Exo 12:31.

   Il y eut deux « sorties » capitales d’Israël : la sortie d’Égypte, et la sortie de Babylone selon le cri du prophète Esaïe : « Sortez de Babylone, fuyez du milieu des Chaldéens ! Avec une voix d’allégresse, annoncez-le, publiez-le ; faites-le savoir jusqu’à l’extrémité de la terre, dites : L’Éternel a racheté son serviteur Jacob… » Ésaïe 48:20. Quitter un lieu suppose que l’on laisse derrière soi des choses qui nous sont chères, ou douloureuses, mais lorsque cette nécessité de sortir provient de l’Appel de Dieu, cette perte est compensée sous une autre forme. En effet, les enfants d’Israël, « faisant ce que Moïse leur avait dit, demandèrent aux Égyptiens des vases d’argent, des vases d’or et des vêtements. L’Éternel fit trouver grâce au peuple aux yeux des Égyptiens, qui se rendirent à leur demande.  Et  ils  dépouillèrent  les  Égyptiens… » Exode 12:35-36. Lors de la sortie de Babylone, un édit du roi Cyrus ordonna que « les ustensiles d’or et d’argent de la maison de Dieu, que Nébucadnetsar avait enlevés du temple de Jérusalem et transportés à Babylone, fussent rendus, transportés au temple de Jérusalem à la place où ils étaient,  et déposés dans la  maison de Dieu … » Esdras 6:5. Et même  furent aussi remis entre les mains d’Esdras « l’argent et l’or que le roi et ses conseillers offrirent généreusement au Dieu d’Israël, dont la demeure est à Jérusalem… » Esdras 7:15.

  Cependant, la manière de sortir d’Égypte et celle de sortir de Babylone se firent dans des conditions différentes. Après la sortie des hébreux du pays d’Égypte, Moïse, sur la montagne du Sinaï, proclama ce commandement au peuple, disant : « Pendant la fête (de Pâque), tu ne mangeras pas du pain levé, mais tu mangeras sept jours des pains sans levain, du pain d’affliction, car c’est avec précipitation que tu es sorti du pays d’Égypte : il en sera ainsi, afin que tu te souviennes toute ta vie du jour où tu es sorti du pays d’Égypte… » Deut 16:3. Mais,  concernant la sortie de Babylone, Ésaïe proclama : « Partez, partez, sortez de là ! Ne touchez rien d’impur ! Sortez du milieu d’elle ! Purifiez-vous, vous qui portez les vases de l’Eternel ! Ne sortez pas avec précipitation, ne partez pas en fuyant ; car l’Éternel ira devant vous, et le Dieu d’Israël fermera votre marche… » Ésaïe 52:11-12.Il y eut donc une différence notoire entre la sortie du peuple d’Israël d’Égypte qui se fit « avec précipitation », et la sortie de Babylone qui, à l’inverse, se fit « sans précipitation », l’Éternel lui-même étant à la tête et à l’arrière du peuple en marche.

   L’une des cause de la précipitation résulte du fait que, suite aux plaies sur les habitants du pays, les « Égyptiens pressaient le peuple, et avaient hâte de le renvoyer du pays, car ils disaient : Nous périrons tous. Le peuple emporta sa pâte avant qu’elle ne fût levée. Ils enveloppèrent les pétrins dans leurs vêtements, et les mirent sur leurs épaules… » Exo 12:33-34. La période de servitude d’Israël s’acheva donc par un départ précipité de l’Égypte, afin que, comme Moïse le déclara au peuple : « Tu te souviennes toute ta vie du jour où tu es sorti du pays d’Égypte… » Deut 16:3. Départ précipité, car Dieu connaissait la versatilité, les changements d’attitudes de Pharaon à l’égard des hébreux, ce qui d’ailleurs eut lieu : Exode 14:5. D’où l’engloutissement de Pharaon et de son armée dans les flots : Exode 14:28. Tandis que la sortie des Juifs de Babylone, après un séjour de soixante et dix années, se fit, à l’inverse, « sans précipitation », ceci venant du fait que, contrairement à Pharaon qui les chassa, Cyrus lui-même, le roi de Perse, encouragea les captifs de Juda à revenir à Jérusalem dans le but de  « rebâtir la maison de l’Éternel… » Esdras 1:2-4.

   Lorsque le temps est venu, où une nouvelle étape se présente ou s’impose, nous sommes appelés à sortir de bien des situations ténébreuses ou douloureuses, pour vivre intérieurement dans un espace et dans un « esprit nouveau »… ! Ce que nous quittons nous est connu, mais ce vers quoi nous allons, ou entrons ne l’est pas encore ! Or, l’aspiration spirituelle vers une nouvelle direction est inspirée de la Volonté de Dieu, et non pas de notre propre volonté, sinon la nouvelle étape se révélera stérile ou pire que celle que l’on a quittée ? L’Esprit-Saint donne à l’homme de discerner tout fardeau, dont il s’est  lui-même chargé, ou dont les autres l’ont chargé, tandis que le « fardeau spirituel », parce qu’il vient de Dieu, de son « poids » même découle la force … qui nous aide à le porter !

   Ainsi, les appels des prophètes à Israël de « sortir du milieu des nations… » furent suivi, plus tard, par les appels de Jésus et des apôtres à « sortir » de l’esprit du monde, et à « faire sortir » ce qui, du monde, subsiste encore à l’intérieur de nous… ! D’où l’exhortation de Jésus disant : « il n’est hors de l’homme rien qui, entrant en lui, puisse le souiller ; mais ce qui sort de l’homme, c’est ce qui le souille…Car c’est du dedans, c’est du cœur de l’homme, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie… » Marc 7:15, et 20-22. La nécessité de « sortir du milieu d’eux », comme de nous-mêmes est plus qu’un simple changement de lieu ou de milieu. Car sortir pour le simple fait d’aller ailleurs, sans transformation intérieure, reviendrait à sortir pour un changement qui ne « change » rien ! Lorsque le Saint-Esprit nous appelle à quitter toute « captivité » intérieure, celui-ci opère dans notre être profond, en nous faisant passer de la connaissance par l’Esprit de Jésus, à notre ressemblance, par le même Esprit, avec Lui.