M395 – LE FEU …

Format PDF

      « Car la maison d’Israël et la maison de Juda m’ont été infidèles, dit l’Éternel. Ils renient l’Éternel, ils disent : il n’existe pas ! Et le malheur ne viendra pas sur nous, nous ne verrons ni l’épée ni la famine. Les prophètes ne sont que du vent, et personne ne parle en eux. Qu’il leur soit fait ainsi. C’est pourquoi ainsi parle l’Éternel, le Dieu des armées : parce que vous avez dit cela, voici, je veux que ma parole dans ta bouche soit du feu, et ce peuple du bois, et que ce feu les consume… » Jér 5:11-14.

   Dans Son infinie Sagesse, Dieu se révéla à Ses créatures au travers de la création, ce que proclama le Psalmiste, disant : « Les cieux racontent la Gloire de Dieu, et l’étendue manifeste l’œuvre de ses mains. Le jour en instruit un autre jour, une nuit en donne connaissance à une autre nuit. Ce n’est pas un langage, ce ne sont pas des paroles dont le son ne soit point entendu : leur retentissement parcourt toute la terre, et leurs accents vont aux extrémités du monde… » Ps 29:2-5. L’Esprit prophétique compare l’action de la Parole à celle des choses terrestres, visibles et tangibles, ainsi que le proclama David, décrivant la Parole de Dieu comme étant la « voix qui  retentit sur les eaux… », qui « fait gronder le tonnerre…», qui « brise les cèdres… », qui « les fait bondir comme des veaux…», qui « fait jaillir des flammes de feu … », qui « fait trembler le désert de Kadès… », qui « fait enfanter les biches… », et qui « dépouille les forêts… » Ps 29:3-9. Autant de manifestations des éléments de la nature qui représentent les réalités puissantes de la Parole opérées par l’Esprit-Saint à l’intérieur même de nos vies.

   La dimension, la profondeur, la portée divine des paroles célestes et leur sens divin dépassent les limites de notre compréhension, la capacité de notre entendement. Ceci nous rappelle que sur la montagne de Sinaï, la loi fut promulguée au travers de la « nuée », des « vents », des « tonnerres », des « éclairs », des « flammes », du « tremblement de terre » et du « son de plus en plus retentissant des cors… », au point que le peuple d’Israël, tremblant d’effroi, dit à Moïse : « Parle-nous toi-même, et nous écouterons ; mais que Dieu ne nous parle point, de peur que nous ne mourrions… » Exo 20:19-20. Il s’agit ici des manifestations de la Puissance de la Parole, éclairée par la bouche du prophète, et éclairante suivant la réceptivité spirituelle du peuple de Dieu.

   Il peut paraître étonnant que Dieu dans Son amour pour Son peuple ne se rendît pas plus accessible, afin de l’amener à l’obéissance selon Son Dessein envers lui ! Ce mystère est que l’Amour ineffable de Dieu est aussi ineffable que Dieu Lui-même ! D’où la nécessité des comparaisons et des paraboles contenues dans l’Évangile. Les éléments de la nature ne manquent pas pour décrire la Présence, la Puissance et l’Action de la Parole de Dieu jusqu’à ce « murmure doux et léger… », par lequel Dieu se révéla au prophète Élie dans la caverne lors de sa fuite devant Jézabel : I Rois 19:12. D’ailleurs, le fait que Dieu nous présente Sa Parole comme un « feu » est à ce point évident, que Jésus n’eut pas besoin de nous en convaincre, tant il est dans la nature même de la Parole d’agir à la manière d’un feu dans nos vies. Les apôtres Jacques et Jean l’avaient si bien compris que ceux-ci, au sujet des Samaritains qui ne voulaient pas recevoir leur Maître, dirent à Jésus, dans une intention certes contraire à l’Amour de Dieu : « Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume… ? » Luc 9: 54.

   Nous pouvons comprendre combien la Parole est infiniment puissante, en étant reçue et comprise par l’Esprit sous son aspect de « feu ». En effet, le feu révèle divers aspects de la Parole : dans les ténèbres les plus noires, le feu éclaire le chemin, redonne espoir, réchauffe le cœur, répond à un besoin de sécurité, suscite la confiance. Et ceci  au point que les innombrables interprétations au sujet de la Parole, à commencer par les jours de la création, l’incarnation, la prédestination, l’assurance du salut, le baptême d’eau et de l’Esprit, les dons spirituels, jusqu’aux signes de l’Avènement de Jésus et autres, ces interprétations en viennent à éteindre le « feu » de la Parole, par l’« esprit de doctrine »… ! Car toute  compréhension différente au sujet de la Parole ne saurait en aucun cas devenir une norme unique, imposée à tous implacablement.

   Le Mystère de Dieu est aussi « varié » que l’est « Sa Sagesse elle-même infiniment variée… » Eph 3:10. Sans doute, se demandera-t-on quel rapport y a-t-il entre une vérité érigée en dogme et le « feu » de la Parole ? L’esprit de doctrine se manifeste déjà dans le fait de vouloir « s’approprier » la Parole de Dieu, au point de penser être seul à avoir reçu le sens d’une vérité ou de plusieurs vérités pour se distinguer des autres croyants. Cette façon légaliste d’user de la Parole équivaut à prendre ce « feu » entre ses mains… ! Or, spirituellement, prendre du feu en son sein revient à prendre le risque d’être brûlé ! Car autant il est inefficace de demeurer loin d’un feu, autant il est dangereux de s’en approcher de trop près. Les vérités sont les « flammes » de la Parole, ainsi les vérités vues « de trop près » deviennent, non pas éclairantes, mais éblouissantes et impossibles à regarder au point de rendre aveugle. C’est en ceci le cas du croyant sectaire, qui, en imposant son point de vue ou son interprétation, rend aveugles ses yeux spirituels et consume sa vie intérieure, ainsi que celle des autres. Car il résulte du message du prophète Jérémie que, soit l’âme aspire à être éclairée et devient un « réceptacle » de la Lumière de la Vie, soit, par sa désobéissance, elle devient le « combustible » du feu de cette même Parole pourtant destinée à l’éclairer.

   Jésus dit : « Je suis la Vérité… », qui « vous affranchit… », la vérité nous affranchit parce que  avant d’être une Parole, la vérité est une personne, la Personne de Jésus Lui-même, qui nous  « rend libre… » Jean 14:6, 8:32. Et cet affranchissement fait que nous vivons en Christ et par Lui, en étant « un » avec Lui. Le croyant légaliste fait de la Parole une arme qui, au lieu de trancher tout ce qui est charnel dans l’âme, au contraire, tue ses aspirations spirituelles par une parole impossible à appliquer, car apportée « selon la lettre » et non « selon l’Esprit », qui seul la vivifie. Selon la pensée spirituelle ou humaine, selon la communion avec Jésus ou l’absence de celle-ci, la Parole ainsi apportée fait vivre ou fait périr. Par l’« esprit de doctrine », le croyant fait d’une vérité une norme, une « formule », et sépare ainsi la Parole de la Personne de Jésus, Lequel est la Vie même de Sa Parole. Ainsi, séparer la Parole de la Personne de Jésus, qui lui donne Sa Vie et Son Sens, c’est réduire la Parole à un précepte, certes véridique, mais privée de Sa Puissance vivifiante, au point qu’il est possible d’être spirituellement mort dans ce qui est bibliquement juste.

   Le « feu » divin émet, non pas une « fumée » qui obscurcit, mais la « nuée » au sein de laquelle apparaît la Gloire du Dieu vivant. C’est ici ce que l’on nomme la prédication prophétique de la Parole, qui consiste, non seulement en choses prédites de la part de Dieu, mais par l’intériorité même de Sa Parole apportée sous l’inspiration de l’onction de l’Esprit. A cet égard, l’apôtre Jean, exhortant les croyants à se garder de ceux qui les égarent, écrit : « Pour vous, l’onction que vous avez reçue de lui (Dieu) demeure en vous et vous n’avez pas besoin, qu’on vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, et qu’elle est véritable et qu’elle n’est point un mensonge demeurez en lui selon les enseignements qu’elle vous a donnés… » I Jean 2:27. Une précision ici est nécessaire, en apprenant que « l’onction reçue en nous » fait que « nous n’avons pas besoin que l’on nous enseigne » ne signifie pas que nous n’aurions plus besoin des ministères envoyés de Dieu, mais que, ce que la Parole nous « apprend », l’« onction » en nous nous l’« enseigne » intérieurement ! La Présence de l’onction de l’Esprit en nous est la manifestation de la Présence divine, le souffle de Vie qui nous éclaire et œuvre au-dedans de nous. D’où le témoignage puissant de la Parole du prophète Elie devant le roi Achab et les huit cent cinquante faux prophètes de Baal et d’Astarté, lorsque le feu tomba sur l’autel de l’Éternel aux yeux du peuple d’Israël, devant qui il proclama, disant : « Invoquez le nom de votre Dieu ; et moi, j’invoquerai le nom de l’Eternel. Le Dieu  qui répondra par le feu, c’est celui-là qui sera Dieu… » I Rois 18:24. Que ce soit comme par la puissance du feu ou de toute autre manifestation, l’Action de la Parole est véritable, quand le feu de l’Esprit de Dieu grave en nous les Attributs de Sa Nature divine.