M393 – LES MARQUES DE JÉSUS …

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     « Pour ce qui me concerne, loin de moi la pensée de me glorifier d’autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde. Car ce n’est rien que d’être circoncis ou incirconcis ; ce qui est quelque chose, c’est d’être une nouvelle créature. Paix et miséricorde sur tous ceux qui suivront cette règle, et sur l’Israël de Dieu ! Que personne désormais ne me fasse de la peine, car je porte sur mon corps les marques de Jésus… » Gal 6:14-17.

   Jésus, au cours de Son Ministère, sentit son cœur percé de bien des manières par les affronts et les questions captieuses de ses adversaires, jusqu’à la croix où les outrages redoublèrent : « Il a sauvé les autres ; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ, l’élu de Dieu… », dirent les magistrats. « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même… ! », dirent les soldats  : Luc 23:35, 37. « Il s’est confié en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime. Car Il a dit : Je suis Fils de Dieu… » Matt 27:43, dirent les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens. Ces « clous » invisibles Le percèrent autant que ceux de fer, par lesquels il fut cloué à la croix. Ces paroles haineuses marquèrent son âme aussi profondément que les pointes aiguës qui lui transpercèrent les mains et les pieds. Plus tard l’apôtre Paul, aspirant à ressembler au Sauveur et à Le servir, n’échappa pas aux conséquences d’une vie livrée à Christ, avec les « marques » physiques et intérieures dues aux nombreuses persécutions qu’Il eut à subir.

   Il est rare chez un homme en vue, quel que soit le domaine dans lequel il exerce, de révéler ses pensées et ses sentiments personnels, qui, au lieu de susciter la sympathie peuvent être perçus négativement et le dévaloriser aux yeux des hommes. S’agissant du serviteur de Dieu, tout aveu de tristesse ou de crainte pourrait passer auprès des croyants pour une expression de plainte ou d’un manque de foi inapproprié pour un serviteur de Dieu, ayant reçu une telle vocation. Or l’apôtre Paul, dans l’exercice de son ministère, ne craignit point de mentionner dans ses épîtres, ses souffrances, ses luttes, ses espoirs, ses craintes, ses joies, ses peines, ses larmes, en même temps que ses actions de grâces… ! Un tel exposé de sa propre vie exigea une haute spiritualité, car, au lieu d’une perte éventuelle d’autorité, il en résulta, au contraire, un encouragement, une consolation, un approfondissement pour l’édification des rachetés, qui se nourrirent de ses épîtres, comme de celles des autres apôtres, jusqu’à nos jours. Or, quand cela est possible, les épîtres ne sont pas à lire indépendamment de la vie de ceux qui les ont rédigées. En effet, nous sommes, appelés à connaître la Parole, mais aussi ceux qui l’ont annoncée de la part de Dieu, soit en paroles, soit par écrit, dans la mesure, bien-sûr, où l’Écriture nous rapporte des éléments suffisants de la vie de chacun d’eux.

   Éclairantes sont les paroles que le Seigneur transmit par Ananias à Saul de Tarse, lors de sa conversion et de son appel à Damas, disant : « Va, car cet homme est un instrument que j’ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d’Israël ; et je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom… » Act 9:15-16. Longtemps après avoir reçu son appel, Saul, devenu l’apôtre Paul, écrit aux Colossiens : « Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous ; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair, pour son corps, qui est l’Église… » Col 1:24. De même que Jésus souffrit dans la chair, Paul également souffrit dans la sienne, à la grande différence que les souffrances de Jésus sont rédemptrices pour le salut des hommes, tandis que les souffrances de Paul, provenaient des persécutions subies dans l’exercice de son ministère. Dans ces souffrances étaient incluses les « marques de Jésus » que l’apôtre portait sur son corps en tant que prédicateur de l’Évangile. Nous connaissons les situations heureuses et douloureuses que l’apôtre connut au cours de ses voyages missionnaires, dans lesquels il nous est donné de connaître ses combats. Il est aussi évident qu’il fallut une profonde humilité de la part de l’apôtre pour écrire à Timothée : «… moi, qui était auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent… » I Tim 1:13. Aussi, après avoir été transformé par la Grâce de Jésus-Christ pour être au service de la Parole, et afin d’y persévérer, Paul précisa : « Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, à cause de l’excellence de ces révélations, il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter et m’empêcher de m’enorgueillir. Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m’a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse… » II Cor 12:7-9. C’est ici l’une de ces situations exceptionnelles où « un ange de Satan » sert, en même temps, au Dessein de Dieu dans la vie d’un serviteur, lequel, par l’acceptation même des « marques de Jésus », manifeste donc par son obéissance et dans sa faiblesse la Puissance de Dieu.

   Que l’apôtre Paul portât les « marques de Jésus » sur son corps se comprend d’autant plus qu’il écrit aux Corinthiens : « Trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été lapidé, trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit dans l’abîme… », puis, après une longue énumération de ses souffrances, l’apôtre termine : « Et, sans parler d’autres choses, je suis assiégé chaque jour par les soucis que me donnent toutes les Églises. Qui est faible, que je ne sois faible ? Qui vient à tomber, que je ne brûle… » II Cor 11:25, 28-29. Ces « marques » dans sa chair accompagnèrent celles dans son cœur dues à la persécution de la part des Juifs et des païens, en particulier de la part des « faux frères », ainsi qu’à la tension du combat spirituel qu’il soutenait pour les Églises. C’est en ceci l’état intérieur de tout serviteur de Dieu, qui a reçu l’Appel d’En Haut et accepté de porter sur son corps et dans son cœur les « marques de Jésus ». En tant que rachetés, nous participons tous déjà intérieurement à la mort et à la résurrection de Jésus-Christ dans notre corps, lequel, bien qu’étant « semé corruptible, ressuscite incorruptible ; semé méprisable, ressuscite   glorieux  ;  semé   infirme,   ressuscite   plein  de  force… » I Cor 15:42-43. Aussi l’Écriture nous appelle-t-elle, non à déprécier notre corps, mais à le soumettre et à en prendre soin, étant, en effet, « le temple du Saint-Esprit qui est en nous, et que nous avons reçu de Dieu… » I Cor 6:19.

   Les vérités de la Parole révélées par l’Esprit de Dieu nous introduisent dans les profondeurs divines, dans la dimension spirituelle de l’Incarnation de Dieu en Jésus-Christ. Nous vivons en nous-mêmes la nature spirituelle de cette incarnation dans la relation entre notre propre chair et notre propre esprit. Le fait de considérer ce qui est humain comme étant totalement étranger à l’Esprit de Dieu, nous conduit à méconnaître les éléments, qui constituent notre unicité intérieure, car « l’esprit, l’âme, et le corps… » participent au Salut en Jésus-Christ, chacun en son rang. Certes, nous connaissons en quoi une douleur spirituelle peut affecter notre esprit, nous connaissons aussi en quoi une douleur émotionnelle peut affecter notre âme, de même que nous connaissons en quoi une douleur physique touchant notre corps, peut affecter également notre âme et même notre esprit. Aussi, gardons-nous de faire de subtiles distinctions de ce qui nous constitue, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps soit conservé irrépréhensible, lors de l’Avènement de notre Seigneur Jésus-Christ… ».  I Thess 5:23.

   Lorsque Jésus, aussitôt après Sa résurrection, parla des « marques » de Son Corps, en particulier à Thomas : Jean 20:27, ainsi qu’aux disciples : Luc 24:39, Jésus leur présenta Ses mains, Son côté et Ses pieds. Ainsi, « en portant les marques de Jésus sur son corps… », Paul indiquait l’expérience particulière qu’il fit en Christ : « Pour ce qui me concerne, écrit-il, loin de moi la pensée de me glorifier d’autre chose que de la croix de notre Seigneur-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde… » Gal 6:14. Ayant été régénéré par l’Esprit, le croyant « né de nouveau » participe dès lors de la nature céleste, aussi le monde est-il regardé par lui comme étant crucifié, en ce que les vains attraits de ce monde n’ont pas prise sur lui, pas plus qu’il n’est affecté par « les traits enflammés du malin… » Eph 6:16. En vérité, les « marques » du Seigneur imprimées en nous sont autant d’empreintes, de traits communs avec Lui, lesquels attestent la nature spirituelle de notre appartenance et de notre ressemblance à Jésus.