M389 – CONTRE LES AIGUILLONS …

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    « Comme il était en chemin, et qu’il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Tremblant et saisi d’effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire. Les hommes qui l’accompagnaient demeurèrent stupéfaits ; ils entendaient bien la voix, mais ils ne voyaient personne. Saul se releva de terre, et, quoique ses yeux fussent ouverts, il ne voyait rien ; on le prit par la main, et on le conduisit à Damas. Il resta trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but… » Act 9:1-9.

   Avant de devenir « Paul, apôtre de Jésus-Christ… », ainsi qu’il se présenta plus tard en tête de ses Épîtres, Saul de Tarse était l’instrument le plus efficace de la part du sanhédrin contre « les partisans de la nouvelle doctrine… », désignant par là ceux qui avaient cru en Jésus-Christ. Un tel acharnement à arrêter des hommes et des femmes, afin qu’ils fussent livrés à l’autorité religieuse, révélait en Saul une propre assurance quant à sa certitude dogmatique d’ « être dans le vrai », conviction qu’il voulait démontrer par l’anéantissement de ceux qu’il persécutait. Or, Dieu prépare dans l’invisible Ses Interventions envers ceux qu’Il appelle selon Ses Desseins. Saul de Tarse était loin de penser que son voyage à Damas allait être le dernier avec l’esprit d’hostilité, dans lequel il l’avait entrepris. Avec l’homme au caractère entier, absolu, aussi bien dans le domaine religieux que dans la vie personnelle, Dieu agit souvent soudainement et fortement. Car celui qui agit avec violence dans sa conviction religieuse est à première vue sincère, mais d’une sincérité obscurcie par sa doctrine, laquelle était, pour Saul, plus forte même que la voix de sa conscience. L’apôtre Paul n’exposa-t-il pas lors de sa défense, devant le roi Agrippa : « Pour moi, j’avais cru devoir agir vigoureusement contre le nom de Jésus de Nazareth. C’est ce que j’ai fait à Jérusalem. J’ai jeté en prison plusieurs des saints, ayant reçu ce pouvoir des principaux sacrificateurs, et, quand on les mettait à mort, je joignais mon suffrage à celui des autres… » Act 26:9-10. C’est là cette sincérité non éclairée que l’on prend, par erreur, pour une conviction spirituelle, alors qu’elle n’est qu’une manifestation de la propre assurance.

   Tandis que Saul était en chemin avec de sombres desseins, voici qu’ « une lumière venant du ciel, et dont l’éclat surpassait celui du soleil… » Act 26:13, le rendit aveugle, à l’image des sentiments meurtriers qu’il nourrissait à l’encontre des disciples du Seigneur. Tout en sachant ce qu’il avait projeté de faire à Damas, Saul, ébloui par cette Lumière d’En Haut, en fut réduit à dire à Jésus : « Que veux-tu que je fasse… ? ». Alors qu’il se rendait en Syrie avec l’intention d’arrêter les croyants qu’il y trouverait, Saul se retrouva donc à Damas pendant trois jours et trois nuits dans une cécité totale. Or, dans sa nuit intérieure, il n’eut pour seul recours que la prière, dans laquelle il vit en vision un homme : Ananias venant lui imposer les mains, afin qu’il recouvrât la vue et fût rempli du Saint-Esprit. Cet Ananias reçut une vision de Dieu, dans le même temps que Saul reçut la sienne, et lui enjoignant d’aller auprès du futur apôtre, afin de lui faire connaître l’Appel du Christ au ministère pour les fils d’Israël et parmi les nations : Act 9:17. Il est frappant de relever les Interventions successives de la Puissance de Dieu envers Saul de Tarse, lequel, passant de ses ténèbres intérieures à la Lumière céleste, connut la cécité surnaturelle, dans laquelle il reçut l’Appel d’En Haut. Jusqu’alors inconnus l’un de l’autre, les visions de Saul et d’Ananias firent qu’ils se rencontrèrent. De telles manifestations de l’Appel d’En Haut, faisant d’un « Saul de Tarse » un « Paul serviteur de Dieu » ne pouvaient qu’annoncer un ministère puissant…, mais à quel prix !

   Il est frappant de relever que la persécution ne touche pas seulement les croyants, mais aussi Jésus Lui-même, qui nous a rachetés : Act 9:4. Il ne nous est pas donné de savoir en quoi consiste le « ressenti » de Jésus en tant que Ressuscité en rapport avec la persécution des rachetés…, si ce n’est de nous faire connaître que Christ n’est point indifférent aux souffrances subies par ceux qui L’ont reçu comme Sauveur et Seigneur. D’ailleurs, l’apôtre Paul n’écrit-il pas aux Corinthiens  : « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui… » I Cor 12:26. De même, l’auteur de l’Épître aux hébreux écrit : « Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers ; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans un corps… ? » Héb 13:3. Une des consolations au sein de la persécution est que les souffrances sont fructueuses, mais, à cause de la frayeur et de la douleur, les persécutés ne peuvent en prendre conscience que plus tard. Ainsi, les épreuves révélèrent l’authenticité de l’Appel de Dieu dans la vie de Paul, et confirmèrent le message du Seigneur, lui disant : « Et je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon Nom… » Act 9:26.

   Il est bon de rappeler que l’aiguillon était alors un bâton d’une certaine longueur, taillé en pointe ou muni d’un embout métallique pointu, dans le but d’aiguillonner les animaux, notamment les bovins, suivant la volonté du gardien du troupeau. Ainsi, un léger coup de pique était donné d’un côté ou de l’autre pour remettre l’animal dans les rangs, afin de le faire avancer dans la direction voulue. Dans la mesure où l’animal était indocile, il en ressentait d’autant plus la douleur, qui lui intimait d’« obéir » ! Ainsi, le croyant en vient parfois à ne pas comprendre certaine situations difficiles, de connaître même certaines souffrances, comme si le Seigneur était « dur et sévère » envers lui. Or, ce n’est jamais Dieu qui fait souffrir, mais bien plutôt le croyant indocile qui lui « résiste », en ne voulant pas comprendre, ou répondre à la « pression » au-dedans de lui de l’Esprit-Saint, dont le seul but est de le diriger dans le chemin de la Vie. C’est donc par sa propre désobéissance, que le croyant se blesse lui-même, ainsi que l’écrit le sage : « La résistance des stupides les tue…. » Prov 1:32.

   En déclarant à Saul de Tarse qu’il lui serait « dur de regimber contre les aiguillons… », Jésus savait à quel type d’homme Il avait à faire. En effet, Saul manifesta son zèle pour défendre la vérité de la manière qu’il pensait juste à ses yeux, comme il le déclara devant le roi Agrippa : «… J’avais cru devoir agir vigoureusement contre le nom de Jésus-Christ… » Act 26:9. Ainsi, le zèle poussé à l’extrême entraîne à commettre des actes répréhensibles, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul à Timothée : « Je rends grâces à celui qui m’a fortifié, à Jésus-Christ notre Seigneur, de ce qu’il m’a jugé fidèle en m’établissant dans le ministère, moi qui était auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Mais j’ai obtenu miséricorde, parce que j’agissais par ignorance, dans l’incrédulité… » I Tim 1:12-13. Les « aiguillons », dont parle Jésus, produisent une faiblesse constante, nous maintenant dans un besoin spirituel permanent et disposant ainsi notre esprit à recevoir le discernement spirituel, qui éclaire notre obéissance.

   L’ « aiguillon » se manifeste de même spirituellement par le « toucher », c’est-à-dire par  l’inspiration de l’Esprit, par laquelle le racheté du Seigneur reçoit l’empreinte de la Direction de Dieu. Relatant ses voyages missionnaires, l’apôtre écrit : « Ayant été empêchés par le Saint-Esprit d’annoncer la Parole dans l’Asie, ils traversèrent la Phrygie et le pays de la Galatie. Arrivés près de la Mysie, ils se disposaient à entrer en Bithynie ; mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas. Ils franchirent alors la Mysie, et descendirent à Troas. Pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien lui apparut, et lui fit cette prière : Passe en Macédoine, secours-nous…Act 16:5-9. Le désir de répandre la Parole de Dieu brûlait tel un feu incandescent dans le cœur de l’apôtre et de ceux qui l’accompagnaient. Cependant l’Esprit-Saint qui « les empêcha » d’annoncer la Parole en Asie était le même qui « ne leur  permit pas » d’entrer en Bithynie ! Et ce fut encore à partir d’une vision reçue par Paul, que, de Troas où ils étaient descendus, Dieu les envoya en Macédoine. En vérité, chaque direction, chaque étape, chaque changement spirituels venus de  Dieu dans nos vies sont autant de coups d’ « aiguillon » de la part de l’Esprit, qui, sans qu’il soit besoin de nous « blesser », suffisent à ce que nous soyons éclairés et guidés par la Volonté de Dieu, Lequel accomplit Ses Desseins en nous et, par nous, envers ceux qu’Il appelle.