M388 – DANS LES LIEUX CÉLESTES …

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     «  Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c’est par Grâce que vous êtes sauvés) ; il nous a ressuscités ensemble, et nous fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie grandeur de sa Grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ… » Eph 2:1-7.

   L’Écriture ne cesse de nous exhorter à regarder en haut, à lever nos regards vers les « lieux célestes ». L’histoire des hommes nous montre que chaque génération a décrit sa propre situation comme étant la plus difficile entre toutes. Aussi, le fait de lever les yeux vers le ciel a t-il été regardé  comme une occupation sans rapport avec les difficultés de la vie, comme une échappatoire devant la dureté de l’existence. Or, le discernement de l’Esprit nous aide à voir dans l’invisible ce qui cause le désordre, la dépravation, la souffrance, l’injustice, malgré le désir sincère de certaines personnes de tenter d’y remédier, mais parfois sans le Secours d’en Haut. L’Écriture, en effet, nous révèle que les offenses et les péchés ont une répercussion dans l’invisible, d’où procède la puissance nuisible qui entraîne les hommes à « marcher selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion… » Eph 2:2.

   Les « lieux célestes », plus qu’une distance, qu’un espace au-dessus de nous, sont une dimension spirituelle dans laquelle nous vivons notre vie intérieure, ce que l’apôtre Paul expose, et ce à quoi il nous exhorte, en écrivant : « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. Quand Christ, votre vie paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire… » Col 3:1-4. Les croyants charnels ne pouvant discerner les Réalités célestes, leur action et leur efficacité en ce monde les amènent, parfois, à utiliser les moyens mêmes de ce monde. Or, s’agissant des « lieux célestes », l’Esprit-Saint nous appelle à une dimension spirituelle, non pas « horizontale», humaine, mais « verticale », par l’Esprit dans le combat de la prière. L’Ecriture nous en révèle le Principe divin au travers du songe que reçut Jacob, qui fut à la base de sa vocation dans le Dessein de Dieu : « Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle. Et voici, l’Éternel se tenait au-dessus d’elle ; et il dit : Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham, ton père, et le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle  tu  es  couché,  je  la  donnerai  à  toi  et  à  ta  postérité… » Gen 28:12-13. Plus tard, Jésus Lui-même, s’adressant à Nathanaël après que celui-ci L’eut reconnu comme « Fils de Dieu » et « Roi d’Israël », lui dit : « Parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier, tu crois : tu verras de plus grandes choses que celles–ci. Et il lui dit : En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges monter et descendre sur le fils de l’homme… » Jean 1:50-51.

   Il ressort des Paroles de Jésus, que les allées et venues des anges ne se produisent pas comme l’homme le pense. En effet, dans les deux cas, il nous est précisé que les anges, non pas descendaient du ciel et y remontaient, mais d’abord « montaient » au ciel et en « descendaient… ». Les anges, dit l’Écriture : « Ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut… ? »  Héb 1:14. Le fait de venir d’auprès de Dieu, attesta la vision reçue par Jacob, qui devint « Israël », la nation porteuse de la Promesse du salut pour le monde, ce que Jésus accomplit par Sa Naissance, Sa Vie, Sa Crucifixion, Sa Résurrection et Son Ascension auprès de Dieu dans les cieux. Dès lors, la vie intérieure du racheté est vécue à l’exemple du « mouvement » des anges, par les prières qui s’élèvent de son cœur et par les exaucements qui, d’en haut, lui répondent. Car, ce qui est immuable en Dieu n’est pas immobile, à l’exemple des anges « qui montent et descendent… », et nous fait pénétrer dans cette vérité de l’Écriture, disant : « l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu… » I Cor 2:10. En fait, la vie intérieure de l’enfant de Dieu est sans cesse animée, faite de mouvements continuels, signes de la Présence en lui de l’Esprit de Vie venant de Dieu.

  Toute œuvre spirituelle qui se manifeste visiblement a donc été préparée dans l’invisible. Ce qui est reçu ne peut être que durable, puisque découlant de la Nature éternelle de Dieu, qui a le Pouvoir d’introduire le racheté dans l’éternité, lequel en a déjà reçu les prémices par l’Esprit, en étant « né de nouveau » Jean 3:3. En effet, seul ce qui préexiste dans le ciel est à même de s’accomplir sur la terre, dans le cœur du croyant et en ce monde. Et ceci a été rendu manifeste par notre Sauveur, qui, après « nous avoir ressuscités ensemble, nous a fait asseoir ensemble avec lui dans les lieux célestes… ». Or, ces « lieux » sont spirituellement aussi vastes à l’intérieur de nous qu’ils le sont dans les cieux. Tout en étant en ce monde, nous demeurons spirituellement dans lieux célestes, et avec les choses célestes qui y habitent par notre communion avec Christ, choses vers lesquelles notre aspiration spirituelle nous élève, et à laquelle l’Esprit répond par la Plénitude d’En Haut.

   Jésus, s’entretenant avec Nicodème, le docteur de la loi, lui dit : « Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes. Personne n’est monté au ciel si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel… » ! Jean 3:12-13. Ici encore, nous nous trouvons devant une Parole de Jésus, qui échappe à la compréhension de l’intelligence humaine. En effet, il ressort de ces Paroles que « personne n’est monté au ciel… », si ce n’est Jésus, qui, tout tant en « étant descendu… », est encore « dans le ciel… » ! Comment donc le Fils de l’homme peut-il être, en même temps, dans le ciel, descendu du ciel et toujours dans le ciel… ? Ce qui nous apparaît contradictoire manifeste la Richesse et la Profondeur de la Dimension infinie de l’Esprit de Dieu, qui nous révèle que la cause spirituelle qui produit l’effet, fait que l’effet produit, à son tour, la cause d’une vision nouvelle… !

   Alors que dans le lieu très saint « le souverain sacrificateur seul entrait une fois par an, non sans y porter du sang qu’il offrait pour lui-même et pour les péchés du peuple… Héb : 9:7, Jésus « entra, une fois pour toutes, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle… » Héb 9:12. Cependant, dit l’Écriture : « Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu… » Héb 9:24. Par ces paroles, nous apprenons que, non seulement Jésus entra dans le ciel, mais qu’Il nous y a aussi introduits nous-mêmes, ainsi que le dit l’Écriture : « Nous avons, au moyen du sang de Jésus une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, de sa chair… » Héb 10:20-21. Jésus-Christ entra donc une fois pour toutes dans le lieu très saint, ainsi que nous-mêmes, d’où les racines de notre foi, plongées, non point en le monde, mais dans les cieux, et qui est « cette espérance que nous possédons comme une ancre de l’âme sûre et solide, qui pénètre au-delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme précurseur… » Héb 6:19-20. Et cette espérance « qui nous est réservée dans les cieux … » Col 1:5, est fixée au-delà, non pas du voile du sanctuaire terrestre, mais de celui du sanctuaire céleste, et cela au travers du voile de notre propre chair « ôté par Jésus-Christ… » II Cor 3:16. Aussi est-ce en voyant intérieurement Jésus, que nous voyons en Lui ce que nous sommes devenus par Sa Grâce.

   Admirable cette vérité de la Parole que l’Esprit-Saint inspira, en ce que Dieu nous a « ressuscités ensemble », et non pas dispersés, et qu’Il nous a fait « asseoir ensemble » et non pas séparément les uns des autres. L’Église de Jésus-Christ est une ici-bas, parce qu’elle est une dans les cieux. En fait, beaucoup œuvrent en vue de l’unité des croyants avec la meilleure volonté et la plus sincère intention ; or, dans les lieux célestes existe déjà cette unité spirituelle et éternelle. Car les retours successifs à la Parole de Dieu dans tous les temps ont répondu à l’aspiration des cœurs fidèles, aspiration suscitée par la révélation même de cette Parole ! Autant de réveils de la part de l’Esprit de Dieu, que nul ne doit et ne peut s’approprier, et qui donc manifestent, non point une  « dislocation » du Corps de Christ, mais l’infinie richesse spirituelle de celui-ci à l’image de « la Sagesse infiniment variée de Dieu… » Eph 3 :10. Ainsi, en étant « assis dans les lieux célestes avec Christ… », nous demeurons spirituellement debout dans l’indivisible Grâce de l’Amour de Dieu.