M387 – UNE GÉNÉRATION MÉCHANTE ET ADULTÈRE …

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     « Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens prirent la parole, et dirent : Maître, nous voudrions te voir faire un miracle. Jésus leur répondit : Une génération méchante et adultère demande un miracle ; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui de Jonas. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. Les hommes de Ninive se lèveront au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu’ils se repentirent à la prédication de Jonas ; et voici il y a ici plus que Jonas. La reine du midi se lèvera, avec cette génération et la condamnera, parce qu’elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon ; et voici, il y a ici plus que Salomon… » Matt 12:38-42.

    À la demande des scribes et des pharisiens, la réponse de Jésus put paraître tranchante, sachant qu’Il était en mesure d’accomplir le miracle. Mais l’esprit dans lequel celui-ci était demandé n’était pas du même Esprit que celui par lequel Jésus manifestait les miracles, et les pharisiens n’étaient donc pas en état d’en recevoir la signification spirituelle. En effet, Jésus accomplissait des miracles, non seulement pour confirmer qui Il était, mais aussi pour révéler ceux qui croiraient à la prédication de Sa Parole que les signes attestaient. Mais l’être humain est ainsi fait, lorsque Jésus ne faisait pas de miracles, certains parmi les juifs les lui réclamaient, afin de croire en lui, et lorsqu’Il les manifestait, ces mêmes Juifs ne croyaient pas davantage, alléguant qu’Il les chassait au nom de « Béelzébul, le prince des démons… »  Matt 12:24. En fait, l’animosité des Juifs, en particulier des chefs religieux, découlait de la jalousie, car c’était leur influence et leur pouvoir sur le peuple, qui étaient menacés par les manifestations puissantes de Jésus. Aussi, n’ayant pu prendre Jésus en défaut ou contredire l’Autorité de Son Enseignement, les pharisiens s’en prirent à Sa Personne en ne Le reconnaissant pas comme étant « Fils de Dieu » et « Fils de l’homme », et cet esprit d’opposition s’est manifesté jusqu’à ce jour. 

  S’agissant de mettre en lumière qu’Il était Celui que les prophètes avaient annoncé, Jésus éclaira le peuple en ce qui Le concerne, en se référant à des figures marquantes des Écritures, tels que le prophète Jonas et la reine de Séba : I Rois 10:1. Jésus donc mit l’accent sur les habitants de Ninive, ville qui jetait l’effroi alentour, et dont personne alors ne se serait attendu qu’elle pût revenir de sa mauvaise voie. Aussi, lorsque toute la ville et même le roi se repentirent, Jonas, au lieu de s’en réjouir et de louer l’Éternel, en fut irrité. Avant ces événements, Jonas avait fui pour ne pas aller prêcher la repentance aux Ninivites. Or, une tempête se déchaîna, et, désigné par le sort, les marins le jetèrent à la mer, Jonas passa trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson pour être ensuite rejeté sur le rivage, afin d’obéir à l’Appel de Dieu : Jonas 1-4. Jésus présenta cet événement comme préfigurant les trois jours et les trois nuits du temps passé, de la mise au tombeau jusqu’au matin de Sa résurrection. Pour ce qui est de la reine de Séba, déjà comblée de biens et d’honneurs dans son pays parmi ses sujets, celle-ci manifesta une admiration sans borne, non seulement à la vue des richesses du roi Salomon, mais encore à l’écoute de sa sagesse. Sagesse d’en haut qui, en éclairant son âme, l’introduirait au « dernier jour » dans le « Royaume des cieux », parmi les patriarches, les prophètes, les rois pieux et les justes, et où afflueront, non seulement les élus d’Israël, mais aussi tous ceux d’entre les nations qui, à l’exemple de cette reine, auront reçu la Parole vivifiante de Dieu.

  Jésus rappela aux Juifs le divin héritage du don de la loi. Il leur montra le privilège d’avoir été appelé à recevoir le Messie annoncé selon le Dessein de Dieu, ainsi qu’aux nations selon ce même Dessein. Ce que Jésus attesta par cette déclaration en rapport avec Lui-même, disant : « Et voici, il y a ici plus que Jonas… », et encore : « il y a ici plus que Salomon… ». Ce qui signifie que l’âme qui écoute véritablement avec un cœur ouvert « la loi, les prophètes et les psaumes… », se trouve déjà dans la disposition de recevoir Celui qui était l’objet de l’attente des prophètes, qui, dit l’Écriture, en « sondèrent l’époque et les circonstances marquées par l’Esprit de Christ qui était en eux… » I Pier 1:1. Christ était plus « grand » que Jonas et que Salomon, parce qu’Il était, non seulement « avant » eux, mais, déjà prophétiquement, par Son Esprit dans les prophètes, par lequel ceux-ci discernèrent les temps des Accomplissements de Dieu.  

  Ainsi, toute âme recevant la Pensée de l’Esprit ne peut qu’être introduite dans la Parole de Dieu et dans ce qu’elle annonce. Car ce fut à un peuple préparé par les prophètes, jusqu’à Jean-Baptiste, que Jésus apporta la Parole. D’où vint donc que Jésus dut appeler sa génération, en particulier le collège des anciens des Juifs, une « génération méchante et adultère… » ? Il y a lieu de savoir que le sens spirituel des Écritures nomme « méchanceté » la fausse piété aussi bien que l’impiété, de même l’infidélité est considérée comme un « adultère » spirituel en ce qui concerne le croyant qui suit la tradition, c’est-à-dire, les interprétations ajoutées par les hommes et regardées presque à l’égal de la Parole même. Or, l’esprit légaliste et dogmatique a pour effet de figer la Parole, faisant des vérités des vases intérieurement vides, et, même si parfois la parole apparaît juste quant à la forme, elle n’en est pas moins falsifiée quant au fond, transmettant ainsi la mort spirituelle.

  Les prières qui expriment les besoins légitimes sont entendues de Dieu, mais il est des besoins dont nous ne sommes pas conscients, et que Dieu considère comme prioritaires. Ceci peut expliquer l’absence de l’exaucement de certaines prières, non par manque de foi, mais de discernement, afin de connaître les vrais sujets de prières inspirées de l’Esprit. Le danger est que l’impatience de la chair pousse le croyant à rechercher des réponses par diverses méthodes, parfois  en dehors de Jésus et de la Parole. Nous retrouvons ici cette « génération méchante et adultère » dénoncée par Jésus, qui nous rappelle cette parole de l’Éternel, au travers du prophète Jérémie,  adressée à Israël : « Je disais : Tu m’appelleras : Mon père ! Et tu ne te détourneras pas de moi. Mais, comme une femme est infidèle à son amant, ainsi vous m’avez été infidèles, maison d’Israël, dit l’Éternel… » Jér 3:20. Certes, les croyants religieux se réclament toujours de Dieu et de la Parole, et, cependant, une apostasie se manifeste, non pas déclarée, visible, mais sournoise, appelée « apostasie douce », qui insensiblement conduit dans la voie de la mort. Et ce qui y conduit, ce ne sont pas seulement les traditions faites de règles et de préceptes tirés de la Parole, mais l’« esprit malin », Satan, venu du fond des âges dans le but de séduire et de dominer les croyants en s’opposant à Jésus-Christ, qui est le « Chef de l’Église » Eph 5:23 ; ce qu’il fit déjà lorsqu’il tenta de « monter au ciel », d’« élever son trône au-dessus des étoiles de Dieu » et de « s’asseoir sur la montagne de l’assemblée de Dieu… » Ésaïe 14:13.

  Ce constat révèle que le fait d’abandonner l’Éternel en transgressant les commandements de Sa Parole revient donc spirituellement à se prostituer. C’est dans une telle situation que l’Éternel appela Osée comme prophète, d’une manière qui demeure unique et exceptionnelle dans les Écritures, en lui faisant porter l’opprobre même de la décadence du peuple, en disant : « Va, prends une femme prostituée et des enfants de prostitution ; car le pays se prostitue, il abandonne l’Éternel… » Osée 1:2. L’impiété des habitants d’Israël, comme l’apparence de la piété, était à ce point criante, qu’elle dût être mise sous leurs yeux en la personne même du prophète, afin de tirer Israël de ses ténèbres, de sa torpeur et de son impénitence, afin de l’amener à la repentance dans les larmes, et qu’il revînt à Celui qui juge, mais qui aussi pardonne.

  L’Écriture compare la Sagesse divine à une femme vertueuse, pure et chaste, à laquelle le croyant est appelé à être fidèle, c’est-à-dire, à posséder les mêmes vertus. Le croyant est appelé à être un « époux » fidèle habité par la foi, par la vraie piété qui s’attache à la Parole, et qui aspire à lui ressembler, c’est-à-dire, à Jésus Lui-même, au point, s’il le faut, en « résistant jusqu’au sang, en luttant contre le péché… » Héb 12:4. Ce à quoi l’Écriture nous exhorte, en disant : « Acquiers la sagesse, acquiers l’intelligence ; n’oublie pas les paroles de ma bouche, et ne t’en détourne pas. Ne l’abandonne pas, et elle te gardera ; aime-là, et elle te protégera… Exalte-la, et elle t’élèvera ; elle fera ta gloire, si tu l’embrasses… » Prov 4:5-6, 8. Ces Paroles révèlent la disposition spirituelle du racheté né de nouveau, dont le cœur ne peut qu’accueillir les Desseins de Dieu, qui correspondent à l’empreinte de son cœur, imprimée intérieurement par son ardente aspiration même à les recevoir.