M381 – DIEU N’A PAS HONTE …

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     « C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais maintenant, ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité. … » Héb 11:13-16.

   L’Écriture révèle la foi qui traverse les siècles, ainsi que l’écrit Jude : « Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes… » Jude 1:3. Quelle que soit la diversité des croyants et des temps, de génération en génération, c’est la même foi en tous, et en particulier reçue de la part de Dieu, et cette foi persévère envers et contre tout. L’Écriture déclare au sujet des anciens : « C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre… » Héb 11:13. Accomplissant le Dessein de Dieu et en dépit de  leur faiblesse, les patriarches, les prophètes et les justes vécurent dans la foi des circonstances les plus diverses. Au prophète Moïse, contemplant du haut du Pisga la terre promise, l’Éternel Dieu dit : « C’est là le pays que j’ai juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob, en disant : Je le donnerai  à ta postérité. Je te l’ai fait voir de tes yeux ; mais tu n’y entreras point… » Deut 34:4. Moïse, en effet, frappa de son bâton le rocher qui donna ses eaux, au lieu seulement de lui parler comme Dieu le lui avait ordonné : Nomb 20:10-11. Or, « voir » dans la foi, même de loin, sans posséder encore, revient à appartenir spirituellement à ce qui a été vu ou promis, et si ceci ne l’est pas sous une forme visible, cela le sera sous une forme invisible, selon que le dit l’Écriture : « Tous ceux-là, à la foi desquels il a été rendu témoignage, n’ont pas obtenu ce qui leur était promis. Dieu ayant en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu’ils ne parvinssent pas sans nous à la perfection… » Héb 11:39-40. Le fait pour eux de ne pas avoir obtenu les choses promises se révéla être pour nous une grâce au sujet de ce « quelque chose de meilleur… »  à recevoir en Christ, et pour nous comme aussi pour eux avec nous.

   Dans le passage cité, la foi concerne, non seulement ceux qui l’ont reçue, mais avant tout Celui qui nous l’a donnée. En effet, non seulement les anciens obtinrent un « témoignage favorable » aux yeux de Dieu : Héb 11:2, mais l’Écriture déclare que « Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu,  car  il  leur  a  préparé  une  cité… » Héb 11:16. « Dieu n’a pas honte… », cette Parole que l’Esprit inspira à l’auteur de l’Épître est frappante, car nous aurions mieux compris qu’elle fût adressée aux croyants plutôt qu’à Dieu, car l’attitude d’avoir, ou de ne pas avoir « honte » est une attitude concernant davantage l’homme que Dieu Lui-même. Cependant, il est de la Sagesse divine de révéler dans notre langage les divines Pensées et les Sentiments qui habitent le Dieu Très-Saint. Dieu nous a faits à Son Image, et, en cas de désobéissance ou d’ignorance de Sa Volonté, Son Amour n’en est pas pour autant altéré, au point même de déclarer par le prophète Samuel, à qui le peuple d’Israël demandait instamment un roi « comme chez toutes les nations… » : « Écoute la voix du peuple dans tout ce qu’il te dira ; car ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux. Ils agissent à ton égard comme ils ont toujours agi depuis que je les ai fait monter d’Égypte jusqu’à ce jour ; ils m’ont abandonné, pour servir d’autres dieux… » I Sam 8:7-8. Et Dieu, tout en exerçant Sa Justice, n’en accomplira pas moins ses Desseins envers Son Peuple.

   Nous sommes conscients d’éprouver quelque honte de ne pas être tels que notre Seigneur voudrait que nous soyons. Or, dans le cas cité, c’est Dieu Lui-même qui n’a pas honte, c’est-à-dire, qui s’honore de « voir » Son peuple rendu parfait plus par Sa Clémence envers lui, que par l’obéissance de celui-ci à Sa Volonté. Certes, comme le peuple d’Israël, nous ne sommes pas parfaits, mais Dieu nous voit parfaits, et si nous ne pouvons en effet contempler Dieu, voilés que nous sommes par notre imperfection, Dieu nous voit parfaits au travers du Sang de Son Fils qui nous a purifiés et délivrés ! Ce « ressenti » de Dieu, dans Sa relation avec les hommes, s’exprima également par le prophète, par lequel Dieu, s’adressant au peuple d’Israël, dit : « … Je ne t’ai point tourmenté pour des offrandes, et je ne t’ai point fatigué pour de l’encens. Tu n’as pas à prix d’argent acheté pour moi des aromates, et tu ne m’as pas rassasié de la graisse de tes sacrifices ; mais tu m’as tourmenté par tes péchés, tu m’as fatigué par tes iniquités… » Ésaïe 43:23-24. Dieu « tourmenté par les péchés… », « Fatigué par les iniquités… » de Son peuple ! C’est en ceci la preuve que Dieu n’est pas impassible envers Ses créatures jusqu’à nous, au point d’envoyer Son Fils bien-aimé mourir pour notre salut.

   Avant tous les commentaires et toutes les interprétations sur Dieu, Jésus nous éclaira toutes choses lors de Son entretien avec la Samaritaine près du puits, et à laquelle Il  dit : « L’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité… » Jean 4:23-24. C’est ici, de manière condensée, la « Théologie » de Jésus sur Dieu, Son Père et notre Père. Il ressort de cette déclaration de Jésus que Dieu est « Autre », parce que « plus » qu’une Personne, c’est-à-dire « autre que ce que notre pensée humaine conçoit comme étant une personne. L’Essence de Dieu est d’être « Esprit… », dit Jésus, et si nous voulons connaître Dieu en Personne, c’est bien en la Personne de Son Fils venu parmi nous, ainsi que l’annonça le prophète Ésaïe : « Voici la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous… » Matt 3:23. Dans la première alliance, Dieu exprima donc tous les « sentiments » qu’Il manifestera dans la seconde Alliance par Son Incarnation en Jésus, Son « Fils unique », en tant que « Fils de l’homme ».

   Appelé par Balak, le roi de Moab, afin de maudire Israël après sa sortie du pays d’Égypte, le prophète Balaam dit de la part de l’Éternel : « Il n’aperçoit point d’iniquité en Jacob, il ne voit point d’injustice en Israël ; l’Éternel, son Dieu, est avec lui, il est son roi, l’objet de son allégresse… » Nomb 23:21. Comment Dieu, au regard duquel aucune imperfection n’échappe, peut-il voir Son peuple parfait ? Et ceci d’autant plus que, peu après ces événements, l’Écriture rapporte que « le peuple commença à se livrer à la débauche avec les filles de Moab. Elles invitèrent le peuple aux sacrifices de leurs dieux ; et le peuple mangea, et se prosterna devant leurs dieux. Israël s’attacha à Baal Peor, et la colère de l’Éternel s’enflamma contre Israël… » Nomb 25:1-3. Nous retrouvons donc en d’autres circonstances cette Attitude de part de Dieu exprimée par le prophète Ézéchiel, disant : « Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Ce n’est pas à cause de vous que j’agis de la sorte, maison d’Israël ; c’est à cause de mon saint nom, que vous avez profané parmi les nations où vous êtes allés. Je sanctifierai mon grand nom, qui a été profané parmi les nations, que vous avez profané au milieu d’elles. Et les nations sauront que je suis l’Éternel, dit le Seigneur, l’Éternel, quand je serai sanctifié par vous sous leurs yeux… » Ézé 36:22-23. L’Éternel s’était attaché à Son peuple, au point que même si celui-ci n’était pas digne de Son Amour, Dieu n’en effaçait pas moins ses transgressions, non seulement par amour pour Son peuple, qui n’en était pas digne, mais « par amour pour Lui-même… », déclarant par le prophète : « C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, et je ne me souviendrai plus de tes péchés… » Ésaïe 43:25. Et cet Amour de Dieu « pour Lui-même », en relation avec Son peuple, consiste en ce « sujet de gloire » de « n’avoir point honte d’être appelé leur Dieu… », et ceci, en revêtant de Sainteté Son peuple, qui en était dépourvu, afin que Son Saint Nom ne fût point blasphémé parmi les nations !

   L’Écriture déclare, en effet : « Soyez saints, car je suis saint, moi, l’Éternel, votre Dieu… » Lév 19:2. Jésus, de même, déclare : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait… » Matt 5:48. Et encore : « Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux… » Luc 6:36. C’est en ayant été rendus semblables à Lui au travers de Son Fils, que le Père céleste nous voit purs et saints. Si donc Dieu n’a pas honte de nous, puissions-nous nous-mêmes ne pas avoir honte de Lui. Car, ayant été purifiés par le Sang de Son Fils, nous n’avons rien en nous qui puisse lui faire honte, et ceci grâce au témoignage rendu en nous par l’Esprit-Saint, et par lequel Dieu « répand par nous en tout lieu l’odeur de sa connaissance … » II Cor 14:14.