M376 – C’ÉTAIT UN TONNERRE …

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     « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera. Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je ? … Père, délivre-moi de cette heure ? … Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. Père, glorifie ton nom ! Et une voix vint du ciel : Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore. La foule qui était là, et qui avait entendu, disait que c’était un tonnerre. D’autres disaient : Un ange lui a parlé. Jésus dit : Ce n’est pas à cause de moi que cette voix s’est fait entendre ; c’est à cause de vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. En parlant   ainsi,   il  indiquait  de  quelle  mort  il  devait  mourir… » Jean 12:26-33.

   Jésus-Christ, dans Sa Prédication, tantôt exposait une vérité particulière, tantôt discourait successivement sur divers sujets. Tel est le cas dans ce passage où Jésus parla de Son âme troublée, de Sa dernière heure, de la Glorification de la part de Son Père, de la Voix céleste, de Sa crucifixion et de Sa résurrection, du jugement de ce monde et du diable « jeté dehors… ». Que ce fût dans les villes, les villages ou les campagnes, selon la diversité des personnes rencontrées, Jésus connaissait en Son Esprit les besoins des cœurs et apportait la Parole selon que les auditeurs « étaient capables de l’entendre… » Marc 4:33. En annonçant Sa mort à venir, les personnes présentes, en particulier Ses disciples, ne pouvaient encore la concevoir, tant Sa Personne et Ses Paroles étaient puissantes et vivifiantes au milieu d’eux. Le départ de Jésus n’était pas qu’une simple nouvelle, car l’absence de Sa Personne au milieu d’eux allait être suivie de la venue en eux de Sa Présence, en recevant, leur annonça-t-Il « le Consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom… » Jean 14:26.

   Il se révèle, des Paroles même de Jésus, que la Visitation du Père céleste était manifeste lors de ses prières dans la solitude sur la montagne comme dans le désert. Il est rare, cependant, qu’une Visitation de la part de Dieu à l’égard de Son Fils fût rendue visible ou audible aux yeux des hommes, comme ce fut le cas sur la montagne, où Jésus, en présence de Ses disciples, Pierre, Jacques et Jean, « fut transfiguré devant eux; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voici, Moïse et Elie leur apparurent, s’entretenant avec lui… », et là, de même, une voix fit entendre de la nuée ces paroles : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : Ecoutez-le… » Matt 17:2-3, 5. Ainsi, cette « voix venant du ciel », et disant au sujet de Jésus : « Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore… », la foule la perçut de deux manières différentes : pour les uns, ce fut un « tonnerre… », pour les autres, « un ange lui a parlé… ». La compréhension exprimée au sujet de cette Voix d’En Haut, regardée par les uns comme étant naturelle, et par d’autres comme étant surnaturelle, révélait, non seulement une différence de compréhension chez ceux qui l’entendirent, mais aussi la différence de leur aspiration, et révélait la nature spirituelle de chacun d’eux.

   Alors que Jésus parlait à la foule, Il s’arrêta comme en suspens, puis, parlant de Lui, dit : « Mon âme est troublée. Et que dirai-je ? … Père, délivre-moi de cette heure ? … Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure… » Jean 12:27. L’angoisse qui l’étreignit dans l’attente de son jugement qui approchait, l’accroissement invisible des ténèbres, dont Il était seul à ressentir le poids, firent que Son âme éprouvant l’indescriptible, lui imposa, un court instant, le silence… pour ensuite  reprendre la parole ! Ce fut donc pendant ce bref intervalle entre ces Paroles de Jésus, disant : « Père délivre-moi de cette heure… ! », et celles, disant : « Père, glorifie ton Nom… », que la Voix venant du ciel, répondit : « Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore… ». Le fait de passer de l’angoisse à la glorification de la part du Père nécessitait la Puissance d’une telle Voix céleste pour soutenir le Fils de l’homme. Jésus, en effet, après avoir été élevé sur la croix, « allait, dans l’Esprit, prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, lors de  la  construction  de  l’arche… » I Pier 3:19-20. L’épreuve vécue d’une telle profondeur de la Direction divine ne put l’être que par Jésus, qui, dit l’Écriture « dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et qui, ayant été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu’il  fût  Fils,  l’obéissance  par  les  choses  qu’il  a  souffertes… »  Héb 5:7-8.

   À ceux qui entendirent Jésus, et qui étaient donc dans l’étonnement de cette voix d’En Haut, Jésus dit : « Ce n’est pas à cause de moi que cette voix s’est fait entendre ; c’est à cause de vous… » Jean 12:30. Cette déclaration de la part de Jésus est bouleversante, car plusieurs de ceux qui l’écoutaient ne pouvaient pas ne pas avoir vu le trouble qui s’était emparé de Lui peu auparavant. En effet, Jésus, qui est la « Parole faite chair » Jean 1:14, et qui a dit : « … Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie… » Jean 6:6, en vint à exprimer : « Et que dirai-je… ? » Jean 12:27. Jésus en était arrivé à une telle extrémité, qu’Il n’avait à ce moment-là plus de paroles ; éprouvant l’indicible, Jésus était au-delà des paroles… ! L’accomplissement du Plan de Dieu reposait totalement sur Jésus, dont l’âme et le cœur ressentaient la charge au-delà de toute mesure, car de Son obéissance dépendait la victoire sur ce dont Il déclara : « Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi… » Jean 12:31-32. Dieu seul, évidemment, sait en quel temps et de quelle manière Sa Volonté s’accomplirait ; car, par ces paroles, dit l’apôtre Jean, Jésus « indiquait de quelle mort Il devait mourir… ». Et ceci, avec cette conséquence ultime manifestée aux temps de la fin, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul : « les morts en Christ ressusciteront premièrement. Et qu’ensuite, nous les vivants, qui seront restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur… » I Thess 4:17. Jésus, en annonçant qu’Il « attirerait tous les hommes à Lui… », parla, non pas d’une rencontre fortuite, ou imposée, mais d’une « attirance » spirituelle envers Lui, exercée par Son Père, c’est-à-dire, par ce besoin de Salut suscité en nous par l’Esprit de Dieu, qui, en nous convainquant de péché, nous pousse à la repentance, afin que nous recevions le pardon, que Jésus a obtenu pour nous à la croix.

   Ainsi, ce qui fut appelé « tonnerre » ou « ange » indique l’interprétation, soit de ce qui a été mal compris, soit de ce que l’on a cru, ou voulu comprendre. Or, comprendre une vérité par son propre esprit est une opinion, puis cette opinion devient une idée fixe, qui s’érige en doctrine, puis en dogme, et enfin le dogme constitue et établit la tradition, qui est souvent plus défendue que la Vérité elle-même. Étrangement, l’erreur n’a pas nécessairement pour origine…l’erreur, mais, souvent, une Vérité authentique reçue, non par l’« Esprit de vérité », mais par sa propre pensée ou sous l’influence de celui qui est « menteur et père du mensonge… » Jean 8:44. Or, celui qui reçoit la vérité par l’Esprit-Saint, la comprend selon la pensée même de Dieu, à l’exemple du Fils de l’homme disant : «  Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j’entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé… » Jean 5:30. Ce dont, par d’autres paroles, Jésus déclare : Car je n’ai point parlé de moi-même ; mais le Père qui m’a envoyé, m’a prescrit lui-même ce que dois dire et annoncer… » Jean 12:49. Il ressort de ceci que même le désir sincère de faire la Volonté de Dieu, mais sans Son Esprit, revient à « s’approprier » la Volonté divine en lui attribuant des décisions et des directions humaines, qui lui sont étrangères. Ainsi, en « nous étant dépouillés, en Christ, du vieil homme » Col 3:9, et donc de notre propre volonté, nous sommes affranchis de ce qui en nous fausse notre jugement et altère la Parole de Dieu.

   À l’exemple de l’obéissance de Jésus à Son Père, notre obéissance a pour but de nous rendre  agréables à Dieu. Car, de l’obéissance découle une ouverture et une profondeur infinies, en ce que le fait même d’être soumis à la Volonté de Dieu opère en nous cette disposition, qui nous rend réceptifs à l’inspiration du Saint-Esprit, lequel nous introduit dans la Pensée de la Parole. C’est en cela que notre obéissance, certes imparfaite, suscite la Miséricorde de Dieu, qui, en nous corrigeant, utilise parfois notre ignorance, pour rendre, par contraste, plus éclatants encore Sa Lumière, Sa Richesse et Sa Sagesse, par l’Esprit, dans nos vies, et, … par nos prières, dans les vies de nos frères et de nos sœurs en Jésus.