M365 – UN HOMME VIOLENT …

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   « Je rends grâces à celui qui m’a fortifié, à Jésus-Christ notre Seigneur, de ce qu’il m’a jugé fidèle, en m’établissant dans le ministère, moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Mais j’ai obtenu miséricorde, parce que j’agissais par ignorance, dans l’incrédulité ; et la grâce de notre Seigneur a surabondé, avec la foi et la charité qui est en Jésus-Christ. C’est une parole certaine et entièrement digne d’être reçue, que Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier… » I Tim 1:12-15.

   Notre Seigneur dans Son Amour envers nous, par Sa mort à la croix, a expié nos péchés. Il nous a rachetés par Son Sang, et notre passé de pécheur a été effacé, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles…. » II Cor 5:17. En manifestant la sainteté de la « nouvelle créature » qu’il est devenu en Christ, l’apôtre Paul se révèle être un précieux exemple pour les croyants et un sujet d’abondantes grâces à Dieu pour l’œuvre transformatrice opérée en lui par l’Esprit. Il est éclairant d’entendre l’apôtre lui-même parlant de sa vie passée, lors de son discours au peuple sur les degrés de la forteresse à Jérusalem : « Je suis Juif, dit-il, né à Tarse en Cilicie ; mais j’ai été élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la loi de nos pères, étant plein de zèle pour Dieu, comme vous l’êtes tous aujourd’hui. J’ai persécuté à mort cette doctrine, liant et mettant en prison hommes et femmes. Le souverain sacrificateur et le collège des anciens m’en sont témoins. J’ai même reçu d’eux des lettres pour les frères de Damas, où je me rendis afin d’amener liés à Jérusalem ceux qui se trouvaient là et de les faire punir… » Act 22:3-5. Afin de découvrir plus encore l’état d’esprit dont Saul de Tarse était animé,  l’Écriture  nous  rapporte un  des traits caractéristiques  de  son  caractère  violent,  au  point,  dit-il, qu’il  « respirait la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur… » Act 9:1. De même, en face du roi Agrippa, Paul, appelé par le gouverneur Festus à défendre sa cause, rapporta que dans de ses « excès de fureur contre eux, il les persécutait même jusque dans les villes étrangères… » Act 26:11.

   Le but n’est certes pas d’assombrir le portrait de l’homme qu’était Saul de Tarse, qui, d’ailleurs, n’était pas inconnu de ceux parmi lesquels il avait vécu auparavant, puisque lui-même écrit aux Galates : « Vous avez su, en effet, quelle était autrefois ma conduite dans le Judaïsme, comment je persécutais à outrance et ravageais l’église de Dieu… » Gal 1:13. D’où découlait donc cette animosité de Saul  contre  les  disciples  de  Christ ?  Une  parole  de  son témoignage nous l’indique,  en disant  :  « Pour  moi,  j’avais  cru devoir agir vigoureusement contre le nom de Jésus de Nazareth… » Act 26:9. J’avais « cru devoir… », Saul de Tarse était « sincère » ! Son hostilité résultait de son intolérance, et son intolérance se nourrissait de sa sincérité. Or, la sincérité n’est en aucun cas synonyme de vérité ! L’agressivité vient donc de cette sincérité obscurcie, qui pousse l’homme « religieux » à défendre soit une erreur, ou même une vérité, mais d’une manière qui la tord et en éloigne les âmes. Sincérité qui le pousse aussi bien à soutenir une cause fausse qu’il croit juste, qu’à combattre une cause juste qu’il croit fausse, alors que, à l’inverse, le croyant « né de nouveau » est éclairé, non par sa sincérité, mais par le témoignage de l’Esprit reçu en lui de la part de Dieu.

   Il est enrichissant de relever quelques traits similaires entre Saul de Tarse et Moïse. En effet, Saul, dit l’Écriture, outre sa connaissance des lettres grecques, était « plus avancé dans le Judaïsme que beaucoup de ceux de son âge et de sa nation… » Gal 1:14 ; Moïse, quant  à  lui, fut  « instruit dans  toute  la sagesse  des  Égyptiens… » Act 7:22. « Saul avait approuvé le meurtre d’Étienne… » Act 8:1 ; Moïse « tua un Égyptien qui frappait un Hébreu d’entre ses frères, et le cacha dans le sable… » Exode 2:12. Sur le chemin de Damas, Jésus  apparut à Saul « dans une grande lumière venant du ciel et resplendissant autour de lui… » Act 9:3 ; à Moïse, « l’ange de l’Éternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson…» Exode 3:2. Tous deux furent l’objet d’une manifestation surnaturelle, aussi bien en raison de leur forte personnalité que de leur vocation particulière en vue du Dessein de Dieu pour leur temps, ce dont témoigne l’apôtre Paul, disant : « … J’ai obtenu miséricorde, afin que Jésus-Christ fît voir en moi le premier toute sa longanimité, pour que je servisse d’exemple à ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle… » I Tim 1:16.

   La transformation de Saul de tarse, persécuteur de l’Église, en Paul, apôtre de Jésus-Christ, fut un miracle de la Grâce. Paul, l’ancien pharisien, rigoriste, pour qui la doctrine était autant, sinon plus importante que les personnes elles-mêmes, exprima un fruit de cette transformation dans son épître aux Philippiens : « … Dieu m’est témoin que je vous chéris tous avec la tendresse de Jésus-Christ… » Phil 1:8. Cette « tendresse » n’est pas sans évoquer cette vertu de Moïse, dont l’Écriture déclare qu’il « était un homme fort patient, plus qu’aucun homme sur la face de la terre … » Nomb 12:3. Ce changement en Paul n’ayant pas été connu des croyants de Jérusalem, qui ne le connaissaient que comme un adversaire implacable, fit que, lorsqu’il « tâcha de se joindre à eux… tous le craignaient, ne croyant pas qu’il fût un disciple… » Act 9:26. Cette difficulté  d’être reconnu fut aussi exprimée à l’égard de Moïse en Égypte de la part des deux Hébreux qui se battaient, et que Moïse exhortait à la paix, au point que celui qui maltraitait son prochain, le repoussa en disant : « Qui t’a établi chef et juge sur nous ? Veux-tu me tuer comme tu as tué hier l’Égyptien… ? » Act 7:27-28. La Grâce de Dieu dut briser Saul de Tarse, afin de le façonner à recevoir et à annoncer tout le « Conseil de Dieu » ; ce que Ananias, envoyé de la part de Dieu auprès de Saul, lui fit connaître par cette conclusion du message de son appel, disant : « … Je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon Nom… » Act 9:16 ; ceci évoque encore Moïse, lorsqu’Israël fit le veau de fonte, à cause duquel, Dieu eut l’intention d’exterminer le peuple, mais Moïse, s’interposant, alla jusqu’à dire : « Ah ! Ce peuple a commis un grand péché. Ils se sont fait un dieu d’or. Pardonne maintenant leur péché ! Sinon, efface-moi de ton livre que tu as écrit… » Exode 32:32. Nombreuses sont les bénédictions, mais aussi grandes sont les exigences et le poids spirituel en ceux dont l’appel de Dieu est de conduire et d’affermir Son Peuple dans la Lumière de la Vérité.

   Dans la même lettre adressée à Timothée, l’apôtre Paul écrit au sujet de la « foi » et de la « bonne conscience » : « Cette conscience, quelques-uns l’ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi. De ce nombre sont Hyménée et Alexandre, que j’ai livrés à Satan, afin qu’ils apprennent à ne pas blasphémer… » I Tim 1:19-20. Il ne s’agit pas ici d’un manque de miséricorde de la part de l’apôtre Paul, mais du seul acte d’amour qu’il lui fût possible en une si grave situation. Ceci s’éclaire par un autre cas de même gravité concernant un croyant tombé dans l’impudicité, « une impudicité telle, dit l’Écriture, qu’elle ne se rencontre pas même chez les païens… », et au sujet de laquelle, l’apôtre Paul déclara aux Corinthiens : « Au nom du Seigneur Jésus, vous et mon esprit étant assemblés avec la puissance de notre Seigneur Jésus, qu’un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus… » I Cor 5:1, 4-5. Il ne s’agit pas ici d’une malédiction envoyée sur cet homme, et ceci d’autant moins qu’il est à relever que le Nom de notre « Seigneur Jésus » est prononcé trois fois par l’apôtre. Il s’agit ici d’un acte de compassion qui, par la Puissance du Saint-Esprit, dégagea cet homme des liens charnels, rendant par là son esprit réceptif à la Grâce libératrice du Seigneur Jésus. Ce ne fut donc pas ici une résurgence de la violence ou un mouvement d’humeur de Paul, mais une Direction de l’Esprit ayant pour but de remettre une âme entre les mains de la Miséricorde de Dieu, plutôt que de la laisser avoir part au jugement réservé au diable, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul : « Il suffit pour cet homme du châtiment qui lui a été infligé par le plus grand nombre, en sorte que vous devez bien plutôt lui pardonner et le consoler, de peur qu’il ne soit accablé par une tristesse excessive… » II Cor 2:6-7.

   Un être violent, une fois régénéré, ne conserve pas l’esprit de violence, mais, en quelque sorte, le « mécanisme d’origine », c’est-à-dire, le caractère vif, mais dès lors inspiré par l’Amour et le Discernement de l’Esprit de Dieu. Ceci éclaire en quoi a consisté la délivrance de la violence reçue dans la vie de l’apôtre Paul, en vue de ce ministère de délivrance des âmes, de sorte que lui, l’« homme violent », put rendre ce témoignage : « S’il faut se glorifier, c’est de ma faiblesse que je me glorifierai… » II Cor 11:30. Saul de Tarse ne put recevoir cette transformation par la « lettre de la loi », mais cette même loi, par la Révélation des cieux de Jésus-Christ, l’amena à la Grâce qui, seule, l’opéra. Paul découvrit alors que la vraie Autorité découle de la profondeur de la faiblesse, dont la Puissance divine remplit l’espace.