M363 – NÉ DE NOUVEAU …

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     « Mais il y eut un homme d’entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs, qui vint lui auprès de Jésus, de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui. Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.  Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’esprit est esprit. Ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau… » Jean 3:1-7.

    La transformation d’une vie par l’Esprit de Dieu est le plus grand des miracles. Aussi Jésus prit-Il soin de représenter la naissance selon l’Esprit dans les cœurs par la naissance selon la chair, laquelle, tout en étant naturelle, demeure toujours aussi merveilleuse par la venue au monde d’un être humain. Comme il arrivait souvent à Jésus à l’occasion de ses déplacements, les Vérités divines étaient communiquées avec ceux qu’Il rencontrait, concernant en particulier la relation intérieure et vivante avec Dieu. Il y a loin, en effet, entre l’observance de la Parole selon la lettre, certes louable, mais qui nous laisse encore en dehors d’elle, et la Vie de cette Parole par l’Esprit, qui, en pénétrant dans notre être profond, nous régénère, nous éclaire et nous conduit.

    Les paroles de Nicodème nous apprennent par quoi étaient d’abord touchés ceux qui écoutaient Jésus : « Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui. Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu… » Jean 3:2-3. Ce fut donc avant tout les miracles qui retinrent l’attention de Nicodème, et qui l’incitèrent à connaître davantage Celui qui en était l’Auteur. Mais Jésus lui fit comprendre que le but du miracle visible conduit à un miracle intérieur tout aussi réel, et qui est de « voir » le Royaume de Dieu et d’y « entrer » en recevant en lui le Règne spirituel de ce Royaume. L’œuvre de l’Esprit est de nous faire passer de la vue des choses visibles, même d’origine miraculeuse, à la vision spirituelle et intérieure des choses invisibles, lesquelles ne sont vues que par les yeux de ceux qui sont « nés de nouveau ». Car la naissance selon l’Esprit, en nous transformant, nous donne de « voir » en même temps et les choses spirituelles reçues en nous et ce que nous sommes devenus par elles.

   En déclarant que « ce qui est né de la chair est chair, et que ce qui est né de l’Esprit est esprit… », Jésus fit donc la comparaison avec la naissance naturelle, qui n’en est pas moins regardée comme « miraculeuse » aux yeux d’un père et d’une mère accueillant dans leurs bras le fruit de leur union. Il est à relever qu’autrefois les choses naturelles encore inexpliquées passaient pour des miracles, et que ces mêmes choses, rendues compréhensibles à ce jour, ne sont plus regardées comme telles, cependant il subsistera toujours une partie des choses et des êtres qui demeurera cachée à la connaissance de l’homme. Ce qui est terrestre, c’est-à-dire visible, n’est que l’image de ce qui est invisible, car ce qui est né de la chair ne se perpétue que par la succession des naissances, tandis que ce qui est né de l’Esprit demeure étant de nature éternelle, contrairement à ce qui est né de la chair qui est périssable. La régénération spirituelle qui introduit dans la vie éternelle n’a pas besoin d’une succession de naissances pour demeurer à toujours. Unique est donc chaque né de nouveau destiné à la vie éternelle, car les « nés de l’Esprit » ont été régénérés « par une semence incorruptible,   par   la   parole   vivante   et   permanente  de  Dieu… » I Pier 1:23.

  Celui qui est « né de la chair » participe de la nature temporaire de celui qui l’a engendré, de même celui qui est « né de l’Esprit » participe de la nature éternelle de l’Esprit-Saint qui l’a régénéré.  Dans le domaine de la vocation spirituelle, l’Écriture fait apparaître des traits de lumière à cet égard. Ésaïe, le prophète, déclare : « Iles, écoutez-moi ! Peuples lointains, soyez attentifs ! L’Éternel m’appelé dès ma naissance, il m’a nommé dès ma sortie des entrailles maternelles… » Ésaïe 49:1. S’adressant à Jérémie, la Parole de l’Éternel, déclare : « Avant que je t’eusse formé  dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu fusses sorti de son sein, je t’avais consacré, je t’avais  établi prophète des nations… » Jér 1:5. Ceci s’accorde avec les paroles de l’apôtre Paul qui, s’adressant aux Galates, écrit : « Mais, lorsqu’il plut à celui qui m’avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui m’a appelé par sa grâce, de révéler en moi son Fils, afin que je l’annonçasse parmi les païens, aussitôt, je ne consultai ni la chair ni le sang… » Gal 1:15-16. Ainsi, quel que soit l’appel reçu de Dieu, la Grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ, précisément « avant les temps éternels… » II Tim 1:9, nous révèle que, spirituellement, tout croyant « né de nouveau » est « né de l’Esprit » avant d’être… « né de la chair » !

   Jésus, priant Son Père céleste au sujet de Ses disciples, dit : « J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés, et ils ont gardé ta Parole… » Jean 17:6. Et encore : « C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi… » Jean 17:9. Les disciples, comme tous ceux qui se sont succédé jusqu’à nous, ont cru en Jésus, non pas afin d’appartenir au Père, puisque déjà, comme le déclare Jésus, ils « sont au Père… ». Jésus, en effet, dit à Son Père : Tu me les as donnés, non pas « afin qu’ils soient toi », mais « parce qu’ils sont à toi… ». Et Ceci s’éclaire par ces autres Paroles de Jésus : « C’est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela  ne lui a été donné par le Père… » Jean  6:65, et encore : Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ;  et  je  le  ressusciterai  au  dernier  jour… » Jean 6:44. Notre Père céleste appelle à Lui ceux qui sont connus de Lui et les attire à Son Fils en ouvrant leur cœur à Sa Parole. Et cette « attirance » à Christ provient du fait que nous ne saurions résister à l’Amour incommensurable de Dieu, qui, en nous faisant Don de Son Fils, nous a donnés en dons à Son Fils, par la mort duquel nous avons reçu, par Grâce, le pardon de nos péchés : Ps 68:18-19.

   Le texte littéral de « naître de nouveau » est « naître d’en-haut ». Étant nés d’En-Haut, nous recevons la compréhension des choses célestes, qui s’éclairent par l’Esprit de ces choses célestes elles-mêmes. Ceci signifie que sans la naissance d’ « en-haut », l’on peut connaître certaines choses concernant le Royaume de Dieu, mais spirituellement sans les « voir » de l’intérieur. Car « voir » le Royaume de Dieu selon l’Esprit signifie lui « appartenir », en ayant part à la Lumière et à la Vie du Roi de ce Royaume. C’est dans ce sens que l’apôtre Paul écrit : « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit… II Cor 3:18. Ces paroles : « contempler comme dans un miroir la Gloire du Seigneur… » se lisent littéralement : « refléter comme un miroir la Gloire… ». Plus qu’un miroir dans lequel nous voyons la Gloire du Seigneur, il s’agit du « miroir » que nous sommes nous-mêmes, et par lequel nous reflétons cette Gloire en tant que rachetés. Car l’on reflète et l’on émane toujours ce que l’on contemple, ce qui est spirituel, comme aussi ce qui est charnel !

   Après avoir dit : « Comment un homme peut-il naître quand il vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? » Jésus répondit donc à Nicodème « : En vérité, en vérité, je te le dis : si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu… » Jean 3:4-5. Il n’est évidemment pas possible à un homme de rentrer dans le sein maternel d’où il est né, mais il l’est encore moins d’entrer dans le Royaume de Dieu, sans naître de l’Esprit de ce Royaume. Et la marque de notre appartenance à ce Royaume se révèle par cette inclination spirituelle, qui nous porte irrésistiblement vers les « choses de Dieu » ; ce qu’exprime l’Écriture, disant : « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en-haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d’en-haut, et non à celles qui sont sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu… » Col 3:1-2. L’Esprit du Ressuscité qui habite en nous nous révèle que les choses spirituelles, dans lesquelles nous sommes entrés, sont elles-mêmes entrées en nous. Car voir le Royaume de Dieu, c’est être vus du Roi de ce Royaume, par le Regard duquel nous voyons spirituellement notre imperfection, laquelle suscite en nous l’aspiration à refléter Christ que nous contemplons, en devenant semblables à Lui.