M360 – SI LE MONDE VOUS HAIT …

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  « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, Ils garderont aussi la vôtre. Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé. Si je n’étais pas venu et que je ne leur eusse point parlé, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils n’ont aucune excuse de leur péché… » Jean 15:18-24.

  Le croyant né de nouveau fait partie de « ceux qui ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux… » II Cor 5:15, car Dieu nous a communiqué la vie spirituelle en « nous ressuscitant ensemble, et nous faisant asseoir ensemble dans les lieux célestes en Jésus-Christ… » Eph 2:6. L’Esprit-Saint inspire notre aspiration spirituelle à « chercher les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu… », et à nous « affectionner aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre… » Col 3:1-2. Cette aspiration est de la même nature spirituelle que les « choses célestes » recherchées, elle nous détache, non pas des choses légitimes et nécessaires à la vie d’ici-bas, mais des choses passagères qui nous voilent celles qui sont éternelles. L’Esprit de Dieu nous libère de ce qui, encore en nous, nous attire vers les choses du monde, qui sont étrangères à celles du Royaume des cieux.  

  Jésus dit : « Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui… » Jean 15:19 En n’étant plus de ce monde, nous lui sommes donc devenus étrangers. Or, le monde aime ce qui lui appartient, il tire ses propres lumières de lui-même, opposées aux Pensées divines, que l’homme  remplace par sa propre sagesse, qui est une folie pour Dieu ! Le racheté, dans sa communion avec Dieu par l’Esprit-Saint, ne saurait ressembler à l’esprit du monde, à la nature duquel il n’appartient plus, ainsi que le révèle la prière de Jésus à Son Père céleste au sujet de Ses disciples : « Je leur ai  donné ta parole ; et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal… » Jean 17:14-15. Ne pas être du monde consiste à se préserver du mal, ce mal qui, avant même que le péché ne soit commis, consiste en  la nature passagère et donc corruptible de l’esprit du monde, ce monde qui parle de paix, de sécurité et de justice, mais sans le contenu spirituel de la Vie divine qui seule rend opérantes ces réalités dans les cœurs.

  D’où vient que ceux qui n’appartiennent pas au monde sont haïs par lui ? La raison de cette haine est que celui qui est né de nouveau  « hait » ce que Dieu hait, c’est-à-dire le mal, et donc  réprouve ce que le monde aime, d’où la haine de celui-ci contre les rachetés. Le fait que Jésus dise à Ses disciples que le monde les hait peut nous paraître comme étant excessif. Ceci s’explique par le fait que dans la langue hébraïque de la Parole, le verbe aimer est toujours conjugué par l’affirmative, et ne l’est jamais, sauf exception, par la négative ? C’est-à-dire que le contraire d’aimer n’est pas « ne pas aimer », mais « haïr », ou par d’autres verbes suivant  les diverses situations. Ainsi, au sujet de cette attitude du monde à l’encontre du croyant, y a-t-il donc des degrés à cette haine pouvant allant de la simple indifférence à l’incompréhension, du mépris à l’hostilité, et enfin de la persécution au martyre.

  Ce n’est pas parce que l’âme non régénérée est voilée sur Dieu et sur elle-même, qu’elle n’a pas ses propres qualités, tout en ne connaissant pas encore la Vérité de Dieu. C’est ce que révèle déjà Jésus à Ses disciples concernant l’homme en tant que père envers ses enfants, en disant : « Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent… ? » Matt 7:9-11.Ces paroles nous révèlent que l’homme naturel possède des sentiments d’affection qui rappellent que nous avons été créés à l’image de Dieu, même si, depuis lors, cette image a été défigurée par le péché, laquelle seul Jésus peut restaurer. La notion du bien n’est pas absente chez l’homme, même si la pensée en est altérée à cause de sa nature non régénérée. Un jeune  homme riche s’approchant de Jésus, lui dit : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? Jésus lui répondit : Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Un seul est bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements… », Ce à quoi cet homme répondit : « J’ai observé toutes ces choses ; que me manque-t-il encore ? Jésus lui dit : Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s’en alla tout triste ; car il avait de grands biens… » Matt 19:17, 20-22. D’où il se révèle qu’il y a incompatibilité, non seulement entre le bien et le mal, mais encore entre le bien naturel et le bien spirituel. Et ceci se révéla au moment où cet homme refusa de suivre Jésus, parce qu’il discerna dans la Parole de Jésus l’appel, non seulement à donner, mais à se donner lui-même !

  Certaines religions ont été, en partie, causes de conflits parmi les hommes. Ceci, en effet,  est le cas lorsque ce qui est appelé « religion » est une institution établie sur les mêmes principes, que ceux sur lesquels reposent les dominations et les autorités de ce monde, et non sur la révélation du Fondement de Jésus-Christ. En ce qui concerne la violence, les vrais enfants de Dieu n’en sont jamais l’instrument, mais toujours les victimes. Il arrive que la même opposition réunisse le croyant religieux (non régénéré) et le non croyant contre les rachetés, ce que vécurent l’apôtre Paul et ses compagnons d’œuvre, entre autres, à Thessalonique, où « les païens et les Juifs, dit l’Écriture, de concert avec leurs chefs, se mirent en mouvement pour les outrager et les lapider… » Act 14:5. L’esprit de ce siècle et l’esprit religieux, au-delà de ce qui les oppose entre eux, se retrouvent animés du même esprit hostile contre le croyant spirituel. C’est en raison du caractère « temporel » des pensées et des doctrines des hommes que le monde ne supporte pas le racheté « né de nouveau », c’est-à-dire exactement, la présence de la Vie « éternelle » en lui, parce qu’il n’a sur elle aucune prise.

 « Le monde aime ce qui est à lui », dit Jésus, mais en quoi consiste ce qu’aime le monde ? Le Royaume des cieux fut la première proclamation annoncée par Jean-Baptiste, le prophète : « Repentez-vous car le royaume des cieux est proche… » Matt 3:2, et par notre Seigneur Jésus-Christ : Matt 4:17, puis par les apôtres : Matt 10:7, et jusqu’à nos jours. Ce Royaume des cieux est le Règne de l’Esprit reçu en nous et sous lequel nous sommes conduits. Comment ce Royaume spirituel, céleste et éternel pourrait-il donc être connu, ou reconnu par les royaumes de ce monde ou par toute autre forme de gouvernement ; car le Royaume des cieux est regardé par eux comme étant comme un « rival ». Pourtant, ce monde a besoin de ce qui ne lui « ressemble » pas, de ce qu’il rejette même, afin de connaître la vraie paix. Et c’est en cela notre vocation profonde en tant que « fils du Royaume », et « enfants de paix », ainsi que l’exprime les paroles admirables de l’apôtre Pierre, disant : « Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme. Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres,  au jour où il vous visitera… » I Pier 2:11-12. Il s’agit là, entre autres, d’incroyants qui, plus tard, en se convertissant à Jésus-Christ, se souviendront des rachetés, qu’ils n’étaient pas alors en état de comprendre, mais dont la vie sanctifiée les avaient cependant marqués, malgré leur hostilité à leur encontre.

   Ainsi, parfois le témoignage silencieux autant que verbal, de la constance, de la sérénité, de la paix intérieure du racheté, prédispose-t-il le cœur de l’homme non-croyant, au temps de Dieu, à être ouvert et à recevoir le Don de la Grâce. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce sont ici les fruits de l’Esprit, dont l’une des vertus se traduit par cette « haine du mal » Ps 97:10, seule haine que Dieu « agrée », et qui consiste en nous en cette réprobation, cette sainte horreur de tout ce qui souille et corrompt le cœur, que seul Jésus, par Son Sang précieux a la puissance de  purifier et de transformer.