M359 – LA BLESSURE DE LA BÊTE …

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     « Puis je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. La bête que je vis était semblable à un léopard ; ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de lion. Le dragon lui donna sa puissance, et son trône, et une grande autorité. Et je vis l’une de ses têtes comme blessée à mort ; mais sa blessure mortelle fut guérie. Et toute la terre était dans l’admiration derrière la bête. Et ils adorèrent le dragon, parce qu’il avait donné l’autorité à la bête ; et ils adorèrent la bête, en disant : Qui est semblable à la bête, et qui peut combattre contre elle ? … Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblable à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon. Elle exerçait toute l’autorité de la première bête en sa présence, et elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête, dont la blessure mortelle avait été guérie. Elle opérait de grand prodiges, même jusqu’à faire descendre du feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes. Et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui avait la blessure de l’épée et qui  vivait… ». Apo 13:1-4 et 11-14.

  De la profondeur infinie de l’Apocalypse, heureux qui en reçoit quelque lumière d’en-haut, lui révélant, ne serait-ce qu’un mystère d’entre tous ceux que recèle la Vision reçue par l’apôtre Jean de la part de Jésus-Christ : Apo 1:1. L’Apocalypse signifie révélation, dévoilement ; elle ne nous a pas été donnée pour demeurer cachée, mais pour être dévoilée pour ceux et en ceux qui aspirent à  connaître le Dessein de Dieu concernant le présent et le temps à venir jusque dans l’éternité. En ce qui concerne toutes les Écritures, en particulier l’Apocalypse, l’Esprit de Dieu ne se révèle qu’à celui dont l’humilité est aussi profonde que son besoin spirituel ressenti est grand. L’Apocalypse se présente comme un parchemin céleste écrit des deux côtés, l’un lumineux, l’autre obscur : lumineux en ce que Dieu est assis sur Son trône environné d’un arc-en-ciel semblable à de l’émeraude avec, au milieu du trône, l’Agneau se tenant là comme immolé : Apo 4:2-3 et 5:6 ; et obscur, car le dragon, le Diable, donna son trône à la bête qui « montait de la mer », laquelle, à son tour, remit son autorité à la bête qui « montait de la terre ». Or, l’Apocalypse avec sa face visible et sa face cachée ne reflète-t-elle pas, toute proportion gardée, la nature secrète de l’homme, appelé à recevoir, lui aussi, la révélation d’En-Haut sur ce qu’il connaît et sur ce qu’il ignore de lui-même ? 

   « Le grand dragon, dit l’Écriture, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre fut précipité sur la terre et ses anges furent précipités avec lui… » Apo 12:9. La bête qui monte de la « mer » reçut donc la puissance du dragon, qui est cette puissance démoniaque, à la fois « souterraine » et « sous-marine », montant du sein des peuples et se répandant sur les nations ; puissance que la bête, qui monte de la « terre » et qui est le « faux prophète » Apo 19:20, a manifestée depuis lors parmi les hommes. L’apôtre Pierre écrit : « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant,  cherchant  qui  il  dévorera… » I Pier 5:8. De la part du dragon tout n’est que domination, effroi et assujettissement. Cependant, contrairement aux rugissements et à la frayeur qu’il inspire, l’une des ruses les plus subtiles de Satan est de se présenter sous un aspect qui lui est contraire ; il se révèle en effet que l’une de ses têtes est blessée. Alors que, de par sa nature, la bête en question terrifie, sa blessure, à l’inverse a pour effet d’« attendrir » les hommes qu’elle trompe ; cette « blessure » est l’une des armes propre à susciter de la pitié à son égard, alors que l’on devrait s’en garder et la fuir. C’est ici l’aspect trompeur masquant les machinations diaboliques, que seul l’Esprit de Dieu discerne.

  L’apparente faiblesse de la bête blessée, suscitant l’apitoiement, se transféra dans le faux prophète, dont il est écrit, en effet, que cette bête « avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon… » Apo 13:11. Une telle parole nous rappelle l’exhortation de Jésus, disant : « Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans d’eux ce sont des loups ravisseurs… » Matt 7:15. De même que l’on voit donc une « brebis » se révéler être un « loup » ; de même l’on voit un « agneau », mais l’on entend un « dragon ». Ainsi, ce que l’on voit ne correspond pas toujours à ce que l’on entend, et ce que l’on entend ne correspond pas toujours à ce que l’on voit. Et « cela n’est pas étonnant, dit l’Écriture, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n’est donc pas étrange que ses ministres se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres… » II Cor 11:14-15, Quel que soit son déguisement en « ange de lumière » et celui de ses serviteurs en « ministre de justice », le diable reste le diable. Car l’Esprit discerne non seulement le contenu de la parole dite, mais aussi le « timbre » spirituel de la voix qui l’exprime. Ainsi est pernicieux, non seulement le mensonge, mais aussi une parole tirée de l’Écriture en étant prononcée par l’« esprit de l’erreur » I Jean 4:6. Car, dite par l’esprit du diable, la Parole, privée de la Vie divine, se révèle infructueuse en celui qui l’entend. En fait, la vérité demeure « vraie », mais devient « mensonge » en ce qu’elle a été réduite à une « apparence » de vie, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul au sujet des hommes dans les derniers temps, qui auront « l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force… » II Timothée 3:5.

  Au début de la conquête de Canaan, Dieu ordonna à Israël de combattre les nations qui habitaient le pays. Il se produisit alors un événement qui fit que Josué et les chefs d’Israël commirent une grave méprise dont ils durent subir les conséquences. Les habitants de Gabaon, dit l’Écriture, ayant appris la prise de Jéricho et d’Aï par Israël, « eurent recours à la ruse, et se mirent en route avec des provisions de voyage. Ils prirent de vieux sacs pour leurs ânes, et de vieilles outres à vin déchirées et recousues ; ils portaient à leurs pieds des vieux souliers raccommodés et sur eux de vieux vêtements ; et tout le pain qu’ils avaient pour nourriture était sec et en miettes. Ils allèrent auprès de Josué au camp de Guilgal, et lui dirent, ainsi qu’à tous ceux d’Israël : Nous venons d’un pays éloigné, maintenant faites alliance avec nous… » Jos 9:3-6.  En fait, les Gabaonites émurent les fils d’Israël, et, à la vue de ce peuple errant et épuisé, Josué et les chefs firent donc alliance avec eux sans consulter l’Éternel, pour découvrir trois jours plus tard que ces gens, qui habitaient le pays même, les avaient trompés. Or, comme ils avaient « juré par l’Éternel » de leur laisser la vie : Jos 9:19, ils ne purent les exterminer et les astreignirent à couper le bois et à puiser l’eau. Israël fut trompé par des ennemis déguisés en faux amis. D’où nous voyons que nous avons à apprendre à ne pas nous laisser surprendre, ou émouvoir en face des ruses de Satan, mais à discerner toute apparence de faiblesse, qui, suscitant l’attendrissement, nous amènerait à nous relâcher dans notre vigilance à consulter la Volonté de Dieu.

  Parmi les diverses émotions, en quelque domaine que ce soit, la manière dont le croyant s’étonne révèle sa nature spirituelle. Dans la vision de l’apôtre Jean, la chute de Babylone se présente sous les traits d’une femme prostituée, vêtue de pourpre et ivre du sang des saints, en « la voyant, écrit-il, je fus saisi d’un grand étonnement. Et l’ange me dit : Pourquoi t’étonnes-tu ? Je te dirai le mystère de la femme et de la bête qui la porte, qui a les sept têtes et les dix cornes. La bête que tu as vue était, et elle n’est plus. Elle doit monter de l’abîme, et aller à la perdition. Et les habitants de la terre, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie, s’étonneront en voyant la bête, parce qu’elle était, et qu’elle n’est plus, et qu’elle reparaîtra… » Apo 17:6-8. Ainsi, « simulant » l’Agneau de Dieu, crucifié, mort et ressuscité, la bête présente une parodie de mort et de résurrection, qui n’étonne que « ceux dont les noms ne sont pas écrits dans le livre de vie… », Cependant, même ceux dont les noms ont été écrits dans le « Livre de vie » doivent veiller à s’arracher à la puissance d’« attraction » de la bête. Jésus dit, en effet, que dans les derniers temps : « Il s’élèvera de faux christ et de faux prophètes ; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus… » Matt 24:24. Les manifestations du séducteur ont l’apparence divine, surnaturelle, au point que la plupart des hommes seront dans l’étonnement, tandis que les rachetés, qui ont reçu l’Esprit de discernement, ne se laissent aucunement impressionnés, si ce n’est de ce dont l’apôtre Jean fut bouleversé, lorsque, les regards sur Jésus attaché à la croix, il vit « l’un des soldats qui lui perça le côté avec une lance… » ; ce qu’il attesta, disant : « Celui qui l’a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai ; et il sait qu’il dit vrai… » Jean 19:34-35. « Blessure » de Jésus, qui subsista par-delà la croix, et, par Sa Résurrection, jusque sur les nuées, d’où Il reviendra, et « où tout œil le verra, même ceux qui l’ont percé ; et toutes les tribus de la terre se lamenteront à cause de lui…. » Apo 1:7. Or, depuis lors, en nous qui avons reçu Jésus, Sa « blessure » en Sa chair percée déchira nos « voiles » intérieurs.