M357 – ORDONNE QUE CES PIERRES …

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     « Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur, s’étant approché, lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu… » Matt 3:13-17,  4:1-4.

   D’entre ceux qui furent baptisés par le prophète Jean-Baptiste, Jésus fut l’unique qui, après avoir reçu l’Esprit d’En Haut, connut la mise à l’épreuve qui suivit aussitôt sa sortie des eaux du Jourdain :  Matt 4:1. L’Esprit qui vint sur Lui fut le même qui L’emmena, non pas dans un jardin luxuriant, mais dans le désert pour être tenté par le diable ; étant donc descendu sur Lui, telle la « colombe » venant sur l’« Agneau », Jésus fut « emmené par l’Esprit » devant le « lion rugissant… » I Pier 5:8. L’« Agneau » en face du « lion »… ! Seul Jésus, en tant que « Fils de l’homme », porta le poids des péchés des hommes, et seul Il dut auparavant affronter dans le désert le tentateur, auquel Il déclara la Parole de la Vérité, par laquelle Il triompha  de  celui  qui  est  «  menteur  et  père  du  mensonge… » Jean 8:44. Le diable fut réduit au silence par la Puissance de la Parole, non seulement entendue, mais vue en Personne, parce que prononcée  par  la  bouche  de  Celui-là  même  qui  est  la  « Vérité » Jean 14:6.

  Lors de Ses prédications, Jésus entrouvrit le Mystère de Son Humanité et de Sa Divinité, c’est-à-dire, de Sa Messianité. Répondant à Philippe qui lui demandait : «  Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui est en moi, c’est lui qui fait les œuvres… » Jean 14:8-10. L’apôtre Jean qui écrivit cet évangile, ne conclut-il pas de même que « Jésus fit encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre… » ? Jean 20:30. En effet, oint de l’Esprit-Saint, Jésus répondit aux paroles séductrices de Satan, non par Ses propres   Paroles,  Lui  qui  pourtant  est  la  « Parole  faite  chair » Jean 1:14, mais par les Paroles de la Thora donnée par Dieu à Moïse. Jésus, le « Fils de Dieu », par Sa soumission à la Parole de Son Père révéla Sa Nature de « Fils de l’homme », jusqu’à « prendre une forme de serviteur » Phil 2:7, contrairement à l’adversaire, qui, déjà dans ciel, alla jusqu’à tenter Dieu, en disant : « Je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très Haut… » Ésaïe 14:14.

  Dans cette première tentation, l’adversaire s’attaqua à Jésus dans un domaine légitime : la faiblesse éprouvée par l’absence de nourriture. A première vue, le tentateur sembla se préoccuper de la santé de Jésus, mais avec une apparente sollicitude, car étrangère à sa nature, ce qui, précisément, masquait une de ces ruses les plus subtiles. Environ vingt années auparavant, âgé de douze ans, lors de son retour à Nazareth de Jérusalem avec ses parents, l’Écriture rapporte que Jésus « croissait en Sagesse, en stature et en grâce devant Dieu et devant les hommes… » Luc 2:52. Assurément, cette même « Sagesse » et cette même « Grâce » furent avec Jésus dans le désert, et également cette Force d’en Haut, qui l’avait fait croître en « Stature », afin de remplir les exigences que réclamait le Don de Lui-même en tant que Rédempteur. Mais cela, l’adversaire par sa sagesse ténébreuse ne l’ignorait pas, d’où sa façon fallacieuse et pernicieuse d’agir. Or, notre Seigneur, auquel Dieu donna « le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genoux fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre… » Phil 2:9-10, triompha du tentateur, par Sa Soumission à l’Esprit divin qui allait Le conduire du Jourdain dans le désert, et du désert, plus tard, au Calvaire.

  L’Évangile selon Matthieu nous rapporte que c’est « après » avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, que Jésus fut tenté par le diable : Matt 4:2. Luc note que Jésus fut tenté par le diable « pendant » quarante jours : Luc 4:2. Il apparaît donc que, dès le début de Son jeûne, Jésus eut à veiller et à déjouer les attaques de Satan. Ce fut évidemment au terme de cette période que l’action de l’adversaire fut la plus intense, et ceci d’autant plus, souligne l’Écriture, que Jésus « eut faim… » Matt 4:2. Et c’est en utilisant cette faim que l’adversaire tenta d’amener Jésus à lui obéir plutôt qu’à Dieu. Cette faim fut d’autant plus révélatrice qu’en éprouvant Jésus, en même temps, elle prouva Sa nature de « Fils de l’homme », dont la faiblesse en de telles circonstances, laissa éclater la Sagesse et la Puissance divines, par lesquelles Il triompha du tentateur. Car, dans Sa « faiblesse » même, Jésus fit place en Lui à la Puissance qui découlait de Son obéissance parfaite à la Volonté de Dieu. L’épreuve comme la tentation, quelles qu’elles fussent, ne suscitèrent pas chez Jésus ce qu’elles produisent habituellement en l’homme. Il est des « faims » dites honteuses qui sont les faiblesses charnelles, par le moyen desquelles le séducteur tente l’homme. Or, l’Écriture déclare : « Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise : C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne. Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort… » Jac 1:13-15. Ainsi, concernant Jésus, la tentation ne suscitait évidemment pas la convoitise, mais la répulsion ! En vérité, l’attitude de Jésus devant le tentateur, ne consista jamais à se combattre lui-même pour ne pas céder à une quelconque tentation, car celle-ci, étant foncièrement étrangère à Sa Nature sainte de Jésus, suscitait Sa réprobation. C’est en cela que Jésus est l’Exemple parfait pour nous.

  L’Écriture mentionne que le tentateur « s’approcha… ». Jésus le vit venir, Il ne fut pas pris au dépourvu. La sainteté attire toujours et la félicité d’En Haut et l’adversité d’en bas. L’adversaire se tenait donc en face de Jésus en personne ; et l’esprit ténébreux de sa nature rebelle savait, non seulement qui est Jésus, mais aussi ce que Jésus sait de lui. Il est écrit, en effet, que lorsqu’Il chassait les esprits malins des personnes possédées, Jésus « ne permettait pas aux démons de parler, parce qu’ils Le connaissaient… » Marc 1:34. Aussi l’adversaire n’attaqua-t-il pas de front Jésus, mais il Le contourna dans le but de Le mettre en état de désobéissance, en amenant Jésus à être Lui-même la cause de sa propre chute. En effet, le diable n’ordonna pas lui-même  à Jésus de changer les pierres en pains, le piège eût été trop évident, mais il lui en remit l’initiative   d’ordonner Lui-même de le faire. Car en amenant Jésus à prouver qu’Il est le « Fils de Dieu », notre Seigneur aurait obéi, non pas à Dieu, mais à Satan ; et c’était exactement ce que celui-ci recherchait. Satan s’efforce toujours de trouver une parole ou une attitude proche de la Vérité pour mieux induire en erreur.

  La ruse consistant à ne pas demander lui-même la transformation des pierres en pains révélait que le diable, sous l’apparente déférence dont il enveloppa sa tentation, savait que Jésus est le  « Fils de Dieu ». Dans des circonstances périlleuses et totalement différentes, les disciples, se trouvant dans une barque battue par les flots, effrayés, virent Jésus marcher sur la mer démontée, et leur disant : « Rassurez-vous, c’est moi ; n’ayez pas peur ! Pierre lui répondit : Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux. Et il dit : Viens ! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus… » Matt 14:28-29. En disant : « Ordonne que j’aille vers toi… », Pierre ne décida pas de lui-même d’aller vers Jésus en marchant sur les eaux comme son Maître, en ceci il eut péché par présomption, mais il s’exprima extérieurement dans les mêmes termes que l’adversaire ! Cependant, la différence éclate dans les réponses de la part de Jésus à ces deux manières semblables de s’exprimer : Jésus rejeta la demande du tentateur, mais accueillit celle de Pierre, ce qui fut pour l’apôtre l’occasion marquante d’une expérience particulière. Contrairement donc au Diable, Jésus répondit favorablement à Son disciple, car Il n’y avait rien de commun entre l’intention de Pierre et la ruse de Satan, d’où l’on voit que des formes extérieurement semblables peuvent renfermer des fonds contraires, voire opposés, que seul le discernement de l’Esprit nous révèle. Il est des situations particulières, dans lesquelles nous avons besoin autant de lumière pour ne pas obéir, que dans d’autres pour obéir.