M355 – VOUS N’Y AJOUTEREZ RIEN …

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    « Lorsque l’Éternel, ton Dieu, aura exterminé les nations que tu vas chasser devant toi, lorsque tu les auras chassées et que tu te seras établi dans leur pays, garde-toi de te laisser prendre au piège en les imitant, après qu’elles auront été détruites devant toi. Garde-toi de t’informer de leurs dieux et de dire : Comment ces nations servaient-elles leurs dieux ? Moi aussi, je veux faire de même. Tu n’agiras pas ainsi à l’égard de l’Éternel, ton Dieu ; car elles servaient leurs dieux en faisant toutes les abominations qui sont odieuses à l’Éternel, et même elles brûlaient au feu leurs fils et leurs filles en l’honneur de leur dieux. Vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous ordonne, vous n’y ajouterez rien, et vous n’en retrancherez rien… » Deut 12:29-32.

  Les fils d’Israël, après être sortis d’Égypte, puis avoir marché et habité sous des tentes dans le désert pendant quarante années sous la conduite de Moïse, entrèrent dans le pays de Canaan. Ce peuple qui avait connu tant d’épreuves et d’errances avait besoin d’un lieu de repos, pour ne plus être agité par d’incessants déplacements. En correspondance avec le lieu stable, qu’ils avaient à recevoir en héritage, les Israélites reçurent de la part de l’Éternel ces paroles elles-mêmes stabilisantes : « Maintenant, Israël, écoute les lois et les ordonnances que je vous enseigne. Mettez les en pratique, afin que vous viviez et que vous entriez en possession du pays que vous donne l’Éternel, le Dieu de vos pères. Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n’en retrancherez rien ; mais vous observerez les commandements de l’Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris… » Deut 4:1-2. Ainsi, pour demeurer en leur lieu, il était nécessaire que les Fils d’Israël reçussent et observassent des lois et des ordonnances stables, afin de l’être en eux-mêmes. Leur fidélité nourrie et éclairée par la Parole de Dieu était la garantie de la durée même de leur présence sur le sol de la Terre promise.

  En ce qui concerne Israël, « ajouter » à la loi de l’Éternel consistait déjà à vouloir « imiter » les coutumes des nations, ne serait-ce que par la simple curiosité de chercher à connaître de quelle manière ces nations adoraient leurs dieux ; et ceci à l’encontre du commandement de Dieu, disant : « … Garde-toi de t’informer de leurs dieux et de dire : Comment ces nations servaient-elles leurs dieux ? Moi aussi je veux faire de même… » Deut 12:30. Or, cette démarche de curiosité « religieuse » suffit à exercer son influence pernicieuse sur le peuple, laquelle, en obscurcissant sa compréhension spirituelle de la Parole, altéra sa relation avec Dieu. L’inclination du cœur humain à l’infidélité est, ô combien, démontrée par le comportement d’Achaz, le roi d’Israël, lorsque celui-ci, dit l’Écriture « se rendit à Damas au devant de Tiglath-Piléser, roi d’Assyrie. Et ayant vu l’autel qui était à Damas, le roi Achaz envoya au sacrificateur Urie le modèle et la forme exacte de cet autel. Le sacrificateur Urie construisit un autel exactement d’après le modèle envoyé de Damas par le roi Achaz, et le sacrificateur Urie le fit avant que le roi Achaz fût de retour de Damas… » II Rois 16:10-11. Cet autel païen était celui du peuple syrien, dont le roi Retsin, avait été vaincu par le roi d’Assyrie, appelé à l’aide par le roi de Juda contre l’argent et l’or pris de la Maison de Dieu : II Rois 16:7-8. Cet aveuglement à se détourner de Dieu fut d’autant plus insensé que le roi de Juda fut spirituellement vaincu… par un roi stratégiquement vaincu !

  D’où vient donc ce penchant, parfois inconscient, dans le cœur du croyant qui consiste à ajouter à la Parole de Dieu. Il existe une infinité de manières d’ajouter à la Parole, comme d’en retrancher. Il est, en effet, frappant de constater que l’autel païen avait été mis à la place de l’Autel de l’Éternel qui, lui, fut déplacé vers le côté nord du temple :  II Rois 16 :14. Quand ce qui est charnel est mêlé à ce qui est spirituel, ce qui est spirituel ne peut être que « déplacé ». Or, ce qui spirituellement est déplacé, sans que cela le soit matériellement, est déjà spirituellement hors de ceux-là mêmes qui l’ont déplacé, avec les conséquences nuisibles que ceci entraîne, transgressant, par là, la Parole de Dieu, disant : « Tu ne fixeras aucune idole de bois à côté de l’autel que tu élèveras à l’Éternel, ton Dieu… » Deut 16:21. Ainsi, joindre ce qui est de nature humaine ou même religieuse à ce qui est Divin ne peut que faire obstacle à l’Esprit-Saint. C’est ici la ruse du diable, qui consiste à mêler l’erreur à la Vérité, « mélange » qui conduit hors de la Voie de Dieu, et donc de la Vie de Dieu à la mort spirituelle.

  La démarche d’ajouter et de retrancher, ne provient pas toujours d’une mauvaise intention, elle peut révéler un désir sincère de connaître davantage la Parole dans le but de faire la Volonté de Dieu, mais avec un « zèle sans intelligence », et donc en « allant au-delà de ce qui est écrit… » I Cor 4:6. Tel, en effet, cherche avec impatience à obtenir de la part de Dieu, sans discerner la Pensée de l’Esprit, et qui prend l’élan de sa précipitation pour une aspiration spirituelle, ou une inspiration d’en haut. Le fait de vouloir rendre plus claire la Parole de Dieu par des commentaires figés, en vue de la rendre plus compréhensible, aboutit à « ajouter » des interprétations qui ont, pour conséquence, de « retrancher » des vérités de la Parole. Car, si deux plus deux font quatre concernant les chiffres qui sont de même nature, à l’inverse, le fait d’ajouter une parole de nature humaine à la Parole divine, qui, elle, est spirituelle, ne produit pas une parole doublement enrichie, mais n’en laisse qu’une seule, la Parole de Dieu, mais privée de la puissance de Vie dans le cœur de celui qui les a mêlées l’une à l’autre.

  Toutes les paroles prononcées par Jésus que nous connaissons sont contenues dans l’Écriture. Ainsi, les auteurs des épîtres : Paul, Pierre, Jean, Jacques et Jude se sont référés aux paroles prêchées par Jésus dans les Évangiles, ou au sens de celles-ci. Or, parlant à Ses disciples au sujet de l’Esprit-Saint promis, Jésus dit : « Le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit… » Jean 14:26, puis, en ce qui concerne le temps après Sa Résurrection, ce même « Esprit de vérité », dit Jésus  « vous conduira dans toute la vérité, car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir… » Jean 16:13. Ceci ne signifie pas que Jésus ajoutera d’autres paroles à Ses propres paroles, mais « que l’Esprit, dit-Il, me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. Tout ce que le Père a est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prendra de ce qui est à moi et qu’il vous l’annoncera… » Jean 16:14-15. Les paroles « prises de ce qui est à Jésus… » ne proviennent pas de l’extérieur, mais de l’intérieur de Lui ; elles sont comme en « suspens » en Jésus, et annoncées depuis lors par les rachetés que l’Esprit inspire. Ce ne sont donc pas des paroles étrangères à l’Esprit-Saint, mais des Paroles tirées de l’intérieur du Christ ressuscité exprimant les pensées de Dieu.

  En dehors du cas de l’apostasie, il ne viendrait pas à la pensée d’un croyant de délaisser ouvertement la Parole de Dieu ; mais la séduction réside en ce que l’esprit de mensonge laisse penser qu’ajouter ou que retrancher ne saurait affecter sa vie spirituelle, puisqu’en effet il ne rejette pas la Parole elle-même. Et il se trouve que ceux qui agissent ainsi ont souvent une grande connaissance biblique, mais en se trompant par de faux raisonnements. Sans la lumière de l’Esprit, en effet, il s’ensuit que l’on mémorise sans intérioriser, et que l’on apprend sans recevoir la vie de ce que l’on connaît. Car ce n’est pas le sens d’abord qui nous donne la vie spirituelle, mais c’est la vie spirituelle qui nous met en l’état de recevoir le sens de la Parole, par cette Vie même de l’Esprit, par laquelle nous sommes en communion avec Dieu. En fait, en n’étant pas inspirés et pénétrés de la Parole, d’aucuns vivent à sa « périphérie », pensant être spirituellement au centre, sans réaliser que c’est sur le vide.

  En vérité, en ajoutant à la Parole comme en retranchant d’elle, c’est intérieurement à Lui-même  que le croyant ajoute ce qui est humain et de lui-même qu’il retranche ce qui est spirituel, alors qu’en Christ, dit l’Apôtre Jean : « Nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce … » Jean 1:16. Car la Plénitude de Christ par Son Esprit en nous, écrit l’apôtre Paul à Timothée est « cette grande source de gain qui est la piété avec le contentement… » I Tim 6:6. Et ce contentement de la piété est la plénitude de l’Esprit qui nous emplit, et ceci non pas en retranchant de la Parole, mais bien plutôt de nous-mêmes en « nous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres… » Col 3:9, ni non plus en ajoutant à la Parole, mais à nous-mêmes en « joignant à notre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la maîtrise de soi… »  II Pier 1:6, c’est-à-dire « tout ce qui contribue à la vie et à la piété… » I Pier 1:5, pour notre avancement spirituel.