M350 – LE DIABLE RÔDE …

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    « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde. Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous perfectionnera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. A lui soit la puissance aux siècles des siècles ! Amen… ! » I Pier 5:8-11.

   La Parole de Dieu nous révèle des réalités spirituelles qui sont des mystères, et qui, parce qu’elles sont des mystères, n’en sont que plus réelles dans le monde invisible. Ainsi en est-il de Satan qui, « précipité des cieux », est devenu, ici-bas, le « prince de ce monde » Jean 12:31. Il a plu à Dieu de nous révéler par Ses prophètes ce que nous devions savoir à son sujet, et cela en la personne de deux monarques présentés comme étant une figure de Satan. Au sujet du prince de Tyr, l’Éternel déclare par le prophète Ézéchiel : « Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu ; tu marchais au milieu des pierres étincelantes. Tu as été intègre dans tes voies, depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’iniquité fut trouvée chez toi. Par la grandeur de ton commerce tu as été rempli de violence, et tu as péché ; je te précipite de la montagne de Dieu, et je te fais disparaître, chérubin protecteur, du milieu des pierres étincelantes. Ton cœur s’est élevé à cause de ta beauté, tu as corrompu ta sagesse par ton éclat ; je te jette par terre, je te livre en spectacle aux rois… » Ezé 28:14-17. En ce qui concerne le roi de Babylone, Dieu déclare, également, par le prophète Ésaïe : « Te voilà tombé du ciel, astre brillant, fils de l’aurore ! Tu es abattu à terre, toi le vainqueur des nations ! Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu ; je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée, à l’extrémité du septentrion. Je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut… » Es 14:12-14. La chute et l’action trompeuse et meurtrière de Satan sur la terre est encore décrite dans la vision apocalyptique que reçu Jean sur l’île de Patmos, annonçant la victoire de l’archange « Michel et de ses anges » sur « le dragon et ses anges » dans le ciel, d’où, dit l’Écriture, « celui qui séduit toute la terre fut précipité sur la terre ; et ses anges furent précipités avec lui… » Apo 12:9. Depuis ces temps antiques « le diable rôde » sur la terre, toutefois, non pas à l’aventure, mais en poursuivant des buts précis, et dont le « rugissement » n’est discerné et entendu que par le croyant spirituel.

  L’Écriture parle au sujet de la présence invisible de Satan, mais visible dans ses effets ici-bas, en  nous faisant connaître l’action particulière de l’adversaire en ce qui concerne les épreuves endurées par un homme du pays d’Uts, appelé Job. En effet, s’adressant à Satan, qui se présenta à Lui au milieu des anges, l’Éternel dit : « D’où viens-tu ? Et Satan répondit à l’Éternel : De parcourir la terre et de m’y promener… » Job 1:7 et 2:2. Et l’Éternel, lui ayant fait remarqué combien Job était un « homme intègre et droit, craignant Dieu et se détournant du mal… » Job 1:8 et 2:3. Satan alors frappa sa maison et ses biens, ses serviteurs et ses troupeaux, ses fils et ses filles, et même Job dans son propre corps. Et, cependant, dit l’Écriture : « En tout cela, Job ne pécha point et n’attribua rien d’injuste à Dieu… »,  ni  même  « par  ses  lèvres… » Job 1:22 et 2:10. En répondant à l’Éternel qu’« il parcourt la terre et s’y promène… », Satan ne cesse donc d’aller et de venir, ne s’arrêtant jamais, si ce n’est pour tenter et éprouver les hommes, en particulier ceux qui lui ont échappé en se confiant en Dieu, par Jésus-Christ.

  Il est dans la nature de Satan d’être sans cesse en mouvement, et c’est ce qu’il transmet aux hommes, lorsque, agissant sur eux, ceux-ci ne restent jamais en place et n’ont pas de repos, ne connaissant pas la Paix qui vient de Dieu. Ce n’est évidemment qu’en étant « né de nouveau » et en marchant par l’Esprit de Dieu que le croyant discerne l’action de l’adversaire contre lui et parmi les hommes, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul aux croyants d’Éphèse : « Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion… » Eph 2:2. « Selon le train de ce monde… », nous pouvons saisir les effets de la « mobilité » de Satan parmi les hommes et l’esprit de précipitation qu’il suscite en eux. Jésus, après avoir délivré un homme possédé, apporta un enseignement particulièrement éclairant à cet égard : « Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, dit-Il, il va dans des lieux arides, pour chercher du repos. N’en trouvant point, il dit : Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti ; et, quand il arrive, il la trouve balayée et ornée. Alors il s’en va, et il prend sept autres esprits plus méchants que lui ; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première… » Luc 11:24-26. L’esprit impur est une entité spirituelle foncièrement rebelle à Dieu, et donc à l’« autorité, et à l’ordre que Dieu a établi… » Rom 13:2. Dès lors, les esprits déchus sont à la recherche d’un « lieu de repos » par les lieux arides, aride d’ailleurs comme l’est leur nature, cherchant à habiter un corps humain. Qui sait combien Dieu, dans Sa Miséricorde, a préservé, à leur insu, des âmes appelées à Le connaître, d’être possédées de l’adversaire, alors que « le monde entier est sous la puissance du Malin… » I Jean 5:19.

  Parlant de ceux qui transgressent la loi de Dieu, le prophète Ésaïe déclare : « Les méchants sont comme la mer agitée, qui ne peut se calmer, et dont les eaux soulèvent la vase et le limon. Il n’y a point de paix pour les méchants, dit mon Dieu… » Ésaïe 57:20-21. La « mer agitée » illustre bien l’état de l’homme qui « ne peut se calmer », parce que ce qu’il cherche ne correspond pas au vrai besoin de son âme. De la même manière, Jésus met en garde les croyants contre la tentation de chercher une bénédiction, ou un exaucement dont ils pensent qu’il répondra à leur besoin, en « choisissant » une Parole de Dieu, mais  comprise selon la chair, ou qui ne leur est pas destinée. A des pharisiens lui demandant quand viendrait le royaume de Dieu, Jésus répondit : « Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards : On ne dira point : Il est ici, ou il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous… ». Puis, s’adressant à Ses disciples : « Des jours viendront, dit-Il, où vous désirerez voir l’un des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez point. On vous dira : Il est ici, il est là. N’y allez pas, ne courez pas après… » Luc 17:20-23. Ici se révèle l’esprit de celui qui, dit Jésus, « est menteur et le père du mensonge… » Jean 8:44, et qui répand un « esprit d’erreur » sur la terre, en annonçant des prodiges de la part de Dieu, avant le temps fixé, faussant ou voilant, en ceux qu’il a entraînés après lui, la vision des signes du Dessein de Dieu.

  Une des turbulences produites par le « prince de la puissance de l’air », dont, en partie, le monde même est conscient, est donc cet esprit d’agitation en l’homme, lui faisant éprouver que le temps passe de plus en plus vite. Or, ce qui est ressenti comme une précipitation du temps est, en réalité, la multiplication des événements de la vie, course effrénée qui ne laisse pas à l’homme le temps d’une sage réflexion qu’il pourrait retirer de ces événements. Et, comme ici-bas toute chose a son contraire, ainsi l’homme passe tour à tour de l’excitation à l’anxiété, rappelant le comportement de cet homme du pays de Gadara habité par l’esprit mauvais, qui, nuit et jour, dit l’Écriture « était entraîné par les démons dans les déserts… » Luc 8:29, et dont Jésus le délivra. Cette agitation qui fait courir l’homme révèle son insatisfaction profonde, comme, à l’inverse, son apparente indifférence qui est une manière de se rendre sourd au cri du vide de son propre cœur, comme à celui d’autrui, que seul Dieu peut combler, par le pardon de Celui qui est le « Prince de la Paix » Ésaïe 9:5.

  De là, la multiplication des voyages de lieux en lieux, de réunions en réunions, de retraites en retraites, vers lesquels les croyants sont sollicités, impatients de recevoir une bénédiction, alors que Dieu peut leur répondre dans le lieu même où ils se trouvent. Car là où est le racheté, Dieu n’est jamais loin de lui, quelques soient son état et les circonstances de sa vie, tel que le décrit magnifiquement l’apôtre Paul aux Romains : « Voici comment parle la justice qui vient de la foi : Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? c’est en faire descendre Christ ; ou : Qui descendra dans l’abîme ? c’est en faire remonter Christ d’entre les morts. Que dit-elle donc ! La Parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c’est la parole de la foi que nous prêchons… » Rom 10:6-8. Nous avons appris à ne pas courir en divers lieux, parce que la « Voix » entendue de la Parole de Dieu et la « Voie » aplanie par Lui ne font qu’une, aussi, le fait même de « demeurer » en Jésus, non pas nous « immobilise », mais est la force motrice de notre avancement spirituel vers Celui, qui, déjà, par Son Esprit est en nous, et nous en Lui.