M346 – PLUS INSTRUIT QUE TOUS MES MAÎTRES …

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     « Combien j’aime ta loi ! Elle est tout le jour l’objet de ma méditation. Tes commandements me rendent plus sage que mes ennemis,  car je les ai toujours avec moi. Je suis plus instruit  que tous mes  maîtres,  car  tes préceptes  sont   l’objet  de  ma méditation. J’ai plu d’intelligence que les vieillards, car j’observe tes ordonnances… » ! Ps 119:97-100.

  L’ Auteur du plus grand de tous les Psaumes, sous l’inspiration de l’Esprit-Saint, exprime les Pensées de Dieu. Certes, aux yeux des hommes, le Psalmiste aurait pu être considéré comme un présomptueux au-delà de toute mesure, dans le fait de se déclarer comme étant « plus instruit que tous ses maîtres… » Ps 119:99. Mais, par ces paroles, le Psalmiste exprimait les sentiments profonds de sa reconnaissance au Très-Haut pour les « profondeurs » cachées et révélées, qui le faisaient grandir dans l’intimité de Dieu. Si cette attitude avait été le résultat d’une connaissance « selon la lettre », et non « selon l’Esprit », cela eût été, en effet, d’un incommensurable orgueil. Or, une telle connaissance inspirée ne peut être reçue que par un cœur empli de l’humilité selon l’Esprit. De là, cette vie intérieure qui « dépasse » les « maîtres », qui, parfois, enseignent plus le « contenant » doctrinal de la Parole que son « contenu » spirituel… !

 Celui qui reçoit l’enseignement a, évidemment, moins de connaissance que celui qui l’enseigne ; mais le disciple, une fois adulte, peut égaler, ou même dépasser ses maîtres. Parlant de sa vie antérieure à sa conversion, l’apôtre Paul écrit aux Galates : « Vous avez su, en effet, quelle était autrefois ma conduite dans le Judaïsme, comment je persécutais à outrance et ravageais l’Église de Dieu, et comment j’étais plus avancé dans le Judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d’un zèle excessif pour les traditions de mes pères… ! » Gal 1:13-14. Aux yeux de ses maîtres, Saul de Tarse était promu à un brillant avenir de docteur et de défenseur de la loi. Or, une fois converti à Jésus-Christ, par l’Esprit de Dieu qui l’éclaira, et inspira sa parole et ses écrits, l’apôtre put dire aux Éphésiens, avec une modestie aussi grande que l’était sa connaissance : « C’est par révélation que j’ai eu connaissance du mystère sur lequel je viens d’écrire en peu de mots. En les lisant, vous pouvez vous représenter l’intelligence que j’ai du mystère de Christ. Il n’a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ  » Eph 3:3-5. L’apôtre Paul, déjà  « plus avancé » dans la connaissance de la loi que ses collègues, surpassa alors ses maîtres, puis, par une vie transformée et dans un esprit nouveau, il fut conscient d’avoir reçu par Grâce l’« excellence de la connaissance de Jésus-Christ, son Seigneur pour lequel il avait renoncé à tout… » Phil 3:8. En cela se perpétue la révélation prophétique de Dieu, qui consiste en des paroles entendues et reçues par le prophète, qui, dès lors, les proclame ou les écrit. Or, cette connaissance des Desseins de Dieu est recherchée par les rachetés, qui, parce qu’ils ont soif des Profondeurs divines, reçoivent les Révélations de Dieu, par le même Esprit qui les inspire.

   L’Écriture nous relate les grandes épreuves qu’endura Job, ainsi que les paroles de ses trois amis, qui devinrent par la suite des « consolateurs fâcheux » cherchant à justifier Dieu contre lui par des arguments partiaux, ce qui fit dire à Job ces paroles : « Direz-vous en faveur de Dieu ce qui est injuste, et pour le soutenir alléguerez-vous des faussetés… » ? Job 13:7. Plus tard, survint dans cet entretien un quatrième interlocuteur en la personne d’Élihu, qui, prenant la Parole, dit : « Je suis jeune, et vous êtes des vieillards ; c’est pourquoi j’ai craint, j’ai redouté de vous faire connaître mon sentiment. Je disais en moi-même : Les jours parleront, le grand nombre des années enseignera la sagesse. Mais en réalité, dans l’homme, c’est l’esprit, le souffle du Tout-Puissant, qui donne l’intelligence. Ce n’est pas l’âge qui procure la sagesse, ce n’est pas la vieillesse qui rend capable de juger. Voilà pourquoi je dis : Ecoute ! Moi aussi, j’exposerai ma pensée… » Job 32:6-10. Élihu n’avait certes pas la maturité des trois amis de Job plus avancés en âge. Cependant, ce « jeune homme », malgré son inexpérience et plus par irritation que par suffisance, exprima certaines paroles particulièrement judicieuses. Dieu n’attend pas la perfection pour accorder l’Inspiration de Son Esprit, lequel, en effet, opère aussi en celui qui le reçoit la maturité spirituelle ! Car de l’expérience de la vie ici-bas, aussi riche qu’elle puisse être, découle une sagesse humaine qui méconnaît la Sagesse d’En-Haut.

  « Tes commandements me rendent plus sage que mes ennemis… », « Je suis plus instruit  que tous mes maîtres… », « J’ai plus d’intelligence que les vieillards… » Ps 119:98-100. Le Psalmiste exprima par trois fois, non pas une supériorité, mais une « maîtrise » spirituelle. Car il faut une humilité profonde autant qu’une conscience éclairée pour exprimer un tel témoignage sur soi-même. Jésus dit, en effet : « Tout disciple n’est pas plus que le maître ; mais tout disciple accompli sera comme son maître… » Luc 6:40. S’agissant de Jésus, nous ne saurions évidemment pas être plus « avancés » que notre Maître, cependant, dit-Il : « Le disciple accompli sera comme son maître », ce qui, déjà, n’est possible d’être atteint que par la Grâce de Dieu. Or, étonnamment, nous apprenons de la bouche de Jésus, que nous avons encore à recevoir des connaissances venant de Lui, après Son départ : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera… » Jean 16:12-14. Jésus, en tant que notre divin Maître, nous a enseigné dans les Évangiles exactement tout ce qui nous suffit pour Le connaître, approfondir notre foi et vivre de Lui, et en Lui. L’apôtre Jean écrit : « l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, et qu’elle est véritable et qu’elle n’est pas un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements qu’elle vous a donnés… » I Jean 1:27. Il nous est donc possible de nous attendre à recevoir ce que nos « maîtres » n’auraient pas eux-mêmes connu. Car c’est précisément à partir du moment où Il nous a quitté que Jésus a fait demeurer en nous Son Esprit, qui nous révèle, non pas une « autre connaissance », mais la connaissance contenue à l’intérieur même de la Parole de Dieu. Il est donc des paroles prophétiques dites, mais restées en suspens, et recueillies par les rachetés au temps de Dieu, comme des fruits en leur saison.

     Les Paroles du Seigneur sont toutes sublimes, mais il en est de frappantes, qui s’éclairent dans  notre communion avec Lui, Jésus dit, en effet : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père ; et tout ce que vous demanderez en mon Nom, je le ferai,  afin  que  le  Père soit  glorifié  dans  le  Fils… Jean 14:12-13. Le fait d’avoir été appelé à accomplir des « œuvres » que Jésus Lui-même a faites, suffit déjà à Lui rendre d’abondantes actions de grâces. Mais que, en plus, Jésus nous dise, et ceci n’est pas une promesse, mais un fait qui découle de source, que « nous ferons des œuvres plus grandes que Lui… », après qu’Il s’en sera allé auprès de Son Père dans les cieux, ceci ne peut que nous jeter à terre, prosternés devant Lui ! Or, ces « œuvres plus grandes », invisibles comme visibles, le sont, « plus grandes », non en ce qui concerne leur « qualité », mais en rapport avec la Volonté spécifique d’agir de Dieu dans des circonstances et des temps particuliers, ainsi que par leur multiplication en la personne de chacun de Ses fidèles, ce qui ressort des premières paroles de Luc, l’évangéliste, disant : « Théophile, j’ai parlé dans mon premier livre (l’Évangile) de tout ce que Jésus a commencé de faire et d’enseigner dès le commencement, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir donné ses ordres par le Saint-Esprit aux apôtres qu’il avait choisis… » Act 1:1-2. Le fait qu’il soit écrit au sujet de tout ce que Jésus a, non pas « achevé », mais « commencé » de faire et d’enseigner, indique que ces choses n’ont donc jamais cessé de se manifester jusqu’à nos jours, par ceux en qui Jésus, par Son Esprit, agit et parle.

  Ceci fait partie de notre « héritage spirituel » depuis le temps de ceux qui nous ont précédés jusqu’à aujourd’hui. Ce « témoignage des anciens » est grand en ce que la puissance renouvelante de la Connaissance divine est de nature à nous renouveler nous-mêmes. Ainsi, toute pensée, toute lumière, toute profondeur, toute sagesse, comme tout prodige de la part de Dieu, nous appelle en quelque sorte à « être plus » que nos maîtres… d’abord en nous « dépassant » spirituellement nous-mêmes, ce qui est le premier des miracles ! Car la particularité spirituelle d’être « plus grands que nos maîtres », consiste à l’être, non en « hauteur », mais en « profondeur », et ce caractère divin de l’Esprit de Dieu imprimé en nous est  la vraie grandeur spirituelle… ! Eph 4:1.