M344 – FRAPPEZ ET L’ON VOUS OUVRIRA …

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      « Il leur dit encore : Si l’un de vous a un ami, et qu’il aille le trouver au milieu de la nuit pour lui dire : Ami, prête-moi trois pains, car un ami est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir, et si, de l’intérieur de sa maison, cet ami lui répond : Ne m’importune pas, la porte est déjà fermée, mes enfants et moi, nous sommes au lit, je ne puis me lever pour te donner des pains. Je vous dis, quand même il ne se lèverait pas pour les lui donner parce que c’est son ami, il se lèverait à cause de son importunité et lui donnerait tout ce dont il a besoin. Et moi, je vous dis : Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe… » Luc 11:5-10.

  Parmi toutes les paroles reçues, la prière est la vérité, à laquelle l’Écriture nous exhorte avec instance dès le commencement de notre vie spirituelle. La prière a ceci de particulier qu’elle requiert l’Onction de l’Esprit même dans les demandes des choses les plus quotidiennes de la vie. Elle se présente comme étant une vérité parmi les plus simples à comprendre, et, paradoxalement, comme pouvant aussi susciter le plus de questions ! Dans notre vie personnelle, dans la vie de ceux que nous portons dans notre cœur, comme en ce qui concerne l’œuvre de Dieu, combien de sujets de prières constituent nos aspirations et nos attentes… ! Or, l’exaucement, parfois, peut être différé, ou alors se manifester sous une autre forme que celle attendue, ou encore la prière peut, apparemment, rester sans réponse… ! Toutefois une chose est sûre, ce n’est pas parce que Dieu n’a pas exaucé, qu’Il n’a pas « entendu », c’est-à-dire que même en n’exauçant pas, à nos yeux, Dieu « répond » toujours… ! Car il arrive que Dieu exauce, non pas celui qui prie, mais la personne pour laquelle il a été prié, et cela, sans que l’intercesseur lui-même en ait connaissance, et sans que la personne qui en est l’objet sache qui a prié pour elle… !  

  Il n’est pas d’expression plus intense dans notre relation avec Dieu que de lui exprimer des prières, telles des offrandes venant de notre cœur, ainsi que s’écrie le prophète Osée : « Apportez avec vous des paroles, et revenez à l’Éternel. Dites-lui : Pardonne toutes les iniquités, et reçois-nous favorablement ! Nous t’offrirons, au lieu de taureaux, l’hommage de nos lèvres… » Osée 14:2. Jésus mit donc un soin particulier à nous enseigner ce qu’est la prière, comme aussi ce qu’elle n’est pas : « En priant, dit-Il, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez… » Matt 6:7-8. Au cours des siècles, la tradition religieuse a changé en prières rituelles, écrites ou orales, ce qui devait être des paroles et des louanges spontanées à Dieu, entravant par là l’inspiration de l’Esprit. Ce sont donc là des prières répétitives, qui, loin d’affermir et d’éclairer la foi, renforcent l’imagination superstitieuse de ceux qui pensent être ainsi exaucés. Jésus enseigna donc les aspects particuliers de la prière en ce qui concerne le fait de « demander », de « chercher » et de « frapper ». Ces diverses façons de prier, plus que de simples illustrations, décrivent le processus spirituel intérieur des différentes manières d’agir de « l’Esprit qui, dit l’Écriture, intercède par des soupirs inexprimables ; et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints… » Rom 8:26-27. Ainsi, les prières dites sous l’Onction correspondent aux Pensées de l’Esprit de Dieu, et reçoivent les exaucements qui accomplissent Ses Desseins … !

  Il est à remarquer que dans les deux premiers cas : « Demandez, et l’on vous donnera » et : « Cherchez, et vous trouverez », l’accent est mis sur celui qui prie. Le troisième cas : « Frappez, et l’on vous ouvrira » révèle un des aspects de la prière, dans le sens que frapper sollicite une intensité et une insistance spirituelle particulière répondant à un besoin urgent, à l’exemple de cet « ami » de la parabole, qui ne laissa aucun répit à son « ami », auquel il demandait trois pains, et dont Jésus dit : « Quand même il ne se lèverait pas pour les lui donner parce que c’est son ami, il se lèverait à cause de son importunité et lui donnerait tout ce dont il a besoin… » Luc 11:8. Cet ami ne cessa donc de prier, de frapper jusqu’à ce que son ami, plus par irritation que par amitié, lui ouvrît enfin la porte ! Cette importunité se traduit pour nous comme étant la persévérance et la constance de la foi. Certes, la Compassion de Dieu est exactement l’inverse de ce qu’étaient les sentiments qui habitaient l’ « ami », lequel répondit à son « ami », qui ne cessait de frapper, que pour « se  dégager » de lui. Dans ce cas, à la différence de celui qui « demande » et de celui qui « cherche », il se trouve que le racheté frappe, mais ce n’est pas lui qui ouvre… ! En effet, Dieu entendit, vint à la porte et l’ouvrit, c’est-à-dire que, joignant l’Action à Son Intention d’exaucer, Dieu se présenta Lui-même à celui qui frappait. En quelque sorte, les « puissances des cieux » sont en « mouvement » dans le fait que Dieu, en ouvrant Lui-même la porte, « remue ciel et terre » pour répondre à celui qui prie… !

  Le discernement spirituel nous invite à ne pas encombrer le seuil d’une multitude de demandes qui pourraient « empêcher » notre Père céleste d’ouvrir la porte, à laquelle nous frappons. Ceci nous rappelle les paroles de Jésus nous exhortant à ne pas « multiplier de vaines paroles comme les païens… ». Or, l’intercession inspirée de l’Esprit nous apprend, non seulement à présenter des  prières à Dieu, mais à nous présenter nous-mêmes devant Lui, c’est-à-dire, que, de prieurs, nous devenions nous-mêmes des « prières » … ! C’est ici la disposition de l’ouverture de nos cœurs qui offre en nous l’espace aux Œuvres préparées par Dieu pour nous. Il est des sujets de prières qui se présentent à nous, mais qui ne correspondent pas nécessairement à la Pensée de Dieu, car nos priorités ne sont pas nécessairement les Priorités de Dieu. C’est en ce sens que Jésus dit : « Votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez… » Matt 7:8. Combien de situations connues, comme celles inattendues appellent une intervention de Dieu, mais, comme l’a dit Jésus : « votre Père sait… ». Ainsi, toute demande est accompagnée de l’approbation de l’Esprit de Dieu en nous, en acceptant ce qui est le meilleur de la part de Dieu pour notre âme, même si ce meilleur n’est pas ressenti comme tel par nous. La Pensée de l’Esprit est donc de discerner le cours des choses ici-bas dans la Lumière de Dieu, qui en connaît le but, afin d’être vainqueurs en Lui de toute déception, découragement, ou doute. Ainsi, notre « force de frappe » dans la prière réside dans le fait de recevoir la Révélation d’En Haut, par laquelle s’opère en nous la maturation spirituelle qui nous conduit à « rechercher premièrement le Royaume et la Justice de Dieu, et toutes les choses qui nous seront données par-dessus… » Matt 6:33 !

 La Sagesse de Dieu dit : « J’aime ceux qui m’aiment, et ceux qui me cherchent me trouvent… » Prov 8:17. Dieu est Vie, Puissance et Lumière ; Il est également Amour, Compassion et Consolation, c’est-à-dire que, non seulement Dieu « Est », mais Il « s’émeut » d’une Sainte « émotion » … en étant « touché » par nos prières qu’Il accueille. S’adressant à Ses disciples, Jésus dit au sujet de l’amour humain : «  Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même… ? » Matt 5:46. L’homme recherche un effet immédiat et utilitaire, mais ceci se révèle vain par sa nature éphémère même. Aussi Jésus réprouve-t-Il l’attitude égocentrique de l’homme qui, seulement, « aime ceux qui l’aiment », tandis que les mêmes paroles, exprimées de la part de Dieu Lui-même, transmettent en nous la Plénitude de la Vie de l’Esprit. D’où l’on voit qu’une expression qui est répréhensible chez l’homme, parce qu’il est de chair, ne l’est pas chez Dieu, parce qu’Il est « Esprit », c’est-à-dire, « Grâce» et « Amour » envers nous ! Ainsi, ce qui est grand devant Dieu naît de ce qui est petit à nos yeux, et c’est en le demeurant, petit, que nous grandissons en Lui. De même, ce qui est puissant aux yeux de Dieu l’est d’autant plus en nous par ce sentiment d’impuissance que, souvent, nous ressentons… ! Jésus dit : « … Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père qui voit dans le secret te le rendra… » Matt 6:6. La plus grande force dans la prière est d’avoir cette intime assurance que, non seulement nous sommes « entendus », mais « vus » d’En Haut. Alors, cette conscience que rien n’est caché aux yeux de Dieu laisse toute latitude à notre Père d’ouvrir la « porte du ciel » d’où nous recevons ce qui est, entre autres, parmi les plus grands trésors spirituels : le Don accordé aux fils de la tribu d’Issacar, qui est « l’intelligence des temps… »  I Chro 12:32. Et cette « intelligence » spirituelle est reçue dans notre vie quotidienne par l’Esprit de prière qui est le regard d’En Haut sur toutes choses… !