M343 – IL S’ ÉTONNA …

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   « Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent. Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Beaucoup de gens qui l’entendirent étaient étonnés et disaient : D’où lui viennent ces choses ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et comment de tels miracles se font-ils par ses mains ?  N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit : Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison. Il ne put faire là aucun miracle, si ce n’est  qu’il  imposa  les  mains  à  quelques  malades  et  les  guérit.  Et il s’ étonna de leur incrédulité… ! »  Marc 6:1-6.

  Jésus parcourait le pays d’Israël, c’est-à-dire, la Galilée, la Samarie et la Judée, tantôt en s’y arrêtant pour prêcher, tantôt en les traversant. Or, dans la ville de Nazareth en Galilée, dont Jésus était originaire, Sa Prédication suscita des réactions hostiles parmi ceux qui l’écoutaient. L’un des obstacles à Sa Parole provenait du fait que les habitants de Nazareth connaissaient sa famille, sa mère, ses frères et ses sœurs, ainsi que sa profession de charpentier. Ainsi, du fait que Jésus avait été leur concitoyen plus ou moins proche, les Nazaréens ne voyaient pas en quoi ils auraient pu apprendre quelque chose de plus qu’ils ne savaient ou pensaient déjà de Lui. D’où l’on voit qu’il y a plus d’espoir chez une personne qui ne sait rien, que chez une personne qui s’est arrêtée à ce qu’elle sait… ! Il se révèle souvent que la connaissance, autant que l’ignorance, en particulier la connaissance « religieuse » est un obstacle à recevoir la connaissance inspirée de l’Esprit de Dieu… !

  En une autre circonstance, Jésus, prêchant dans la synagogue à Nazareth, dit : « Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre est accomplie. Et tous lui rendaient témoignage ; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient : N’est-ce pas le Fils de Joseph ? Jésus leur dit : Sans doute vous m’appliquerez ce proverbe : Médecin, guéris-toi toi-même ; et vous me direz : Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capernaüm. Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité,  aucun  prophète  n’est  bien  reçu  dans  sa  patrie… » Luc 4:22-25. Il est à relever ici que pour les Nazaréens, Jésus était « comme on le croyait, fils de Joseph, fils d’Héli… » Luc 3:23. Or, ce même Évangile nous rapporte les paroles de l’ange Gabriel, nous faisant connaître le véritable « Père » de notre Seigneur Jésus, c’est-à-dire, le « Très-Haut », dont « la Puissance couvrit de son ombre » Marie,    «   se   trouva   enceinte   par   la   Vertu   du  Saint-Esprit  » Luc 1:35, et Matt 1:18. Dans Son discours, à ce moment-là, il n’était pas dans la Pensée de Jésus de déclarer déjà ouvertement Son Origine divine. Depuis lors, combien d’âmes ont eu, ou ont encore une connaissance des Vérités de la Parole sans en comprendre la profondeur, qui leur sera révélée au temps de Dieu. Ainsi, les paroles de ses concitoyens, qui, précisément, lui demandaient de « faire à Nazareth » les miracles qu’Il avait « fait à Capernaüm » … », révélaient de leur part, non pas une recherche spirituelle, mais une parole provocatrice exprimant un doute à l’égard de Jésus ! Ce fut en discernant cette attitude que Jésus fut douloureusement « étonné » de la manière dont s’exprima leur incrédulité… !

  Que Jésus fût étonné, en quelque sorte, peut nous étonner nous-mêmes, car ceci nous paraît être un sentiment propre à la nature humaine. Or, cette sainte émotion est un des aspects qui nous révèle d’autant plus Celui en qui Dieu s’est incarné, et qui est le « Fils de l’homme ». Cependant, l’étonnement de Jésus est de nature différente de celui de l’homme. Jésus fut étonné de l’attitude des Nazaréens, non pas comme s’Il ne l’avait pas discernée, ou comme s’Il n’y avait pas été préparé, mais Il le fut par cette tristesse d’avoir précisément eu confirmation de ce à quoi Il s’attendait de leur part. D’ailleurs, outre les habitants de Nazareth, il nous est aussi rapporté que Jésus, concernant plusieurs des habitants de Jérusalem qui avaient cru en Son Nom en « voyant les miracles qu’il faisait », « ne se fiait point à eux, parce qu’il les connaissait tous, et parce qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rendit témoignage d’aucun homme ; car il savait lui-même ce qui était dans l’homme… » Jean 2:25. L’étonnement de Jésus résulta donc, non pas de l’effet de surprise, mais de l’affliction qu’Il ne pouvait pas ne pas éprouver en constatant toujours l’inclination du cœur de l’homme au mal,  comme à ce qui, d’abord, est  «  animal  »,  et,  seulement  ensuite,  à  ce  qui  est  « spirituel » … ! I Cor 15:46.

   L’attitude des Nazaréens à l’égard de Jésus fut aussi celle du peuple d’Israël, dès les temps anciens, qui suscita de même l’étonnement de Dieu. Le prophète Ésaïe, en effet, déclare : « La vérité a disparu, et celui qui s’éloigne du mal est dépouillé. L’Éternel voit, d’un regard indigné, qu’il n’y a plus de droiture. Il voit qu’il n’y a pas un homme, il s’étonne de ce que personne n’intercède ; alors son bras lui vient en aide, et sa justice lui sert d’appui… » Ésaïe 59:15-16. Dieu Lui-même « s’étonne » en face de l’inconstance, de l’infidélité d’Israël à Son égard. L’Onction prophétique exprime ce qui est ineffable de la Pensée de Dieu par le moyen des mots du langage de l’homme : mots que l’Esprit-Saint inspire en leur communiquant la Vie divine, qui révèle le sens spirituel de la Parole de Dieu, laquelle s’éclaire et nous éclaire… ! C’est dans cette pensée que s’exprime Jérémie, le prophète, qui, annonçant la ruine de Jérusalem, déclare : « Ils ont bâti des hauts lieux à Baal, pour brûler leurs enfants au feu en holocaustes à Baal : ce que je n’avais ni ordonné ni prescrit, ce qui ne m’était point venu à la pensée… » Jér 19:5-6. Ces paroles, disant que ces choses « ne lui étaient pas montées à la Pensée… », ne signifient pas que Dieu ignorait de telles abominations, puisque, dit l’Écriture : « Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est à nu et à découvert aux yeux de Celui à qui nous devons rendre compte… » Héb 4:13. Dieu, en effet, ne les « connaissait » pas dans le sens qu’Il considérait ces abominations comme étant totalement étrangères à la Nature sainte des Pensées de Son Esprit, et donc à Lui-même… ! 

  Ainsi, en conséquence de l’incrédulité des Nazaréens, Jésus « ne put donc faire là aucun miracle, si ce n’est qu’il imposa les mains à quelques malades et les guérit… » Marc 6:5.  Il n’est pas écrit que Jésus « ne fit pas », mais qu’Il « ne put faire » aucun miracle. En effet, comme nous l’avons appris au sujet de la connaissance parfaite de la part de Jésus du cœur de l’homme, la manifestation, ou l’absence de manifestation de Sa Puissance dépend de ce qu’Il discerne dans le cœur de l’homme. En fait, ce n’est pas l’incrédulité des Nazaréens qui « amoindrit » le pouvoir de guérison que manifestait Jésus, comme si l’incrédulité de l’homme eut été plus « forte » que la Puissance de Dieu. Le fait de « ne pas pouvoir » résulta donc, non pas d’une impossibilité, mais de l’inutilité, aux yeux de Jésus, d’attester la Parole en face de personnes aux cœurs remplis de préjugés, au point que leur incrédulité ne laissait aucun espace intérieur à la foi, et encore moins à son développement. En refusant de croire, l’incrédule ne prive pas Jésus de Son Pouvoir, mais il se prive lui-même des bienfaits qui en découlent… ! A l’inverse, nous découvrons que nos faiblesses, nos interrogations, (non pas sur Dieu, mais sur nous-mêmes), indiquent, paradoxalement, que nous avons pris conscience de la Profondeur et de la Diversité des Voies de Dieu dans nos vies. Un Dessein de Dieu propre à chacun de nous, dans lequel nous recevons la Force d’En-Haut jusqu’à l’accomplissement de ce qui nous a été réservé  par  Sa  Grâce… !

  Il est à remarquer dans le texte original que le verbe « s’étonner » s’emploie suivant des circonstances fort diverses, heureuses, surprenantes ou redoutables. Alors qu’un centenier lui demandait de venir guérir son serviteur, Jésus, dit l’Écriture, l’« admira », et déclara à la foule : « Je vous le dis, même en Israël je n’ai pas trouvé une aussi grande foi… » Luc 7:9. Sauvés du naufrage par leur Maître, les disciples dans la barque, « saisis d’étonnement, dirent : Quel est celui-ci, à qui obéissent même les vents et la mer… » Matt 8:27. Et cela, jusqu’à l’apôtre Jean qui, au sujet la « grande prostituée », écrit : « Et je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. Et, en la voyant,  je  fus  saisi  d’un  grand  étonnement… » Apo 17:6. La profondeur, la richesse, l’intensité des émotions manifestées par l’Esprit dans le cœur de Jésus découlent de causes qui ne sont connues que de Lui seul ; mais le Sentiment même qu’à Jésus de s’étonner Le rapproche de nous, comme aussi nous rapproche de Lui… ! Nous reconnaissons que si notre étonnement est de nature temporelle et passagère, la Portée spirituelle de l’étonnement de Jésus dépasse l’Événement lui-même, et laisse entrevoir la réalité céleste et éternelle, dont Son « étonnement » est l’Expression spirituelle du Signe et du But. Ainsi, notre disposition spirituelle à être étonnés des grandes Choses de Dieu démontre que nous sommes toujours spirituellement veillant, réceptifs, et donc vivants ! C’est là un signe de la vie spirituelle qui s’attend à ce qui, d’En-haut, l’éclaire, la nourrit et la renouvelle… !