M335 – REGARDE MES MAINS …

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      « Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d’eux, et dit : La paix soit avec vous ! Puis il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-là dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois. Thomas répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru… » ! Jean 20:24-29.

   Il est dans l’Écriture des enseignements qui sont apportés en rapport avec l’importance des vérités qu’ils développent. Les vérités concernant l’Amour de Dieu, la Grâce, la foi, le salut, la prière, l’obéissance, la vie éternelle, et d’autres encore, constituent la plupart des textes de la Parole de Dieu. Il est à relever que les Paroles de la part de Dieu au sujet de l’homme sont plus nombreuses que celles dont Dieu Lui-même est le Sujet, en tenant compte de toutes celles que contiennent les Psaumes et les prophètes. En ce qui concerne la venue du Sauveur dans le monde, la conception miraculeuse par la Puissance du Saint-Esprit dans le sein de la « jeune fille vierge » est un miracle unique parmi les hommes, à l’égal de la conception miraculeuse, d’où allait naître Jésus le Messie, annoncée par Ésaïe, le prophète : Esaïe 7:14, et exposée dans les Évangiles, en particulier dans celui de : Luc 1 et 2. Une telle Réalité divine se tient au-delà des paroles exprimées, elle ne peut se réduire à n’être que le sujet d’un enseignement. Annoncée par les prophètes, cette Visitation de l’Esprit sur Marie, plus qu’un « point de doctrine », est un Prodige. Elle est la manifestation spirituelle, céleste, surnaturelle qui ne peut se comprendre que dans son aboutissement, au milieu de nous, par la Venue de Jésus qui est la « Parole faite chair… » Jean 1:14. Jamais la Divinité n’a été aussi lumineusement révélée que dans Son Humanité… !

    Ce qui a donc été dit de la Naissance de Jésus l’est aussi de Sa Résurrection. Jésus sortit du sein d’une « vierge », puis Il sortit du sein du sépulcre, et Il se manifesta par Sa Résurrection en vue de Son ascension auprès de Dieu ; événement unique dans l’histoire humaine et dans l’univers. Résurrection différente des résurrections opérées   par  Jésus   Lui-même,   entre  autres,  celle  de  Lazare : Jean 11:43-44, et celle du fils de la veuve de Naïn : Luc 7:14-15, en ce sens que, contrairement à Jésus, ceux-ci, tôt ou tard, connurent la mort qui est le sort de tout homme. Ainsi : « Le soir de ce jour, dit l’Écriture, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu’ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d’eux, et leur dit : La paix soit avec vous. Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur… ! » Jean 20:19-20. Bien que Jésus eût annoncé d’avance aux disciples qu’Il devait être ressuscité, la seule « explication » qu’Il leur en donna consista, non pas en un exposé « théologique » sur ce qu’est la Résurrection, mais en un contact visible et tangible. Jésus, en effet, en se présentant à Ses disciples, ne fit pas de la Résurrection un sujet d’étude, mais Il les invita à une relation tangible qui fut le point de contact, à partir duquel le Seigneur, par la Lumière de Son Esprit « … leur ouvrit l’esprit, afin qu’ils comprissent les Écritures… » Luc 24:45.

   Lorsque Jésus se présenta donc à eux, « les disciples, dit l’Écriture furent dans la joie en voyant le Seigneur… » Jean 20:20. Or, précédant cette joie, l’Évangéliste Luc nous rapporte qu’à la vue de Jésus, les disciples « furent saisis de frayeur et d’épouvante, ils croyaient voir un esprit. Mais Jésus leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi pareilles pensées s‘élèvent-elles dans vos cœurs. Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi ; touchez-moi et voyez : un esprit n’a ni chair ni os,  comme  vous  voyez  que  j’ai… » Luc 24:37-39. Dans leur stupéfaction, les disciples perçurent la Présence indescriptible de Jésus ressuscité comme un « esprit » apparaissant devant eux. En fait, la  joie des disciples qui s’en suivit traduisit un étonnement indicible, à l’égal de l’événement de la Résurrection elle-même. La joie résulte des événements heureux que les paroles ne peuvent décrire. « Voyez mes mains et mes pieds… » ! La Résurrection étant au-delà des paroles, Jésus substitua le geste à la parole, le visible à l’invisible, le tangible à l’intangible, sachant que tout ce qui est manifesté de la part de Dieu a été formé dans l’invisible commencement de Sa Volonté… !

   « Regarde mes mains… », dit Jésus à Thomas. Il est à remarquer dans les Évangiles et les Épîtres, qu’il n’est jamais demandé de regarder à qui que ce soit, si ce n’est à Dieu seul. Or, comme Il l’avait déjà dit sept jours auparavant à Ses disciples, Jésus dirigea, non seulement les regards, mais le doigt et la main de Thomas sur Ses mains et Son côté percés. Dès le premier jour de Sa Résurrection auprès de Ses disciples, Jésus n’était déjà plus de ce monde, mais sans être dans le ciel, tout en étant encore ici-bas… ! Jésus était comme en suspens entre ciel et terre, et vivait dans l’attente de monter vers Son père et d’être glorifié auprès de Lui. Cet état particulier de la Présence divine en Lui était telle qu’Il dut, à cause de la fragilité des disciples, leur être d’autant plus accessible en leur demandant : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? Ils lui présentèrent du poisson et un rayon de miel. Il en prit et il mangea devant eux… » Luc 24:41-43 ! Paradoxalement, c’est donc ici par une preuve matérielle que la certitude spirituelle fit son chemin en eux. Alors que dans le domaine spirituel, l’esprit de la chose précède la chose elle-même, dans ce cas, c‘est à partir du Fait divin que le Saint-Esprit éclaira leur esprit de l’évidence de la Résurrection de Jésus. Le surnaturel et le naturel ne s’opposent pas, mais concourent à manifester la Puissance de l’Œuvre de Dieu… !

   C’est au même « excellent Théophile », pour lequel il écrivit son Évangile, que Luc adressa son « second livre » relatant les derniers événements de la Vie de Jésus ici-bas et la naissance de l’Église : « Théophile, j’ai parlé, dans mon premier livre, de tout ce que Jésus a commencé de faire et d’enseigner dès le commencement jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir donné ses ordres par le Saint-Esprit, aux apôtres qu’il avait choisis. Après qu’il eut souffert, il leur apparut vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le Royaume de Dieu… » Actes 1:1-3. De même qu’en ce qui concerne les marques de Ses mains, la plupart des preuves que Jésus donna aux disciples étaient physiques, attestant le caractère surnaturel et unique de Sa Résurrection. C’étaient ici des preuves que les facultés humaines étaient en mesure de saisir, et dont les disciples reçurent le témoignage par l’Esprit même, lequel  les rendit accessibles à cette Réalité divine qui les dépassait… ! En ceci éclate l’admirable « déclaration de foi » qu’exprima l’apôtre Paul dans son épître à Timothée : « Sans contredit, le mystère de la piété est grand : Celui qui a été manifesté en chair, justifié par l’Esprit, vu des anges, prêché aux gentils, cru dans le monde, élevé dans la Gloire… » I Tim 3:16. Ce « mystère de la piété » est Jésus « manifesté en chair ». C’est ici le mystère de l’Incarnation de Dieu en Jésus, c’est-à-dire, du père dans le Fils et du  Fils dans le Père. Incarnation insondable, qui, avec la Conception miraculeuse, aboutit à la Résurrection de Jésus d’entre les morts… !

   Le fait de s’adresser personnellement à Thomas est un trait de la Bonté de Jésus. En fait, en lui montrant Ses mains, Son côté, Ses pieds ; c’est aussi à nous que Jésus s’adresse, car, nous-mêmes, n’avons-nous pas aussi, en certains domaines, douté… ? A peine Thomas eut-il donc entendu les Paroles de Jésus qu’il crut. Cependant, Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru… » Jean 20:29. D’où l’on voit que ce ne sont pas ceux qui sont les plus près des signes de Dieu qui sont les plus proches de Dieu Lui-même… ! Jean, avec les autres disciples, assista donc à la première rencontre avec Jésus, puis à la seconde aux côtés de Thomas, ainsi qu’aux événements et aux discours de Jésus ressuscité. Ce « vécu » de Jean éclaire d’une lumière particulière dans nos cœurs les paroles, par lesquelles l’apôtre débuta sa première épître : « Ce qui était dès le commencement, écrit-il, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la Parole de vie… » I Jean 1:1. Certes, la Révélation de l’Esprit-Saint à notre esprit suffit à témoigner de la Présence du Seigneur Jésus en nous, Rom 8:16. Mais l’expérience visible et tangible de Thomas nous apprend que le Seigneur Jésus se révèle à nous en tenant compte de la faiblesse spécifique de chacun de nous ; faiblesse « absorbée » par l’Esprit de la Grâce, qui nous éclaire, nous fortifie ou nous reprend par une révélation appropriée de Sa Parole… !