M334 – PERSONNE N’A JAMAIS VU DIEU …

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     « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. Jean lui a rendu témoignage, et s’est écrié : C’est celui dont j’ai dit : Celui qui vient après moi m’a précédé, car il était avant moi. Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce ; car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître… ! » Jean 1:14-18.

    « Personne n’a jamais vu Dieu… » ! Ces paroles pourraient paraître comme étant celles d’un incrédule ! Or, il se trouve que c’est l’apôtre Jean lui-même qui les exprime dans le but de nous en éclairer le sens spirituel. Le fait de ne pas « voir » Dieu signifie qu’il y a entre le Créateur et la créature un voile qui empêche l’homme de Le « voir » … ce qui, par contre, n’empêche pas l’homme d’être vu de Dieu ! Cette impossibilité de voir Dieu est la conséquence du péché qui mit une séparation entre Dieu et l’homme. Au commencement, il n’en était pas ainsi, mais lorsque le péché de désobéissance fut consommé, dit l’Écriture, Adam et Ève furent chassés loin de la face de l’Éternel, Lequel « mit à l’orient du jardin d’Éden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie… » Gen 3:24. Cependant, le fait de ne pas pouvoir « voir » Dieu renferme une lueur d’espoir, en ce sens que cette impossibilité même, en quelque sorte, « préserve » l’homme de la mort, ainsi que le dit l’Éternel au prophète Moïse, qui lui demandait de lui « faire voir sa gloire », et à qui Il répondit : « Tu ne pourras pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre… » Exode 33:18,20. Ainsi, bien que ce soit à cause du péché, l’impossibilité de voir la Lumière insoutenable de la Face du Dieu Saint garde l’homme, dans l’attente du jour où Jésus, ouvrant le cœur qui se repent, lui accorde la Grâce de la Lumière de la Vie… !

   Après qu’Adam et Ève eurent mangé de l’« arbre de la connaissance du bien et du mal, dit l’Écriture, les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures. Alors ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l’homme et sa  femme se cachèrent loin de la face de l’Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin… » Gen 3:7-8. Adam et Ève n’avaient point honte d’être nus, jusqu’au moment où ils désobéirent ; c’est donc à partir de leur transgression que la nature de leur regard changea et que la vue de leur nudité suscita en eux la peur d’être vus de Dieu. Que s’était-il donc passé ? A partir de l’entretien avec le serpent, les paroles du séducteur rendirent conscients Adam et Ève de leur possibilité de « connaître le bien et le mal » Gen 3:5, mais par leur propre esprit et à des fins personnelles. Il s’ensuivit qu’Adam et Ève, dès lors regardèrent l’arbre de la connaissance avec les mêmes yeux, mais d’un autre regard, qui, de spirituel devint … personnel. Dès lors, Ils possédèrent la connaissance de Dieu, mais sans la conscience de Dieu ; ce en quoi ils se rendirent autonomes, séparés de la Parole de Dieu, et donc de la Présence même de Dieu… !

   Voyant leur intimité, Adam et Ève craignaient donc d’être vus de Dieu, car leur regard coupable ne pouvait soutenir le saint Regard de Dieu. De là, l’Éternel, avant de les chasser loin du jardin d’Eden et de Sa face, dit au sujet de l’homme : « Empêchons-le d’avancer sa main, de prendre de l’arbre de vie, d’en manger, et de vivre éternellement… » Gen 3:22, c’est-à-dire, d’être irrémédiablement pécheur… ! Ici encore, le fait de ne plus pouvoir être en présence de Dieu était un jugement qui renfermait un signe de Sa Miséricorde, dans l’attente où cette sanction serait ôtée d’au-dessus de tous ceux qui croiraient en Christ, ainsi que le dit l’Écriture : « … Il n’en est pas du don gratuit comme de l’offense ; car, si par l’offense d’un seul (Adam) il en est beaucoup qui sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d’un seul homme, Jésus-Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup… » Rom 5:15. C’est donc de l’intérieur de Christ, habitant en nous, que nos yeux intérieurs purifiés par Son Sang, comme le furent nos cœurs, peuvent « voir » Dieu, c’est-à-dire, recevoir la Révélation de Sa Présence et La contempler déjà ici-bas en Son Fils … !

  Ce fut donc seulement en étant à l’intérieur du jardin d’Éden qu’Adam et Ève étaient dans la disposition spirituelle de « voir » Dieu, c’est-à-dire, de discerner la Présence de l’Éternel qui parcourait le jardin vers le soir et dont la Voix annonçait la venue. Dans cette pensée, Jésus, parlant de Lui-même, dit aux Juifs : « Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi. Ce n’est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu ; celui-là a vu le Père… » Jean 6:45-46. Jésus a « vu » le Père, parce qu’il « vient » de Lui ; car, dit-Il encore : « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je vais au Père… » Jean 16:28. Ces Paroles contiennent, non seulement la question : de l’intérieur de qui, mais, d’où Jésus est-Il sorti… ? Ceci répondant à la question des Pharisiens qui avaient demandé à Jésus, non pas : « Qui est Ton Père », mais : « Où est ton Père… ? » Jean 8:19. Par rapport à l’homme en ce monde, le « Lieu » où est Dieu n’est pas terrestre, mais céleste ! Adam, le « premier homme » ne « voyait » l’Éternel qu’en étant « dans » le jardin d’Éden ! Ainsi Jésus, le « dernier Adam », le « second Homme » I Cor 15:45-46, « voit le Père », parce qu’Il est à l’intérieur de Lui. Jésus, le « Fils unique » voit le Père, parce qu’« Il est en son sein… » ! Jésus dit, en effet : « Personne n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu   du   ciel,   le   Fils  de  l’homme  qui  est  dans  le  ciel… » Jean 3:13. Que ce soit « au ciel », que ce soit « dans le monde » où Il est descendu pour remonter au ciel, Jésus voit constamment Son Père, parce qu’Il n’a cessé d’être « dans le ciel » d’où Il tire Son Origine… !

    Ici-bas, une personne voit une maison, parce qu’elle se tient en face d’elle. Si cette personne était à l’intérieur de cette maison, elle connaîtrait ce qui s’y trouve et ceux qui l’habitent, mais sans l’avoir jamais vue, et donc sans pouvoir la reconnaître… ! A l’inverse, nous ne pouvons voir spirituellement les choses d’En Haut qu’en étant à l’intérieur d’elles, car en les voyant « en face », c’est-à-dire, de l’extérieur, nous n’en pouvons connaître que les préceptes et non la Vie. Or, le croyant, en ne connaissant la Vérité que du dehors, demeure étranger à la Vérité. Il n’est donc possible de « voir » les choses spirituelles qu’en étant à l’intérieur d’elles. Car « voir » selon l’Esprit de Dieu n’est pas une simple vue ou une connaissance des choses spirituelles, mais la vision spirituelle de ce qui est céleste du Royaume de Dieu, qui se manifeste alors soit intérieurement, soit visiblement dans notre vie ici-bas. Un exemple parmi d’autres se présente en ce qui concerne la Paix selon l’Esprit. La Paix d’En Haut n’est pas une sorte de tranquillité que permettrait une existence privilégiée. La Paix de Dieu se révèle par la fermeté inébranlable au milieu des épreuves, parce qu’elle découle de la vision intérieure d’un Plan divin, vision qui affermit notre confiance dans l’attente et l’exécution de ce Plan, même si le but ne nous devait être connu que dans la suite… ! L’homme spirituel qui se nourrit de la Parole voit alors cette Parole prendre corps dans son existence ; par l’Esprit de foi, l’intimité de la Parole devient réalité en lui, le « cœur » de la Parole l’enveloppe… !

   « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit… » ! Est-il parole plus profonde que cette prière de Philippe à Jésus ? Cependant, il semble qu’une tristesse perce dans la réponse de Jésus à Son disciple : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi… » ? Jean 14:9-10. Philippe ne pouvait voir le Père, parce que ce disciple, jusqu’alors, regardait « à » Christ, et non pas encore « en » Christ. Philippe avait le regard d’une relation affective, admirative, zélée à l’égard de Jésus, mais ces sentiments sincères lui cachaient l’Essentiel de Jésus, et la Réalité essentielle en Jésus est la manifestation de Dieu venu en chair en son Fils. Or, l’Essentiel de Jésus est la Révélation de Sa Nature divine qui éclaire notre nature humaine. Et c’est lorsque l’Esprit de Dieu nous révèle notre propre nature et nous la transforme en un « cœur pur », que Dieu, «  fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la Gloire de Dieu sur la face de Christ… » II Cor 4:6. Ainsi, le fait d’avoir nos yeux ouverts sur nous-mêmes par l’Esprit de Dieu, ouvre nos yeux, à la fois, sur ce qui est manifesté de Dieu en Jésus, et sur ce qui de Jésus est manifesté en nous… !