M333 – CHRIST EST-IL DIVISÉ … ?

Format PDF

   « Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment. Car, mes frères, j’ai appris à votre sujet, par les gens de Chloé, qu’il y a des disputes au milieu de vous. Je veux dire que chacun de vous parle ainsi : Moi, je suis de Paul ! et moi, d’Apollos ! Et moi, de Céphas ! Et moi, de Christ ! Christ est-il divisé ? Paul a-t-il été crucifié pour vous, ou est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés… ? » I Cor 1:10-13.

   « Mes frères, j’ai appris par les gens de Chloé, qu’il y a des disputes au milieu de vous… » I Cor 1:11. Il est frappant de constater que c’est sur un ouï-dire de la part des « gens de Chloé » que l’apôtre Paul éprouve le besoin d’exhorter les croyants de Corinthe à l’unité fraternelle, et donc à la maturité spirituelle de ceux-ci. Qui était donc Chloé ? Une femme de distinction ayant des serviteurs et des servantes, « gens » qui firent part à l’apôtre des divisions survenues dans l’Église de Corinthe ? Quoi qu’il en soit, nous savons combien, et avec quelle rapidité, les nouvelles, surtout les fausses, se répandent ; d’où la nécessité de vérifier les faits sur place. Or, dans ce cas, les « bruits » étaient vrais, et, parmi les diverses causes, l’apôtre connut que lui-même, bien malgré lui, et d’autres serviteurs de Dieu étaient concernés par ces divisions. D’où il ressort que le fait d’avoir été appelés et recommandés dans le service de la Parole, d’abord par le Saint-Esprit, puis par le témoignage des anciens, ne leur évita pas d’être perçus comme étant des « chefs de clan », ce qui ne leur était d’ailleurs jamais monté à la pensée. Certes, à la limite, il vaut mieux « suivre » des serviteurs de Dieu en tout point recommandables que des serviteurs au comportement blâmable, mais ceci révélait la fragilité des croyants de Corinthe plus zélés que spirituels. Ceci révélant aussi dans le cœur des croyants la présence des affinités personnelles de sympathie ou d’antipathie, alors qu’elles ne devraient être que spirituelles. Aussi, seule la soif spirituelle, suscitée par l’Esprit qui ouvre les cœurs à la Parole de Dieu, est appelée à être la seule « affinité » spirituelle commune à nous tous… !

   L’apôtre Paul, s’adressant aux Corinthiens, éclaira le rôle de chacun dans le « Corps de Christ », qui est l’Église, en leur écrivant : « Quand l’un dit : Moi, je suis de Paul ! Et un autre : Moi, d’Apollos ! N’êtes-vous pas des hommes ? Qu’est-ce donc qu’Apollos, et qu’est-ce que Paul ? Des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru, selon que le Seigneur l’a donné à chacun. J’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître, en sorte que ce n’est pas celui qui plante qui est quelque  chose,   ni  celui  qui  arrose,  mais  Dieu  qui  fait  croître… » I Cor 3:4-6. L’apôtre était donc conscient de l’attachement dont il était l’objet de la part de certains croyants, ce contre quoi il se défendait de toutes ses forces. Certes, il écrivit avec juste raison à ces mêmes croyants : « Soyez mes imitateurs… »,  tout en précisant, « comme je le suis moi-même de Christ… » I Cor 11:1, et encore : « Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est Jésus-Christ le Seigneur que nous prêchons, et nous nous disons vos serviteurs à cause de Jésus… » II Cor 4:5. L’humilité était la caractéristique des serviteurs de Dieu authentiques de l’Église primitive, ainsi qu’elle doit l’être aujourd’hui. Cette humilité était d’autant plus manifeste que la Puissance divine les accompagnait, tant dans leurs prédications sous l’Onction de l’Esprit que par les miracles qui confirmaient la Parole… !

   La Parole de Dieu, sous l’Onction de l’Esprit, ouvre le cœur, l’éclaire et l’épure. Or, la réceptivité à l’Esprit affine la sensibilité spirituelle, et, par voie de conséquence, la sensibilité « personnelle », d’où les affinités particulières du croyant, lequel peut être en harmonie spirituelle avec tel homme de Dieu plutôt qu’avec un autre, comme aussi goûter tel enseignement plutôt qu’un autre. L’humilité d’un serviteur de Dieu fidèle n’empêchera pas certains croyants de s’attacher à lui. Mais le croyant, dans son attachement à un homme de Dieu aussi spirituel soit-il, court le risque de se détacher de Celui qui, seul, est le Chef de l’Église et la Source de la Vie, Jésus-Christ, de qui tout découle et vers qui tout converge… ! C’est là précisément ce que discerne l’homme spirituel, qui, parce qu’il a appris à ne pas comparer un serviteur de Dieu par rapport à un autre, ni à faire prévaloir un enseignement sur un autre, sait découvrir et recevoir les profondeurs et les richesses spirituelles de la Parole, même si celles-ci font défaut dans la prédication entendue, ou dans le prédicateur qui l’apporte… !

   Dans sa première lettre aux Corinthiens, l’apôtre Paul écrit: « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; diversité de ministères, mais le même Seigneur ; diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous… » I Cor 12:4-5. L’unité spirituelle n’est pas l’uniformité. En effet, ce n’est pas par l’uniformité que la division est combattue,  mais  par la  «  sagesse  infiniment  variée  de  Dieu… » Eph 3:10, car la diversité des ministères et des dons spirituels émane de la Nature de l’Unicité de Dieu. Jésus, en effet, dit aux scribes : « Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister ; et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister. Si donc Satan se révolte contre lui-même, il est divisé,  et il ne peut  subsister,  mais  c’en  est  fait  de  lui… » Marc 3:24-26. Tout ce qui se divise s’autodétruit ! Or, malgré les faiblesses et les imperfections des  croyants qui constituent l’Église du Seigneur, rachetée par Son Sang et victorieuse par l’Esprit-Saint, celle-ci subsiste éternellement, parce que, dit l’Écriture, si « chaque maison est construite par quelqu’un, Celui qui a construit toutes choses, c’est Dieu. Pour Moïse, il a été fidèle sans toute la maison de Dieu, comme serviteur pour rendre témoignage de ce qui devait être annoncé ; mais Christ l’est comme Fils sur sa maison ; et sa maison, c’est nous, pourvu que nous retenions jusqu’à la fin la ferme confiance et l’espérance dont nous nous glorifions… » Héb 3:4-6. L’Église est indissoluble par la diversité même de ceux qui la composent, car les rachetés, parce qu’ils sont complémentaires du fait même de leur différence, sont « irrigués » spirituellement et mutuellement  de la Vie  divine,  qui  rend  l’unité  effective  et vivante … !

   Que Christ ne soit point divisé est donc une évidence et a une implication dans notre vie. Car cette unité intérieure de Christ révèle la nature même de l’unité de notre union en Lui avec Dieu et de notre communion entre rachetés. Jésus dit aux Juifs : « Moi et le Père, nous sommes un… » Jean 10:30. Et, développant cette Vérité, Jésus répondit à Philippe : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les Paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres… » Jean 14:10. En vérité, ce qui est mathématiquement un ne l’est pas spirituellement, car l’« unité spirituelle » consiste en cette spécificité plurivalente propre à l’Unité divine du « Fils dans le Père » et « du Père dans le Fils » … ! De là, l’insondable Mystère qui apparaît paradoxal à l’intelligence humaine, à savoir, si le Père et le Fils n’étaient pas « deux », Ils ne seraient pas « … parfaitement Un… », et nous-mêmes  « en eux » ! Jean 17:21-23. En vérité, la Révélation de l’Unité de Dieu consiste en l’insondable « inclusion » éternelle du Fils dans le Père et du Père dans le Fils ! Vérité divine qui se révèle en nous au-delà de l’image imparfaite et réductrice que notre propre pensée peut en avoir… ! Et la Grâce d’avoir part à cette Unité vivante de Dieu consiste en ce que Jésus-Christ a renversé ce qui nous séparait de Dieu, en nous libérant de tout ce qui était d’abord divisé en nous-mêmes… !

 La révélation de la Nature indivisible de Christ éclaire donc la nature de notre communion spirituelle, dans laquelle nous avons reçu de Lui la Force de « conserver l’unité de l’Esprit », « l’unité de la foi et l’unité de la connaissance du Fils de Dieu » Eph 4:3, 13. Ainsi, la décision que prirent les gardes au pied de la croix, au sujet de la tunique de Jésus « qui était sans couture, d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas… » Jean 10:23, était inspirée d’En-Haut, lorsqu’ils dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera… » Jean 19:24. En effet, au lieu de déchirer la tunique en quatre parts, ce qui l’eût rendue inutilisable pour chacun d’eux, les soldats eurent la sagesse de la tirer au sort ! Ceci se révéla la juste façon d’agir, puisqu’en cela s’accomplît cette Parole de l’Écriture : « … Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique. Voilà ce que firent les soldats… » Jean 19:24. Si donc ces soldats se laissèrent inspirer par la Parole prophétique du Psalmiste, combien plus, nous qui avons reçu l’Esprit d’En-Haut, sommes-nous à même de conserver l’Unité spirituelle et fraternelle de notre communion avec Dieu en Christ, en nous exhortant, nous aussi, par ces mêmes paroles : « Ne la déchirons pas… » !