M332 – AU COMMENCEMENT ÉTAIT LA PAROLE …

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    « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas reçue. Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean. Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière. Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme… » Jean 1:1-7.

   L’éternité n’a ni commencement ni fin, et parmi toutes les paroles exprimant cette réalité insondable pour notre intelligence, se trouvent celles au sujet de Melchisédek, le mystérieux roi de Salem et sacrificateur de Dieu, que l’Écriture présente comme étant « sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours, ni fin de vie, ayant été rendu semblable au Fils de Dieu… » Héb 7:3. Quel est donc ce « commencement » ? L’Évangile déclare : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu… » Jean 1:1. Il ne s’agit pas ici du commencement de la Parole, mais de la Parole parlant du commencement, puisque la « Parole est Dieu », et que Dieu est éternel ! L’éternité est antérieure au « temps » du commencement, ne serait-ce déjà dans le fait que Dieu nous a sauvés « selon son propre dessein, et la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant les temps éternels… » II Tim 1:9. Or, pour nous, le « commencement » n’est perçu dans notre conscience qu’au jour où la Parole nous a été communiquée. Car, le seul « commencement » qu’il nous est spirituellement possible de saisir a été le moment de notre écoute de la Parole et de la réception en nous de la vie éternelle qu’elle communique, et qui nous introduit dans le temps de l’éternité… !

   Il ressort dans l’Écriture que les divers « commencements » sont toujours révélés par la Parole. Et quand ils le seraient par des visions, celles-ci sont toujours accompagnées de la Parole, car l’Esprit de Dieu ne donnera jamais une vision sans la Parole qui la confirme et l’explicite… ! Une vision sans la Parole qui ne laisse qu’une impression confuse ou qui manifeste une apparition dite « religieuse », suscitant la crainte d’en discerner la source spirituelle de peur d’en douter, révèle la manière subtile du Séducteur. C’est à cause de notre nature de créature que Dieu, Le Créateur, se met à notre portée pour nous parler du « commencement » de ce qui est précisément sans commencement… ! Aussi est-ce par Sa Parole que Dieu s’adresse à nous dans Son Incarnation en Son Fils unique, qui, dit l’Écriture « est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. Il est la tête du corps de l’Église. Il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier… » Col 1:17-18. Divin « commencement », auquel, depuis lors, nous sommes spirituellement participants en étant nés de nouveau par l’Esprit de Dieu… !

   Pour notre compréhension, il est nécessaire de ramener le temps de l’éternité à la durée de l’existence humaine. Aucun d’entre nous, bien-sûr, n’a été conscient du jour de sa naissance…, celle-ci ne nous a été connue que dans la suite. En effet, aucune mémoire, aucun souvenir ne peut nous faire remonter au jour de cet événement, si ce n’est la conscience de vivre depuis lors qui nous a permis d’en recevoir la connaissance. De même, combien de choses dans notre vie spirituelle étaient déjà en travail en nous avant que nous en ayons eu conscience. Ceci s’éclaire par les Paroles de Jésus, lors de son entretien avec Nicodème, lui disant « Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’esprit est esprit… » Jean 3:6. Ce qui est « né de la chair » est une évidence pour chacun de nous ; ce qui est « né de l’Esprit » est cette « nouvelle naissance », dont nous avons été conscients à partir du jour où elle s’est opérée en nous. La naissance « selon la chair » est le commencement de notre existence, tandis que la nouvelle naissance « selon l’Esprit » est le commencement de la conscience de notre salut reçu et des choses spirituelles vécues. La naissance d’En-Haut nous introduit dans la vie éternelle, qui nous a été communiquée par l’« Esprit éternel » Héb 9:14, par le moyen du Sang de Christ. Toutes les choses spirituelles, auxquelles nous aspirons sont donc de la même nature éternelle que celle de l’Esprit-Saint qui habite en nous. De là notre faim et notre soif de Dieu et de Sa Parole, de laquelle notre foi par l’Esprit reçoit la Vie et la Lumière… !

   La Voix de Dieu exprime la Parole créatrice qui remonte à l’origine des temps. Comment la vie spirituelle découle-t-elle donc de la Parole du « commencement » de toutes choses ? La Parole nous communique les Vérités éternelles de Dieu, en même temps que la Vie divine, par laquelle ces vérités pénètrent en nous ! Ce que dit Dieu s’accomplit dans notre vie par le Saint-Esprit, car la Vie divine a le pouvoir de transformer en nous la connaissance de la Parole en notre ressemblance à cette Parole. Jésus précisément dit aux Juifs : « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie… » Jean 5:39-40. Le fait même de la part de ces Juifs de « penser avoir en elles la vie éternelle » était on ne peut plus vrai ! Il ne leur restait plus qu’à venir à Celui qui était, et qui est éternellement, la Personne même de cette Parole, avec le Pouvoir de communiquer, par elle, Sa Vie en ceux qui la reçoivent… !

   La Vie est la substance spirituelle de la Parole. Par quelle métamorphose la Parole devient-elle Vie en ceux qui l’écoutent ? Par quel processus mystérieux les vérités vivantes œuvrent-elles et s’accomplissent-elles dans nos vies ? Il se trouve que la Parole de Dieu peut être entendue sans que, pour autant, la Vie qu’elle contient soit reçue, car la Vie n’est reçue dans le cœur que lorsque la Parole éclaire l’obstacle qui s’y oppose. Alors la Vie de cette Parole pénètre en nous et fait spirituellement « corps » avec notre « cœur » … ! Moïse, après avoir prononcé toutes les paroles de la loi, ne dit-il pas justement aux Hébreux sur le point d’entrer dans la terre promise : « Ce n’est pas une chose sans importance pour vous ; c’est votre vie… » Deut 32:47. Jésus, de même, déclara aux Juifs : « C’est l’Esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie… » Jean 6:62-63. Toute annonce de la Parole reçue par l’Esprit éclaire le cœur qui a reçu, ou redécouvre la Parole comme étant cette « chose qui n’est pas sans importance » ; car la connaissance de la Parole sous l’Onction de l’Esprit est le canal de la Vie divine, qui répond à la soif spirituelle du racheté et de laquelle il vit … !

   L’Écriture dit : « La vie était la lumière des hommes… » Jean 1:4. Ici-bas, la lumière donne la vie aux créatures, à la flore et à la faune, tandis que dans le domaine spirituel, selon cette Parole, ce n’est pas la lumière qui donne la vie, mais la Vie qui est et donne la Lumière… ! La nature spirituelle de la Parole étant donc « Esprit et Vie… » Jean 6:63, ce qu’exprime cette Parole, elle l’imprime en nous par la Vie qu’elle contient. En quoi se manifeste la Lumière qui vient de la Vie en celui qui l’a reçue ? La Lumière divine est discernement spirituel, et le discernement selon l’Esprit de Dieu a ceci de particulier qu’il est de la même nature spirituelle que celle des choses discernées comme venant de Dieu. En même temps, ce don discerne d’autant plus la nature spirituelle des choses qui lui sont contraires, c’est-à-dire, opposées à l’Esprit de Dieu. Et en ce discernement, qui procède de la Lumière de la Parole, réside la force éclairée de se garder soi-même de tout ce qui, précisément, n’est pas la Vie… !

   A des Juifs, disant qu’ils « voyaient » tout en s’opposant à Lui, Jésus dit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites : Nous voyons. C’est pour cela que votre péché subsiste… » Jean 9:41. Les propres lumières de ces Juifs les empêchaient précisément de recevoir la vie éternelle qu’ils recherchaient pourtant, car ils refusaient de se laisser éclairer par la Lumière qui vient de Celui qui est la Vie. Cette Lumière vient donc de la Vie, cette Vie vient de la Parole, cette Parole vient de Dieu, et cette Parole elle-même est Dieu… ! Or, la soif des choses spirituelles en nous révèle notre aspiration à appartenir à ce qui est éternel en Christ, car Christ répond à toutes les questions profondes qui montent en nous de cette « pensée de l’éternité que Dieu a mise dans notre cœur… » Ecc 3:11, Aspiration comblée alors par la Plénitude de la « puissance d’une vie impérissable » Héb 7:16, découlant du Don de la Grâce de Jésus-Christ, notre Sauveur… !