M319 – AU MILIEU DU JARDIN …

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       « Le serpent était le plus rusé de tous les animaux que l’Éternel avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? La femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. Alors le serpent dit à la femme : vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea… ! Gen 3:1-6.

    Était-il pour Adam et Ève un lieu plus merveilleux dans lequel vivre que le « jardin en Éden », que  « Dieu lui-même planta » Gen 2:8, et où toutes les conditions les plus favorables étaient réunies pour avoir une vie heureuse ? Aucune monotonie n’altérait ce bonheur, car Adam n’était pas sans activité ni initiative, puisque Dieu, l’ayant pris du lieu où il fut créé, le plaça dans le jardin, non pour qu’il s’y repose, mais pour le « cultiver et le garder » Gen 2:15. Il est, en effet, de l’Amour et de la Grandeur de Dieu de rendre ses créatures participantes de Ses Œuvres. Ainsi, l’homme, une fois formé de la poussière de la terre, ne fut pas laissé seul, sans soutien, sans but. Un espace fut donc préparé à Adam et Ève, dans lequel ils vécurent la liberté dans l’obéissance à Dieu ; car l’obéissance, non pas réduit, mais garantit la liberté selon Dieu, dans laquelle, par sa conduite, le « premier homme » devait manifester l’« image de Dieu » Gen 1:26, qu’il était … et que nous sommes !

    Dieu créa une telle variété de créatures que, non seulement les hommes manifestèrent une diversité d’intelligences, mais certains animaux furent dotés d’une intelligence en rapport avec leur mode d’existence. Ainsi, « le serpent, dit l’Écriture, était le plus rusé de tous les animaux que l’Éternel avait faits… » Gen 3:1. Peut-être nous demanderons-nous : Comment Dieu, qui est Saint et Parfait, a-t-Il pu donc créer une créature avec la ruse habitant en elle ? Ce qui nous éclaire à ce sujet, c’est que le terme hébreu employé ici signifie également « avisé », ce qui n’a aucune connotation maligne ; c’est d’ailleurs parce que l’homme ne l’est pas assez, « avisé », qu’il se retrouve bien souvent dans des situations fâcheuses ! Car, avant qu’« il fût maudit, et donc marchât sur son ventre et mangeât de la poussière toute sa vie » Gen 3:14, le serpent, à l’origine, n’était pas tel que nous le connaissons aujourd’hui. Le serpent était « avisé », il ne devint l’instrument de l’esprit séducteur, ici-bas, que depuis la chute du « chérubin », précipité du ciel sur la terre : Ez 28:14-17, où il séduisit Ève : II Cor 11:3. C’est alors que le serpent, d’« avisé » devint « rusé »… !

     Le drame originel de la chute se joua donc au milieu du jardin, et non pas en dehors de lui. La teneur des Écritures est de nous exhorter à demeurer à l’intérieur même des Choses de Dieu, afin que nous ne franchissions pas les limites fixées, c’est-à-dire, en allant « au-delà de ce qui est écrit… » I Cor 4:6. Or, ce n’est pas en ayant franchi les limites, en étant allé au-dehors, mais c’est en restant « au milieu  du  jardin »,  où  Dieu  « mit  l’homme  qu’Il  avait  formé… » Gen 2:5, que la désobéissance et la transgression d’Adam et Ève se manifestèrent ! L’Éternel Dieu avait dit à Adam  « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras… » Gen 2:16-17. Il est à relever que l’ordre de Dieu fut donné à Adam, avant qu’Ève ne vînt à l’existence ; car c’est ensuite que l’Éternel dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide semblable à lui… » Gen 2 :18. Adam était donc seul quand il reçut l’interdiction, aussi, ce fut, non pas à Adam, mais à Ève d’abord que le serpent, malignement, dit : « Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin… ? » Gen 3:2. Cependant, Dieu avait dit à Adam : « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin… », sauf uniquement de « celui de la connaissance du bien et du mal ». Or, cette manière subtile du serpent d’étendre l’interdiction de manger, pour ainsi dire, à tous les arbres du jardin, suscita une rectification de la part d’Ève, qui eut pour effet d’accentuer encore l’attrait à ses yeux de l’arbre défendu… ! Ève donc se mit à considérer le fruit de la connaissance avec un autre regard et dans un autre état d’esprit, un regard émotionnel et non plus spirituel, un regard qui « pensa » la création en dehors de la Pensée du Créateur … !

     Le malin n’eut donc pas besoin d’attirer Adam et Ève en dehors du jardin pour les tromper. Ce mystère s’éclaire par le fait que le « milieu du jardin » correspond à l’esprit de l’homme, dans lequel se trouvent aussi « le bien et le mal ». L’esprit à l’intérieur de l’homme est comme le « récepteur » spirituel réceptif, ou non, à l’Esprit de Dieu. Or, l’être humain, qui est de nature temporelle, est sensible aussi à toute influence qui n’est pas éternelle. Ainsi, aux raisonnements fallacieux du serpent, Ève répondit suivant la vérité qu’elle connaissait, mais avec le même « mode » de raisonnement, ce qui eut pour effet d’obscurcir davantage le discernement de son esprit, qui ne put dévoiler la ruse du malin, tenant compte que le même « arbre de la connaissance » est, à la fois, celui du « bien » et du « mal »… ! Or, le mélange subtil du bien et du mal se trouve dans le fond de l’homme, même croyant, et ce « mélange » tient de la nature charnelle de son âme, d’où découle cette recherche de la Parole, mais sans l’Esprit de Dieu, par lequel seul la Parole affranchit ! En effet, procédant de l’« arbre de vie », seul l’Esprit de Vie nous donne de discerner le mal, et de nous en garder, comme de choisir et d’aimer le bien, et d’y demeurer… !

     Une maison est conçue et bâtie en tenant compte d’une loi fondamentale qui est la « loi de la gravité », sinon, tôt ou tard, celle-ci s’écroulera. Il en est de même de l’être humain : le fait de pouvoir se tenir debout et de marcher est possible grâce à la loi de la gravité. Notre esprit aussi a une loi naturelle de gravité qui est le bon sens, et, de même, spirituelle qui est le discernement par l’Esprit de la Volonté de Dieu ! Il résulte de ceci que le péché consiste à penser et à agir en dehors du centre de gravité spirituel de la Volonté divine, avec la chute pour conséquence. D’où l’on voit que l’homme peut pécher, en franchissant les limites intérieures, sans sortir de lui-même… ! Ainsi le fut-il pour Ève, en acceptant de « dialoguer », de « raisonner » avec le séducteur, dont l’esprit est, précisément, tortueux et menteur, ainsi que le dit Jésus : « Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et père du mensonge… » Jean 8:44. Il est à remarquer que c’est après que le diable eut parlé à Ève que celle-ci, tout-à-coup, « vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence… » Gen 3:6. Elle  le  vit  comme  si  elle  le  découvrait  pour  la  toute  première  fois. En fait, ce n’était pas l’arbre qui parut différent, ce fut Ève qui le devint… ! Par sa pensée et sa manière de regarder, Ève quitta donc le centre de gravité intérieur de son esprit, ce qui, entraînant un déséquilibre dans sa relation avec Dieu, la fit tomber, et Adam avec elle, coupable aussi, non seulement de ne pas avoir obéi, mais encore de ne pas avoir su protéger Ève… !

     Dieu donc dit : « Voici, l’homme est devenu comme l’un d’entre nous pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons le maintenant d’avancer la main, de prendre de l’arbre de vie, et d’en manger et de vivre éternellement… » Gen 3:22. En effet, en « mangeant de l’arbre de vie », après avoir « consommé » le bien et le mal, l’homme serait devenu, en quelque sorte, « éternellement » pécheur… ! Mais Dieu, en empêchant l’homme de prendre de l’ « arbre de vie », annonçait déjà la Promesse à venir du Salut obtenu par Jésus, qui devait mourir à notre place pour que nous passions de la perdition éternelle à la vie éternelle. Car l’ « arbre de la vie » était, non pas à la périphérie, mais aussi au milieu du jardin, à côté même de l’ « arbre de la connaissance » Gen 2:9. Le bien et le mal se côtoient… ! Il avait donc été  donné  à  Adam  et  Ève  de  manger  de  l’ « arbre de vie », mais le serpent sema la confusion en inversant les priorités. Cet « arbre de vie » annonçait déjà la Vie de Celui « en qui, dit l’Écriture, nous avons la rédemption, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce… » ! Eph 1:7-8. Aussi était-ce après avoir « éprouvé de la frayeur et des angoisses » dans le « jardin de Gethsémané » en vue de la Croix, où Il a « tout accompli », que notre Seigneur Jésus-Christ révéla, plus tard, dans la Vision accordée à « son serviteur Jean » dans l’île de Patmos : « Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises : A celui qui vaincra je donnerai à manger de… l’arbre de vie,  qui est dans le paradis de Dieu… » ! Apo 2:7.