M318 – QUI SONT MES FRÈRES …

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        « Comme Jésus s’adressait encore à la foule, voici, sa mère et ses frères, qui étaient dehors, cherchèrent à lui parler. Quelqu’un lui dit : Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler. Mais Jésus répondit à celui qui le lui disait : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Puis, étendant la main sur ses disciples, il dit : Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère… ! » Matt 12:46-50.

    Les circonstances dans lesquelles la naissance de Jésus fut annoncée, et le voyage qu’Il fit à l’âge de douze ans en accompagnant ses parents à Jérusalem pour la fête de Pâque : Luc 1 et 2, sont les seuls événements bibliquement connus jusqu’à la trentième année de notre Seigneur. C’est, en effet, toujours d’une manière cachée que se préparent les manifestations des Desseins de Dieu. Nul ne sait donc de quelle manière s’exprimaient les relations de Jésus avec Sa mère, Ses frères et Ses sœurs. L’Écriture nous rapporte qu’un jour de sabbat, alors que Jésus enseignait dans la synagogue de Nazareth, ses concitoyens se dirent les uns aux autres : « D’où lui viennent ces choses ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et comment de tels miracles se font-ils par ses mains ? N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute… » Marc 6:2-3, « Une occasion de chute… » ! Jésus l’était-Il aussi pour les siens ? Pendant le temps qu’a duré Son ministère, Jésus le fut en partie, et le fait même d’avoir changé l’eau en vin aux noces de Cana en Galilée, puis d’être descendu à Capernaüm, avec Sa mère, Ses frères et Ses disciples : Jean 2:11-12, n’empêcha pas que plus tard, à l’approche de la fête des tabernacles, Ses frères lui dirent : « Pars d’ici, et va en Judée, afin que tes disciples voient aussi les œuvres que tu fais. Personne n’agit en secret, lorsqu’il désire paraître ; si tu fais ces choses, montre-toi toi-même au monde. Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui… » Jean 7:2-5. Alors que Jésus, peu auparavant, avait dit qu’Il « ne voulait pas séjourner en Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir… » Jean 7:1, quel « esprit » inspira donc les frères de Jésus, qui, sachant cela, Le pressèrent quand même de partir pour la Judée… ?

    Il serait, on ne peut plus présomptueux, de vouloir chercher à connaître la nature des sentiments et  des liens affectifs qui unissaient Jésus à sa famille. En vérité, Ses frères, Ses sœurs et Sa mère avaient un rapport assez complexe à son égard, ce qui se comprend tenant compte de l’Origine de Jésus, à la fois Divine et humaine, Surnaturelle et naturelle. Un jour que Jésus s’adressait à la foule, Sa mère et Ses frères, qui étaient dehors, cherchèrent à lui parler, et quelqu’un lui dit « : Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler. Mais Jésus répondit à celui qui le lui  disait : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Puis, étendant la main sur ses disciples, il dit : Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère… » Matt 12:46-50. Un autre jour, alors que Jésus enseignait, après avoir chassé le démon d’un homme muet, une femme, qui L’entendit, s’écria du milieu de la foule : « Heureux le sein qui t’a porté ! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! Et il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent… » Luc 11:27-28. Nous découvrons, concernant l’admiration de cette femme qui réagissait en tant que mère, le discernement de Jésus au sujet de la relation affective ou spirituelle à son égard, suivant l’attitude des âmes à l’écoute de la prédication de la Parole de Dieu… !

   Paradoxalement, tout en étant d’une nature différente de l’Amour de Dieu, l’amour humain, qui en est l’« image », nous aide à saisir une infime partie de cet Amour. Car l’Amour de Dieu est « autre », non seulement parce qu’il est plus grand, plus fort et plus profond, mais parce que Dieu nous a aimés le « premier » I Jean 4:19, contrairement à notre « amour » venu ensuite et qui y répond. L’Amour de Dieu est donc « premier », c’est-à-dire, ayant pour seule Source originelle la Grâce divine elle-même. Cet Amour n’est pas entaché de la faiblesse consistant à s’attendre à un  « retour », à un intéressement personnel, comme il en est de l’amour selon l’homme qui est venu en « second », même lorsqu’il s’agit de l’amour le plus élevé, le plus spirituel qu’il soit ! Ainsi, les disciples, qui étaient humainement étrangers à Jésus, se trouvaient être par leur soif spirituelle de la Parole plus proches, plus intimes même de Jésus que Ses proches à ce moment-là. Car si, en effet, nous nous réjouissons dans notre amour pour Jésus en retour du fait de lui appartenir, Jésus, dans Son Amour envers nous, Amour « désintéressé » en raison de la nature gratuite de la Grâce, a la Joie éternelle, non seulement de faire de nous les « brebis de Son Pâturage », mais d’appartenir Lui-même, en tant que Don de Dieu, à ceux qu’Il a rachetés pour Dieu, Son Père… !

    Les pensées qui habitaient la famille de Jésus nous apprennent également sur la pensée de l’âme humaine. La connaissance de Dieu sans l’Esprit de Dieu constitue l’obstacle même à recevoir la Révélation de cette connaissance. Ceci se vérifie dans les paroles de ces Juifs qui murmuraient au sujet de Jésus, quand, après qu’Il leur eut déclaré : « Je suis le pain qui est descendu du ciel », ceux-ci se dirent les uns aux autres : « N’est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, celui dont nous connaissons le père et la mère ?  Comment  donc  dit-il : Je suis descendu du ciel… ? » Jean 6:41-42. Ce fut précisément parce que ses concitoyens connaissaient Sa « famille », qu’ils étaient spirituellement empêchés de reconnaître Jésus et de croire « qu’Il était venu de Dieu, et qu’il s’en allait à Dieu… » Jean 13:3. Les frères de Jésus connaissaient Son Existence terrestre ; ils connaissaient des événements de sa vie quotidienne, mais non pas Sa vie intérieure. La connaissance naturelle qu’ils avaient de Lui empêchait l’accès en eux de la connaissance spirituelle par l’Esprit, qui seul révèle Jésus, car la « Parole » de Jésus reçue sans la « Personne » de Jésus a pour conséquence que plus l’on croit connaître Dieu, et plus l’on se trouve éloigné de Lui. Or, la « Personne » de Jésus vivifie en nous la Parole et nous affranchit par elle, car seule la connaissance révélée opère intérieurement notre ressemblance spirituelle avec Jésus, en nous ayant « donné le pouvoir de devenir enfants de  Dieu… » Jean 1:12.

     S’adressant aux Colossiens, l’apôtre Paul écrit au sujet de l’œuvre rédemptrice de Jésus : «  Et vous, qui étiez autrefois étrangers et ennemis par vos pensées et par vos mauvaises œuvres, Dieu vous a maintenant réconciliés par sa mort dans le corps de sa chair, pour vous faire paraître devant lui, saints, irrépréhensibles et sans reproche… »  Col  1:21-22.   Ainsi,   d’ « étrangers  à  la  vie  Dieu » Eph 4:18, que nous étions, puis ayant été réconciliés avec Lui,  nous sommes donc devenus « gens de la maison de Dieu » Eph 2:19. D’où il ressort que notre origine spirituelle remonte à Christ « en qui Dieu nous a élus avant la fondation du monde … », et cette filiation spirituelle de Nature divine avec Christ est rendue effective par la « nouvelle naissance » opérée en nous par l’Esprit-Saint ! D’où le rôle fondamental de la « chair » même de Jésus-Christ pour notre rédemption ; chair, à la fois, et « sainte » et « semblable à celle du péché » Rom 8:3, par laquelle, Jésus a « anéanti la loi des ordonnances  dans  ces  prescriptions »  qui  nous  condamnaient : Eph 2:15. Car Jésus, évidemment, n’a pas été fait « pécheur », mais « péché pour nous… » Eph 5:21 ! D’où l’importance de l’Incarnation de Dieu dans la « chair » morte et ressuscitée de Son Fils, « chair » transpercée, au travers de laquelle l’Esprit de Dieu et notre esprit se sont rencontrés… !

    La résolution prise par Dieu, afin que les âmes puissent devenir enfants de Dieu, s’opère par cette Oeuvre de grâce qui est l’« adoption », ainsi que l’écrit l’apôtre Paul aux Galates : « … Lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son fils, né d’une femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils,  lequel crie : Abba !  Père  ! … » Gal 4:4-6. C’est ici cet « esprit d’adoption… », écrit  encore l’apôtre Paul aux Romains, « par lequel nous crions : Abba ! Père. L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu… » Rom 8:15-16. Est-il témoignage plus intime de l’Esprit au dedans-de nous, lequel, en nous, crie et nous appelle à crier : « Père ! », attestant par-là que Dieu a uni Son Esprit à notre esprit ? Ce cri entendu en nous de la part de l’Esprit de Dieu, et auquel notre esprit répond, tel un écho éternel, révèle notre appartenance spirituelle à Celui qui est notre vie dès le commencement et à toujours … !