M317 – IL ENTRERA ET IL SORTIRA …

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       « Jésus leur dit encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés. Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance. Je suis le bon berger. Et le bon berger donne sa vie pour ses brebis… ! Jean 10:7-11.

     Jésus nous enseigne par des images fortes qui suscitent à dessein des interrogations profondes. Et les réponses que l’Esprit de Dieu nous inspire ont pour effet de nous éclairer nous-mêmes d’une lumière qui opère, en même temps, une transformation dans nos vies. « Je suis la Porte… », les Paraboles, dont Jésus Lui-même est le Divin Sujet, sont toujours révélées de « l’intérieur » de Sa Pensée à ceux qui aspirent à les comprendre. Elles sont autant d’ouvertures pour la compréhension spirituelle de ceux qui recherchent les choses célestes et éternelles. En quoi consiste donc le passage spirituel qui nous introduit dans la Parole de Dieu et nous ouvre à la révélation de celle-ci ? Le franchissement du seuil de la « Porte » décrit l’expérience spirituelle de notre rencontre avec Jésus-Christ ; et par ce franchissement intérieur s’opère notre conversion à Jésus-Christ qui, loin d’être seulement un jour magnifique, marque le début du cheminement et de la croissance de notre vie spirituelle… !

    Ce passage d’un état à un autre état à l’intérieur de nous-mêmes évoque des événements d’un autre temps et d’une autre nature, qui sont le passage de la traversée de la Mer rouge par les Hébreux de l’Égypte dans le désert de Cham : Exode 14:21-22, puis, quarante ans plus tard, le passage du fleuve du Jourdain : Josué 4:23, qui introduisit le peuple dans le pays de la Promesse. Depuis ce temps-là, Israël ne cessera jamais de franchir des étapes spirituelles et des Interventions divines, que le peuple ne cessera de rappeler et de célébrer jusqu’à ce jour. Dans le domaine des choses d’ici-bas, une personne qui entre, ou qui est introduite dans un certain lieu pour y demeurer y entre en une seule fois. Or, dans le domaine spirituel, le fait de demeurer dans les choses de Dieu se vit par une suite de « franchissements spirituels », c’est-à-dire, de successions d’« entrer et de sortir » à l’intérieur même des vérités découlant les unes des autres… !

     Par ces paroles : « Il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages… ! » Jésus décrit donc l’Action de l’Esprit dans la vie de celui qui Le reçoit comme son Sauveur. Dans les choses visibles, l’on entre nécessairement de l’extérieur d’un lieu ouvert à l’intérieur d’un lieu délimité ; l’on quitte donc un espace plus grand pour entrer dans un espace plus petit. Or, celui qui entre par Jésus-Christ, au contraire, entre dans un espace spirituellement plus « grand » que celui qu’il a quitté ! Il ne s’agit pas rituellement de mesure, de volume ou de poids, mais de la Présence de la Vie divine, dont les « dimensions » ne se mesurent pas en distance, mais se révèlent être une plénitude pour l’éternité. L’apôtre Jean écrit : « … Celui (Dieu) qui  est  en  vous  est  plus  grand  que  celui   qui  est  dans  le monde… » I Jean 4:4 ! Ce qui est à l’intérieur de nous est plus grand que ce qui est à l’extérieur de nous, et donc plus grand que nous-mêmes ; et seul le racheté, en qui retentit la Parole de vie peut concevoir une telle dimension d’En Haut infinie en lui… !

    Les Paroles de Jésus qui précèdent approfondissent cette réalité spirituelle : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. Lorsqu’il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. Jésus leur dit cette parole, mais ils ne comprirent pas de quoi il leur parlait… » Jean 10:1-6. En ce temps-là, il était d’usage de rassembler les troupeaux dans un même enclos pour y passer la nuit, où quelques bergers veillaient sur eux pendant que les autres se reposaient. Le matin, chaque berger appelait et rassemblait ses propres brebis pour les mener paître dans les pâturages. Ainsi, selon les Paroles de Jésus, les brebis, étant d’abord rentrées, ressortaient ensuite, pour retrouver leur pâturage dont l’espace était évidemment plus grand que l’enclos d’où elles étaient sorties. Que l’Oeuvre de l’Esprit soit de nous faire progresser par des franchissements successifs d’un état spirituel en un autre état, c’est ce que nous révèle encore l’Écriture, en disant : « … A cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l’amour fraternel, à l’amour fraternel la charité. Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront  ni  oisifs  ni  stériles  pour  la  connaissance  de  notre Seigneur Jésus-Christ… » II Pier 1:5-7. Le texte original exprime : « … Apportant tout empressement, ou toute ardeur, à fournir à votre foi… », l’Écriture nous appelle, non seulement à faire un « effort », ce que comprend toute âme régénérée, mais, d’abord, à recevoir la disposition intérieure d’aspirer par l’Esprit aux choses d’en haut ! Car toutes les vertus jointes les unes aux autres sont autant de franchissements, pour ne pas dire d’affranchissements, qui répondent à la soif spirituelle des rachetés qui soupirent après elles… !

    Le seuil primordial à franchir est lumineusement exprimé lors de l’entretien de Jésus avec Nicodème : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit…  » Jean 3:5-6. Par ces Paroles, Jésus nous révèle le franchissement du seuil de la chair à l’Esprit dans notre cœur, lequel est éclairé par la lettre de l’apôtre Paul adressée aux Corinthiens : « Jusqu’à ce jour, quand on lit Moïse, un voile est jeté sur leurs cœurs ; mais lorsque les cœurs se convertissent au Seigneur, le voile est ôté. Or, le Seigneur c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté… ! II Cor 3:15-17. Le sacrifice libérateur, par lequel nous sommes passés de l’esprit charnel à l’Esprit de Dieu a été rendu possible par Jésus, qui nous a « réconciliés avec Dieu par sa  mort dans le  corps  de  sa chair… » Col 1:21. Ceci souligne fondamentalement le rôle de la « chair » de Jésus, autant que celui de Son « Esprit » dans la Rédemption qu’Il a obtenue pour nous par Son propre Sang. Si donc, étant nés de la chair, nous avons pu ensuite naître de l’Esprit, nous le devons justement à l’Incarnation de Dieu en Son Fils, qui a opéré en nous la « nouvelle naissance » spirituelle, accomplie par la Crucifixion de Sa chair et reçue par la Puissance de Sa Résurrection… !

    « Entrez par la porte étroite, dit Jésus. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par-là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mène à la vie, et il y en a peu qui les trouvent… » Matt 7:13-14. D’aucuns pensent que la vie avec Christ est un enfermement, une vie à l’étroit ! Or, si la « porte étroite » et le « chemin resserré » sont ressentis comme tels, c’est à cause de la faiblesse de notre propre chair, car cette porte et ce chemin, précisément, nous conduisent dans la plénitude spirituelle. En vérité, Dieu ne se complaît pas à nous rendre la vie spirituelle plus difficile qu’elle ne l’est déjà, mais elle l’est, d’une part, à cause de la résistance de notre propre chair qui, de par sa nature, ne se soumet pas à l’Esprit-Saint, et, de l’autre, à cause du poids des puissances ténébreuses dans l’invisible, dont nous ressentons la pression spirituelle ; mais la Vérité affranchissante de Dieu reçue par l’Esprit en aplanit la Voie. C’est d’ailleurs en de telles circonstances que nous réalisons que Jésus est le    « bon Berger » qui est « venu afin que les brebis aient la vie et qu’elles soient dans l’abondance… » Jean 10:10. Les dimensions spirituelles de cette « abondance », de cette plénitude qui remplit nos cœurs se révèlent comme étant « la Largeur, la Longueur, la Profondeur et la Hauteur… » à la fois, infinies et intimes de Dieu : Eph 3:18. Et le fait d’avoir « senti et goûté combien l’Éternel est bon… » Ps 34:9, atteste que nous avons vécu l’expérience d’être entrés en Jésus, afin de sortir et de trouver les « pâturages » célestes de la Parole de Dieu, par le discernement de l’Esprit qui nous donne de distinguer entre « la nourriture qui périt » et « la nourriture qui subsiste pour la vie éternelle… » Jean 6:27. Ainsi, intérieurement, en sortant de nous-mêmes par Christ en nous, nous entrons dans ce que nous découvrons en Lui… !