M316 – J’AI PARLÉ OUVERTEMENT …

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    « Le souverain sacrificateur interrogea Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. Jésus lui répondit : J’ai parlé ouvertement au monde ; j’ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s’assemblent, et je n’ai rien dit en secret. Pourquoi m’interroges-tu ? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m’ont entendu ; voici, ceux-là savent ce que j’ai dit… » Jean 18:19-21.

    Que l’Enseignement de Jésus soit annoncé, non « en secret », mais « ouvertement », est d’autant plus vrai que ses frères eux-mêmes, qui ne croyaient pas encore en Lui, Le pressèrent de prêcher au-delà de la Galilée. En effet, à l’approche de la Fête des Tabernacles, les frères de Jésus lui dirent : « Pars d’ici, et va en Judée, afin que tes disciples voient aussi les œuvres que tu fais. Personne n’agit en secret, lorsqu’il désire paraître : si tu fais ces choses, montre-toi toi-même au  monde,  car  ses  frères  non  plus  ne  croyaient  pas  en  Lui… » Jean 7:3-5. Certes, Jésus n’était certainement pas animé du désir de « se montrer lui-même au monde », à la manière du monde ; cependant, et bien malgré eux, ses frères témoignèrent par-là que la Parole de Jésus devait être aussi annoncée dans les « bourgades voisines ». Or, précisément, les deux fois où les Juifs, dit l’Écriture, prirent des pierres pour les lui jeter, ce fut lorsque Jésus révéla le mystère de Son Origine divine aux Juifs, qui lui disaient : « Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis. Là-dessus, ils prirent des pierres pour les jeter contre Lui ; mais Jésus se cacha, et il sortit du temple… » Jean 8:57-59. Plus tard, parlant des « brebis » qui croyaient en Lui, Jésus leur dit : « Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père.  Moi et le Père, nous sommes un. Alors les Juifs prirent de nouveau des pierres pour Le lapider… » Jean 10:29-31. Jésus enseigna la Vérité au sujet de Sa Nature divine. Or, si les croyants reconnaissent par l’Esprit de Révélation l’Incarnation de Dieu en Jésus-Christ, les incrédules, même « religieux », se rendent responsables de ne pas la reconnaître à cause de leurs raisonnements qui ferment en eux l’accès à la Lumière de la Parole inspirée… !

    Jésus a donc parlé « ouvertement » au monde, dans le temple, dans les synagogues, dans les lieux habités comme dans les lieux déserts, où les gens des villes et des villages se rendaient en foule auprès de Lui. L’on ne pouvait donc accuser Jésus de fomenter des complots ou de susciter des troubles. Il est vrai que les tentatives de révoltes et de séditions étaient fréquentes en Israël, lesquelles étaient tant redoutées par les légions romaines qui occupaient le pays. Et ce fut précisément à ce sujet et dans ces temps troublés que les Juifs accusèrent Jésus ; accusation éminemment grave  aux yeux de l’autorité romaine, dont Pilate était le représentant, et à qui les membres du Sanhédrin, lors du jugement de Jésus, crièrent: « Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César. Quiconque se fait roi se déclare contre César… ! » Jean 19:12. Ainsi, Loin d’être des connaissances mystiques ou des discours subversifs, l’Enseignement de Jésus fait naître en nous la foi en Lui, cette foi qui consiste, non  pas à dominer sur qui que ce soit, si ce n’est sur le péché, ni non plus à être assujettis à des ordonnances humaines donnant la mort spirituelle. En effet, le Repas du Seigneur est célébré sans être caché, comme l’est aussi ouvertement le baptême des croyants. C’est aussi cette profondeur lumineuse de l’Évangile qui attire l’âme qui cherche la Vérité de Dieu en la Personne de Son Fils, Vérité qui, à la fois, éclaire la conscience des personnes troublées à salut, comme aussi, à l’inverse, suscite l’hostilité des personnes qui s’y opposent… !

    C’est donc autant par des comparaisons que par des développements que Jésus enseignait « ceux du dehors », selon que le dit l’Écriture : « C’est par beaucoup de paraboles de ce genre qu’il leur annonçait la parole, selon qu’ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur parlait point sans parabole ; mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples… » Marc 4:33-34. Ainsi, à partir des Paraboles qui expriment en « images » les Choses de Dieu, l’homme spirituel aspire à passer de l’« Image » à la « Réalité » des Vérités de Dieu, dans  lesquelles l’Esprit-Saint a pour action d’introduire les rachetés. Or, les vérités doivent être clairement exprimées, car plus les choses ont été ouvertement dites à ceux qui n’ont pas voulu les recevoir, et plus ils se sentiront repris le Jour du Jugement de ne pas les avoir crues. En effet, si les paroles de Jésus étaient difficiles à saisir, l’âme pourrait toujours se justifier en disant qu’il ne lui était évidemment pas possible de croire ce qu’elle ne comprenait pas… Il s’ensuivrait en effet que cette âme, n’ayant pu croire les choses qu’elle n’a pas comprises, ne comprendrait donc pas non plus de quoi elle devrait être coupable… !

     Cependant la Parole révélée, que reçoit l’âme qui y aspire par l’Esprit, n’est pas de nature à être comprise par l’homme charnel ni par l’homme légaliste, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul aux Corinthiens : « Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par Sa Grâce. Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles. Mais l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge (les discerne)… » I Cor 2:12-14. Ces paroles sont éclairées par l’entretien que Jésus eut avec Nicodème, auquel Il enseigna la nécessité spirituelle de « naître de nouveau », en disant : « Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes… ? » Jean 3:12. Si donc les paroles au sujet des « choses terrestres » étaient déjà difficiles à comprendre, combien plus celles au sujet des « choses célestes » qui ne peuvent être reçues que par la révélation de l’Esprit en ceux qui sont « nés » par le même Esprit ! Ainsi, toute « institution religieuse » (à ne pas confondre avec l’organisation pratique), de par sa nature, altère ce qui est « saint » et donc vivant, en le réduisant à ce qui est « sacré » et spirituellement mort, par lequel toute autorité religieuse exerce une domination sur les âmes : « Or, le Seigneur c’est l’Esprit, dit l’Écriture ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté… » II Cor 3:17. Et cette liberté spirituelle règne, en effet, dans l’espace intérieur et illimité du « Fondement » en nous, qui est Jésus-Christ… !

      Dans notre juridiction, contrairement à l’époque de Jésus, il n’est pas admis que la personne jugée interroge à son tour son interrogateur ! Or, au souverain sacrificateur qui l’interrogeait, Jésus répondit: « Pourquoi m’interroges-tu ? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m’ont entendu ; voici, ceux-là savent ce que j’ai dit… » Jean 18:21. En fait, en mentionnant ceux qui reçurent Son Enseignement, Jésus mettait en évidence le fruit bénéfique que produisait Sa Parole en ceux qui l’entendaient. C’est aussi ce qu’Il fit, lorsqu’Il répondit  à Pilate qui lui demandait s’Il était le « Roi des Juifs » : « Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi… ? » Jean 18:34. Par cette question à Pilate, Jésus s’adressait à l’homme plutôt qu’au gouverneur qu’il était, afin que, par sa réponse à la question même de Jésus, Pilate, en retour, se répondît en quelque sorte à lui-même … ! Jésus procéda de même, lorsque, quelques temps auparavant, en posant la question à Ses disciples : « Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme… ? Les disciples répondirent : Les uns disent que tu es Jean-Baptiste ; les autres, Elie ; les autres, Jérémie, ou l’un des prophètes. Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant… » Matt 16:13-16. Par Sa question, Jésus amena Ses disciples à déclarer personnellement, non seulement qu’ils croyaient en Lui, mais ce qu’ils croyaient de Lui, révélant par leur réponse ce que Jésus lui-même dans Son Identité divine était pour eux, et donc ce qu’ils étaient spirituellement eux-mêmes pour Lui !  Car, nos « réponses » à Jésus révèlent, non seulement ce que nous croyons, mais ce que nous sommes… !

     Alors que, habituellement, l’homme charnel s’arrête à ce qu’il a compris, ce que comprend l’homme spirituel, au contraire, l’incite à progresser sans cesse dans la Parole, afin de découvrir à l’intérieur de la vérité toutes les vérités qui la constituent et ce qu’elles contiennent… ! L’Esprit de Jésus éclaire donc les mystères de la Parole par la révélation des autres mystères qu’elle recèle. Et c’est ce que l’Esprit de Dieu ne cesse d’opérer au-dedans de nous, en nous faisant passer de la Parole voilée par notre propre voile au dévoilement de la Parole révélée par Son Esprit à nos yeux intérieurs… !