M315 – JOUANT SANS CESSE EN SA PRÉSENCE …

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      « L’Éternel m’a créée la première de ses œuvres, avant ses œuvres les plus anciennes. J’ai été établie depuis l’éternité, dès le commencement, avant l’origine de la terre. Je fus enfantée quand il n’y avait point d’abîmes, point de sources chargées d’eaux ; avant que les montagnes fussent affermies, avant que les collines existassent, je fus enfantée ; il n’avait encore fait ni la terre, ni les campagnes, ni le premier atome de la poussière du monde. Lorsqu’il disposa les cieux, j’étais là ;  lorsqu’il traça un cercle à la surface de l’abîme, lorsqu’il fixa les nuages en haut, et que les sources de l’abîme jaillirent avec force, lorsqu’il donna une limite à la mer, pour que les eaux n’en franchissent pas les bords, lorsqu’il posa les fondements de la terre, j’étais à l’œuvre auprès de lui, et je faisais tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence, jouant sur le globe de sa terre, et trouvant mon bonheur parmi les fils de l’homme… ! » Prov  8:22-31.

     Il n’est pas de révélation plus grande que la Sagesse divine qui s’est communiquée jusqu’à nous. Car la Sagesse de Dieu, avant d’avoir été incarnée en la Personne de Jésus-Christ, en étant « la Parole faite chair ! » Jean 1:14, a été « prédestinée avant la fondation du monde et manifestée à la fin des temps… ! » I Pier 1:20. Et cela, non seulement avant la fondation du monde, mais « avant » le temps même, ainsi que le dit la Sagesse « … j’ai été établie depuis l’éternité, dès le commencement, avant l’origine de la terre… ! » Prov  8:23. Car si Dieu était « inclus » dans le temps, le temps serait donc « avant » Dieu, et non seulement le temps, mais aussi l’espace, qui seraient donc plus « grands » que Dieu Lui-même… ! Or, l’Écriture déclare : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu… ! » Jean 1:1. Le commencement de toutes choses n’a donc pu procéder que de Dieu, dont le Fils est Jésus, à qui était semblable Melchisédek qui était « sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours ni fin de vie… ! » Héb 7:3. La Sagesse divine, dès lors, loin d’être impassible, exprima l’ « émotion » originelle et pure de la Joie en Dieu, en « jouant sans cesse en Sa Présence … ! » Prov 8:30.

     La Sagesse « joue… ! » Se serait-on attendu à cela de la part de la Sagesse divine ? Cependant qu’entend-on spirituellement par « jouer » ? Il en est de la diversité du « jeux » comme du zèle qui peut être intelligent ou fanatique, ou comme du rire, joyeux ou sarcastique. Une même chose est différente selon qu’elle se vit ou se comprend d’après l’Esprit de Dieu ou d’après l’esprit du monde ; de là la distinction entre « jouer » et « jouir », « jeu » et « jouissance ». Paradoxalement, de même que l’épreuve révèle la manière dont l’âme se comporte en elle, de même le jeu manifeste le caractère d’une personne. Il arrive, lors d’un jeu en famille, que l’on ne reconnaisse plus l’un de ses membres, qui se révèle sous un jour inattendu : tel, en effet, montre toute son agressivité à gagner ; tel autre se met à bouder ; tel autre se montre mauvais perdant ; tel autre encore se fâche et quitte le cercle familial. En fait, la manière de jouer révèle l’authenticité de la personne dans ses aspects positifs et négatifs. Ainsi, en transposant cette observation dans le domaine spirituel, nous discernons l’authenticité de la Sagesse de Dieu. Le « jeu » de la Sagesse n’est évidemment pas à comparer avec l’activité distrayante des humains, mais il fait naître en nous une aspiration à la Sagesse spirituelle dans sa diversité et nous fait discerner le rôle de chacun de nous dans l’Oeuvre de Dieu, à laquelle Il nous a appelés, et qu’Il accomplit en nous et par nous… !

  De quelle manière cette Sagesse se manifeste-t-elle dans l’enseignement de Jésus ? Elle s’exprime par la sagacité des questions de Jésus, comme de Ses réponses inattendues aux questions et aux arguments des Juifs contre Lui. A des sacrificateurs et des scribes qui lui demandaient par quelle autorité Il faisait ces choses, ou qui la lui avait donnée, Jésus leur répondit : « Je vous adresserai aussi une question. Dites-moi, le baptême de Jean venait-il du ciel, ou des hommes ? Mais ils raisonnèrent ainsi entre eux : Si nous répondons : Du ciel, il dira : Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? Et si nous répondons : Des hommes, tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean était un prophète. Alors ils répondirent qu’ils ne savaient d’où il venait. Et Jésus leur dit : Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses… ! » Luc 20:2-8.  En leur retournant leur question, Jésus les contraignit à mettre au jour leur hypocrisie, ce qui eut, pour conséquence de leur refus de donner une réponse à Jésus, de les laisser eux aussi sans réponse de sa part… ! Un autre jour, ces mêmes sacrificateurs et scribes se mettant encore à observer Jésus « … envoyèrent des gens qui feignaient d’être justes, pour lui tendre des pièges, et saisir de lui quelque parole, afin de le livrer au magistrat et à l’autorité du gouverneur. Ces gens lui firent cette question : Maître, nous savons que tu parles et enseignes droitement, et que tu ne regardes pas à l’apparence, mais que tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Nous est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ? Jésus, apercevant leur ruse, leur répondit : Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? De César, répondirent-ils. Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Ils ne purent rien reprendre dans ses paroles devant le peuple ; mais, étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence… ! » Luc 20:20-26. L’Écriture relève qu’à cette occasion les pharisiens et les hérodiens, pourtant  de  partis  adverses,  s’étaient  rangés  du  même  avis  dans le seul but de « surprendre Jésus  par  ses  propres  paroles… ! » Marc 12:13. D’où l’on voit que l’homme juste s’allie momentanément contre lui ceux qui sont ennemis entre eux, mais, que, tôt ou tard, ceux-ci se reprocheront les uns aux autres ce qu’ils reprochaient au juste… !

    Jésus, poursuivant dans cette même pensée, enseignait dans le temple, disant : « Comment les scribes disent-ils que le Christ est fils de David ? David lui-même, animé par l’Esprit-Saint, a dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. David lui-même l’appelle Seigneur ; comment donc est-il donc son fils ? Et une grande foule l’écoutait avec plaisir… ! » Marc 12:35-37. Un autre jour encore, à des Juifs qui disputaient avec Lui, Jésus leur répondit au sujet de Lui-même: « Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour ; il l’a vu, et il s’est réjoui. Les Juifs lui dirent : Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, Je suis… ! » Jean 8:56-58.  Jésus, en effet, lors de Sa prière à Son Père, parle de la « Gloire » que le Père lui a donnée et de l’« Amour » dont Il l’a aimé, et cela « quand Il était auprès de Dieu »… « Avant que le monde fût… ! » Jean 17:5, 24. Jésus donc, envers ceux qui lui étaient malintentionnés, non pas simplifiait, mais, au contraire, augmentait la complexité de Sa Parole, afin de changer leur animosité en étonnement dans le but de les éclairer en les convainquant de leur folie… !

    L’implication de la Sagesse dans la prédication de Jésus consistait donc dans la manière dont Il s’adressait aux Juifs. Car les Juifs, en Le questionnant, s’apercevaient, que Jésus, par Ses réponses, les amenaient eux-mêmes à répondre à leurs propres questions, afin de leur faire prendre conscience de leur mauvaise foi. Contrairement à l’homme, qui, convaincu d’avoir raison, rabaisse son adversaire aux yeux d’autrui, jamais l’intention de Jésus fut de désorienter ou d’humilier ses contradicteurs, mais bien de les « troubler à salut », en ébranlant leurs propres certitudes, dans lesquelles ils s’étaient eux-mêmes enfermés, et donc fermés à l’Esprit de la Vérité. Jésus est en ceci l’Exemple de l’application des paroles du sage, selon les personnes et les situations différentes, disant : « Ne réponds pas à l’insensé selon sa folie, de peur que tu ne lui ressembles ! Réponds à l’insensé selon sa folie, afin qu’il ne se regarde pas comme sage… ! » Prov 26:4. La folie est une… chaque insensé est différent !

    Ainsi, la Sagesse, au sujet de Dieu et d’elle-même, dit : « J’étais à l’œuvre auprès de lui, et je faisais tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence, jouant sur le globe de sa terre, et trouvant mon bonheur parmi les fils de l’homme… ! » Prov 8:30-31. Est-il chose plus intime en Dieu que Sa Propre Sagesse ? D’où l’on comprend que la Parole de Dieu pût dire que la Sagesse faisait, non pas ses propres délices, mais les « délices de l’Éternel », et le fait de jouer en Sa Présence révèle sa relation, son unicité avec Dieu, se confondant avec Dieu et avec Son Oeuvre dont elle est l’« artisane » ! Etant donc « médiatrice » des accomplissements des Desseins éternels de Dieu, elle se réjouit donc depuis lors sur la terre «… en trouvant son bonheur parmi les fils de l’homme… ! » Prov 8:31. Ainsi, ce à quoi nous sommes exhortés est que, de même que la Sagesse de Dieu trouva son « bonheur » parmi nous, nous trouvions, de même, totalement notre « bonheur spirituel » en elle, dans le Christ Jésus qui nous a rachetés… !