M313 – QU’ILS AIENT A SE REPENTIR …

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      « Dieu a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitassent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure ; il a voulu qu’ils cherchassent le Seigneur, et qu’ils s’efforçassent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous, car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être. C’est ce qu’ont dit quelques-uns de vos poètes : Nous sommes de sa race… Ainsi donc, étant de la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité soit semblable à de l’or, à de l’argent, ou à de la pierre, sculptés par l’art et l’industrie de l’homme. Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant d’entre les morts… ! » Act 17:26-31.

       La foi, la repentance, la conversion, la régénération sont parmi les vérités fondamentales de la foi en Christ. Elles nous sont connues, parce que vécues dès le commencement de la vie spirituelle. Dieu, par les prophètes, a, de tous temps, appelé les hommes à la repentance. D’ailleurs, tout commence par le repentir, d’où l’expression particulière exprimée par Jérémie, le prophète, s’adressant à Israël, et disant : « … Et moi, je vous ai parlé, je vous ai parlé dès le matin, et vous ne m’avez pas écouté. Je vous ai envoyé tous mes serviteurs, les prophètes, je les ai envoyés dès le matin, pour vous dire : Revenez chacun de votre mauvaise voie, amendez vos actions, n’allez pas après d’autres dieux pour les servir, et vous resterez dans le pays que j’ai donné à vous et à vos pères. Mais vous n’avez pas prêté l’oreille, vous ne m’avez pas écouté… ! » Jér 35:14-15. Cette expression : « dès le matin… ! », n’indique pas seulement le début de la journée, mais, spirituellement, le vrai commencement en nous de la vie avec Dieu. La repentance est primordiale en vue de toutes les choses à recevoir de la part de Dieu, que ce soit notre appel, les dons ou les qualités spécifiques qui caractérisent notre vie et notre vocation spirituelles. Cette repentance se perpétue dans nos vies par l’humilité découlant de la conscience même de nos faiblesses ; ce qui a pour effet salutaire de nous garder en Dieu, par la nécessité même d’invoquer le secours de Sa Grâce. Il est à remarquer que les choses profondes qui nous ont marqués dès notre conversion laissent en nous une empreinte profonde, à laquelle souvent nous nous référons, en vue de faire face aux événements particuliers survenant dans la suite de notre vie… !

      Ce qui vient d’être dit nous éclaire d’autant plus les paroles adressées par l’apôtre Paul aux Athéniens, disant : « Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir… ! » Act 17:30. Que cet appel à la repentance soit fondamental, c’est ce que nous rappellent les Écritures. Quelles furent, en effet, les premières paroles de Jean-Baptiste prêchant dans le désert de Judée ? : « Repentez-vous,   car   le   royaume   des   cieux   est  proche… ! » Matt 3:2. Quel fut, en résumé, le message de Jésus adressé au peuple d’Israël ? « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche.   Repentez-vous,   et   croyez   à  la  bonne  nouvelle… ! » Marc 1:15. Ce fut également la prédication de Pierre et des disciples, remplissant en ceci la mission à laquelle Jésus les appela : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit… ! » Act 2:38. Que ce soit donc annoncé par le prophète, suscité en nous par l’Esprit du Seigneur, proclamé par les apôtres, la repentance selon Dieu ouvre nos cœurs à la nouvelle naissance qui l’opère en nous par le même Esprit … !

      Comme il en est souvent le cas, ce qui est évident n’est pas nécessairement ce que l’on comprend le mieux. Lorsque l’Esprit de Dieu nous  convainc de péché, la lumière d’En Haut met en relief en nous les « ombres » des choses que nous avons à confesser, non seulement les péchés commis, mais notre nature pécheresse, de laquelle, en pensées déjà, découlent nos péchés. Notre propre intelligence ne peut suivre le processus spirituel du repentir sous la conviction de péché et la transformation qu’elle produit en nous. Aussi, des incompréhensions ou des conceptions erronées peuvent apparaître au sujet, non pas de la repentance elle-même, mais plutôt de ce qu’elle n’est pas. Telle âme, en effet, en se repentant continuellement, semble confondre la vraie repentance produite par l’Esprit de Dieu avec ce qui ressemble à des « absolutions » répétées ! Telle autre âme, en y recourant sans cesse, peut révéler par là qu’elle n’a pas encore reçu véritablement l’assurance du pardon de ses péchés! Telle autre encore cherche par la repentance à entretenir le « sentiment » d’être approuvée de Dieu, sentiment que lui inspire sa propre assurance, alors que c’est uniquement l’assurance du pardon des péchés reçu par Jésus-Christ qui donne la paix intérieure. Car, être pardonné ne signifie pas être déjà parfait, mais que l’on a reçu le pouvoir de le devenir avec l’Aide de Dieu. Aussi, paradoxalement, est-ce la conscience-même de notre imperfection qui nous presse à aspirer à la perfection… ! Car, comme il en est de la sainteté, au sujet de celui « qui est saint », et qui est exhorté à « se sanctifier encore… ! » Apo 22:1, de même le racheté, qui se sait pardonné par Grâce, est exhorté à « se perfectionner » encore… ! II Cor 13:11. Car le Sacrifice de Jésus, qui a été accompli pour nous une fois pour toutes et pour l’éternité, nous rend participants de cette éternité par la vie éternelle, et donc, en vertu de la nature divine de cette vie reçue en nous, rend durables nos progrès et nos victoires dans le Seigneur… !

      Dans sa lettre aux Corinthiens, l’apôtre Paul parle de l’effet salutaire produit par une lettre précédente, dans laquelle il avait dû reprendre sévèrement un croyant à cause d’un comportement outrageant à l’égard d’un frère en la foi : « Quoique je vous aie attristés par ma lettre, écrit-il, je ne m’en repens pas. Et, si je m’en suis repenti, car je vois que cette lettre vous a attristés, bien que momentanément, je me réjouis à cette heure, non pas de ce que vous avez été attristés, mais de ce que votre tristesse vous a portés à la repentance ; car vous avez été attristés selon Dieu, afin de ne recevoir de notre part aucun dommage. En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort. Et voici, cette même tristesse selon Dieu, quel empressement n’a-t-elle pas produit en vous ! Quelle justification, quelle indignation, quelle crainte, quel désir ardent, quel zèle, quelle punition ! Vos avez montré à tous égards que vous étiez purs dans cette affaire… ! » II Cor 7:8-11. Il n’est pas de plus claire définition de la repentance que celle donnée par l’apôtre qui distingue entre la « tristesse selon Dieu » et la « tristesse selon le monde ». En quoi consistent-elles l’une et l’autre ? Ressentir la tristesse selon Dieu est une tristesse qui nous fait éprouver ce que l’Esprit-Saint éprouve, et donc nous fait ressentir à l’égard du péché ! Et Dieu fait en sorte que ce que nous éprouvons suffise à susciter en nous le besoin de repentance… ! Là se tient la différence entre la tristesse selon Dieu qui produit la repentance, et donc conduit à la Vie, et la tristesse humaine qui produit la mort, c’est-à-dire, le « remords », qui, précisément, conduit à la mort spirituelle. La distinction spirituelle entre la repentance et le remords n’est claire qu’en celui qui est « né de nouveau », et qui peut donc faire la distinction entre la sincérité qui conforte trompeusement l’âme sans l’apaiser, et la vérité qui l’ébranle pour l’affermir en l’affranchissant… !

      Les prophètes ont toujours prêché dans le but d’appeler les hommes à la repentance, car la crainte de comparaître devant le Dieu Saint suffit à susciter le repentir ! En effet, voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, le prophète Jean-Baptiste leur dit : « Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? Produisez donc du fruit digne de la repentance, et ne prétendez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham… ! » Matt 3:7-9. S’il est des personnes, en effet, qui montraient peu de dispositions à s’humilier, c’était bien les chefs religieux, … ! Or, la différence entre les gens dits religieux et les croyants nés de nouveau, est que l’homme religieux considère la repentance comme une « garantie » supplémentaire, tandis que l’homme convaincu de péché est poussé à la repentance, non par crainte du jugement, mais en reconnaissant que c’est « la bonté de Dieu qui l’a poussé à la repentance… ! » Rom 2:4, comme étant la seule réponse pour accueillir dans sa vie Jésus, le Don ineffable de l’Amour de Dieu. Ceci souligne la nature de l’Esprit par lequel Christ fait naître le repentir dans nos cœurs ; repentir qui consiste en ce besoin d’être purifié de tout ce qui nous sépare de la Sainteté de Dieu. Et cela, en faisant cette découverte inouïe, que c’est justement du sein même de la Justice de Dieu qui nous condamne, que se révèle la Miséricorde de Sa Grâce qui, en nous justifiant, nous a sauvés … !