M310 – NOUS NE SAVONS PAS CE QU’IL NOUS CONVIENT …

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    « Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance. De même l’Esprit aussi nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables ; et celui qui sonde les cœurs connaît qu’elle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints… ! » Rom 8:24-27. 

    Il n’est pas de paroles plus nombreuses et plus pressantes dans les Écritures, que celles nous exhortant à prier sans cesse, ainsi que l’exprime l’apôtre Paul, en écrivant aux Philippiens : « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toutes choses faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la Paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ… ! » Phil 4:6-7. Il ne manque pas, en effet, de sujets de prières dans la vie personnelle du croyant, exprimées, cependant, non dans une attente impatiente, mais émanant de la volonté de Dieu dans le cours de son existence ! Ainsi, les prières inspirées, par la priorité de nos besoins que l’Esprit de Dieu connaît mieux que nous-mêmes, reçoivent leurs exaucements qui sont inclus dans le Dessein que Dieu a formé en Lui-même pour chacun d’entre nous… !

   L’apôtre Paul écrit : « … Nous ne savons ce qu’il nous convient de demander dans nos prières… » ? Rom 8:26. Se peut-il que nous ne sachions pas comment prier, au point de ne pas savoir quoi demander ? Certainement pas, car il y a autant de diversités de prières qu’il y a de difficultés et de nécessités quotidiennes. Cependant, il se trouve que des prières en faveur de personnes ou de circonstances précises ne semblent pas toujours obtenir la réponse espérée : soit parce que le temps de l’exaucement n’est pas encore venu ; soit, parce que l’exaucement a été accordé sous une autre forme que celle attendue ; ou parce que ce qui est demandé ne correspond pas à la Volonté Divine ; dans ce dernier cas Dieu nous donne alors la force de l’accepter. Car, bien souvent,  il  n’y  a  aucune « explication » donnée de la part de Dieu. Or c’est ce silence même qui épure et forme notre esprit, le rendant accessible à la Pensée de l’Esprit qui nous révèle en quoi nous avons besoin d’être éclairés par Dieu, dans le seul but de nous introduire encore plus dans Sa Présence. Dans ce cas, un non exaucement de prière ne signifie pas que nous soyons  répréhensibles en quelque point, mais a pour effet de développer la capacité spirituelle de notre foi à écouter et à voir l’invisible du Dessein de Dieu… !

   Les nécessités et les difficultés de la vie constituent donc les prières que « l’esprit de notre intelligence », appelé à être « renouvelé » par l’Esprit-Saint : Éph 4:23, présente donc à Dieu. Ces demandes, qui concernent les choses temporelles comme les choses éternelles, sont exprimées par la même Inspiration divine, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul aux Éphésiens : « Faites en tous temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints… ! » Eph 6:18. Il est donc des prières inspirées par le bon sens qui sont incluses dans la Sagesse et la Volonté de Dieu ! Jésus, parlant à la foule, dit : « En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme font les païens qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez… ! » Matt 6:7-8. Les prières des païens, dont parle Jésus, étaient des prières répétitives adressées aux idoles, mais ceci concerne aussi les prières rituelles des diverses traditions religieuses. Ainsi, ce sont les demandes que notre « Père sait » déjà, qu’Il exauce, celles-ci habitant l’« homme nouveau » que nous sommes devenus en Christ… !

   A la lumière des Paroles de Jésus, les besoins que le Père exauce sont donc ceux qu’Il « sait », et dont Il inspire nos prières ! Or comment savoir si ce que nous demandons est bien ce que notre Père sait ? Il y a lieu alors de faire silence en soi devant Dieu, car s’il y a des prières « exprimées », il y a de même des prières « pensées », afin d’entendre les Pensées de Dieu nous « parler ». Le temps de la prière se vit autant dans l’écoute silencieuse que par les paroles exprimées, afin d’entendre le langage intérieur de l’Esprit-Saint. Il est à relever que la vie est si complexe qu’en « détaillant » les demandes, celles-ci deviennent une liste de doléances plutôt qu’un épanchement des prières du cœur. Ainsi, le danger de « définir » les prières comporte le risque de « limiter » la puissance des exaucements de Dieu. En plus, les sujets de prières, en se multipliant, en viennent à disperser les forces de celui qui prie Aussi est-il nécessaire de prendre de la hauteur, c’est-à-dire, de revenir à ce qui doit être l’objet de notre aspiration première,  d’après les Paroles de Jésus-Christ, disant à la foule sur la montagne : « Cherchez premièrement le Royaume et la Justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine… ! » Matt 6:33-34. C’est donc, avant tout, le « Royaume de Dieu » que nous avons à rechercher ! Royaume qui contient toutes ces « autres choses données par-dessus… ! » et réservées à notre disposition au temps de Dieu ! Et ces choses comprennent tous les domaines de notre vie, et le fait même que celles-ci soient déjà connues de notre Père céleste nous réconforte, nous rend patients et confiants dans l’attente. Heureux le racheté qui a compris que la prière ne consiste pas seulement à parler sans cesse, mais à laisser Dieu lui « parler » dans l’intimité de sa Présence, au sein de laquelle les Pensées divines se révèlent à lui. Car s’il est un langage de notre bouche à l’oreille de Dieu, il est aussi un langage infiniment plus profond de Son Esprit à notre esprit… !

   Tout ce qui est exprimé en dehors d’une joie pure, d’un besoin légitime ou d’une profonde souffrance, peut se révéler être des paroles vaines ; avec ceci s’accordent les paroles du sage, combien éclairantes, disant : « Prends garde à ton pied, lorsque tu entres dans la maison de Dieu, et approche-toi pour écouter plutôt que pour offrir le sacrifice (ou les prières) des insensés ; car ils ne savent pas qu’ils font mal… Ne te presse pas d’ouvrir la bouche, et que ton cœur ne se hâte pas d’exprimer une parole devant Dieu ; car Dieu est au ciel, et toi sur la terre : que tes paroles soient donc peu nombreuses… ! » Ecc 4:17, 5:1. « Dieu est au ciel, toi sur la terre… ! » Il y a lieu de  ne jamais perdre de vue la Nature souveraine sainte et juste de notre « Père céleste » … ! Jean 17:11, 25, auquel nous nous adressons. Aussi est-ce  « la crainte de l’Éternel qui est une source de vie… ! » Prov 14:27, qui nous garde. Et cette crainte salutaire, que nous éprouvons à Son égard, imprime en nos cœurs la juste disposition intérieure propre à recevoir l’inspiration de l’Esprit, et de là, Son écoute et Son exaucement… !

   Dieu qui sonde nos cœurs, « connaît donc la Pensée de Son Esprit qui intercède en nous… ! ». Ainsi, plus que les intercesseurs que nous sommes, l’Esprit Lui-même est « intercesseur » au-dedans de nous, et cela par des « soupirs inexprimables… ! ». Celui donc qui sait écouter sait entendre le Langage de l’Esprit. Ainsi, il n’est pas de plus profonde intimité que la communion dans la prière avec Dieu. Or, l’intercession nécessite un rude combat spirituel, dans lequel il y a lieu de discerner, non pas ce qu’il nous « convient » de demander, mais ce qu’il « convient » à l’Esprit-Saint qui intercède pour nous. Et cela, au sujet de choses si profondes que les sujets de nos prières, devenus « inexprimables », s’expriment par des « soupirs », et dont les exaucements ont un effet qui se répercute dans une dimension spirituelle bien au-delà de nos seuls besoins… !

   Arrivée à cette profondeur, l’intercession tend à devenir une méditation continue de l’Esprit qui nous rend participants de la Victoire de Christ qui a triomphé dans l’invisible de la puissance du malin. Cet  esprit  de  prière  se  réalise  dans  les  paroles  du prophète Zacharie, qui s’écrie : « Que toute chair fasse silence devant l’Éternel.  Car  il  s’est  réveillé  de  sa  demeure  sainte… ! » Zac 2:13. C’est ici dans le silence, et non dans les clameurs que se « réveille » l’Éternel ! D’où cette disposition spirituelle de savoir attendre, qui façonne notre cœur assoiffé à discerner cet « éveil » de Dieu, qui, d’abord à l’intérieur de nous, marque de son sceau tout authentique «  réveil » … !