M308 – TOUT DISCIPLE ACCOMPLI …

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   « Il leur dit aussi cette parabole : Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans une fosse ? Le disciple n’est pas plus que le maître ; mais tout disciple accompli sera comme son maître … ! » Luc 6:39-40.

     Le fait même d’être un disciple suppose que le disciple est nécessairement encore imparfait, sinon il serait déjà un maître. Or, en disant que « le disciple n’est pas plus que le maître… », Jésus déclare, cependant, que « tout disciple accompli sera comme son maître… ! » Ces paroles signifient, non pas qu’un disciple, en tant que tel, ait déjà atteint la perfection, mais qu’il est « perfectible », c’est-à-dire, accompli aujourd’hui, et davantage demain, et ainsi de suite, chaque jour de sa croissance spirituelle ! Car un disciple est autre chose qu’un élève ; l’élève fait un effort pour apprendre, le disciple a soif de la Parole de Dieu, il soupire après elle ! Un élève reçoit l’enseignement, alors que le disciple « devient » l’enseignement qu’il reçoit, jusqu’à ressembler à Celui-là même qui l’enseigne ! Ainsi, par la connaissance qui lui révèle la Pensée et la Nature de Jésus, son Maître, le disciple découvre les qualités et les défauts de sa propre vie spirituelle ! C’est ici l’éclairage spirituel que reçoivent  notre esprit éclairé et  notre cœur purifié par la révélation de la Parole, qui nous révèle l’Oeuvre de la Vie divine en nous… !

     Le disciple sera donc « accompli comme son maître… ! » dit Jésus ! Et pour nous y aider, l’Écriture nous l’apprend aussi de la manière inverse, où le  « Maître » Lui-même agit comme un «  serviteur », afin de montrer par Son exemple la manière dont devrait agir un vrai disciple. Jésus, en effet, après avoir lavé les pieds de Ses disciples lors du dernier repas de la Pâque, leur  dit: « Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez Maître et Seigneur ; et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait. En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé. Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez… ! » Jean 13:12-17. Dans ce cas particulier, c’est en apprenant comment Jésus agit, non pas en tant que « Maître », mais en tant que « serviteur », que le disciple apprend à devenir comme son Maître… ! En fait, être appelé à être comme notre Maître consiste à aspirer, non seulement à faire les Oeuvres du Maître, mais déjà à  « pratiquer  celles qu’Il nous a préparées d’avance… ! » Eph 2:10. Ainsi, le serviteur, sans être encore parvenu à la perfection  du Maître, lui est déjà semblable par l’authenticité même du désir spirituel qui l’anime, et par lequel il soupire après ce but. Ne serait-ce d’abord que dans le plus grand des services auquel nous avons été appelés, et qui est celui de l’intercession, suivant l’exhortation même de l’apôtre Paul adressée aux Éphésiens : « Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints… ! » Eph 6:18.

    En ayant donc pour perspective d’être comme son Maître, le disciple comprend aussi qu’il doit s’attendre à être traité comme son Maître l’a été. Nous ne saurions, en effet, ressembler à la Nature du Christ, et refuser ce qu’elle nous attire, ainsi que le dit Jésus Lui-même : « Le disciple n’est pas plus que le maître, ni le serviteur plus que son seigneur. Il suffit au disciple d’être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur. S’ils ont appelé le maître de la maison Béelzébul, à  combien plus forte raison appelleront-ils ainsi les gens de sa maison… ! » Matt 10:24-25. Et ailleurs encore : « Souvenez-vous de la Parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre… ! » Jean 15:20. Même si ce qui est de Christ en nous peut, dans certaines circonstances, susciter de la part du monde une sorte d’admiration, celle-ci sera, tôt ou tard, suivie d’hostilité ! Hostilité, cependant, mettant en évidence une gloire particulière, non point une gloire personnelle, mais cette « gloire », écrit l’apôtre Paul aux Corinthiens, qui « est ce témoignage de notre conscience, que nous nous sommes conduits dans le monde, et surtout à votre égard, avec sainteté et pureté devant Dieu, non point avec une sagesse charnelle, mais avec la grâce de Dieu. … » II Cor 1:12.  C’est donc là le caractère « accompli » du disciple ! Et c’est lors d’une circonstance des plus dramatiques que Jésus en donne une profonde révélation. Alors que son âme est troublée à l’approche même de l’heure de son Jugement, Jésus donc dit à André et à Philippe : « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera… ! »  Jean 12:26. Ce n’est pas, en effet, au Maître d’être là où est son serviteur, mais bien plutôt au serviteur d’être là où est Son Maître. Or, pour être là où est son Maître, le serviteur se garde de prendre toute propre décision ou direction qui lui plairait, en les prenant pour la Volonté de Dieu ! L’état d’esprit du disciple accompli consiste à obéir aux mouvements intérieurs qu’imprime en Lui la direction de l’Eprit-Saint, c’est-à-dire, la Pensée divine, dont il discerne qu’elle est pour lui la seule voie de la Vie… !

     Pour celui qui comprend selon l’Esprit qui vivifie la Parole de Dieu, les discours de Jésus peuvent apparaître parfois comme des paroles sans transition entre elles ; or, il y a  toujours un lien de Lumière qui les traverse, une pensée intime qui les unifie. Ainsi, nous ne voyons pas, à première vue, la pensée qui relie le « disciple accompli » avec «  la paille et la poutre » de la Parabole qui suit. Or, en pénétrant ces paroles, en remontant jusqu’à l’intention de Jésus qui les exprime, l’on découvre alors quelle est la disposition spirituelle qui anime le cœur du « disciple accompli », le rendant accessible à cet impératif de Jésus, disant : « Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère… » Matt 6:12. Reconnaître que l’on a une paille dans son propre œil n’est déjà pas une attitude spontanée du cœur humain, mais accepter de reconnaître qu’il s’agit d’une poutre, cela est inimaginable en dehors de l’Eprit de Dieu qui seul peut l’en convaincre… !

      Ces paroles sont aussi à relier à celles de Jésus au sujet de « l’adultère déjà  commis avec une femme dans le cœur » par un simple regard de convoitise : Matt 5:28, avec cette exhortation à vaincre toute tentation, telle que l’exprime Jésus, en disant: « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne… ! » Matt 5:29-30. Il ne s’agit pas, évidemment, de se mutiler physiquement pour ne plus pécher ! Mais, par ces Paroles, Jésus souligne que le fait même de reconnaître notre incapacité de faire ce qui est bien suffit à nous convaincre de nous garder de faire ce qui est mal ! Comment cela ? En vivant la puissance agissante de cette vérité, inspirée par l’Esprit à l’apôtre Paul, et disant : «  Ce n’est pas à dire que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous-mêmes. Notre capacité, au contraire, vient de Dieu… ! » II Cor 3:5.

   La vie spirituelle du racheté révèle des traits caractéristiques, par lesquels il manifeste sa ressemblance avec Jésus. Or, ces choses sont déjà en germes en lui dès le commencement de sa vie avec Dieu. La connaissance de la Parole les lui révèle au fur et à mesure de sa croissance spirituelle, et en réponse aussi à l’intensité de sa recherche à discerner ce qui lui est destiné de la part de Christ ; car c’est là ce qui, spirituellement, le constitue ! La Parole développe en nous ce qui a été touché par la Parole de Dieu, sinon cela reviendrait à vouloir changer en nous ce qui n’est pas transformable… ! La Parole de Dieu ne bâtit donc que sur ce qu’elle a déjà commencé de faire en nous, et de nous ! Car, c’est en « nous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, que nous avons revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle dans la connaissance, selon l’Image de Celui qui l’a créé… ! » Col 3:9-10. En vérité, c’est à partir de la « nouvelle naissance » opérée en nous par l’Esprit de Dieu que s’ouvre l’espace intérieur de notre cœur que Christ remplit de Sa Plénitude… !