M306 – LA PROFONDEUR …

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    « A cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père, duquel tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur,  en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi ; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu… ! » Eph 3:14-19.

    C’est  donc « à cause de cela… ! », c’est-à-dire, à cause du « Mystère »  concernant  les  Païens  et  les  Juifs,  « formant  un même corps,  et  participant  à  la  même  promesse  en  Jésus-Christ… ! » Eph 3:6,  que  l’apôtre  Paul,  ému  de  la  Grandeur  de  la Grâce divine, prit soin de faire comprendre aux croyants d’Éphèse, entre autres Vérités, la « Profondeur »  de Dieu. Certes, l’Amour divin a les dimensions de cette Profondeur, mais, l’exhortation à connaître cet Amour est citée à la suite des Attributs divins, dont la Profondeur a pour Sujet Dieu Lui-même. Or, qui peut concevoir La Profondeur de Dieu ? Une telle réalité aussi infinie qu’éternelle ? Job même dans son épreuve ne peut en écrire, et en décrire que ce qui le dépasse, et non pas ce qu’elle est : « Il étend le septentrion sur le vide, dit-il  au sujet de l’Éternel, il suspend la terre sur le néant … Il a tracé un cercle à la surface des eaux, comme limite entre la lumière et les ténèbres … Son souffle donne au ciel la sérénité, sa main transperce le serpent fuyard. Ce sont là les bords de ses voies, c’est le bruit léger qui nous en parvient ; mais qui entendra le tonnerre de sa puissance… ? » Job 26:7, 10, 13-14.

   Ainsi, ne pouvant la concevoir, que nous dit, que nous apporte donc la  « Profondeur » de Dieu ? En quoi notre compréhension  limitée peut-elle être concernée par ce qui la dépasse ? N’était-ce point là, déjà pour les choses d’En-Haut comme pour celles d’en bas, la pensée de l’Ecclésiaste, disant : « Ce qui est loin, ce qui est profond, profond, qui peut l’atteindre… ? Ecc 7:24. La Profondeur de Dieu nous renvoie à nous-mêmes, elle éveille la conscience de notre petitesse en présence de la Sagesse et de la Sainteté de Dieu. Ceci nous conduit par la pensée à la première Parabole de Jésus, disant : « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux… ! » Matt 5:3. Notre Seigneur ici ne dit pas : Heureux les « simples d’esprit », mais les « pauvres en esprit », c’est-à-dire, heureux ceux qui sont « conscients de leur besoin spirituel », et qui, en conséquence, soupirent après les choses d’En-Haut. Ainsi, le paradoxe est que nous percevons d’autant plus la Profondeur des Perfections divines de Dieu que celles-ci nous font, ô combien, défaut, tout en n’affectant, cependant, en aucune façon la joie et la paix qui nous viennent de Sa miséricordieuse Patience… !

    L’Écriture déclare que « les cieux et les cieux des cieux ne peuvent contenir Dieu… ! » I Rois 8:27. Cette Profondeur n’est évidemment pas mesurable, parce qu’elle n’est tout simplement « pas de cette création… ! » Héb 9:11, pour ne citer  que cette expression éclairante de l’Ecriture concernant le Tabernacle céleste ! Il est un trait de la Sagesse de Dieu dans le fait que Sa Parole, en exprimant les choses inexprimables, s’est mise à la portée de notre entendement limité. En effet, c’est à partir d’un langage accessible à notre compréhension « limitée » que l’Esprit-Saint dévoile à nos cœurs la compréhension spirituelle des  « bords » de la Profondeur divine. Car, l’Esprit de Révélation dans la Parole de Dieu est de nous amener du sens selon  la lettre au sens inspiré par l’Esprit de Dieu ! Et c’est justement l’appel de cette Profondeur qui suscite en notre âme l’aspiration à la Plénitude de Dieu. C’est ici, ce à quoi nous convie l’apôtre Paul en plaçant devant nous l’infinie Grandeur de l’« Amour de Dieu »,  « en sorte que nous soyons remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu… ! » Eph 3:19. Plénitude spirituelle qui, comme l’Amour de Dieu « qui surpasse toute connaissance », dépasse, elle aussi, les limites de notre intelligence, pénétrant notre conscience qu’elle éclaire et comble de Sa Présence … !

   Parlant de la  « Sagesse de Dieu mystérieuse et cachée », l’apôtre Paul écrit aux croyants de Corinthe : « … Ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont pas montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu… ! » I Cor 2:9-11. Ainsi, en vue d’aider les croyants à saisir les choses spirituelles selon la Pensée de Dieu, l’apôtre les y conduit à partir des choses humaines qui leur sont accessibles. Une personne ayant le don d’empathie ressent et éprouve en elle-même les choses que ressent et éprouve une autre personne. Le sage  n’écrit-il pas à cet égard : « Les desseins dans le cœur de l’homme sont des eaux profondes. Mais l’homme intelligent sait y puiser… ! » Prov 20:5. En sachant « puiser dans le cœur… ! », l’homme spirituel révèle que, non seulement il « comprend » son prochain, mais il se comprend lui-même. Car, notre frère en la foi est un « miroir » qui renvoie une certaine image de nous-mêmes qui nous apprend sur nous-mêmes, comme lui-même apprend sur lui-même de l’image qu’il reçoit du « miroir »  que  nous  sommes  pour  lui … !

    Si donc l’homme connaît les choses de l’esprit de l’homme par le même esprit, c’est qu’il y a une chose commune entre eux qui permet à l’un de discerner ce qui est propre à l’autre, et inversement. Ainsi en est-il avec Dieu. Avant de connaître les « Profondeurs de Dieu »,  nous avons d’abord à recevoir l’Esprit de ces Profondeurs, par lequel nous discernons ce que Dieu a réservé de nous faire connaître de Sa Nature et de Sa Pensée. L’Inspiration de l’Esprit en nous, et par lequel nous sondons les Mystères de Dieu, se trouve exprimée par ces paroles du Psalmiste, disant : « Mon cœur dit de ta part : Cherchez ma face ! Je cherche ta face, ô Éternel… ! » Ps 27:8. « Mon esprit te cherche au-dedans de moi… ! » Ésaïe 26:9. Autant d’éléments au-dedans de nous réceptifs à l’« Onction que nous avons reçue de Dieu… » et aux « enseignements qu’elle nous donnés… », et dans lesquels l’apôtre Jean nous exhorte à « demeurer… ! » I Jean 2:27 ! C’est ici l’Esprit du Seigneur qui ôte le voile des yeux de nos cœurs, lesquels reçoivent alors la connaissance vivifiante de Dieu !  Il y a donc au-dedans de nous ces éléments mystérieux  que Jésus-Christ a transformés et qui  deviennent, par Son Esprit, constitutifs de notre « homme intérieur » ! Mais l’« immensité » des Profondeurs de l’Esprit, plus qu’un « espace », une  « dimension » ou une « intensité » même infinies, se révèle être l’« Intimité » de notre communion spirituelle avec Dieu… ! Ainsi, notre « affinité » spirituelle avec l’Intimité divine révèle notre appartenance même à Son Infinité, et à l’Éternité… !

   Toute connaissance révélée de la Nature divine est essentielle, car la connaissance révélée, inspirée est le principe vivant et actif de la croissance de notre vie spirituelle. S’adressant aux disciples lors du sermon sur la montagne, Jésus dit, entre autres : « Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, entend mes paroles, et les met en pratique. Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé bien avant, et a posé le fondement sur le roc. Une inondation est venue, et le torrent s’est jeté contre cette maison, sans pouvoir l’ébranler,  parce  qu’elle  était  bien  bâtie… ! Luc 6:47-48. Les yeux spirituels du racheté, ayant été ouverts sur les Profondeurs de Dieu, celui-ci aspire aux Richesses qu’elles lui réservent et auxquelles il aspire. Or, Jésus décrit le zèle et la pénétration d’esprit de celui en qui l’Esprit-Saint habite et qui met en pratique Sa Parole, en disant, par deux fois, que celui-ci « … a creusé, creusé bien avant » pour bâtir sa maison… ! L’homme spirituel, en effet,  ne cesse de creuser, de sonder, de méditer les Écritures ! Or, les Profondeurs de Dieu ne lui donnent pas le « vertige », comme s’il devait craindre de s’y perdre en se livrant tout entier à Dieu, et cela parce qu’il a découvert, et redécouvre sans cesse au « fond » de celles-ci le « Fondement qui est Jésus-Christ » Eph 3:11, sur lequel il bâtit sa vie spirituelle et dont  il reçoit la Vie, la Lumière, la Force et la Sagesse… !