M305 – TOUCHEZ-MOI …

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     « Tandis qu’ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta au milieu d’eux, et leur dit : La paix soit avec vous ! Saisis de frayeur et d’épouvante, ils croyaient voir un esprit. Mais il leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi pareilles pensées s’élèvent-elles dans vos cœurs ? Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi ; touchez-moi et voyez : un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai. Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. Comme dans leur joie, ils ne croyaient point encore, et qu’ils étaient dans l’étonnement, il leur dit : Avez-vous  ici  quelque chose  à manger ? Ils lui présentèrent du poisson rôti et un rayon de miel, il en prit, et il mangea devant eux. Puis il leur dit : C’est là ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous, qu’il fallait que s’accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les Prophètes et dans les Psaumes… » Luc 24:36-44.

     Jésus trahi, jugé, crucifié, enseveli, puis ressuscité, élevé au ciel et entrant dans la Gloire à toujours… ! Ces différentes phases de la fin de la vie de Jésus sembleraient se résumer en événements naturels, mais, dès l’énoncé du fait que Jésus est ressuscité, nous quittons la description des choses naturelles pour passer, sans transition, à l’événement unique, insondable de la Résurrection ! Ces quarante jours de vie ressuscitée, dès la sortie du tombeau jusqu’à l’Ascension vers Son Père, ont ceci de particulier que Jésus, qui n’était donc pas encore glorifié auprès de Dieu, n’était déjà plus de ce monde, sans être encore dans le ciel… ! Cette période fait apparaître Jésus comme étant en « suspens » entre ciel et terre. Ainsi,  l’« inouï »  de la Résurrection,  le  comportement   « étrange »  de Jésus  se  manifesta, d’une part,  de  manière  « céleste » en « se présentant au milieu d’eux… », alors que les « portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient fermées » Jean 20:19, et, de l’autre, de manière « terrestre » en étant en mesure de « manger devant eux du poisson rôti et du miel… ! » Luc 24:42.

    Lorsqu’Il descendit avec Ses disciples de la montagne de la transfiguration, Jésus, dit l’Écriture, « leur recommanda de ne dire à personne ce qu’ils avaient vu, jusqu’à ce que le Fils de l’homme fût ressuscité des morts. Ils retinrent cette parole, se demandant entre eux ce que c’est que ressusciter des morts… ! » Marc 9:9-10. En effet, alors que Sa mort fut constatée et Sa mise au tombeau effectuée, Jésus, trois  jours  après,  se  présenta  soudainement  au  milieu  d’eux, ressuscité, il n’est donc pas étonnant que les disciples, en Le revoyant,  « croyaient voir un esprit… ! » Luc 24:37. L’Écriture nous apprend que la chair et l’Esprit sont opposés entre eux, et cela l’est également en ce qui concerne la compréhension spirituelle et celle humaine en ce qui concerne les choses divines. L’apôtre Paul écrit aux Corinthiens : « … Nous n’avons pas reçu l’Esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par Sa Grâce. Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne le Saint-Esprit, employant  un  langage  spirituel  pour  les choses spirituelles… ! » I Cor 2:12-13. S’il est dans l’histoire des hommes deux prodiges uniques, ce sont la Visitation de l’Esprit-Saint couvrant de son ombre Marie en vue de la naissance du Sauveur et la Résurrection de Jésus d’entre les morts, qui dépassent l’entendement humain et qui, cependant, sont à la fois miraculeusement et tangiblement réels… !

    Paradoxalement, de la part de Jésus, ce ne fut pas par une communication de même nature spirituelle que le fut le prodige de Sa résurrection, mais par une manifestation de nature physique, qu’Il leur montra, une fois ressuscité, les traces mêmes de Sa crucifixion… ! Ainsi qu’Il le dit à Ses disciples : « Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi : touchez-moi et voyez : un esprit n’a ni chair ni os comme vous voyez que j’ai… ! » Luc 24:39. En fait, Jésus ne convainquit pas les disciples par ce qui les différenciait d’eux, mais, au contraire, par ce qui, de Lui, leur était « semblable », c’est-à-dire, accessible, compréhensible, bien que la Nature de Jésus connut un Changement, d’après Ses Paroles mêmes : « C’est là ce que je vous disais, lorsque j’étais encore avec vous, qu’il fallait que s’accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les Psaumes… ! » Luc 24:44. Ces Paroles, « lorsque j’étais … encore avec vous … ! » montrent que, tout en étant encore dans le monde, Jésus n’était déjà plus de ce monde… !

   L’Événement surnaturel de la Résurrection de Jésus dépassa l’entendement   des   disciples   au   point   qu’ils   eurent   besoin   d’un contact « naturel » pour prendre conscience de la réalité de Jésus présent au milieu d’eux ! Ce ne fut que lorsqu’ils « touchèrent » Jésus qu’ils furent eux-mêmes   « touchés », pour être convaincus dans leur esprit de la Présence de Jésus. Afin de recevoir un éclairage spirituel au sujet de leur rencontre avec le Ressuscité, il est nécessaire de revenir au matin même de ce premier jour de la Résurrection. Alors que Marie de Magdala, étant allée au sépulcre, cherchait le Corps du Seigneur sans Le trouver, elle entendit Jésus lui dire, sans Le reconnaître non plus : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit : Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je le prendrai. Jésus lui dit : Marie ! Elle se retourna,  et  lui  dit en hébreu : Rabbouni !  C’est-à- dire : Maître ! Jésus lui dit : Ne me touche pas : car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu… ! Jean 20:15-17.

       Une  chose  est  à  relever   ici,  alors  que  Jésus  dit  aux  disciples : « Touchez-moi… ! » Il dit, au contraire à Marie de Magdala : « Ne me touche pas… ! » En ne permettant pas à Marie de Le toucher, ce n’était évidemment pas parce que Marie était une femme ! La raison en est autrement plus profonde, et elle est éclairante pour chacun de nous ! L’Écriture nous aide à comprendre en nous apprenant que les deux verbes originaux traduits ici par « toucher » sont différents dans les deux cas. Le verbe par lequel Jésus invita les disciples à le toucher est  le  même  que  lorsqu’il  s’adressa  à  Thomas,  en  disant : « … Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-là  dans  mon  côté ;  et ne sois pas  incrédule,  mais  crois… ! » Jean 20:27. C’est ici un toucher de relation signifiant aussi « palper », c’est-à-dire, toucher pour examiner. Tandis qu’à l’égard de Marie, le verbe employé signifie le toucher d’une personne susceptible de s’attacher à ce qu’elle touche. Ainsi, pour les disciples, ce fut un toucher de constatation et, pour Marie, un toucher d’appropriation inconsciente. Il en est, par comparaison, comme lorsqu’une personne dans sa douleur touche le corps d’une personne bien-aimée qui a failli mourir,  ou le corps d’un défunt dont elle ne voudrait pas se séparer… ! Cette émotion se comprend dans ces circonstances particulières, mais cet état d’esprit demeure étranger à la Nature du Ressuscité. Certes, depuis lors, la nature spirituelle de Marie de Magdala fut changée par l’Esprit de la Grâce dans sa relation avec Christ, relation qui devint une communion spirituelle avec le Fils, et, par le Fils avec Dieu, notre Père, Lequel est aussi « … le Dieu de toute consolation … ! » II Cor 1:3.

     La Résurrection de Jésus fut donc un événement unique dans l’histoire des hommes, et les disciples, avec « les plus de cinq cents frères à la fois… ! » I Cor 15:6, en furent les témoins oculaires, ainsi que l’écrit l’apôtre Jean : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie… Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous  aussi,  afin que vous aussi  vous  soyez en  communion  avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus- Christ… ! » I Jean 1:1, 3. Dans cette profonde relation avec la Parole de vie, l’apôtre Jean évoque son expérience et celle des disciples lors de leur rencontre avec Jésus ressuscité ! Ainsi, en « touchant » Christ, par les yeux spirituels de notre cœur à la Lumière de Sa Vie, nous sommes « touchés » nous-mêmes par la Révélation de ce qu’Il Est ! Et nous sommes éclairés sur ce que nous avons encore à devenir pour lui être semblables… !

    Ainsi, la Résurrection, infiniment plus qu’un événement historique ou une doctrine abstraite, est présente dans nos préoccupations quotidiennes ! Certes, La Résurrection dépasse notre entendement, mais non pas « la Puissance de la Résurrection… ! » Phil 3:10, qui habite et agit dans nos cœurs, nous éclairant, non seulement sur les choses de notre vie, mais sur la portée et le sens spirituels de ces choses… ! L’Esprit de résurrection est cette « Espérance vivante » qui traverse et transcende notre existence, en nous révélant que chaque événement correspond à un but, parfois incompris de nous, mais connu de Dieu, d’où notre confiance inébranlable en Lui… !