M303 – DIEU VOUS ÉCLAIRERA AUSSI …

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     « Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix, ou que j’aie déjà atteint la perfection ; mais je cours pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j’ai été saisi par Jésus-Christ. Frères, je ne pense pas l’avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons cette même pensée ; et si vous êtes en quelque point d’un autre avis, Dieu vous éclairera aussi là-dessus. Seulement au point où nous sommes parvenus, marchons d’un même pas… ! » Phil : 3:12-16.

  Il est à relever que parmi les croyants de Philippes, auxquels l’apôtre Paul s’adressait, ceux qui  étaient « d’un autre avis… ! » ne s’attirèrent ni un blâme encore moins une  « antipathie » de sa part. Il ne s’agissait pas ici, bien sûr, de doctrines erronées de nature à devenir des hérésies suscitant des divisions, mais d’interprétations ou d’opinions personnelles au sujet de la Parole de Dieu. D’ailleurs, la maturité spirituelle du croyant s’approfondissant fait que toute incompréhension de certaines vérités de la Parole est à même d’être corrigée par la « Sagesse infiniment variée de Dieu … ! » Eph 3:10 ! De là, la confiance et la patience de l’apôtre exprimées par ces paroles : « Dieu vous éclairera aussi là-dessus… ! » Phil 3:15.

 Certes, elles sont nombreuses les choses, dans lesquelles les croyants peuvent être « d’un autre avis… ! ». « Tel mange de la viande, tel autre ne mange que des légumes… ! » Rom 14 :2-3. « Tel fait une distinction entre les jours, tel autre les estime tous égaux… ! » Rom 14:5 ; sans parler des vérités érigées en dogmes par les uns et des prescriptions imposées comme des obligations par d’autres… ! Ainsi, à l’égard de ces choses, l’apôtre Paul, s’adressant aux croyants de Rome, écrit : « … Le Royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. Celui qui sert Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des hommes. Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle. Pour un aliment, ne détruit pas l’œuvre de Dieu. A la vérité, toutes choses sont pures ; mais il est mal à l’homme, quand il mange, de devenir une pierre d’achoppement. Il est bien de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, et de s’abstenir de ce qui peut être pour ton frère une occasion de chute, de scandale ou de faiblesse … ! » Rom 14:17-21. Ainsi, toute conviction ne se révèle inspirée de l’Esprit de la Parole que lorsque cette conviction opère un progrès dans la vie spirituelle du croyant, sinon elle ouvre la porte aux discussions vaines et aux jugements sur autrui. C’est donc avec justesse que Paul écrit à cet égard : « Cette foi que tu as (ta conviction), garde-la pour toi devant Dieu (sans l’imposer). Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même dans ce qu’il approuve… ! » Rom 14:22.

   Les Vérités de la Parole, sans l’éclairage de l’Esprit-Saint ou à cause de la faiblesse de la chair, peuvent susciter des avis différents, ainsi que le relève l’apôtre Pierre dans son exhortation, disant : « Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine… ! » II Pier 3:15-16. Ainsi, les interprétations « tordues » au sujet des « points difficiles à comprendre » de la Parole sont révélatrices de la nature « tordue » des personnes qui les interprètent. En effet, avant même leur ignorance ou leur absence de lumière spirituelle, c’est de leur instabilité que se manifeste leur impatience à ne pas vouloir ou savoir attendre les temps de Dieu, auxquels ces choses leur seront révélées… ! Car, une fois reçues en nous, les vérités connaissent une sorte de gestation spirituelle dans notre cœur, jusqu’au jour où leur sens selon l’Esprit « naît » à notre intelligence éclairée… !

      Lors de la dernière Pâque, Jésus prit un linge et un bassin pour laver les pieds de ses disciples, Pierre, étonné se récria, et dit : « Toi, Seigneur,  tu  me  laves  les  pieds ! Jésus  lui  répondit  :  Ce  que  je fais,  tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt… ! » Jean 13:6-7. Nous sommes appelés à accepter la Volonté de Dieu, sans nécessairement en comprendre toujours ses implication dans nos vies. Ici s’éclaire le rôle de la soumission de la foi qui nous garde de l’attitude inconsciente, ou de cette impatience présomptueuse de ne vouloir obéir qu’après avoir tout compris… !

 Parlant de son départ de ce monde vers le Père, Jésus dit à Ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de Vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir… ! Jean 16:12-13. Il est besoin de temps pour que l’homme soit exercé à discerner la Révélation de la Parole, car Dieu accorde le miracle d’une révélation spirituelle, mais pas celui d’une « maturité accélérée » ! Ceci se vérifie en la Personne même de Jésus Christ, Lequel, bien qu’étant Fils de Dieu, dit l’Écriture, « attendit » d’avoir « … environ trente ans, lorsqu’Il commença le ministère… ! » Luc 3:23. Dans cette même pensée, mais en tout autres circonstances, l’apôtre Paul, s’adressant aux croyants de Corinthe et déplorant leur état spirituel, écrit : « Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supportez ; et vous ne le pouvez pas même à présent, parce que vous êtes encore charnels. En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et des disputes n’êtes-vous pas charnels, et ne marchez–vous pas selon l’homme… ? » I Cor 3:1-3. Vouloir comprendre par soi-même des vérités inspirées de l’Esprit de Dieu, c’est-à-dire, sans être affranchi de son propre raisonnement revient à « s’inspirer » de son propre esprit ! Or, notre propre pensée, en demeurant captive de notre propre entendement, reste donc étrangère à l’Esprit de Dieu, obscurcissant ainsi la vérité et la rendant stérile pour notre vie spirituelle… !

   D’où viennent donc les « avis différents… » ? Est-ce par rébellion, par ignorance ou par plaisir de se distinguer des autres ? Celui qui est dans le faux, tout en se croyant juste, est d’autant moins conscient qu’il se trompe, et celui qui est ignorant se trompe d’autant plus qu’il croit savoir. Et en plus de ceci, la diversité des opinions provient de la diversité du « vécu » de chaque âme ! Cependant « au point où nous sommes parvenus, nous rappelle l’apôtre Paul, marchons d’un même pas… ! » Phil 3:15. « D’un même pas ? », mais du « pas » de qui ? Evidemment pas de celui de n’importe qui, si ce n’est du pas de l’apôtre Paul qui écrit aux Corinthiens : « Soyez mes imitateurs,  comme  je  le  suis  moi-même de Christ… ! » I Cor 11:1. C’est donc de la diversité des êtres que provient la diversité des opinions d’où naissent les divergences de vue qui produisent les désaccords ! Or, seuls ceux qui « ont reçu l’amour de la vérité… ! » II Thess 2:10, ne s’inspirent pas du « ressenti » de leur propre personne, et donc se garde de rechercher ce qui correspond à leurs propres idées… !

    « … Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons cette même pensée ; et si vous êtes en quelque point d’un autre avis… ! » Il est à remarquer que le fait d’être « d’un autre avis » n’empêcha pas l’apôtre Paul de regarder ces croyants comme étant « parfaits », et ils l’étaient en ce sens que tout racheté, qui aime Dieu, est dans les dispositions de le devenir… ! L’aspiration à comprendre spirituellement, comme le fait de tendre à la perfection, nous habite pendant toute notre vie, et cette aspiration est à la mesure de l’intensité avec laquelle nous cherchons à ressembler au Seigneur Jésus ! Dieu ne corrige pas toujours tout de suite notre propre manière de comprendre. Il nous laisse ainsi éprouver l’insatisfaction spirituelle qu’elle ne manque pas de produire lorsque nous nous en rendons compte, ce qui nous suffit à nous inciter plus encore à rechercher les choses d’En-Haut. Car le fait même de rechercher Jésus a pour effet de nous façonner intérieurement à saisir la Parole révélée par le même Esprit qui nous inspire à aspirer après elle… !