M302 – OÙ EST VOTRE FOI … ?

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      « Un jour, Jésus monta dans une barque avec ses disciples. Il leur dit : Passons de l’autre côté du lac. Et ils partirent. Pendant qu’ils naviguaient, Jésus s’endormit. Un tourbillon fondit sur le lac, la barque se remplissait d’eau, et ils étaient en péril. Ils s’approchèrent et le réveillèrent, en disant : Maître, Maître, nous périssons ! S’étant réveillé, il menaça le vent et les flots, qui s’apaisèrent, et le calme revint. Puis il leur dit : Où est votre foi ? Saisis de frayeur et d’étonnement, ils se dirent les uns aux autres : Quel est donc celui-ci, qui commande même au vent et à l’eau, et à qui ils obéissent… ? Luc 8:22-25.

 Après être passés de la frayeur causée par la tempête à l’étonnement résultant de l’apaisement de celle-ci, les disciples entendirent Jésus leur dire : « Où est votre foi… ? » Luc 8:25. La foi, qui était présente en eux ne l’était plus, elle était « ailleurs », comme si la foi, telle une « personne invisible », ne pouvait que s’enfuir, « affolée » qu’elle était de la frayeur qui habitait leurs cœurs ! En effet, il n’est rien de plus contraire à la foi que la peur, quelles qu’en soient la cause et la nature ! En une autre circonstance, Jésus, marchant sur la mer et s’approchant de la barque battue par les flots, dit à Ses disciples apeurés : « Rassurez-vous, c’est moi ; n’ayez pas peur ! Pierre lui répondit : Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux. Et il dit : Viens ! Pierre sortit de la barque et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. Mais, dit l’Écriture, voyant que le vent était fort, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il s’écria : Seigneur, sauve-moi ! Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté … ? » Matt 14:28-31. Plus le vent devenait fort, plus la peur de Pierre augmentait, et plus sa peur augmentait, plus sa foi diminuait ! La foi et la peur sont de nature contraire, elles ne sauraient cohabiter, inévitablement l’une chasse l’autre ! Or, paradoxalement, une vérité spirituelle, en l’occurrence ici la « foi », s’affermit plus par ce qui lui est contraire que par ce qui lui ressemble… !

   La peur est un sentiment tout à fait normal chez l’homme ! Elle peut, en effet, l’avertir d’un danger dont il sera à même de se garder ; il peut ainsi préserver sa vie, d’autant plus quand il n’a pas su ou pu le discerner, en ayant agi avec négligence, ou avec ignorance, ou encore avec présomption ! C’est ainsi qu’une foi, dite « forte », ne peut l’être qu’en étant inspirée de la « Sagesse d’En-Haut » Jac 3:17, à laquelle aspire tout croyant qui reconnaît ses faiblesses. A première vue, l’association de la foi et de la prudence semble être contradictoire. Cependant, si la sagesse sans la foi se révèle, en effet, stérile, la foi, elle, sans la Sagesse de Dieu peut accepter l’erreur par manque de discernement ! Car, sans la Sagesse divine, le croyant, détaché de Celui qui donne la foi véritable, imagine des « promesses » que Dieu n’a jamais faites ; cette âme se nourrit alors d’illusions, au risque de mourir spirituellement en passant de la déception au doute … ! Il ne reste plus à ce croyant qu’à tendre la main vers la Grâce pour recevoir la saine compréhension de la Parole, à laquelle sa conscience, convaincue de son besoin de la Lumière du Seigneur, est alors accessible … !

   La Puissance de Dieu est agissante dans les choses terrestres en rapport avec les choses spirituelles, ces deux domaines ne sont jamais séparés, mais toujours associés en vue de l’accomplissement des Plans divins. Ceci se vérifie dans l’événement cité, où Jésus, précisément, menaça « le vent et les flots » dans le dessein d’aborder le pays des Géraséniens, afin de chasser l’« esprit impur » du démoniaque qui fut totalement délivré, et qui, « se tenant assis aux pieds de Jésus, vêtu, et dans son bon sens », « publia par toute la ville, sur l’ordre de Jésus, ce que Dieu avait fait pour lui… ! » Luc 8:39. D’où l’on voit que les manifestations de la Puissance de Dieu dans les choses temporelles s’inscrivent toujours dans un Plan spirituel en vue des choses éternelles. Or, quel est donc le rôle de la foi en tout ceci ? Il tient dans le fait que la foi inspirée et agissante a, en quelque sorte, sa « propre intelligence », et que l’Action divine que notre intelligence naturelle ne peut saisir, la foi, elle, en perçoit le sens en ce qui concerne le temps, et le but pour lequel Dieu la rendra manifeste … !

  La foi est souvent présentée comme étant une vérité de base, simple à comprendre, une évidence ! Cependant, la vie elle-même nous apprend que rien n’est simple, et que nous ne pouvons pas contraindre la foi, comme toutes les vérités de l’Écriture d’ailleurs, à entrer dans notre logique humaine. Jésus nous apporte une lumière sur la nature de la foi, en répondant à l’apôtre Pierre lui disant : « Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché ! Jésus prit la parole, et lui répondit : Ayez foi en Dieu. Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne : Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir. C’est pourquoi je vous dis : Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir… ! » Marc 11:21-24.  Il se rencontre des croyants qui interprètent à leur manière ces paroles suivantes : « Si quelqu’un croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir… ! », ainsi que : « Croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir… ! » Ceux-ci, en effet, « disent » une chose qu’ils croient, mais de leur propre volonté, en désirant la « voir » s’accomplir, ou alors ils croient avoir « reçu » une chose qu’ils ont eux-mêmes décidée pour la forcer à « s’accomplir »… ! Ainsi, la compréhension humaine de la Parole de Dieu en vue de besoins immédiats, sans discerner les priorités de Dieu, révèle le croyant impatient et spirituellement immature ! Ce glissement hors de la Pensée de la Parole de Dieu fait que cette foi n’est plus un acte spirituel, mais devient un acte mental, pour ne pas dire une démarche magique, au point de croire … en sa propre foi, ou d’avoir foi en sa propre parole … ! Il s’ensuit que cette âme se retrouve séparée de Celui qui est le « Chef et le consommateur de la foi » Héb 12:2, avec, pour conséquence, un grave déséquilibre dans sa vie spirituelle… !

   Il est courant d’entendre parler de différentes sortes de « foi », telle foi est estimée faible ou petite ou, au contraire, grande ou forte ! Mais qui peut donc évaluer la foi, si ce n’est le Seigneur Lui-même qui la suscite par Sa Parole ? Il est vrai que Jésus emploie ces expressions, mais, là encore, nous avons à les comprendre selon la Pensée de Dieu. La foi, en effet, ne se mesure pas en termes de quantité, de taille, de volume ou de poids… ! Jésus déjà ne dit-il pas que « la foi comme un grain de sénevé », « la plus petite de toutes les semences » Marc 4:31, est suffisante pour « transporter une montagne… ? » Matt 17:20. En fait, la foi est plus qu’une chose qui remplit un vide en nous, sa présence consiste à être un « espace » ouvert au-dedans de nous, et cet espace est à la mesure de notre faim et de notre soif spirituelles de Dieu et de Sa Parole… ! Ainsi, la foi « forte » l’est, non de sa propre force, mais de la Force du Nom de Jésus qui renverse les forteresses en nous et devant nous, nous ouvrant ainsi à l’Action de la Puissance de Dieu ! La foi est un espace intérieur d’autant plus ouvert à la Puissance d’En-Haut que le croyant est « soumis » à Dieu, parce qu’il a compris que les Interventions de Dieu ne s’opèrent que lorsque Dieu a résolu d’agir… !

   « Passons de l’autre côté du lac… ! » Luc 8:22. Il est à relever que c’est sur l’ordre de Jésus que les disciples naviguèrent, ce qui n’empêcha pas le tourbillon de fondre sur eux. Ceci corrige cette conception simpliste de penser que du moment que l’on fait la volonté de Dieu, tout réussit sans difficultés. D’ailleurs, il arrive aussi qu’une personne, agissant par sa propre volonté, réussisse dans ses entreprises, en y voyant, à tort, la preuve d’être dans la Volonté de Dieu… ! C’est ainsi que la foi non éclairée a tant de difficultés à comprendre en quoi consiste la Protection divine concernant les difficultés de la vie, ainsi que la persécution ! Cette incompréhension vient de ce que l’on confond : « protection » et « immunité » ! L’immunité nous préserve de certains agents infectieux, tandis que la Protection de Dieu, soit  nous préserve de l’épreuve en nous l’évitant, soit la permet dans le but que celle-ci aguerrisse et enrichisse notre foi ! Telles des « soustractions » charnelles au dedans de nous faisant place à des « additions » spirituelles qui sont autant de Profondeurs de Dieu libératrices qui oeuvrent à notre perfectionnement en Christ ! Le discernement nous permet donc de comprendre que ce qui se présente bien peut cacher un mal, et que ce que nous éprouvons comme étant un mal a pour but, non de nous ébranler, mais d’enraciner notre foi et d’éclairer notre compréhension spirituelle de la Pensée de Dieu… !