M300 – NOUS CRIONS : ABBA ! PÈRE …

 

Format PDF

  « Ainsi donc, frères, nous ne sommes point redevables à la chair, pour vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui… ! » Rom 8:12-17.

  Les prophètes, en proclamant les relèvements successifs d’Israël, avaient déjà annoncé l’Éternel comme étant un Père pour Son peuple. En effet, Dieu dit par la bouche de Jérémie : « Ils viennent en pleurant, et je les conduis au milieu de leurs supplications ; je les mène vers des torrents d’eau, par un chemin uni où ils ne chancellent pas ; car je suis un Père pour Israël, et Éphraïm est mon premier-né… ! » Jér 31:9.  Le prophète Ésaïe, de même, annonçant la venue du Messie, déclare : « … Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule ; on l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix… ! » Ésaïe 9:5. Parmi tous les Noms que porte le Messie, et dont Il manifestera les Qualités, il est frappant de relever que le « Fils » Lui-même est appelé « Père éternel » ! Ce nom de « Père éternel » révèle le mystère de l’Incarnation de Dieu en Son Fils, Jésus-Christ, Lequel est la « Parole faite chair » Jean 1:14, indiquant par là Sa Préexistence, telle que Jésus Lui-même la révéla aux Juifs qui l’interrogeaient : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis… ! » Jean 8:58.

  La Révélation de Dieu, au-dedans de nous, en tant que Père est fondamentale, elle exprime l’intimité de notre relation avec Lui, intimité communiquée en nous par l’Esprit, de Son Fils, au point que nous nous écrions : « Abba ! Père… ! » Mais, pourquoi crier au lieu de parler ? Il est de fait que c’est en temps de crise que l’on crie ; et en ce qui nous concerne, spirituellement, c’est le cri d’une conscience éclairée ou qui aspire à l’être d’avantage, ce cri exprime, suivant les circonstances, un besoin d’aide, de protection, de consolation comme aussi le besoin d’être repris, corrigés, guidés. Dieu en tant que Père est plus que l’image amplifiée, sublimée d’un père terrestre que l’on se représente. Or, par quelle œuvre intérieure, nous qui sommes terrestres, sommes-nous devenus enfants du Père céleste ? Par quelle opération mystérieuse sommes-nous passés de l’appartenance naturelle à un père terrestre, qui d’ailleurs le demeure, à l’appartenance spirituelle à notre Père céleste… ? En recevant, dit l’Écriture, l’« Esprit d’adoption » ! L’apôtre Paul écrit, en effet, aux croyants de Rome : « Vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père… ! » Rom 8:15. Or, de cet «esprit de servitude», provenant aussi bien des« rudiments de ce monde » que des « traditions » religieuses, auxquels nous étions asservis, Dieu, notre Père, nous en a soustraits par l’« Esprit d’adoption » qui nous en libère… !

  En effet : « … Aussi longtemps que l’héritier est enfant, écrit Paul, je dis qu’il ne diffère en rien d’un esclave, quoi qu’il soit le maître de tout ; mais il est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu’au temps marqué par le Père. Nous aussi, de la même manière, lorsque nous étions enfants, nous étions sous l’esclavage des rudiments du monde ; mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin que qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption. Et parce que vous êtes fils, écrit encore l’apôtre, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu… ! » Gal 4:l-7. C’est donc parce que nous étions « esclaves du péché » que nous étions spirituellement « étrangers à la vie de Dieu » Eph 4:18. Or, en ayant été adoptés, nous ne demeurons plus des étrangers qui auraient simplement changé d’« état civil », c’est-à-dire, qui seraient passés d’un nom étranger à celui d’« enfants de Dieu », mais nous avons reçu, par la Grâce de la nouvelle naissance, la Nature de la Vie divine même de Celui qui nous a adoptés… !

  Par quel miracle intérieur l’adoption s’opère-t-elle pour que nous soyons « héritiers et cohéritiers de Christ… » ? Rom 8:17. L’« adoption » est opérée par la « nouvelle naissance » Jean 3:5-7, et cette « nouvelle naissance » qui établit notre adoption, est incluse dans le Dessein de Dieu envers ceux, qu’Il « a connus d’avance… ! » Rom 8:29. Nous relevons ici que l’adoption et l’élection sont associées, l’une n’est pas sans l’autre ; cette vérité manifeste la Résolution miséricordieuse de la Volonté de notre Père céleste qui nous a fait grâce, en nous «  … ayant prédestiné, dit l’Écriture, non par une décision « arbitraire », mais dans son amour… à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé… ! » Eph 1:5-6. Ce seul mobile : prédestinés « dans Son Amour… ! » éteint toutes les vaines tentatives d’explications concernant le « bon Plaisir de la Volonté de Dieu », puisqu’en Son Fils, précisément, Son Amour « surpasse toute connaissance… ! » Eph 3:19.

  S’adressant à Ses disciples, Jésus dit : « Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le père est en moi ? Les Paroles que je dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres… ! » Jean 14 :7-10 Dans nos relations ici-bas, nous apprenons à connaître une personne en découvrant ce qui est le propre de sa nature même. Or, connaître Jésus consiste, non seulement à découvrir ce qui en Lui est du Fils, mais à discerner ce qui du Père est en Lui…, c’est-à-dire que c’est en « voyant », non pas le Fils dans le Fils, mais le Père dans Fils que nous avons la révélation de laPersonne même du Fils… ! Il en est de même de la Vérité de la Parole, nous connaissons ce qu’elle est, et nous dit, en découvrant la diversité de la « Sagesse infiniment variée de Dieu » qui l’habite ! Eph 3:10. Et cette Sagesse nous est dévoilée par l’Esprit de Révélation ! Nous connaissons spirituellement les choses divines en discernant la diversité des choses spirituelles qui les constituent… !

  Selon l’esprit par lequel on le prononce, le Nom de Jésus peut avoir des effets puissants ou n’en avoir aucun, et révéler par là même la nature de celui qui L’exprime, selon que l’écrit l’apôtre Paul aux Corinthiens : « C’est pourquoi je vous déclare que nul, s’il parle par l’Esprit de Dieu, ne dit : Jésus est anathème ! Et que nul ne peut dire : Jésus est le Seigneursi ce n’est par le Saint-Esprit… ! » I Cor 12:3. « Il n’y a donc d’efficacité spirituelle, en prononçant le Nom de Jésus, que par l’Esprit même de Celui dont nous prononçons le Nom…, sinon ce n’est qu’un mot ! Ainsi, lorsque nous invoquons Dieu « naturellement », nous sommes, certes, entendus de Lui, mais pour que nous soyons entendus par Dieu en tant que « Père », ce n’est pas par notre propre intelligence ou par nos sentiments, mais par l’Esprit-Saint qui « crie » en nous, car ce n’est pas nous qui « intercédons », mais « l’Esprit lui-même … par des soupirs inexprimables… ! » Rom 8:26, et qui manifeste en nous la Vie de l’Esprit que nous avons reçue du Fils ! Dieu est le Dieu de toute créature, mais Il n’est le Père que de Ses enfants… !

  Ainsi, « L’Esprit qui témoigne à notre esprit… ! » Rom 8:16, nous inspire à aspirer « à toute grâce excellente et à tout don parfait qui descendent d’en-haut, du Père des lumières, chez lequel il n’y a ni changement ni ombre de variation… ! » Jac 1:17. En ceci s’éclairent les paroles de Jésus, disant à Nicodème : « Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit… ! » Jean 3:6. Car ce qui est « né de la chair » porte en soi sa propre fin…, tandis que ce qui est « né de l’Esprit » subsiste éternellement, et révèle la nature spirituelle de ceux qui alors sont à même d’ « adorer le Père en Esprit et en Vérité… ! » Jean 4:24.