M298 – UNE ÉPÉE TE TRANSPERCERA L’ÂME …

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     « Et voici, Il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, Il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit-Saint était sur lui. Il avait été divinement averti par le Saint-Esprit qu’il ne mourrait point avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint au temple, poussé par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qu’ordonnait la loi, il le reçut dans ses bras, bénit Dieu, et dit : Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, salut que tu as préparé devant tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël, ton peuple. Son père et sa mère étaient dans l’admiration des choses qu’on disait de lui. Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère : Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées… ! » Luc 2:25-35.

    Siméon « attendait la consolation d’Israël… ! » Luc 2:25. Un tel homme avec une telle aspiration ne pouvait qu’être ouvert à l’inspiration d’En-Haut. En effet, divinement «  averti par le Saint-Esprit… ! », puis « poussé… ! » par ce même Esprit : Luc 2:27-26, Siméon, reçut dans ses bras l’enfant Jésus, Le bénit, puis il bénit Ses parents avec ces paroles prophétiques lourdes de sens, adressées à Marie : « Voici, dit-il, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées… ! » Luc 2:34-35. Les circonstances particulières, dans lesquelles l’ange annonça à Marie la conception surnaturelle de Jésus, le trouble profond de Joseph, leur fuite en Égypte…, ces événements éprouvèrent déjà l’âme de Marie. Et que dire de la cruauté d’Hérode qui, en vue d’éliminer tout rival à venir, « envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem… ! Matt 2:16. Jésus, le « Prince de la Paix », né depuis peu, et déjà la méchanceté des méchants se révélait… !

    Le Dessein unique de Dieu à l’égard de Jésus, Son Fils, fit de cet enfant un être dont la vie ne pouvait être déjà comprise par Marie et Joseph. Le silence de l’Écriture concernant Jésus, jusqu’au jour où Il commença à prêcher en Galilée, fut seulement rompu le jour où, à l’âge de douze ans, Il monta à la fête de Pâque avec Ses parents à Jérusalem. Sur le chemin du retour à Nazareth, Jésus n’était pas avec leurs compagnons de voyage. Aussi, revenus à Jérusalem, Joseph et Marie, saisis d’étonnement, le trouvèrent dans le temple, écoutant et interrogeant les docteurs de la loi ; alors Marie lui dit : « Mon enfant, pourquoi as-tu agi de la sorte avec nous ? Voici, ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse. Il leur dit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon père… ? » Luc 2:48-49. « … Il faut que je m’occupe des affaires de mon père… ! » dit Jésus, une telle précocité de responsabilité ne pouvait que laisser étonnés Joseph et Marie, Sa mère ! Mais Marie, à ce moment-là, pouvait-elle donc réaliser de quel père il s’agissait… ?  Ce fut là déjà un premier coup d’épée qui transperça son âme ; d’autres suivront… jusqu’à la Crucifixion de Jésus… !

  Il était de la manière d’agir de Jésus d’utiliser les événements courants de la vie pour manifester la Gloire de Dieu. Invité, avec Ses disciples, à des noces dans la ville de Cana, le vin vint à manquer ; Marie dit alors à Jésus : « Ils n’ont plus de vin. Jésus lui répondit : Femme, qu’y a-t-il entre toi et moi ? Mon heure n’est pas encore venue. Sa mère dit aux serviteurs : Faites ce qu’il vous dira… ! » Jean 2:3-5. Jusqu’alors, Jésus n’avait fait encore aucun miracle : Jean 2:11, mais Marie avait le sentiment que, d’une manière ou d’une autre, Jésus pourrait remédier à cette situation. Or, Jésus lui dit : « Femme qu’y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n’est pas encore venue… ! » Jean 2:4. Marie, en femme pratique, exposa la situation matérielle sans comprendre, évidemment, la signification et la portée spirituelles que contiendrait le miracle de la transformation de l’eau en vin qui allait suivre. Cependant, Jésus lui parla de cette de manière, afin de ne pas être connu trop tôt, en tant que Fils de Dieu, pour ne pas hâter le jour de Sa Crucifixion ! Car, le temps précédant ce jour fixé par Dieu, était la période pendant laquelle Jésus avait à apporter la « connaissance du salut » : à Israël d’abord, puis au monde par ceux qui croiraient en Lui ! Ainsi, en disant : « Femme… ! » à sa mère, Jésus nous révèle la distance spirituelle à parcourir, par une transformation au-dedans d’elle,  de l’amour maternel à l’Amour selon l’Esprit à l’égard du Fils de Dieu, l’un d’ailleurs n’excluant pas l’autre. Ce qui nécessitera encore un coup d’épée, afin que le voile de son âme soit déchiré, ouvrant alors son cœur à la Révélation du Dessein de Dieu, en l’éclairant, en même temps, et sur Jésus et sur elle-même … !

  La foule écoutait la Parole de Dieu, lorsque quelqu’un, l’interrompant, lui dit : « Voici, ta mère, et tes frères sont dehors et te demandent. Et il répondit : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Puis, jetant les regards sur ceux qui étaient assis autour de lui : Voici, dit-il, ma mère et mes frères. Car, quiconque fait la Volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère… ! » Marc 3:32-35. En une autre circonstance, alors que Jésus prêchait, voici, une femme autant admirative de la Personne de Jésus qu’attentive à sa Parole, s’écria : « Heureux le sein qui t’a porté ! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité. Et il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu, et qui la gardent… ! » Luc 11:27-28. « Qui est ma mère, et qui sont mes frères… ? », « Heureux plutôt ceux qui écoutent… ! ». Tout en connaissant la Valeur divine des liens qui unissent l’homme et la femme, et les enfants à leurs parents, Jésus montra combien la relation spirituelle et vivante avec Dieu d’une personne qui « fait la Volonté de Dieu… ! » et qui « écoute et garde la Parole de Dieu… ! », fait que celle-ci est plus proche spirituellement qu’une mère, qu’un frère ou qu’une sœur qui ne croient point encore, lesquels cependant, et à cause de cela même, n’en doivent être que plus aimés encore … ! Marie dut sentir parfois ses élans coupés par les Paroles de son Fils, Paroles qui l’éprouvaient en vue d’épurer le regard qu’elle portait sur Lui, jusqu’au jour où elle discernerait en Jésus, le Fils de Dieu… !

   C’est ainsi que nous relevons dans l’Écriture que Jésus n’appela jamais Marie : « Mère… ! mais toujours : « Femme… ! » La seule fois où Jésus lui dit : « Mère… ! », ce fut, en effet, avant de mourir sur la croix, lors de l’ultime entretien qu’eut Jésus avec Jean, en disant à Marie : « … femme, voilà ton fils. Puis au disciple : Voilà ta mère ! Et, dès ce moment-là, le disciple la prit chez lui… ! » Jean 19:26. Manifestation de délicatesse et d’amour de Jésus voulant assurer consolation et protection envers sa mère, remplissant en cela le devoir de tout fils hébreu à l’égard de son père et de sa mère : Matt 15:4-5. Or, le fait de ne jamais l’avoir appelée : « Mère… ! » fut là aussi le dernier coup d’épée qui transperça l’âme de Marie, mais qui lui ouvrit les yeux sur Qui est Jésus pour elle ! Le chemin conduisant à cet accès spirituel en elle nécessita cette attitude de Jésus envers elle, en vue de la préparer à recevoir la révélation du Sauveur dont l’origine remonte, non pas au jour de Sa naissance à Bethléhem, mais « avant la fondation du monde… ! » I Pier 1:20.

   « Une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées… ! » Luc 2:35. Cette parole prophétique de Siméon ne concernait donc pas seulement Marie, mais tout racheté, jusqu’à nous ; elle se vérifie dans l’âme de tous ceux qui ont connu Jésus comme Sauveur, et qui ne l’ont pu, eux aussi, qu’en ayant eu « leurs pensées dévoilées… », c’est-à-dire, en ayant été convaincus de leurs péchés … ! Et quelles sont donc ces pensées ? Ce sont, en même temps que les pensées charnelles, les diverses et fausses interprétations sur Jésus, que seul l’Esprit de Dieu éclaire, rectifie, épure au-dedans de nous. Dieu sait au travers de quels événements douloureux de la vie, nos yeux et nos cœurs se sont ouverts, et, surtout, demeurent ouverts à la Lumière de la connaissance du Dessein éternel de Dieu ! Seul le regard de l’âme « transpercée » peut « voir » au travers du « voile au-delà duquel Jésus est entré pour nous comme Précurseur… ! », et où l’ « espérance » de celle-ci « pénètre comme une ancre de l’âme sûre et solide… ! » Héb 6:19-20. La Croix n’est-elle pas cette « épée » qui, au-dedans de nous, sépare entre ce qui est destiné à recevoir la Vie et ce qui spirituellement est déjà mort… ?