M297 – IL N’EST POINT ICI …

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     « Après le sabbat, à l’aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l’autre Marie allèrent voir le sépulcre. Et voici, il y eut un grand tremblement de terre ; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Son aspect était comme l’éclair, et son vêtement blanc comme la neige. Les gardes tremblèrent de peur, et devinrent comme morts. Mais l’ange prit la parole, et dit aux femmes : Pour vous, ne craignez pas ; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. Il n’est point ici ; il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché, et allez promptement dire à ses disciples qu’il est ressuscité des morts. Et voici, il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. Voici, je vous l’ai dit… ! » Matt 28:1-7.

   Ce fut pour les disciples un sabbat bien particulier, passé dans le repos, mais tout en étant dans l’attente de ce qui devait survenir selon les Paroles mêmes de Jésus concernant Sa Résurrection. Cependant, plus promptes qu’eux, et dès l’aube du premier jour de la semaine, « Marie de Magdala et l’autre Marie » allèrent voir le sépulcre dans le but d’embaumer le corps de Jésus. Or, deux jours avant la fête de Pâque, alors que Jésus se trouvait dans la maison de Simon le lépreux, une femme entra, rompit un vase de nard pur et en répandit le parfum sur la tête de Jésus. Aux disciples, qui s’irritaient contre elle à cause du grand prix de ce parfum, Jésus leur dit : « Laissez-la. Pourquoi lui faites-vous de la peine ? Elle a fait une bonne action à mon égard ; car vous avez toujours les pauvres avec vous, et vous pouvez leur faire du bien quand vous le voulez, mais vous ne m’avez pas toujours. Elle a fait ce qu’elle a pu ; elle a d’avance embaumé mon corps pour la sépulture. Je vous le dis en vérité, partout où la bonne nouvelle sera prêchée dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu’elle a fait… ! » Marc 14:6-9. « Elle a d’avance embaumé mon corps pour la sépulture… ! » dit Jésus ; cette femme, l’ayant donc fait, il ne sera plus besoin de le faire de nouveau. C’est d’ailleurs en cela que Jésus fut, en quelque sorte, le seul être en ce monde qui ait été « embaumé » de son vivant… !

  Seul celui qui a connu la mort d’un être aimé peut comprendre ce qui habitait le coeur de ces deux femmes, accourant au tombeau. Même le non-croyant se surprend à penser, sans se l’avouer, à la notion diffuse d’un retour à la vie de l’être cher ! Combien plus les deux Maries qui, sans toutefois les comprendre pleinement, avaient entendu les Paroles de Jésus concernant Sa Résurrection. L’important pour elles était donc de trouver le Corps du Seigneur, afin de procéder à l’embaumement selon la coutume de leur temps. Or, à la vue du tremblement de terre et de l’ange descendu du ciel qui roula la pierre et s’assit dessus, les gardes tremblèrent de peur et devinrent comme morts, tandis que les deux femmes, rassurées par l’ange même, ne tremblèrent ni ne s’évanouirent ! Mais ce qui les émut plus encore, ce fut d’entendre les paroles de l’ange leur disant : « Je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié… ! » Matt 28:5. « Je sais… ! » Elles réalisèrent alors que leur préoccupation en ce qui concerne Jésus n’était pas étrangère à l’ange, qui connaissait donc leur empressement… ! D’ailleurs, au plus fort de l’agonie de Jésus dans le Jardin de Gethsémané « un ange ne lui apparut-il pas du ciel pour Le fortifier… ? » Luc 22:43. La Force d’En-Haut, qui nous est donnée au moment opportun, n’est-elle pas le signe même que nos épreuves sont connues de Dieu… ?

  Lorsqu’une personne ici-bas cherche une chose, elle s’investit totalement ! Arrive-t-elle qu’elle ne l’obtienne pas, qu’elle ne la trouve pas ? Il en est comme si sa propre vie lui échappait…!  Nos attentes, nos aspirations spirituelles découlent des choses mêmes auxquelles nous tendons ! Or, c’est précisément le sépulcre vide qui atteste que Christ est ressuscité. Ainsi, le fait de ne pas trouver ce que nous attendons, l’absence de tout signe ressentie elle aussi comme un  « tombeau vide », nous apprend que ce qui ne se présente pas sous la forme attendue se présente toujours sous une forme différente, « ressuscitée », c’est-à-dire, spirituelle ! Ainsi, l’absence de ce que nous attendons appelle notre entendement même à passer « de la mort à la vie… ! » A Marie de Magdala, qui cherchait donc le Corps de Jésus et Le voyant debout sans Le reconnaître, Jésus dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit : Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je le prendrai. Jésus lui dit : Marie ! Elle se retourna, et lui dit en hébreu : Rabbouni ! C’est-à-dire, Maître… ! Jean 20:14-16. En entendant son nom, tout ce qu’avait entendu Marie de la part de Jésus jusqu’à ce moment-là, « ressuscita » alors en elle, au point que ce qui était connaissance et émotion fit place à la compréhension spirituelle par l’Esprit même du Ressuscité… ! En vérité, l’Esprit-Saint « vit » au dedans de nous ce qu’Il nous révèle du dessein de Dieu pour nous… !

    L’Évangile développe d’une façon particulière la Crucifixion et la Résurrection de Jésus, car c’est là le cœur, la source, le fondement de notre foi. La résurrection dépasse notre entendement humain au point que ce sont des détails visibles et tangibles, matériels même qui nous en font entrevoir la dimension surnaturelle et la portée éternelle. Le tombeau était vide, mais ce « vide » était « rempli », bien au-delà de son espace, de l’Accomplissement du Plan de Dieu pour notre Salut… ! En effet, lorsque Pierre et Jean, conséquemment au témoignage de Marie de Magdala, entrèrent dans le sépulcre, ils ne trouvèrent pas non plus le Corps de Jésus, si ce n’est « les bandes qui étaient à terre, et le linge qu’on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part… ! » Jean 20:6-7. Or, jamais des voleurs, et encore moins les disciples n’auraient eu la pensée de dépouiller de ses bandes le Corps du Seigneur, et encore moins pris le temps de ranger méticuleusement à part le linge qui recouvrait le visage de Jésus… ! Jean 20:7. Non point ! La Main divine était passée par là ; l’Esprit du Dieu vivant, lequel engendra le Fils qui, par le même Esprit « descendit dans les régions inférieures de la terre… ! » Eph 4:9, Le releva donc du tombeau… ! Le Crucifié est ressuscité, et le message même de l’ange, disant : « Il n’est point ici… ! », l’attestait ! Jésus était, non seulement hors du sépulcre, mais aussi en dehors de ce que les disciples pouvaient comprendre de Lui jusqu’alors, tout en se présentant à eux comme ayant le pouvoir de « leur accorder la Vie éternelle… ! » Jean 17:2, ainsi qu’à tous ceux qui croiraient en Lui… !

    Distinguons donc entre notre propre manière de penser les choses spirituelles et la Pensée divine habitant ces choses mêmes. Il vaut mieux faire confiance aux « obscurités » des Mystères divins qu’à nos propres lumières sur eux ! Une telle disposition intérieure nous invite, non seulement à comprendre ces Profondeurs divines, mais, avant tout, à chercher Celui seul qui, par Son Esprit, nous rend capables de les comprendre… ! En effet, après que l’ange leur eut dit que Jésus les précèderait en Galilée, les deux Maries « …s’éloignèrent promptement du sépulcre, avec crainte et avec une grande joie, dit l’Écriture, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. Et voici, Jésus vint à leur rencontre, et dit : Je vous salue. Elles s’approchèrent pour saisir ses pieds et elles se prosternèrent devant lui … ! » Matt 28:8-9. Les femmes furent rencontrées par Jésus, mais seulement après avoir compris de ne plus Le chercher dans le lieu où elles pensaient le trouver… ! Notre sincérité, notre zèle naturel de chercher à comprendre est le voile même qui obscurcit l’objet de nos recherches spirituelles ! Aussi l’Esprit de Révélation nous éclaire-t-Il en sorte que nous « rencontrions » d’une manière spirituelle ce que nous cherchions jusqu’alors d’une manière humaine … !

    Pierre et Jean allèrent au tombeau, les autres disciples n’y allèrent pas…, ce fut donc Jésus qui, du sépulcre, vint dans la chambre haute où ils étaient réunis, et où les « portes du lieu avaient été fermées, à cause de la crainte qu’ils avaient des Juifs… ! » Jean 20:19. Ainsi, parmi les hommes, le Prodige unique de la Résurrection de Jésus-Christ de la part de Dieu n’empêcha pas les disciples d’éprouver ce qui est le plus répandu chez l’homme : le doute ! Or, le tombeau vide, au contraire, se présenta comme étant « le sein de la terre… ! » Matt 12:40, d’où sortit le « Premier-né de toute la Création… ! » Col 1:15. Ainsi, bien qu’Il « leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur coeur… ! » Marc 16:14, la première Parole de Jésus à l’égard de Ses disciples fut d’abord, non pas un reproche, mais : « La Paix soit avec vous… ! » Jean 20:19. Heureux donc celui qui découvre que « ce qui n’est point ici… ! », c’est-à-dire, dans sa propre intelligence, Dieu le lui révèle dans sa conscience… !