M294 – JE SAIS QUI TU ES …

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     « Il se trouva dans la synagogue un homme qui avait un esprit de démon impur, et qui s’écria d’une voix forte : Ah ! Qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth ? Tu es venu pour nous perdre. Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. Jésus le menaça, disant : Tais-toi et sors de cet homme. Et le démon le jeta au milieu de l’assemblée, et sortit de lui, sans lui faire aucun mal. Tous furent saisis de stupeur, et ils se disaient les uns aux autres : Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! Et sa renommée se répandit dans tous les lieux d’alentour … ! » Luc 4:33-37.

    Il est frappant de constater que Jésus fut reconnu, non par les personnes assemblées dans la synagogue, mais par un esprit de démon possédant l’une d’entre elles. L’on se serait attendu à ce que Jésus fût reconnu par les Juifs plutôt que par un esprit impur qui redoutait Sa Présence. Jésus dit, en effet, au sujet du diable : « … Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur, et le père du mensonge… ! » Jean 8:44. Il en est ainsi de la part de l’esprit mauvais concernant la Vérité de l’Écriture, mais il ne l’est pas, cependant, en ce qui concerne le Christ. Car, si l’esprit d’erreur peut tordre la Parole de Jésus, il ne peut que reconnaître la Personne de Jésus. La Nature divine de Jésus, en effet, est à ce point contraire à la sienne que le démon se voit forcé de Le déclarer publiquement comme étant le « Fils de Dieu », et cela, afin d’atténuer la souffrance qu’il ressent à la Lumière insoutenable de la Sainteté que Jésus émane… !

    « Je sais qui tu es… ! » Luc 4:34, dit l’esprit par la bouche de l’homme qui se tenait devant Jésus. Or, cet homme ne savait pas ce que le démon, qui habitait en lui, savait… ! De même, le chef et les anciens de la synagogue, avec toute leur connaissance de la loi de Moïse, bien qu’altérée par la tradition, ne discernèrent pas ce que reconnaissait le démon à ce moment-là… ! Aussi, au temps où son heure de quitter ce monde approchait, Jésus déclara à Ses disciples : « Je ne parlerai plus guère avec vous ; car le prince du monde vient. Il n’a rien en moi : mais afin que le monde sache que j’aime le Père et que j’agis selon l’ordre que le Père m’a donné, levez-vous, partons d’ici… ! » Jean 14:30-31. « Il n’a rien en moi… ! », dit Jésus, et c’est précisément ce que savait cet esprit de démon. En ce monde, d’entre les créatures, Jésus est l’« Unique Homme » dans lequel le diable, non seulement, « n’a rien… ! », mais contre lequel il ne peut rien et devant lequel il se sait « perdu » d’avance; car le démon ne peut voir la Personne de Jésus-Christ venir à lui, sans « voir », en même temps, s’approcher son propre jugement … ! Car « quand l’Esprit sera venu, dit Jésus, il convaincra le monde en ce qui concerne, entre autres… le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé… ! Jean 16:11.

  La Nature de Jésus, que le démon « discerna » en le reconnaissant comme le Fils de Dieu, réside dans le fait que Jésus est le « Saint de Dieu ». L’esprit impur reconnaît donc la Nature divine de Jésus par Sa Sainteté céleste vécue dans Son existence terrestre. Or, la Sainteté du Fils consiste, non seulement en une vie pure, mais dans le fait que Jésus est « Unique » de par Son Origine divine ; et cette « Unicité » avec Dieu, et en Dieu, consiste en ce que Jésus Lui-même dit à Philippe : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père ? Comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi… ? » Jean 14:9-10. Le démon fut donc terrifié, parce qu’il découvrit qu’en Jésus « habite corporellement toute la Plénitude de la divinité… ! » Col 2:9 Ainsi, au travers du démon en face de Jésus, le diable, en quelque sorte, se retrouva sur la terre en face de Dieu, qui le « fit tomber du ciel… » et d’où il fut «  abattu à terre… ! » Esaïe 14:12, ce qui lui rappelle sans cesse que lui-même est « réservé pour le jugement du grand jour… ! » Jude 1:6.

  Le soir même de ce jour où eurent lieu ces événements, l’Écriture rapporte donc que des malades furent guéris et que « … Des démons aussi sortirent de beaucoup de personnes, en criant et en disant : Tu es le Fils de Dieu. Mais il les menaçait et il ne leur permettait pas de parler, parce qu’ils savaient qu’il était le Christ… ! » Luc 4:41. En fait, lorsque Jésus chassait l’esprit impur d’un homme, c’était, non seulement en vue de sa délivrance, mais aussi, afin de faire taire le démon qui rendait publique Son Identité ! Pourquoi donc Jésus le faisait-Il taire ? Exprimait-t-il un mensonge à son endroit ? Non point ! Mais cela eût précipité le jour de la mort de Jésus, avant que « son heure, fixée par Dieu, ne soit venue… ! » Jean 7:30. De la même manière, le démon dans l’homme possédé du pays des Gadaréniens, se prosternant devant Jésus, s’écria : « Qu’y a-t-il, entre moi et toi, Jésus Fils du Dieu très Haut ? Je t’en conjure, au nom de Dieu, ne me tourmente pas… ! », et auquel Jésus dit : « … Sors de cet homme, esprit impur… ! » Marc 5:7-8. Cette légion de démons reconnut Jésus, au point d’en appeler à Dieu même pour conjurer Jésus de ne pas leur ordonner d’aller dans l’abîme… ! » Luc 8:31.

   Pourquoi Jésus considéra-t-Il donc comme étant de la plus haute importance de faire taire le démon à son sujet ? Une des raisons profondes est que l’esprit de rébellion même, par lequel le démon prononce le Nom du Fils de Dieu, a pour grave conséquence l’inefficacité spirituelle en annulant la Force et la Vie que contient ce Nom dans les âmes de ceux qui l’entendent. Le démon rend inefficace dans les cœurs des hommes ce que représente Jésus-Christ, exactement comme les traditions obscurcissantes et les fausses interprétations qu’il inspire aux hommes d’établir, et qui annulent ainsi la Parole de Dieu. Il ne reste donc plus de Jésus qu’un enseignement, même en apparence biblique parfois, mais spirituellement mort, au lieu de la Révélation par l’Esprit de Dieu qui seule communique la Parole de Vie, et donc la Vie même de la Parole. Dans son épître adressée aux Corinthiens, l’apôtre Paul n’écrit-il pas, en effet : « C’est pourquoi je vous déclare que nul, s’il parle par l’Esprit de Dieu, ne dit : Jésus est anathème ! Est que nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n’est par le Saint-Esprit… ? » I Cor 12:3. Ces paroles de l’apôtre découlent de celles que Jésus exprime à Ses disciples, en disant : « C’est l’Esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie… ! » Jean 6:63. Car la Nature de Jésus-Christ ne se communique en nous que par la Parole entendue et reçue par Son Esprit même… !

  Ceci nous conduit des paroles du démoniaque à celles de l’homme, car, bien que les paroles humaines soient, de par leur nature, totalement différentes de celles des esprits, il y a cependant une similitude concernant les choses spirituelles. L’apôtre Paul écrit, en effet, au sujet des choses que Dieu a données par Sa Grâce : « … Nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituelle pour les choses spirituelles. … ! » I Cor 2:13-14. Nous apprenons que des vérités exprimées par une personne charnelle ou non inspirée ont l’effet de celles dites par l’esprit d’erreur, en ce qu’elles n’apportent qu’une connaissance sans puissance ! Car, de même qu’il est dans nature du diable de diviser les personnes entre elles, comme dans l’intérieur même d’une personne, l’homme charnel apporte la Parole de Dieu sans la Présence de Dieu à l’intérieur d’elle, c’est-à-dire, le « contenant » sans son « contenu », la « lettre » sans l’« Esprit » qui la vivifie… !

    Ainsi, après avoir demandé à Ses disciples ce que l’on disait de lui en tant que Fils de l’homme, Jésus, s’adressant à eux-mêmes, leur dit : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux… ! » Matt 16:15-17. Ce qui est frappant ici, c’est que la déclaration du démon ressemble à la confession de Pierre, pourtant un abîme les sépare avec des conséquences totalement opposées, et pour l’un et pour l’autre. En effet, pour le démon, le fait de reconnaître le Fils de Dieu est une cause de terreur, annonçant la venue inéluctable de sa propre perte ; tandis que pour Pierre, le fait de reconnaître le Fils de Dieu, par la Révélation du Père qui est dans les cieux, est pour lui, comme pour nous en tant que rachetés, le sujet d’une joie infinie découlant du salut qui nous communique l’assurance de notre appartenance à Dieu pour l’éternité… !