M292 – COMME UN PETIT ENFANT …

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    « On lui amena des petits enfants, afin qu’il les touchât. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela fut indigné, et leur dit : Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le Royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point. Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains… ! » Marc 10:13-16.

     De quelles pensées les disciples étaient-ils animés au point de reprendre ceux qui amenaient leurs petits enfants à Jésus ? Ceux-ci n’étaient-ils pas suffisamment dignes à leurs yeux pour être reçus par le Seigneur ? Mais ces circonstances furent l’occasion de nous faire connaître la Pensée de Jésus à l’égard des enfants. Les parents, rituellement peut-être pour certains, manifestèrent le désir que Jésus « touchât » leurs enfants : Marc 10:13. Or, à ces mères qui désiraient de sa part un « contact » physique autant que spirituel pour leurs enfants, Jésus leur répondit en « les prenant dans ses bras » et en « leur imposant les mains » pour les bénir : Marc 10:16. Les disciples, qui avaient déjà fixés des « règles » en faisant le « tri » parmi ceux qui cherchaient à s’approcher du Maître, suscitèrent l’occasion à Jésus de leur révéler, comme à nous-mêmes, les dispositions intérieures spirituellement requises donnant accès en nous au Royaume de Dieu … !

   En exprimant cette Vérité profonde : « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent… ! Marc 10:14, Jésus ne dit pas que le petit enfant, regardé habituellement comme étant « innocent », reçoit naturellement et spontanément le Royaume de Dieu dans son cœur. Le sage ne dit-il pas que « la folie est attachée au cœur de l’enfant… ! » Prov 22:15 ; de même, le Psalmiste déclare : « Les méchants sont pervertis dès le sein maternel, les menteurs s’égarent au sortir du sein de leur mère… ! » Ps 58:4. Ce n’est donc pas à l’innocence de l’enfant que Jésus fait allusion, mais bien plutôt au fait que le petit enfant, malgré tous ses défauts, n’a absolument pas la pensée qu’on puisse lui mentir… ! Il peut, certes, avoir des caprices, mais en aucun cas la notion qu’il puisse être trompé par les adultes, c’est là le propre de l’enfant. Et c’est précisément cela que le Seigneur Jésus nous demande en réponse à Sa Parole ; c’est-à-dire, la confiance totale en Lui et en Sa Parole, en recevant la certitude du pardon de nos péchés par la repentance qui nous introduit dans le Royaume de Dieu… !

  En une autre circonstance, dit l’Écriture, les disciples s’approchèrent de Jésus, et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? Jésus, ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et dit : Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux… ! » Matt 18:1-4. Nous relevons ici la nécessité de « devenir comme des petits enfants ! » ; mais il ne s’agit pas pour nous, en tant qu’adultes, d’un retour à l’enfance en devenant ou en restant « immature », même s’il se rencontre parfois cette conception selon laquelle, l’absence même de réflexion serait une marque de spiritualité… ! Non certes, en venant à Lui, Jésus ne nous appelle pas à « régresser » à l’état d’enfant. D’ailleurs, Jésus ne nous a pas dit pas de devenir des petits enfants, mais « comme » des petits enfants, et sous quel trait le Seigneur nous le révèle-t-Il : « …Quiconque, dit-Il, se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux… ! » Matt 18:4. Ainsi, à partir de notre conversion, notre marche avec Christ n’est pas une « régression », mais une progression spirituelle vers la Stature parfaite de Jésus-Christ, dans cette « simplicité » à son égard : II Cor 11:3, qui est l’authenticité spirituelle… !

   Étant donc exhortés à devenir  « comme des petits enfants », nous ne le devenons donc pas en « redescendant » de notre état d’adulte à celui de l’enfance, mais en devenant des «  hommes faits » à partir de la «  nouvelle naissance » opérée en nous par l’Esprit, ainsi que nous l’apprend l’admirable entretien entre Nicodème, le docteur de la loi et Jésus, lui disant : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu… ! » Jean 3:3-5. L’expérience de la « nouvelle naissance » applique en nous, non pas l’« innocence » de l’enfant, mais la conscience de l’Œuvre intérieure de Dieu, c’est-à-dire, la « Justification » par Jésus-Christ. Ainsi, contrairement à l’immaturité propre à l’enfant, nous sommes spirituellement déjà nés avec la responsabilité de bien nous conduire en tant qu’enfants de Dieu. En vérité, tout en étant devenus adultes en Christ, ce qui est spirituel de l’enfant au-dedans de nous est cette indéfectible confiance en notre Père céleste. Cette confiance est éclairée par le discernement qui procède de la Parole de Dieu, qui est, précisément, « … La nourriture solide pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal… ! Héb 5:14.

   L’apôtre Paul, exhortant et enseignant les Corinthiens à exercer les dons spirituels, leur dit : « Frères, ne soyez pas des enfants sous le rapport du jugement (le discernement) ; mais pour la malice, soyez enfants, et, à l’égard du jugement, soyez des hommes faits… ! » I Cor 14:20. En ce qui concerne les domaines spirituels nécessitant de la maturité, les Corinthiens, au contraire, se conduisaient comme des enfants ! Cependant,  « enfants », il aurait mieux valu qu’ils le fussent en ce qui concerne la «  malice », c’est-à-dire, la méchanceté,  et que, à l’inverse, en ce qui concerne les relations fraternelles au sein de la communauté, ils fussent des « hommes faits », comme d’ailleurs dans d’autres domaines spirituels de leur vie personnelle, suivant les paroles mêmes de l’apôtre Pierre, disant : « Rejetant donc toute malice et toute ruse, la dissimulation, l’envie, et toute médisance, désirez, poursuit l’apôtre, comme des enfants nouveau-nés le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut, si vous avez goûté que le Seigneur est bon… ! » I Pier 2:1-2.

   Un des aspects particuliers de notre prière est donc de demander à Dieu le discernement, afin de vivre, spirituellement, et en tant qu’« enfants » et en tant qu’« adultes » dans les domaines spécifiques qui requièrent ces qualités spirituelles. Et non pas de vivre comme un enfant là où l’on devrait être un adulte, ou, à l’inverse, de se croire un adulte alors que l’on se comporte comme un enfant. Le saint équilibre consiste donc à être « homme fait » en ce qui concerne la Vérité et la Volonté de Dieu, et « enfant » en ce qui concerne la confiance dans la Providence de Dieu… ! L’un n’est pas sans l’autre, ils sont tous deux constitutifs de la vie intérieure du racheté, garantissant ainsi le lien de la paix dans la communion fraternelle… !

   Le discours que Jésus tint à Ses disciples nous révèle une réalité profonde de l’Oeuvre de l’Esprit de Dieu dans nos vies. Jésus dit, en effet : « Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera pas… ! » Marc 10:15. Dans les choses d’ici-bas, pour recevoir ce qui se trouve à l’intérieur d’une chose, nous devons d’abord entrer dans cette chose ! Or, dans les Choses de Dieu, il en est l’inverse, c’est en les recevant d’abord, que nous sommes en elles… ! En fait, nous n’entrons que dans ce que nous avons déjà reçu ! Ainsi, c’est en ayant reçu la Vérité à l’intérieur de nous, que nous sommes spirituellement à l’intérieur d’elle… ! Beaucoup de croyants se sont empressés, se sont efforcés d’« entrer » dans ce qu’ils pensaient être une Direction divine, puis, le temps passant, les circonstances ont démontré le non aboutissement de ce qui semblait avoir si bien commencé ! Ceci indique la démarche d’une propre volonté, sauf lorsque, par l’Esprit de Christ, nous entrons dans les choses reçues par le même Esprit… ! Ceci n’éclaire-t-il pas d’une manière particulière la cause de l’inachèvement de tant de choses entreprises ? Oui ! Par la bouche de Jésus, les « petits enfants » ont beaucoup de choses à nous apprendre… !