M291 – PRENEZ GARDE A VOUS MÊME …

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  « Prenez garde à vous-mêmes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l’improviste ; car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de toute la terre. Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d’échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le fils de l’homme… ! » Luc 21:34-36.

   D’entre tous les événements annoncés, il est à relever le soin particulier, l’insistance même avec laquelle Jésus nous exhorte à être prêts pour le Jour de Son Avènement. Car, d’En-Haut, le Seigneur viendra soudainement « comme un filet », et sur ceux qui ne l’attendent pas et sur ceux qui l’attendent, à la différence que ceux-ci « veillent et prient… ! ». Les choses auxquelles nous avons à prendre garde, Jésus les résume en deux domaines : les unes concernant les excès du manger et du boire, et donc tout excès en toutes choses, et les autres, concernant les soucis de la vie qui nous enveloppent tous. Nous sommes donc exhortés, non seulement à nous préparer un jour après l’autre, mais, plus encore, à nous tenir déjà « prêts » chaque jour, tout en sachant que pour l’être nous recevrons encore davantage de lumières demain qu’aujourd’hui… !

   Il est une pensée selon laquelle ce serait la génération du Retour de Jésus qui est spécialement concernée par les mises en garde de notre Seigneur. Or, les rachetés de chaque génération, dès le commencement, se sont préparés comme s’ils vivaient « les derniers temps », étant donné que «… pour ce qui est du jour et de l’heure, dit l’Écriture, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul… ! » Matt 24:36. En effet, qu’il soit vivant lors du Retour de Jésus ou qu’il meure avant ce Jour, le racheté se prépare également avec le même soin. Car, que ce soit Jésus qui vienne à notre rencontre en cette vie ici-bas, ou nous qui Le rencontrions après notre mort, la préparation est exactement la même, nous avons à garder notre « lampe » allumée sans oublier notre « vase » d’huile de réserve : Matt 25:4. Ainsi, cette « sainte ignorance », concernant le Jour du Retour de notre Seigneur, nous préserve en ce que nous sommes invités à ne pas remettre à plus tard le soin de nous préparer en tout temps ! La sainteté de notre vie présente est à la mesure de l’ardeur de notre attente de ce Jour … !

   « Prenez garde à vous-mêmes… ! », cette exhortation révèle une vérité profonde. Nous avons appris par l’Écriture à nous garder d’une multitude de choses nuisibles : de la chair, de l’avarice, des attraits du monde, de l’impudicité, de l’idolâtrie, des faux prophètes, enfin, à nous garder de toute iniquité. Nous avons donc à nous garder des occasions de faillir qui ne manquent pas de se présenter à nous. Or, l’Exhortation de Jésus consiste, non seulement à prendre garde aux choses qui sont devant nous, mais d’abord à celles qui sont au-dedans de nous. Car, les choses de ce monde ne « suscitent » pas, mais « éveillent » la convoitise, parce que la convoitise de ces choses se trouve déjà en nous… ! Il y a, certes, des tentations, des incitations à pécher, mais, la racine même du péché, c’est en nous seuls qu’elle se trouve… ! Ces tentations ne sont pas des « grains » de poussière en suspens qui, à un certain moment, se déposent dans le fond de notre cœur… ! Avec cela s’accordent les paroles de l’apôtre Paul aux Romains, disant : « Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire, dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi… ! » Rom 7:19-21.

   Certes, nous n’ignorons pas le rôle que joue le tentateur dont le but est de séduire. Cependant, même en ce cas, le tentateur ne peut rien faire s’il rencontre un cœur qui ne lui ouvre pas, car l’Écriture déclare : « … chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise, puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort… ! » Jac 1:14-15. Ainsi, la tentation vient du dehors, mais la convoitise vient du dedans de nous. L’approfondissement de cette réalité nous conduit à ces paroles admirables de Jésus s’adressant à la foule, et disant : « Écoutez et comprenez. Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme, mais ce qui sort de la bouche, c’est ce qui souille l’homme… ! » Puis, à Pierre qui lui demandait : « Explique-nous cette parabole. Jésus dit : Vous aussi êtes-vous sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche va dans le ventre, puis est rejeté dans les lieux secrets ? Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est ce qui souille l’homme. Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies… ! » Matt 15:10-12, 15-19. Aussi, ce n’est pas des autres, ni même du diable d’abord, mais avant tout de soi-même que l’on a à se garder… !

   C’est donc « du cœur que viennent les mauvaises pensées… ! » Selon une certaine conception, les faiblesses de la chair seraient à traiter comme des démons qu’il est besoin de chasser ! Ainsi, la jalousie, l’impudicité, la cupidité, la médisance, le mensonge seraient donc autant d’esprits impurs à chasser. Cependant, les péchés ne sont en aucun cas des démons, même si parfois ceux-ci peuvent les exacerber. Les esprits impurs relèvent du domaine de la délivrance, tandis que les péchés, eux, relèvent du domaine de la repentance en vue du pardon que Jésus nous a acquis par Son Sacrifice. Peut-être, pense-t-on, qu’il serait plus aisé d’être ainsi délivré du mal une fois pour toutes, que de devoir s’en garder en persévérant dans la sainteté ? Cependant la nécessité de nous garder du péché par la Puissance du Saint-Esprit nous appelle à persévérer dans l’obéissance à Dieu, car notre empressement à obéir est ce qui, précisément, atteste l’authenticité de notre expérience de la « nouvelle naissance » … !

   Il est des vérités de la Parole qu’il nous semble difficile à mettre en pratique dans notre vie. Ceci résulte d’une compréhension selon l’homme, et non selon Dieu, de l’Œuvre de la Grâce au-dedans de nous. En effet, la « nouvelle naissance » est le départ miraculeux d’une vie nouvelle, et elle implique un développement qui dure toute la vie, car l’on ne naît pas déjà « adulte » tant spirituellement que physiquement. Cependant, bien que sans l’être encore « entièrement », nous sommes parfaits aux yeux de Dieu, par le fait même qu’Il nous a rendus « perfectibles » ! Car la perfection finale est la somme de toutes nos victoires, comme celle des échecs et des faiblesses que nous avons acceptés de reconnaître… ! Rien n’est fixé une fois pour toutes dans les choses spirituelles, ce qui serait peut-être plus aisé, mais immobiliserait notre vie spirituelle, au point de susciter cette propre assurance qui nous empêche de reconnaître nos faiblesses et masque notre besoin de dépendre de Dieu … !

   Tout notre être tend vers le but qui nous est réservé de la part du Seigneur, suivant les paroles mêmes de l’apôtre Paul adressées aux Éphésiens : « C’est en lui, leur écrit-il, que vous avez été instruits à vous dépouiller eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses, à être renouvelés dans l’esprit de votre intelligence, et à revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité… ! » Eph 4:21-24. Ce dépouillement du « vieil homme » qui permet le « revêtement » de l’« homme nouveau », ne se résume pas à un seul acte ni ne s’accomplit en un seul jour, ce processus dure toute la vie jusqu’à la stature parfaite de Christ. Un cœur qui penserait ne plus avoir besoin de se garder, n’a pas discerné ce qui est encore charnel en lui, car la victoire qui oublie la faiblesse ne subsistera pas… !

   Il est à relever qu’un croyant peut parfois « se sentir » plus… ou moins « spirituel » que ne l’est en réalité l’état de son cœur, que Dieu seul voit ! Or, un cœur pur, sans l’être encore entièrement, l’est déjà dans le fait même de rechercher la sanctification ! Le racheté qui « se garde lui-même » est celui qui reconnaît en lui les bonnes choses et celles qui ne le sont pas encore, afin de les faire se réunir par le Moyen de l’Oeuvre purificatrice accomplie en lui par le Sang de Jésus … ! Car nous avons été réconciliés avec Dieu, mais également en nous-mêmes, Dieu nous ayant sanctifiés tout entiers, afin que « tout notre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ… ! » I Thess 5:23.