M288 – LA PAROLE DE DIEU QUI AGIT EN VOUS …

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      « C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la Parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la Parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. Car vous, frères, vous êtes devenus les imitateurs des Églises de Dieu qui sont en Jésus-Christ dans la Judée, parce que vous aussi, vous avez souffert de la part de vos propres compatriotes les mêmes maux qu’elles on souffert de la part des Juifs … ! » I Thess 2:13-14.

   L’homme exprime ses pensées et ses sentiments par la parole, de même la parole exprimée produit son effet sur les pensées et les sentiments de celui qui l’entend. Une parole peut rendre joyeux ou triste, réconforter ou affliger, susciter la colère ou l’apaiser. Tel peut avoir un grand vocabulaire et n’exprimer que des idées creuses, tandis que tel autre en peu de mots peut exprimer des pensées profondes. La parole, non seulement nous apprend des choses, mais révèle aussi la personne qui l’exprime. Ne voyons-nous pas en cela la Sagesse du Créateur qui transforma les sons primitifs de l’homme en mots qui désignèrent les êtres vivants ? « L’Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, dit l’Écriture, et il les fit venir vers l’homme pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme… ! » Gen 2:19. Lorsque l’Éternel Dieu forma la femme de la côte de l’homme, celui-ci dit : « Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! On l’appellera femme parce qu’elle a été prise de l’homme… ! » Gen 2:23. Elle fut donc appelée « femme », et Adam lui donna le nom d’« Ève » Gen 3:20, c’est-à-dire « la mère de tous les vivants », juste avant leur exil hors du jardin d’Eden, premier signe de relèvement et promesse pour les génération futures… !

   Nous savons que la parole s’attire une réponse de l’homme qui est censé réagir à ce qu’il entend. Combien infiniment plus la Parole de Dieu elle-même est-elle une Force agissante dans l’entendement de celui qui la reçoit, suivant que l’exprime le Psalmiste qui s’écrie : « La voix de l’Éternel est puissante, la voix de l’Éternel est majestueuse. La voix de l’Éternel brise les cèdres ; l’Éternel brise les cèdres du Liban, il les fait bondir comme des veaux, et le Liban et le Sirion comme de jeunes buffles. La voix de l’Éternel fait jaillir des flammes de feu. La voix de l’Éternel fait trembler le désert ; l’Éternel fait trembler le désert de Kadès. La voix de l’Éternel fait enfanter les biches, elle dépouille les forêts. Dans son palais tout s’écrie : Gloire… ! » Ps 29:4-9. La Voix de Dieu, c’est-à-dire, Sa Parole, a en elle-même une Vertu agissante qui, reçue en notre « homme intérieur », opère la croissance de la nouvelle créature que nous sommes devenus en Jésus-Christ… !

    Le Psalmiste nous révèle donc les effets les plus variés de la Parole de Dieu en maints domaines. Or, plus qu’un « instrument » dans la bouche de Dieu, la Parole contient le moteur spirituel même qui la meut, et par laquelle Dieu agit dès le commencement de toutes choses : la Sagesse de Dieu déclare, en effet : « L’Éternel m’a créée la première de ses œuvres, avant ses œuvres les plus anciennes. J’ai été établie depuis l’éternité, dès le commencement, avant l’origine de la terre … Lorsqu’il disposa les cieux, j’étais là ; lorsqu’il traça un cercle à la surface de l’abîme … J’étais à l’œuvre auprès de lui, et je faisais tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence, jouant sur le globe de sa terre, et trouvant mon bonheur parmi les fils de l’homme… ! » Prov 8:22-23, 27, 30-31. « J’étais à l’œuvre… », littéralement, « l’ouvrière », « l’artisan » auprès de Lui… ! » Ainsi, la Parole et la foi sont une, mais ce n’est pas la foi qui crée, ou qui, d’elle-même, rend agissante la Parole, ce serait là une conception, un procédé « mental » ou » « magique » de la foi. Notre foi ne fait pas agir la Parole de Dieu, c’est la révélation de la Parole qui nous fait agir par la foi, car, en même temps, la Parole de Dieu communique en nous la certitude intérieure de recevoir ce qu’elle nous donne … !

   La Voix de l’Éternel n’a pas crié pour créer, elle a parlé. Jésus n’a pas crié pour enseigner le Royaume de Dieu et pour convaincre l’homme de son péché, Il a parlé. On peut crier quand il n’y a personne, mais, par définition, l’on parle toujours à ou avec quelqu’un. On parle parce que l’on est entendu, le Psalmiste, en effet, déclare : « Il dit, et la chose arrive. Il ordonne, et elle existe… ! » Ps 33:9. Mais comment la « chose » exaucée peut-elle donc « entendre » avant d’exister ? Il est écrit au sujet de la promesse faite à Abraham : « Je t’ai établi père d’un grand nombre de nations … Il est notre père devant Celui auquel il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts, et qui appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient… ! » Rom 4:17. Ces « choses qui ne sont point » ne le sont point à notre propre connaissance, mais elles le sont déjà dans la « Pensée de Dieu », et Dieu les manifeste en Son temps… !

   Au « commencement », lorsque Dieu prononça la Parole, Il ne se parla pas à Lui-même, mais Il donna corps à ses Intentions. Elles se manifestent depuis lors spirituellement à notre esprit et à notre cœur, et même, selon les circonstances et selon les besoins, d’une façon tangible et visible à nos sens purifiés. Et cela, suivant la révélation  que l’apôtre Jean exprime de manière, à la fois si grandiose et si intime, en disant : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie, car la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée… ! » I Jean 1:1-2. N’est-ce point là le Mystère de l’Incarnation de Dieu manifestée en Son fils, Mystère révélé en nous par l’Esprit de Sainteté, par lequel Dieu ressuscita Jésus d’entre les morts … ?

   Les Thessaloniciens reçurent donc la révélation de la Nature divine de la Parole qui procède de Dieu, et qui est la « Parole faite chair » en Jésus-Christ Jean 1:14, Lequel « nous a réconciliés par sa mort dans le corps de sa chair… ! » Col 1:21. En fait, la Parole elle-même, tout en demeurant éternelle, a connu en Jésus une sorte de « mort » et de « résurrection », à l’exemple des « tables de la loi » extraites par Dieu au sommet du Sinaï, et brisées par Moïse à la vue du peuple adorant le veau d’or, puis retaillées au pied de la montagne, ensuite réécrites de la Main de Dieu, et enfin transmises à toujours aux enfants d’Israël : Exode 34:1-7. Après avoir été elle-même éprouvée, tel « un argent sept fois épuré » Ps 12:7, la Parole met à l’épreuve ce qu’elle a fait en nous et de nous, c’est-à-dire, ce que nous sommes devenus par elle… !

   La foi, qui vient de la Parole de Dieu, ouvre en nous un « espace » spirituel dans lequel s’accomplit la Volonté de Dieu, car l’obéissance est incluse dans la foi. L’on ne saurait, en effet, concevoir que l’on puisse croire sans obéir, car la foi est reçue, non seulement pour obtenir, mais d’abord pour tenir, c’est-à-dire, tenir ferme contre le Malin et toutes ses ruses. Dans le cas qui nous occupe la vérité est exprimée par ces paroles de Pierre, disant : « Ayant purifié vos âmes en obéissant à la Vérité pour avoir un amour fraternel sincère, aimez-vous ardemment les uns les autres, de tout votre cœur, puisque vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la Parole vivante et permanente de Dieu… ! » I Pierre 1:22-23. « Purifiés » par la « Parole vivante et permanente » ! Et de quelle manière notre être intérieur est-il rendu accessible à l’Action agissante de la Parole de Dieu ? L’Écriture nous le révèle en disant : « C’est pourquoi, rejetant toute souillure et tout excès de malice, recevez avec douceur la parole qui a été plantée en nous, et qui peut sauver vos âmes… ! » Jac 1:21.

   Ce n’est pas seulement à partir de notre décision personnelle de rejeter ce qui est mal que la Parole devient agissante, elle l’est en elle-même de par sa Nature divine ! Mais pour que la Parole le soit, agissante, en nous personnellement, nous sommes exhortés à la « recevoir avec douceur », c’est-à-dire, en levant le plus grand obstacle placé devant nous, et qui est « nous-mêmes », nous ouvrant ainsi à l’Action de Dieu par la Vertu agissante qui se communique de l’intérieur de Sa Parole … à l’intérieur de nous… !