M287 – LA FILLE D’HERODIAS DANSA …

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     « En ce temps-là, Hérode le tétrarque, ayant entendu parler de Jésus, dit à ses serviteurs : C’est Jean-Baptiste ! Il est ressuscité des morts, et c’est pour cela qu’il se fait par lui des miracles. Car Hérode, qui avait fait arrêter Jean, l’avait lié et mis en prison, à cause d’Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce que Jean lui disait : Il ne t’est pas permis de l’avoir pour femme. Il voulait le faire mourir, mais il craignait la foule, parce qu’elle regardait Jean comme un prophète. Or, lorsqu’on célébra l’anniversaire de la naissance d’Hérode, la fille d’Hérodias dansa au milieu des convives, et plut à Hérode, de sorte qu’il promit avec serment de lui donner ce qu’elle demanderait. A l’instigation de sa mère, elle dit : Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean-Baptiste. Le roi fut attristé ; mais, à cause de ses serments et des convives, il commanda qu’on la lui donnât, et il envoya décapiter Jean dans la prison. Sa tête fut apportée sur un plat, et donnée à la jeune fille, qui la porta à sa mère. Les disciples de Jean vinrent prendre son corps, et l’ensevelirent. Et ils allèrent l’annoncer à Jésus… ! Matt 14:1-12.

    Il arrive toujours une circonstance où ce qui est mauvais dans une personne se manifeste tôt ou tard. Or, dit l’Écriture au sujet d’Hérode, ce « jour propice » arriva : Marc 6:21, lors de la célébration de son  anniversaire, qui se termina avec la décapitation de Jean-Baptiste ! Il est souvent étrange de constater l’enchaînement des événements d’une situation dont l’aboutissement n’a plus rien à voir avec son commencement ! Un être juste est toujours dérangeant pour la société ; combien plus quand il s’agit d’un prophète ressenti de plus en plus comme étant un obstacle, en l’occurrence, par Hérode à la nature soupçonneuse et superstitieuse et, en particulier, par Hérodias qui était, à cause de cela, habitée d’une haine mortelle à l’encontre du prophète. Ce fut donc au travers de la fille d’Hérodias, totalement soumise à sa mère, que la mort de Jean-Baptiste fut décidée par Hérode qui ne voulut pas perdre la face devant ses convives, et cela sous l’effet confus et envoûtant de la danse et de l’ivresse… !

     A la vue de la jeune fille qui dansait, Hérode ne se contrôla plus et fit le serment de lui donner jusqu’à la « moitié de son royaume » ! Marc 6:23. Or, ici éclate une vérité profonde dans le fait qu’Hérodias choisit de recevoir sur un plat la tête du prophète, plutôt que ce qu’Hérode avait promis à sa fille ! Ceci révèle combien grande est l’importance qu’un homme de Dieu peut représenter, au point de valoir infiniment plus qu’un royaume… ! De ceci, il ressort encore cette différence, que si l’opposition de l’homme à des doctrines sectaires ou étranges se manifeste par une dérision, l’opposition à la Vérité divine, elle, suscite au contraire l’hostilité, parfois la haine de la part de ceux qui, précisément, refusent d’être éclairés, pour ne pas être mis à découvert. Mais, en cela même, la haine ne démontre-t-elle pas d’autant plus la Nature divine de la Vérité de la Parole de Dieu ? Ceci se vérifie auprès de tous ceux qui sont persécutés pour elle… !

   Hérode, rapporte l’Écriture : « craignait Jean, le connaissant pour un homme juste et saint ; il le protégeait, et, après l’avoir entendu, il était souvent perplexe, et l’écoutait avec plaisir… ! » Marc 6:20. Ce fut alors l’effet de la danse sur lui qui rallia tous ses sentiments contradictoires en une attitude de lâcheté qui décida de la mort du prophète ! Quant à nous, rachetés, en quoi consistent donc la nature de cette « danse » et les effets de celle-ci sur nos âmes ? Il s’agit, spirituellement, de cette sorte de « danse » qui plaît au « monde religieux », qui émeut les sentiments naturels, en imitant l’inspiration de l’Esprit de Dieu. Transposée donc dans le domaine spirituel, cette « danse » traduit la manière humaine d’interpréter et de comprendre la Parole de Dieu… émotionnellement, et non pas en profondeur… !

   Il y a donc une analogie entre la danse et la manière de l’adversaire d’utiliser la Parole dans un  sens et dans un but contraire à la Pensée de l’Esprit de Dieu. Et ceci éclate d’une façon évidente lors de la deuxième tentation dans le désert, où le diable, ayant transporté et placé Jésus sur le haut du temple, lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; et ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre… ! », et à ceci Jésus répondit : « Il est aussi écrit : tu ne tenteras point l’Éternel, ton Dieu… ! » Matt 4:5-7. La manière dont Jésus répond au diable éclaire notre esprit à discerner comment le tentateur nous enveloppe d’une fausse sollicitude pour nous séduire, en répondant à nos « désirs » plutôt qu’à nos « besoins », et cela, en appliquant à la Parole un sens qui ne correspond en aucun cas à la situation présente ! Car, si le séducteur peut déjà faire marcher le croyant dans une voie parallèle à la Voie du seigneur, en lui donnant l’illusion qu’il marche sur la Vraie, cette âme n’est déjà plus dans la Parole, même si bibliquement elle croit la connaître. En quelque sorte, le tentateur « joue » avec la Parole de Dieu dans le but de « faire danser » l’âme  pour l’entraîner à sa suite, en la portant à rechercher la forme plutôt que le fond des choses spirituelles… !

   Les activités débordantes qui révèlent un « zèle sans intelligence » dans le service de Dieu, découlent du « moi » religieux, et font obstacle à la Pensée éclairante de l’Esprit-Saint. Ceci s’accorde avec les paroles d’Ésaïe, le prophète, disant : « La harpe et le luth, le tambourin, la flûte et le vin animent leurs festins ; mais ils ne prennent point garde à l’œuvre de l’Éternel, et ils ne voient point l’œuvre de ses mains… ! » Ésaïe 5:12. Parole auxquelles répondent celles du prophète Amos, s’écriant : « Ils extravaguent au son du luth. Ils se croient habiles comme David sur les instruments de musique. Ils boivent du vin dans de larges coupes, ils s’oignent de la meilleure huile, et ils ne s’attristent pas sur la ruine de Joseph… ! » Amos 6:5-6. Que ce soit en vue d’accomplir le Dessein de Dieu, comme de discerner les faiblesses de nos frères et sœurs, afin d’en porter le poids dans la prière, ceci ne peut se réaliser qu’en laissant les  « divertissements », pour revenir au « solide Fondement de Dieu » qui nous révèle la nature spirituelle de ce que doit être la consistance de notre vie intérieure… !

   Certes, nous ne sommes pas des « Hérode » ni des « Hérodias », mais des rachetés du Seigneur, cependant trop humains encore ! Et les passions qui subsistent en nous, si elles n’ont point encore été crucifiées avec Christ, se manifesteront tôt ou tard lors de circonstances imprévisibles, car il y aura toujours des « filles d’Hérodias » quelque part et quelle qu’en soit la nature pour les faire apparaître, souvent inattendues. Ces passions dans la vie chrétienne peuvent prendre les formes les plus diverses, elles vont du légalisme au mysticisme en passant par les faiblesses de la chair et par l’esprit de parti. Elles satisfont les sentiments de ce « moi » qui cherche à justifier ses exigences, sans réaliser qu’il est asservi par sa propre nature insatiable ! Au point que, faisant nôtres les Paroles de Paul, chacun de nous s’écrie : « Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort… ? » Mais, tout à coup, réalisant ce que Christ a fait en lui et de lui, l’apôtre proclame, et nous avec lui : « … Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ, notre Seigneur… ! » Rom 7:24-25.

    « Qu’aucun homme, dit l’Écriture, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu’il s’abandonne à ses visions et qu’il est enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles, sans s’attacher au chef, dont tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l’accroissement que Dieu donne… ! » Col 2:18-19. Conduite par ses sentiments, une telle personne recherche ce que désire son âme plutôt que ce dont a besoin spirituellement son esprit ; elle donne alors accès à l’esprit de l’adversaire qui fausse alors sa compréhension de la Parole de Dieu, non seulement pour elle-même, mais aussi pour autrui ! En effet, combien de convictions personnelles érigées en normes ou en « dogmes » et imposées aux autres ! Combien de promesses imaginées, combien de paroles dites prophétiques, de directions regardées comme étant divines, alors qu’elles sont inspirées par le « moi » qui s’appuie sur des Paroles de l’Écriture choisies à cet effet ! C’est alors que les conséquences qui résultent de nos erreurs sont les moyens qu’utilise la Sagesse de Dieu qui, en nous révélant la fragilité et l’instabilité de nos propres pensées, nous fait rechercher ce qui est stable et durable. Or, la Vérité de la Parole, parce qu’elle participe de la Nature éternelle de Jésus-Christ, « demeure éternellement… ! » I Pier 1:25. Car, seul, ce qui est Éternel est de nature à nous rendre inébranlables… !