M284 – TORTUEUX PAR-DESSUS TOUT …

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    « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant : Qui peut le connaître ? Moi, l’Éternel, j’éprouve le cœur, je sonde les reins, pour rendre à chacun selon ses voies, selon le fruit de ses œuvres… ! » Jér 17:9-10.

   L’Éternel, par le prophète Jérémie, révèle ce qui est au-dedans de nous, c’est-à-dire, ce qui est caché, non seulement à autrui, mais même à nos propres yeux. L’homme relève aisément ce qui est mal chez son prochain, et ceci d’autant plus quand la manifestation de cette méchanceté est différente de sa propre méchanceté ! Mais, à l’inverse, quand la méchanceté d’une personne est de la même nature que la sienne, l’homme n’a pas conscience qu’il ressemble à cette personne, et encore moins qu’il se comporte comme elle. D’où cette interrogation du prophète en ce qui concerne le cœur humain : « Qui peut le connaître… ? » C’est en cela que le cœur de l’homme est « méchant » ; le verbe original utilisé ici a aussi le sens de souffrant et d’incurable. Autrement dit, le méchant est donc malheureux, cependant il ne se sent pas assez malheureux pour ne plus être méchant… ! Nous comprenons par là combien  « le cœur est tortueux par-dessus tout… ! », et qui confirme l’observation de l’Ecclésiaste, disant : « J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil ; et voici, tout est vanité et poursuite de vent. Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté… ! » Ecc 1:14-15.

   En conséquence de la désobéissance, qui perturba l’ordre intérieur des créatures à cause du péché, l’Éternel, dit l’Écriture « … vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal… ! » Gen 6:5. Depuis lors, et à divers degrés, le mal exerce une attraction chez l’homme, ses propres pensées étant de la même nature, tel un aimant qui l’y attire irrésistiblement ; ceci attestant les paroles du sage, disant : « Le méchant convoite ce que prennent les méchants, mais la racine des justes donne du fruit… ! » Prov 12:12. Et encore : « Le méchant est attentif à la lèvre inique, le menteur prête l’oreille à la langue pernicieuse… ! » Prov 17:4.  Le méchant et le menteur, de par leur nature, ne peuvent agir autrement. Il est des êtres, en effet, qui sont toujours attirés par ce qui est d’abord négatif, ou qui, spontanément, relèvent ou soupçonnent le mal chez une personne, dans une parole ou une situation particulière. Or, le fait de voir le mal, réel ou supposé, ne justifie pas que l’on doive en parler, si ce n’est dans le seul but d’y remédier, et nous en connaissons le remède : La prière, la sagesse et la patience… ! De toute façon, au sujet de ce qui se vit au sein de la communion fraternelle, le sage dit : « Celui qui marche dans l’intégrité marche avec assurance, mais celui qui prend des voies tortueuses sera découvert… ! » Prov 10:9. Ainsi, de celui qui se garde lui-même émane une force qui aide les autres à se garder du mal, tout en le révélant à la conscience de ceux-là qui voudraient le cacher… !

    Le cœur de chaque homme est-il foncièrement méchant de la même manière ? L’Ecclésiaste déclare de par son expérience  de la vie : « Voici ce que j’ai trouvé, c’est que Dieu a fait les hommes droits ; mais ils ont cherché beaucoup de détours… ! » Ecc 7:29. Ceci ne veut pas dire que tous les hommes sont uniformément médisants, soupçonneux, cupides, débauchés ou pervers, mais qu’il s’agit de discerner la profondeur béante de tout ce qui, dans la méchanceté humaine, est opposé à la Nature de l’Esprit de Dieu, à Son Amour, à Sa Justice, à Sa lumière! Certes, Il y a des choses bonnes qui subsistent dans le cœur de l’homme, et qui sont les traces de choses célestes perdues à cause du péché, tout en devant être, elles aussi, appelées à être transformées par la  « régénération » opérée par l’Esprit-Saint. Jésus, parlant de la prière à Ses disciples, dit : « Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent… ! » Matt 7:9-11. Ainsi, bien que « méchants », l’amour de ces pères pour leurs enfants est bien réel, évidemment sans aucune comparaison avec l’Amour de Dieu envers Ses Enfants rachetés. Cependant, il est une Providence de Dieu et des lueurs de Sa Miséricorde parmi les hommes en ce monde, en attendant qu’ils Le reconnaissent en Son Fils Jésus-Christ… ! Act 17:27-28.

  Ce que nous observons autour de nous, le Seigneur l’exprima de manière révélatrice, en disant : « L’homme bon tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur, et le méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor ; car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle… ! » Luc 6:45. Les épreuves de la vie, soit épurent une personne en la rendant bonne, soit l’altèrent en la rendant amère. Il y a donc, selon les personnes, un fond méchant, ou un fond bon, bien qu’étant irrégénéré ; de même il y a des choses bonnes et des choses mauvaises en une même personne. L’apôtre Paul n’écrit-il pas aux croyants de Rome : « Quand les païens qui n’ont pas la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant et se défendant tour à tour. C’est ce qui paraîtra au jour où selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes… ! » Rom 2:14-16. En l’absence de la « connaissance » de la loi de Dieu, l’homme a donc, pour une part, l’« œuvre » de cette loi écrite dans son cœur ; cependant, en étant une loi « pour » lui-même, il ne peut accomplir « par » lui-même cette loi qu’il ne connaît pas ! Ainsi, le cœur tortueux désigne l’état de l’homme naturel par rapport à l’état spirituel de celui qui est  « né de nouveau » en Jésus-Christ. C’est ainsi que ce qui est bon en l’homme naturel, autant que ce qui est méchant en lui, est appelé à changer de nature pour devenir spirituellement un cœur « selon le cœur de Dieu » Act 13:22 ! Ce qui est donc bon humainement est appelé « méchant » par rapport au Bien suprême qui découle de l’Amour et de la Sainteté de  Celui   «  qui, seul, est bon… ! » Matt 19:17.

   L’apôtre Paul déplorait pareillement les manifestations du cœur tortueux dans certaines églises au milieu desquelles il passait en enseignant la Parole de Dieu. Rien n’est plus difficile, en effet, que de faire disparaître de l’âme des croyants « ces faux plis » qui détruisent la communion fraternelle dans le « Corps de Christ ». Parlant du rituel des repas que les Juifs observaient, Jésus leur dit : « Ne comprenez-vous pas que tout ce qui va dans la bouche entre dans le ventre, puis est rejeté dans les milieux secrets ? Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est ce qui souille l’homme. Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies. Voilà les choses qui souillent l’homme ; mais manger sans s’être lavé les mains, cela ne souille pas l’homme… ! » Matt 15:17-20. Énumérant tout ce qui peut remplir un cœur, Jésus nous éclaire les paroles du prophète ; car un cœur tortueux, un cœur critique est loin d’avoir conscience qu’il porte en lui tout ce qu’il faut pour détruire les autres… en se détruisant lui-même !

   Y a-t-il donc une délivrance à ce mal ? Certes oui ! Car notre Seigneur y a pourvu pour nous par Son Sacrifice et par Son Exemple ; et Ses rachetés, qui se savent aimés de Lui, chercheront toujours à lui plaire, car il n’est pas de plus grande preuve d’amour que celui de désirer ressembler à Celui que l’on aime. Le prophète Jean-Baptiste, citant les Paroles d’Esaïe, s’écria : « C’est la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées ; ce qui est tortueux sera redressé, et les chemins raboteux seront aplanis. Et toute chair verra le salut de Dieu… ! » Luc 3:4-6. Ce qui est « tortueux sera redressé », ce qui est « raboteux sera aplani » ! C’est ici, en même temps, la promesse et le résultat de notre transformation en Jésus-Christ. Tous ne parviennent pas à la perfection en même temps ; il y a des arrêts, des retours en arrière, des re-départs et des victoires… ! Soyons nous-mêmes déjà parmi ceux qui y aspirent ! Un cœur tortueux est souvent un cœur qui a souffert, aussi n’est-il pas coupable de « ne pas pouvoir se guérir », mais il l’est de « ne pas vouloir être guéri » ! Alors, de la vie de celui qui a reçu une telle transformation par la Grâce découle une présence spirituelle qui suscite, à son tour, dans les cœurs de ses frères et sœurs en la foi, d’abord le besoin, puis le désir de la rechercher… !