M283 – PLEINS DE DOUCEUR …

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    « Jamais, en effet, nous n’avons usé de paroles flatteuses, comme vous le savez ; jamais nous n’avons eu la cupidité pour mobile, Dieu en est témoin. Nous n’avons point cherché la gloire qui vient des hommes, ni de vous ni des autres ; nous aurions pu nous produire avec autorité comme apôtres de christ, mais nous avons été pleins de douceur au milieu de vous. De même qu’une nourrice prend un tendre soin de ses enfants, nous aurions voulu, dans notre vive affection  pour  vous,  non  seulement vous  donner  l’Évangile  de  Dieu, mais  encore  nos  propres  vies,  tant  vous  nous  étiez  devenus chers… !  »  I Thess 2:5-8.

   Il nous est particulièrement édifiant de découvrir la douceur qui, entre autres, constituait la riche personnalité de l’apôtre Paul. En effet, inspiré par le Seigneur d’inclure la « douceur » parmi les « Fruits de l’Esprit » Gal 5:22, l’apôtre ne pouvait qu’en posséder la vertu, et la manifester. Ainsi, écrit-il aux Corinthiens, dont plusieurs avaient besoin d’être ramenés dans la Voie droite du Seigneur : « Que voulez-vous ? Que j’aille chez vous avec une verge, ou avec amour et dans un esprit de douceur… ? » I Cor 4:21. Une telle autorité qui « ne domine pas sur la foi » des croyants, mais, au contraire, « contribue à leur joie » II Cor 1:24, est une autorité dont la puissance découle de la douceur même qu’elle contient. Car seule une parole d’autorité exprimée par la douceur de l’Esprit de l’ « Agneau de Dieu », c’est-à-dire, dans un esprit de compassion, peut produire un fruit éternel dans les vies… !

   La douceur, aux yeux des hommes, est souvent regardée comme une faiblesse, comme quelque chose d’inachevé et qui ne saurait donc contribuer à un accomplissement quel qu’il soit. Or, la douceur se révèle, dans les Écritures, comme étant un des éléments fondamentaux dans les relations fraternelles. Dans son Épître, adressée à Timothée « son enfant légitime en la foi » dans le ministère, l’apôtre Paul écrit : « Prêche la Parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant… ! » II Tim 4:2. Et cela, même en face des cas difficiles qui ne manquent pas de se présenter à tout serviteur de Dieu qui, écrit encore l’apôtre, « doit redresser avec douceur les adversaires, dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité » … ! » II Tim 2:25. D’où l’on voit que si la douceur sans l’autorité ne suffit pas à redresser spirituellement une âme, l’autorité sans la douceur, par contre, n’atteint jamais son but. Car, paradoxalement, la douceur, loin d’amoindrir l’autorité, en révèle le bien-fondé, tandis qu’une autorité sans douceur, au contraire, révèle une faiblesse de maturité spirituelle… !

   Tout ce qui nous a été donné vient de Jésus, en qui sont les racines des fruits spirituels que nous portons pour Dieu. Aussi, en cherchant à connaître notre Seigneur, nous ne cessons de découvrir les Profondeurs qui nous révèlent les choses cachées de Sa Personne. Alors que le temps de Son Jugement et de Sa Crucifixion approchait, dit l’Écriture, Jésus entra dans Jérusalem, précédé et suivi des gens de la foule qui étendaient leurs vêtements sous Lui et qui Le louaient hautement ! « Or, ceci arriva, dit l’Écriture, afin que s’accomplit ce qui a été annoncé par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur, et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse… ! » Matt 21:4-5. Ces paroles rapportent celles qu’annonça le prophète Zacharie, qui s’écria : « Soit transportée d’allégresse, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi vient à toi ; il est juste et victorieux, il est humble monté sur un âne, sur un âne, le petit d’une ânesse… ! » Zac 9:9. Il est frappant de découvrir une personne qui puisse être, à la fois, « roi » et « plein de douceur » … ! En effet, qu’un roi, « victorieux » de surcroît, puisse être en même temps « humble », n’est pas de ce monde, mais c’est justement en cela que notre Seigneur est l’Unique ! D’ailleurs, en relation avec cela, il est à noter que les deux passages cités soulignent plusieurs fois la présence « de l’âne » qui, doux mais robuste, reflétait à sa manière l’Humilité de Celui qu’il portait. D’ailleurs, ce modeste animal ne portait-il pas la Personne même de l’Humilité ? Cette Victoire par l’humilité et par la douceur n’est-elle pas, en vérité, la Victoire de l’humilité et de la douceur… ? Cette association de la douceur et de l’humilité en vue de la Victoire nous semble incompatible à nous, humains imparfaits, mais il y a lieu de préciser que ce Roi, de par Sa Nature divine, les réunit parfaitement, parce que, Seul, Il est « Juste »… !

   Les foules, après avoir entendu prêcher Jésus, « étaient frappées de sa doctrine ; car Il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes… ! » Matt 7:28-29. Evidemment, contre la puissance de l’adversaire et même des éléments, Jésus manifestait une autorité particulière. Dans la barque avec Ses disciples, Jésus « menaça les vents et la mer, et il y eu un grand calme… ! » Matt 8:26 ; de l’homme muet et sourd, Il « menaça l’esprit impur… » qui sortit de lui ! Marc 9:25 ; de la belle-mère de Simon Pierre, Il « menaça la fièvre » qui la quitta, et elle les servit… ! » Luc 4:39. Or, l’Autorité de Jésus, dans Sa Prédication, ne consistait pas à être plus « autoritaire » ou à parler « plus fort » que les scribes, loin de là ! L’Éternel par Ésaïe, le prophète, annonça au sujet de Jésus : « Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, et il annoncera la justice aux nations… ! » Et avec quelle autorité, avec quelle force, le Seigneur accomplit-Il cette Mission ? Le prophète poursuit, disant : « Il ne contestera point, il ne criera point, et personne n’entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice. Et les nations espéreront en lui… ! » Matt 12:18-21.En attendant ce Jour, ce triomphe à venir fut-il annoncé par des moyens contraignants ? Non pas ! Jésus ne cria point, Il ne força personne ni ne débattit inutilement. Il nous révéla au contraire que nous sommes comme des « roseaux cassés » ou des « lumignons qui fument », même si nous n’en sommes pas conscients, et que, pour cette raison même, nous avons besoin de Sa Parole éclairante, afin d’être, et convaincus de péché et guéris par le Baume de l’Esprit-Saint ! Et c’est de cette Douceur-là que l’Autorité de la Parole nous redresse en nous vivifiant… !

   Les « Fruits de l’Esprit » n’agissent pas isolément, mais en relation les uns avec les autres. L’apôtre Jacques écrit : « Sachez-le, mes frères bien-aimés. Ainsi, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère ; car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. C’est pourquoi, rejetant toute souillure et tout excès de malice, recevez avec douceur la parole qui a été plantée en vous, et qui peut sauver vos âmes… ! » Jac 1:19-21. En quoi consiste donc en nous l’action de la douceur ? Pour le comprendre il est nécessaire de souligner cette exhortation de l’Écriture à être « prompt à écouter », « mais lent à parler et lent à se mettre en colère… ! ». Nous relevons ici une chose particulière, c’est que notre parole et notre colère sont associées… ! En effet, la parole et la colère ne s’expriment jamais l’une sans l’autre en telles circonstances, et c’est ce dont précisément, la douceur spirituelle triomphe en adoucissant notre parole et en éteignant notre colère, et cela en « rejetant », précisément, ce que nous savons être mal en nous… ! Ainsi, toute nouvelle semence de la Parole de Dieu « plantée en nous » ne peut être reçue qu’« avec douceur » dans une terre  labourée et hersée, c’est-à-dire, qui ne résiste pas à la Semence divine, laquelle une fois enfouie, lève et porte du fruit ! Et cette douceur est le caractère même d’un cœur « ameubli », c’est-à-dire, spirituellement « ennobli » par la purification au moyen du Sang de Jésus… !

   Ainsi, la douceur dispose notre cœur à la compréhension éclairée de la Parole de Dieu, comme à la communion fraternelle, même si, parfois, « douceur et douleur » doivent contribuer à notre compréhension mutuelle… ! « Celui qui est sage de cœur est appelé intelligent, dit l’Écriture, et la douceur des lèvres augmente le savoir… ! » Prov 16:21. En quoi la « douceur des lèvres » peut-elle donc contribuer à l’augmentation de notre connaissance de Dieu ? C’est ici la disposition de l’âme qui ne redoute pas ce que Dieu pourrait lui révéler de sa propre vie, tant elle aime son Seigneur ! C’est la manière d’entendre ou d’exprimer la Parole, non par cette tension d’esprit que produit des doctrines figées ou venant d’opinions arrêtées, mais par cette écoute intérieure de la Parole révélée par l’Esprit. Car la Douceur selon Dieu est cet état intérieur qui révèle la même nature spirituelle, et de la Parole reçue et du cœur qui la reçoit… !