M282 – LA MANNE CACHÉE …

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    « Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises : A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc ; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit… ! » Apo 2:17.

   Ce sont là les récompenses célestes réservées à ceux qui persévérèrent dans l’Église de Pergame. Les Paroles de Jésus-Christ nous décrivent une Église contrastée. Elles nous apprennent que beaucoup de croyants s’attachèrent à la « doctrine de Balaam » en se livrant à « l’idolâtrie et à l’impudicité », ainsi qu’à la « doctrine des Nicolaïtes » Apo 2:14-15, doctrine qui, déjà, avait eu pour effet de changer ce qui est spirituel et vivant en un ritualisme mort ! Il y a lieu de préciser qu’à Pergame, là où demeurait l’Église, se trouvait aussi « le trône de Satan » Apo 2:13, auquel un culte particulier était rendu, d’où une influence ténébreuse en ces lieux. Mais les autres croyants furent fidèles, ils retinrent le Nom du Seigneur, et ne renièrent pas la foi « … même aux jours d’Antipas, mon témoin fidèle, dit le Seigneur, qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure… ! » Apo 2:13. Dans de telles circonstances, l’on comprend que, parmi les récompenses citées, il y ait cette « manne cachée » réservée à ceux qui  vaincraient, cette Nourriture céleste dont, déjà, ces croyants goûtaient en espérance… !

   De cette « manne cachée », le fidèle en reçoit déjà, ici-bas, les « prémices » qui lui donnent forces et lumières qui le soutiennent dans le combat spirituel de la prière. C’est d’ailleurs le même « avant-goût » spirituel en ce qui concerne toutes les récompenses faites aux sept Églises d’Asie. Car, il en est des promesses comme de « l’espérance qui ne trompe point… ! » Rom 5:5, ainsi que l’écrit si judicieusement l’apôtre Paul : « … C’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore. Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance… ! » Rom 8:24-25. Ainsi, de même qu’en ce qui concerne l’espérance, les promesses ont aussi une incidence sur la vie de ceux qui y aspirent, elles distillent d’En Haut ce qui suscite dans les cœurs la persévérance pour les obtenir… !

   Ce qui nous est réservé dans l’éternité, l’Écriture le révèle déjà en ce qui concerne la manne que l’Éternel donna au peuple d’Israël, dès leur sortie d’Égypte, durant les quarante années dans le désert, jusqu’à leur entrée en Canaan. Ce fut d’ailleurs à cause des murmures d’Israël que l’Éternel fit pleuvoir sur eux les « cailles » le soir, et la « manne » le matin : Exo 16:13-15. Cette manne était leur nourriture quotidienne ; elle préfigurait la « Parole faite chair » venue parmi nous en la Personne de Jésus-Christ : Jean 1:14. En effet, aux Juifs qui lui dirent : « Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur donna le pain du ciel à manger… ! », Jésus leur répondit : « En vérité en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel : car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde… ! Jean 6:31-33. Et pour préciser plus encore « Qui » est ce « Pain de Dieu », Jésus dit : « Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi. C’est ici le pain qui est descendu du ciel. Il n’en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts : celui qui mange ce pain vivra éternellement… Jean 6:57-58.

  Cette manne, à la fois, terrestre et miraculeuse, recelait donc quelque chose d’éternel destiné à être révélé, ceci étant préfiguré dans cette Parole de l’Écriture, disant : « Quand la rosée descendait la nuit sur le camps, la manne y descendait aussi… ! » Nomb 11:9. La « manne » et la « rosée » ne descendaient pas l’une sans l’autre dans le désert. En effet, la Parole de Dieu (la manne) et l’Esprit-Saint (la rosée) sont spirituellement indissociables… ! La manne était répandue aux yeux de tous, mais l’Israélite pieux voyait dans cette manne, non seulement un bienfait terrestre, mais encore une signification spirituelle, éternelle ; quelque chose de caché qui allait être dévoilé dans les âges à venir. Car ce qui est manifesté de la part de Dieu contient toujours des mystères à connaître qui invitent plus encore le racheté à sonder les profondeurs divines par l’Esprit, ce qui a pour effet béni de nourrir sa communion avec Dieu… !

   Ainsi, toute manifestation de Dieu dans les choses temporelles contient une Réalité spirituelle et éternelle. S’adressant à Israël, Moïse dit: « Voici ce que l’Éternel a ordonné : « Qu’un omer (un vase) rempli de manne soit conservé pour vos descendants, afin qu’ils voient le pain que je vous ai fait manger dans le désert, après vous avoir fait sortir du pays d’Égypte… ! » Exode 16:32. La portée prophétique de cette Parole dépasse de loin le « poids » et le « volume » de cette manne conservée. Dieu se sert souvent d’un support tangible et visible, à partir duquel Ses Desseins s’éclairent, ainsi que Moïse le rappela au peuple : « Souviens-toi de tout le chemin que l’Éternel, ton Dieu, t’a fait faire pendant ces quarante années dans le désert, afin de t’humilier et de t’éprouver, pour savoir quelles étaient les dispositions de ton cœur et si tu garderais ou non ses commandements. Il t’a humilié, il t’a fait souffrir de la faim, et il t’a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que n’avaient pas connue tes pères, afin de t’apprendre que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l’Éternel… ! » Deut 8:2-3.

   Nous découvrons la Révélation spirituelle de cette manne en Jésus Lui-même qui prononça les mêmes Paroles lors de la tentation dans le désert. En effet, après que le Diable lui eut dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains… ! » Jésus lui répondit « : Il est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu… ! » Matt 4:4. Il est remarquable de noter que pour triompher de cette tentation, comme d’ailleurs des deux suivantes, Jésus répondit à Satan par les Paroles mêmes de Dieu transmises par Moïse, lorsqu’il dit : « Vous ne tenterez point l’Éternel, votre Dieu, comme vous l’avez tenté à Massa… ! » Deut 6:16, et encore : « Tu craindras l’Éternel, ton Dieu, tu le serviras, et tu prêteras serment en son nom… ! » Deut 6:13. Combien puissante est la Parole de Dieu, à laquelle Jésus Lui-même, qui est la « Parole faite chair » Jean 14:1, se soumit ! C’est ici l’incommensurable Humilité du Fils de l’homme, qui se révèle comme étant « La Parole se soumettant à la Parole… ! ». Ceci révèle la Profondeur du discernement et de l’âpreté du combat remporté contre Satan par Jésus dans Son Obéissance parfaite à Son « Père céleste »… ?

   « La Parole soumise à la Parole… ! » Ceci, par transposition spirituelle, nous révèle la manière par excellence de sonder l’Écriture. En effet, en approfondissant les Écritures, nous découvrons que la Parole de Dieu « s’enseigne » et « s’éclaire » par elle-même ! Et le fait de sonder la Parole par la Parole signifie, non pas « aller au-delà de ce qui est écrit » I Cor 4:6, mais à l’intérieur même de la Parole ! Car, chaque vérité est riche de vérités à découvrir qui deviennent de plus en plus éclairantes pour celui à qui elles sont révélées, afin que, comme l’exhorte l’apôtre Paul : « … vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu… ! » Eph 3:18-19. Une Vérité unie à une autre Vérité par l’Esprit enfantent des lumières à l’infini… !

   Ainsi, la révélation de la manne cachée communique en nous, non seulement des connaissances nouvelles, mais encore le fruit spirituel même de ces connaissances reçues. En effet, l’Esprit de Révélation, en manifestant ce qui est caché dans la Parole, rend cette Parole vivifiante en la faisant vivre en nous, c’est-à-dire, en nous faisant vivre par elle de sa Vie même. Car, la manne de la Parole est, de par sa nature, l’aliment spirituel de « l’homme intérieur » qui est en nous Eph 3:16. Or, il est écrit qu’en Jésus « … vous avez été instruits à vous dépouiller, eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses… ! » Eph 4:21-22. Ainsi, le fait de renoncer à soi-même s’inscrit dans notre aspiration même aux choses d’En-Haut, car celles-ci enrichissent notre vie intérieure autant qu’elles nous aident à nous dépouiller de nous-mêmes… !