M280 – SI DEUX D’ENTRE VOUS …

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    « Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux… ! » Matt 18:19-20.

   Plus il y a de personnes, et donc de pensées différentes, et plus il est difficile d’être un seul esprit, une seule âme, un seul sentiment ; sauf, bien sûr, lors d’une Visitation particulière de l’Esprit-Saint où la Pensée de Dieu est reçue en chacun de nous. Jésus met donc l’importance, non seulement sur les deux personnes qui demandent, mais aussi sur l’« union d’esprit » Phil 2:1, qui les unit ! C’est en quelque sorte un « mariage spirituel », dans lequel ceux qui prient ne sont plus deux, mais un « seul esprit ». Quand les pensées individuelles des rachetés s’accordent dans l’Esprit-Saint, cette unité intérieure donne accès aux exaucements de Dieu. En étant animé d’une telle disposition intérieure, le fait de demander une « chose quelconque » ne signifie donc pas demander « n’importe quoi » ! En effet, toute vérité détachée de la Volonté de Dieu dans un but personnel conduit à l’erreur et à la mort spirituelle, car une vérité séparée de l’Esprit de Dieu perd ce qui la rend éclairante et vivante en nous. Ainsi, en disant à Ses disciples : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé… ! » Jean 15:7, Jésus nous exhorte, non pas à demander ce dont nous avons « envie », mais ce dont nous avons « besoin » ! Ce à quoi alors notre Père céleste répond, et qui produit en nous les fruits spirituels par lesquels Il est glorifié… ! Jean 15:8.

   Il est à remarquer que deux ou trois personnes maintiennent le sujet d’une conversation; mais, dès que survient une quatrième personne, il y a déjà une tendance à avoir deux dialogues au lieu d’un, ce qui rompt l’unité et le fil de la pensée. Nous comprenons donc pourquoi notre Seigneur, qui connaît le cœur de l’homme, considère l’union d’esprit entre deux personnes comme déjà une perfection… ! Car cela révèle un désintéressement total, selon les Paroles mêmes de Jésus, disant : « Celui qui parle de son chef cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui … ! » Jean 7:18. Il est question ici de celui qui « parle de son propre chef » ! Or, il en est de même de celui qui « demande de son propre chef », en inversant l’ordre des Paroles de Jésus, c’est-à-dire, en demandant « les choses qui seront données par-dessus » … avant de « chercher premièrement le Royaume et la Justice de Dieu… ! » Matt 6:33.

   C’est ici qu’intervient une vérité profonde de la part de Jésus à Ses disciples concernant la prière. En chemin pour aller à Jérusalem, Jésus aperçut de loin un figuier qui avait des feuilles, mais point de fruits, car ce n’était pas la saison. Jésus dit alors au figuier : « Que jamais personne ne mange de ton fruit. Et ses disciples l’entendirent… ! » Marc 11:14. Le lendemain, Jésus, passant avec ses disciples, Pierre lui dit ! « Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché… ! » Jésus, saisissant l’occasion, leur révéla la prière de la foi, en disant : « Ayez foi en Dieu. Je vous le dis en vérité, si quelqu’un dit à cette montagne : Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir. C’est pourquoi je vous dis : Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir… ! » Marc 11:22-24. Il ressort de ces paroles l’importance de cette vérité exprimée deux fois par Jésus, à savoir : « Celui qui croit que ce qu’il dit arrive, il le verra s’accomplir… ! », et : « Croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir… ! ». Ainsi, le fait de croire avoir déjà reçu ce pour quoi l’on a prié ne peut que s’accomplir. Or, c’est ici que se tient le séducteur, toujours prêt à tordre le sens de la Parole, en mêlant l’esprit d’erreur à la vérité, et qui conduit l’âme à l’opposé des Paroles mêmes de Jésus ! Car, nous avons appris des Écritures que la prière par la foi n’est pas un pouvoir personnel qui s’exerce en dehors de la Souveraineté de Dieu. Elle n’est ni une démarche de notre propre volonté, ni un acte « magique », ni une sorte de conjuration contre les événements fâcheux de notre existence. La prière s’inspire des Priorités de la Volonté de Dieu, et non pas de nos propres priorités allant jusqu’à « imaginer » des promesses que la Parole de Dieu ne contient pas… !

      « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu… ! » Marc 11:24, En approfondissant ces paroles, nous découvrons une chose particulière dans le fait que Jésus précise de « demander en priant » ! Ceci nous apprend que « demander » et « prier » ne sont pas synonymes spirituellement. En effet, cette précision « en priant » ajoute une qualité fondamentale au fait de demander, car « demander » met l’accent sur la « chose demandée », tandis que « prier » met l’accent sur « celui qui demande » ; c’est-à-dire, sur la profondeur même de sa vie spirituelle et de sa communion avec Dieu. Celui qui demande dans un esprit de prière ne demande donc pas « n’importe quoi », car en ayant en lui la Pensée de l’Esprit, il sait attendre et recevoir l’exaucement selon la Volonté de Dieu. D’ailleurs, il est à remarquer dans les Écritures que le fait de prier a toujours un sens positif, tout en étant susceptible de perfectionnement : Matt 6:7, tandis que le fait de demander peut avoir un sens négatif. En effet, Jacques écrit aux croyants, entre autres : « … Vous avez des querelles et des luttes, et vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas. Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions… ! » Jac 4:2-3. L’Apôtre, en effet, dit à ceux auxquels il s’adresse, qu’ils « ne possèdent pas », non parce qu’ils « ne prient pas » ou qu’ils « prient mal », mais parce qu’ils « ne demandent pas » et qu’ils « demandent mal » … ! Ici se tient la différence entre celui qui demande, inspiré uniquement de ses propres besoins, et celui qui, par une vie spirituelle toujours renouvelée, prie en discernant les besoins tels que Dieu les voit en lui, comme aussi les besoins de ses frères et sœurs en la foi dans l’unique but de les aider… !

   Celui donc qui demande en priant exprime les prières inspirées de l’Esprit-Saint, d’où la nécessité de connaître la Volonté de Dieu, suivant l’exhortation de l’apôtre Paul aux Colossiens, disant : « Nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle… ! » Col 1:9. Or, la manière par excellence de connaître la Volonté de Dieu est la lecture suivie et quotidienne de la Parole de Dieu, durant laquelle l’Esprit éclaire, soit un mot, soit un passage, comme étant la Réponse ou la Direction d’En-Haut pour notre vie. Cependant, la Parole de Dieu est infiniment plus qu’une méthode à suivre ou qu’une somme de préceptes et de règles. Car, en nous faisant connaître Sa Volonté par la Parole, Dieu nous la communique également par Ses « Pensées » reçues par Son Esprit habitant en nous, de sorte qu’en certaines circonstances, nous sommes déjà « intérieurement enseignés » de la Volonté de Dieu, en attendant d’en recevoir, en son temps, la connaissance par Sa Parole… ! Héb 8:11.

   Ainsi, avec une telle communion intérieure, ce que « veut » le racheté ne peut que correspondre à ce que Dieu « veut », puisque son cœur est en accord avec le cœur de Dieu, suivant ces paroles de l’Écriture, disant : « De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais L’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables ; et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints… ! » Rom 8:26-27. Ce discernement spirituel du racheté qui prie par l’Esprit révèle qu’il est, d’abord, non pas « serviteur », mais « fils », parce que, pour lui, Dieu est un « Père », avant d’être un « Maître » … ! Aussi est-ce avant tout la « confiance » en Dieu qui anime son « obéissance » à la Volonté divine ! D’ailleurs, n’est-il pas connu qu’un cœur qui a pleinement confiance manifestera toujours une totale obéissance… ? Certes, il nous arrive souvent de nous trouver dans des situations extrêmes qui nous dépassent, que nous ne comprenons pas, tout en étant, cependant, parfaitement dans la Volonté de Dieu… connue de Lui seul ; et c’est là ce qui importe ! Car, la prière persévérante ne peut qu’être inspirée d’En-Haut dans les âmes qui se sont accordées, non seulement « entre elles », mais encore, chacune « en elle-même » avec le Père qui, en même temps, est « dans les cieux », et voit « dans le secret » … ! Matt 6:6.