M279 – DANS LA CRAINTE DE DIEU …

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    « Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? Ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle ? Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un Père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. Ayant donc de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de Dieu… ! » II Cor 6:14-18, 7:1.

   Beaucoup de vertus spirituelles, auxquelles nous exhorte l’Écriture, sont constituées de diverses vérités. Le courage, en effet, est l’association de l’espérance et de la persévérance. De même la sanctification a, entre autres, pour force motrice la crainte de Dieu. Or, si nous entendons peut parler de la sanctification, nous entendons encore moins parler de la crainte que nous inspire la Sainteté de Dieu. C’est là une vérité qui n’attire pas, que l’on redoute même, et cela tout simplement parce qu’elle est mal comprise. Pour beaucoup, la crainte est du domaine de la loi de Moïse, regardée comme annulant la foi, et donc incompatible avec la Grâce ! Cette incompréhension provient de ce que l’on confond la crainte de Dieu avec la crainte de l’homme. Or, la nature de la crainte selon Dieu est totalement étrangère à la nature de la crainte humaine. Ceci s’éclaire par cette parole de l’apôtre Jean, disant : « Tel Il (Jésus) est, tel nous sommes aussi dans ce monde : c’est en cela que l’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement. La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte ; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour… ! » I Jean 4:17-18. C’est ici l’attitude de l’âme qui, tout en connaissant Dieu, n’a pas encore reçu la certitude du pardon de ses péchés, et donc craint le jugement à venir. C’est une crainte de cette nature que, parfois, même des rachetés confondent avec la crainte de Dieu. Or, le croyant régénéré n’a pas à craindre un châtiment quel qu’il soit, puisque, précisément, l’Esprit de Dieu témoigne au-dedans de lui qu’il a « la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais qu’il est passé de la mort à la vie… ! » Jean 5:24 .

   La crainte de Dieu nous rend aptes à discerner les Vérités de Dieu qui nous rendent, justement, capables de nous conduire d’une manière qu’Il agrée. Car dans la vie même de notre foi, la crainte de Dieu est une vérité fondamentale, d’après les paroles mêmes du sage, disant : « La crainte de l’Éternel est le commencement de la sagesse ; tous ceux qui l’observent ont une raison saine… ! » Ps 111:9. Plus encore qu’une connaissance ou qu’un précepte, la sagesse est donc un état spirituel, non pas celui d’avoir « peur » de Dieu, mais de craindre ce qui « déplaît » à Dieu ! Car cette crainte selon Dieu n’est pas « contrainte » ; elle ne réduit, en aucun cas, la Paix et la Joie en nous par le Saint-Esprit, au contraire, elle en est la condition même, ainsi que le dit encore le sage : « La crainte de l’Éternel est une source de vie, pour détourner des pièges de la mort… ! » Prov 14:27. La crainte de Dieu n’est donc pas une source de mort, sous quelque forme que ce soit, mais une « source de Vie ». Et, loin de l’obstruer, au contraire, cette crainte de Dieu même préserve l’ouverture de notre cœur à cette Source vivifiante et libératrice… !

   Dans les temps de réveils spirituels, là même où éclate la Puissance de la Parole qui délivre, accompagnée des manifestations de l’Esprit-Saint, la crainte de Dieu est présente. Déjà, à la suite de la première prédication de l’apôtre Pierre à Jérusalem, l’Écriture rapporte que ceux qui reçurent la Parole « persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. La crainte s’emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les apôtres… ! » Act 2:42-43. Plus tard, entre deux temps de persécution, « l’Église, dit encore l’Écriture, était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie, s’édifiant et marchant dans la crainte du Seigneur, elle s’accroissait par l’assistance du Saint-Esprit… ! » Act 9:31. D’où l’on voit que la crainte n’empêchait point la joie de la communion fraternelle, ni la louange, ni la croissance spirituelle, toutes ces choses rendues durables, précisément, par l’effet sanctifiant de cette crainte. De même, les miracles et les prodiges étaient reçus dans leur signification spirituelle et avec des fruits éternels, en raison de cette crainte découlant elle-même de la Miséricorde de Dieu envers Son peuple… !

   L’Écriture nous révèle que du tombeau jaillirent la joie et la crainte. « Marie de Magdala et l’autre Marie », après être allées, en effet, au tombeau le matin de la résurrection de Jésus, « s’éloignèrent promptement du sépulcre, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples… ! » Matt 28:8. Cet événement glorieux suscita dans leur cœur cette association particulière de crainte révérencieuse et de joie indicible qui annonçait déjà le contenu spirituel de l’expression de la foi des croyants à venir. En effet, la vie spirituelle est joie et crainte, et ces sentiments, apparemment contradictoires, expriment l’état spirituel équilibré acceptant aussi bien l’épreuve que la bénédiction ! Cette acceptation est le propre du croyant qui a véritablement reçu et compris l’Œuvre de la Grâce dans sa vie. Ceci s’accorde avec les paroles de l’apôtre Pierre, disant : « Et si vous invoquez comme Père celui qui juge selon l’œuvre de chacun, sans acception de personne, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre pèlerinage, sachant que ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous aviez héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ… ! I Pier 1:17-19 !

   Il y a donc un rapport entre le fait d’invoquer notre Père céleste et la manière dont nous vivons joyeusement notre salut, dans lequel nous sommes appelés à porter du fruit « avec crainte et tremblement ! » Phil 2:12. C’est là la disposition dans laquelle nous sommes en état de discerner les sujets de prières inspirés par l’Esprit-Saint. Car la crainte de Dieu, qui est incluse dans la foi, suscite dans notre cœur la soumission joyeuse à la Souveraineté de Dieu, et donne à notre intercession la Direction de Son Esprit ! Elle augmente notre compréhension de la Volonté de Dieu dans Ses exaucements, même quand ceux-ci se présentent aussi bien sous la forme de bénédictions pour nous réjouir, que sous la forme de tribulations pour nous affermir… !

   Il est à relever que la foi et la crainte dans l’ancienne Alliance ne s’opposent pas, mais sont étroitement liées ; et que dans la Nouvelle Alliance, la crainte de Dieu est l’un des « composants » même de la foi. La sainte crainte contient cette Force divine qui suffit à nous détourner du péché, puisque « la crainte de l’Éternel, c’est la haine du mal… ! » Prov 8:13. C’est d’ailleurs, en ce monde, la seule chose que nous sommes appelés à haïr… ! Et, d’autre part, si « la crainte des hommes tend un piège… ! » Prov 29:25, la crainte de Dieu, elle, au contraire, contribue justement à nous dégager des pièges des hommes et de ceux du diable. Elle nous dégage surtout de nos propres pièges que nous nous sommes tendus, en nous mettant nous-mêmes dans des situations compliquées, à commencer déjà par cette attitude paralysante de subir les conséquences négatives de notre propre crainte…, mais en faisant l’expérience que la crainte de Dieu même nous délivre de la nôtre… !

   Alors qu’ici-bas est considéré comme malheureux celui qui craint, il en est l’inverse en ce qui concerne les rachetés, de l’aveu même du Psalmiste qui s’écrie : « Louez l’Éternel ! Heureux celui qui craint l’Éternel, qui trouve un grand plaisir à ces commandements… ! Ps 112:1. Non pas : Malheureux ! S’écrie-t-il, mais : « Heureux celui qui craint… ! ». La crainte et le bonheur d’En-Haut ne sont pas incompatibles. En effet, loin de regarder la crainte comme menaçant notre bonheur d’être pardonnés et justifiés, nous découvrons que cette crainte même protège ce bonheur des « traits enflammés du malin » ! Il n’y a, en effet, que l’Œuvre de la Grâce de Dieu pour associer la crainte avec l’Amour, la Joie, l’Espérance et la Paix, et qui fait que ces réalités spirituelles affermissent notre vie intérieure, parce qu’elles tirent leur force les unes des autres, constituant ainsi le « Mystère de la foi » I Tim 3:9, mystère, dans lequel, précisément, notre foi plonge ses racines… ! »