M276 – SI QUELQU’UN A SOIF …

Format PDF

     « Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. Des gens de la foule, ayant entendu ces paroles, disaient : Celui-ci est vraiment le prophète. D’autres disaient : Est-ce bien de la Galilée que doit venir le Christ ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la postérité de David, et du village de Bethléhem, où était David, que le Christ doit venir ? Il y eut donc, à cause de lui, division parmi la foule… ! » Jean 7:37-43.

   Était-il occasion plus propice pour Jésus que ce « dernier jour », ce « grand jour de la fête » des tabernacles à Jérusalem, pour s’écrier : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive… ? » Jean 7:37, Lui qui, pourtant, était monté à la fête, « non publiquement, dit l’Écriture, mais comme en secret … ! » Jean 7:10. De toute cette concentration de croyants venus de toutes les parties du monde, Dieu seul sait combien de cœurs ont reconnu l’Appel de Jésus. D’ailleurs, Jésus s’adressant à la foule des pèlerins ne proclama pas : Si quelqu’un est pieux, ou digne, ou malheureux, ou pauvre, mais : « Si quelqu’un a soif… ! » Car l’on peut posséder des vertus, comme aussi endurer beaucoup de maux, sans, nécessairement, chercher dans la bonne direction, sans avoir la vraie soif spirituelle qui soupire après Dieu et la Vérité de Sa Parole… !

   Tout manque, tout besoin, quelle qu’en soit la nature, suscite une soif qui lui correspond : spirituelle, affective ou physique ; et cette soif est le signe qui nous conduit à y remédier. La soif est donc destinée à nous préserver d’un dommage, ou de la mort dont, sans elle, nous ne serions pas conscients. En ce sens, cette souffrance est une grâce qu’éclaire cette Béatitude exprimée par Jésus, disant : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés… ! » Matt 5:6, Cette soif de la Justice divine, précisément, nous préserve de toute autre recherche trompeuse, et le fait même de chercher à étancher notre soif spirituelle nous fait déjà vivre, en espérance, la Plénitude des choses que Dieu a préparées pour nous… ! Comme si la recherche même de la chose attendue nous comblait déjà autant que la chose une fois reçue… !

   « Si quelqu’un a soif, dit Jésus, qu’il vienne à moi et qu’il boive… ! » Proclamer de telles Paroles, debout en face d’une foule qui affluait et n’avait pour seul but que celui d’accomplir les saints commandements ! Qui était donc Jésus pour appeler à venir à Lui plutôt qu’au temple ? Il faut être provocateur, hors de sens, ou prophète ; mais un prophète appelle à venir, non pas à lui, mais à Dieu seul ! Or, Jésus agissait en tant que Prophète, mais Il était, avant tout, le Messie qui ouvrait les cœurs de ceux qui se laissaient éclairer par cette Autorité qui émanait de Lui. Et la Source de cette Autorité, Jésus nous la révèle au travers de Philippe qui lui demandait de leur montrer le Père, et à qui Jésus répondit : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres… ! » Jean 14:10. Et ceci s’éclaire par les Paroles de Jésus qui, s’adressant aux Juifs qui s’interrogeaient sur Sa Doctrine, leur répondit : « Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi… ! » Jean 6:45. La Parole annoncée par Jésus exprime donc l’Appel du Père qui demeure en Lui, et Son Autorité n’attire que ceux qui ont soif… !

  Quel est donc le rapport de la soif spirituelle avec l’Appel du Père ? Jésus dit aux Juifs qui disputaient entre eux au sujet de Son Origine divine : « Ne murmurez pas entre vous. Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et je le ressusciterai au dernier jour… ! » Jean 6:44. Cette Vérité est à ce point importante que Jésus la répéta une seconde fois lors d’un autre entretien : « C’est pourquoi, dit-Il, je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père… ! » Jean 6:65. Ainsi, tôt ou tard, au travers des circonstances mêmes de cette vie, le Père attire à Son Fils l’âme appelée à Le recevoir comme son Sauveur et son Seigneur. Cette Attraction de Dieu dans l’âme épure la recherche spirituelle de toute autre recherche vaine. Et le travail intérieur en nous de cette Attraction divine s’exprime par la soif qui augmente jusqu’au temps où le Père, qui est à l’origine de cette soif, se révèle en Son Fils, et, par Son Fils, en nous… !

   L’âme qui a soif, bien souvent, ne connaît pas la nature spirituelle de l’eau après laquelle elle soupire. Or, le diable le sait, et aussitôt propose  toutes  sortes  d’eaux  de  ce  monde,  des  plus  souillées  aux plus « transparentes », mais empoisonnées. Aussi, de déception en déception, de souffrance en souffrance, l’âme animée de la recherche selon Dieu ne trouvera la paix que lorsqu’elle aura trouvé l’Eau de la Vie qui vient de Lui. Par quel signe donc cette Eau se révèle-t-elle comme étant divine ? En quoi consiste sa différence d’avec les autres eaux ? Jésus, s’entretenant avec la Samaritaine, lui dit : « Quiconque boit de cette eau (du puits de Jacob) aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle… ! » Jean 4:14. Ce qui est surnaturel, dans ce cas particulier, c’est que Jésus Lui-même révèle que la source, ce n’est pas Celui qui donne l’Eau, mais c’est l’âme elle-même qui, en la recevant, devient une source… ! C’est en cela que Jésus est le Véritable « Don de Dieu » Jean 4:10. Il est, en effet, la « Source des sources », parce que l’Eau de la Vie, au lieu de s’épuiser, ne cesse de jaillir pendant toute la vie du racheté ici-bas, jusque dans la vie éternelle  … !

   Les Voies de Dieu sont diverses envers ceux qu’Il appelle. Ainsi, tels ont soif et révèlent en eux un besoin spirituel. Tels autres ont aussi un besoin, mais n’ont pas soif, parce qu’ils sont soit accaparés, soit séduits par les choses de ce monde. Les premiers ont soif à l’exemple du Psalmiste qui s’écrie : « Comme une biche soupire après des courants d’eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu. Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant. Quand irai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu… ? » Ps 42:2-3. Ceux-ci cherchent Dieu. Les seconds aussi ont besoin de Dieu, mais ils ne sont pas suffisamment assoiffés pour Le rechercher. Ceux-là, c’est Dieu qui les cherchent, mais dans des circonstances particulières, ainsi qu’Il le révèle par le prophète Esaïe : « J’ai exaucé ceux qui ne me demandaient rien, je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas… ! » Ésaïe 65:1. Ceci instruit nos cœurs, d’une part, à ne jamais désespérer d’âmes qui nous paraissent « désespérantes », et, d’autre part, à ne pas tenir trop tôt pour acquises à Dieu des âmes qui nous paraissent « prometteuses » ! Ceci s’accorde avec les paroles du sage, disant : « Dès le matin, sème ta semence, et le soir ne laisse pas reposer ta main, car tu ne sais point ce qui arrivera, ceci ou cela, ou si l’un et l’autre sont également bons… ! » Ecc 11:6.

   Bien que nous ayons, en tant que rachetés de Dieu « tous reçu de sa plénitude et grâce pour grâce… ! » Jean 1:16, nous vivons, spirituellement, cet état intérieur qui est, en même temps, comblé et avide de l’être ! Et ceci, non point par carence spirituelle, mais parce que les Richesses et les Profondeurs de la Parole, déjà reçues, renferment, à leur tour, tant d’autres Richesses et Profondeurs, qu’elles en augmentent notre soif autant qu’elles l’étanchent… ! Ici-bas, un vase est plein lorsqu’il est rempli jusqu’au bord, mais, pour Dieu, une vie est comblée, non pas quand le « contenu spirituel » atteint le bord, mais lorsque il passe « par-dessus » le bord ! En effet, un vase qui demeure plein ne renouvelle pas son eau, car même une plénitude peut devenir stagnante. Ainsi, la Plénitude spirituelle ne peut se renouveler qu’en « débordant »… !

   En disant à la foule : « Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein… ! » Jean 7:38, Jésus nous apprend que, par la Grâce de Dieu, nous sommes riches au point d’avoir de quoi « dépenser », spirituellement, pour «enrichir » les autres ! Confirmant par là les paroles de l’apôtre Paul, disant : « Etant regardés… comme attristés, et nous sommes toujours joyeux ; comme pauvres, et nous en enrichissons plusieurs ; comme n’ayant… rien, et nous possédons toutes choses… ! » II Cor 6:10. Est-il donc vocation plus grande de la part du Seigneur, quand, au travers de nous, l’Esprit-Saint communique dans les cœurs la soif d’entendre les Paroles de Dieu ? Attestant, par là même, la vraie soif en nous, qui, en même temps, attire à Dieu ceux dont la soif spirituelle les conduit, à leur tour, à recevoir la Plénitude de la Vie d’En-Haut… !