M274 – PAR RÉVÉLATION …

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    « Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez. Celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n’interprète, pour que l’Église en reçoive de l’édification. Et maintenant, frères, de quelle utilité vous serais-je, si je venais à vous parlant en langues, et si je ne vous parlais pas par révélation, ou par connaissance, ou par prophétie, ou par doctrine… ? » I Cor 14:5-6.

   Il est fréquent de découvrir dans les écrits de l’apôtre Paul que, à l’intérieur d’une vérité qu’il expose, se révèle une autre vérité. C’est ici le cas où, à l’occasion de l’enseignement au sujet du parler en langues et de son interprétation, nous apprenons de l’apôtre les diverses manières de transmettre l’enseignement de la Parole de Dieu, c’est-à-dire, « par révélation », « par connaissance », « par prophétie », ou « par doctrine ». De ces quatre manières d’apporter la Parole, la révélation est d’une nature spirituelle particulière, de même d’ailleurs que la prophétie. En effet, toutes les transmissions de la Parole sont spirituelles, cependant, l’inspiration de l’Esprit tient une place particulière dans la communication de la « Révélation ». La Parole de Dieu, elle-même, n’est-elle pas la Révélation de la Pensée de Dieu… !

   Que l’apôtre Paul prêchât « par révélation » se comprend d‘autant plus que Jésus Lui-même lui apparut sur le chemin de Damas, et qu’il entendit les Paroles de Sa bouche : Act 9:4-6. Aux croyants de la Galatie, l’apôtre rapporte ainsi la Révélation de son passage intérieur de la loi à son accomplissement, c’est-à-dire, à la Grâce : « Je vous déclare, frères, que Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme; car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ. Vous avez su, en effet, quelle était autrefois ma conduite dans le judaïsme, comment je persécutais à outrance et ravageais l’Église de Dieu, et comment j’étais plus avancé dans le judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d’un zèle excessif pour la tradition de mes pères. Mais, lorsqu’il plut à celui qui m’avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui m’a appelé par sa grâce, de révéler en moi son Fils, afin que je l’annonçasse parmi les païens, aussitôt, je ne consultais ni la chair ni le sang, et je ne montais point à Jérusalem vers ceux qui furent apôtres avant moi, mais je partis pour l’Arabie. Puis, je revins encore à Damas… ! » Gal 1:13-17. Qu’un homme aussi dogmatique et intransigeant que Paul en arrivât à se soumettre à la Pensée de l’Esprit de Dieu, seul une Révélation d’En-Haut put le rendre possible. C’est ici la Voie intérieure par laquelle la Parole de Dieu s’imprime en nous, en nous transmettant la Nature éternelle de la Vie divine qu’elle contient.

   « Personne n’a jamais vu Dieu… ! » Non, ce n’est pas un incrédule, ni un athée qui déclare cela, mais la Parole de Dieu elle-même, et qui poursuit, en disant : « … le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître… ! » Jean 1:18. Jésus, le Fils unique, a vu le Père, mais où était-Il lorsqu’Il voyait le Père ? En face ou à l’intérieur de Lui ? Jésus était « dans le sein du Père… ! ». Ici-bas, nous voyons une maison quand nous sommes en face d’elle, et non à l’intérieur. Or, tant que nous sommes à l’extérieur de ce que nous voyons, ce qui est à l’intérieur nous reste caché ! Mais il n’en est pas ainsi en ce qui concerne Dieu ; Jésus, dit l’Écriture, voyait et connaissait le Père, parce qu’Il était, non pas « en face », mais à « l’intérieur » de Lui ; de même, nous ne voyons, et ne connaissons les Vérités de Dieu qu’en étant à l’intérieur de Dieu. Car ne voir que la « surface » des Vérités de Dieu, par notre propre intelligence, revient rester à l’extérieur de celles-ci. Et Là intervient l’Esprit de révélation qui nous introduit dans les « Profondeurs de Dieu… ! » I Cor 2:10, Ainsi, nous ne pouvons « voir » les Vérités de Dieu qu’en étant à « l’intérieur » d’elles, et c’est alors seulement que nous leur appartenons… !

   L’Esprit de Révélation opère donc en nous d’une manière variée, elle nous introduit dans la Parole et, en nous y introduisant, elle nous éclaire de l’intérieur ce que contient la Parole, ainsi que nous le montre Jésus, quand, s’adressant aux Juifs, Il leur dit : « Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance… ! » Jean 10:9-10. Jésus nous invite à « entrer » et à « sortir » pour trouver les « pâturages » spirituels de la Parole de Vie : Jean 6:27. Ici-bas, quand, venant de l’extérieur, nous entrons dans un lieu délimité, le lieu dans lequel nous sommes entrés est, naturellement, plus petit que celui d’où nous sommes sortis. Mais l’Esprit, qui est à l’intérieur des choses de Dieu, nous fait voir et comprendre différemment les Réalités divines. Quand Jésus dit de celui qui est sauvé : « … Il entrera et il sortira… ! », ceci signifie que le fait d’« entrer » en Christ », c’est-à-dire dans Sa Parole, signifie « sortir » du monde. Nous savons que l’adversaire s’efforce d’empêcher le pécheur d’entrer en Christ pour être sauvé, comme aussi de dissuader le croyant de se livrer totalement au Seigneur, en insinuant que la vie en Christ revient à se trouver « à l’étroit » et à ne connaître que des limitations, comme si la foi menait à une impasse ! Mais la vérité est exactement le contraire de ce dont il tente de nous persuader. Car le racheté découvre que ce qu’il reçoit dans la Parole, par l’Esprit, est infiniment plus grand que tout ce qu’il a quitté pour « entrer » en Christ. Car ce qui est vécu à « l’intérieur », est incomparablement plus riche que ce qui est vécu à « l’extérieur » … !

    Jésus, dit l’Écriture, fut indigné de ce que les disciples reprenaient ceux qui lui amenaient les petits enfants, et leur dit : « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le Royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le Royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera point… ! » Marc 10:14-15. Qu’estimait donc tant Jésus dans le petit enfant au point de le présenter comme modèle à ceux qui croiraient en Lui ? Ce qui est à relever chez les petits enfants, c’est que, malgré tous les défauts qu’ils peuvent avoir, sur un point au moins ils se ressemblent : la pensée même qu’ils puissent être trompés n’existe pas en eux… ! Il n’y a, en effet, chez en eux ni la crainte ni le soupçon que les adultes puissent leur mentir. C’est ainsi que notre Seigneur nous appelle à croire en Lui, non pas en restant dans l’immaturité ou l’irresponsabilité, mais selon cette confiance qui subsiste encore dans le petit enfant, bien sûr naturelle chez lui, mais spirituelle en nous. Nous découvrons dans cette disposition intérieure opérée par l’Esprit Saint, que c’est en recevant le Royaume de Dieu que l’on y entre, et qu’on le voit. C’est là le Principe vivant et révélé de Dieu pour tout ce qui concerne les Vérités divines, selon lequel l’on ne peut « entrer » que dans ce que l’on « reçu » … !

     Il y a donc une ou plusieurs vérités cachées dans une vérité, et l’Esprit de Révélation nous communique le contenu des vérités spirituelles, ainsi que le sens spirituel qui les relie entre elles. Il n’est pas de comparaison plus parlante à cet égard que le traitement des couleurs. Nous savons que le mélange du bleu et du jaune donne le vert…, il en est, spirituellement, de même des versets de la Parole de Dieu. C’est, en effet, en rapprochant les vérités les unes des autres qu’une autre vérité ou qu’un sens nouveau se révèlent. En fait, cette vérité ou ce sens nouveau ne sont pas lus dans l’Écriture, mais « contenus » en elle, et procédant d’elle. Autrement dit, le bleu et le jaune ne sont pas le vert, mais que ces deux couleurs viennent à être mélangées, et le vert, qui était caché, paraît ! Ainsi opère la « Sagesse infiniment variée de Dieu » Eph 3:10, qui révèle, par l’Esprit, le sens caché d’une attente, d’une Intervention ou d’une Direction d’En-Haut pour nos vies… ! Il y a donc une lecture de la Parole, et une lecture à l’intérieur de la Parole… !

     « Tout ce qui a été écrit d’avance, dit l’apôtre Paul, l’a été pour notre instruction, afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l’espérance… ! » Rom 15:4. En plus de l’encouragement que nous apporte cette exhortation, nous apprenons que notre « Espérance » ici découle précisément de l’association de la « Patience » et de la « Consolation » contenues dans la Parole de Dieu et reçues de celle-ci. Là, encore, l’Esprit de Révélation nous fait découvrir les vérités dont une vérité se compose. Heureux le racheté qui, passant de la « lettre » à « l’Esprit », reçoit le renouvellement intérieur par la Révélation de la Parole qui, en même temps qu’elle l’instruit, le rend participant de la Nature divine de la Vie de cette Parole… !