M273 – LA FAIBLESSE DE DIEU …

Format PDF

    « La prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. Aussi est-il écrit : je détruirai la sagesse des sages, et j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le disputeur de ce siècle ? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse ; nous, nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes… ! »   I Cor 1:18-25.

   La « Sagesse de Dieu » nous est annoncée, non seulement pour que notre propre sagesse soit, par elle, confondue de folie, mais aussi, afin que nous ne nous représentions pas la Sagesse de Dieu comme étant seulement une sagesse infiniment plus grande que la nôtre. La Sagesse de Dieu, en effet, n’est pas plus « grande » que notre sagesse, elle est essentiellement « autre », c’est-à-dire, une Sagesse d’une autre nature, d’une Nature divine. Il en est d’ailleurs de même au sujet de la Gloire de Dieu, de Sa Puissance, de Sa patience, de Son Amour que nous ne pouvons pas concevoir. Toutes ces Réalités divines ne se mesurent pas à l’échelle de notre intelligence humaine. Car si la Sagesse de Dieu consistait seulement à être la nôtre, mais en étant infiniment plus grande, ceci reviendrait aussi à lui attribuer les imperfections « amplifiées » de notre propre sagesse ! Il n’est donc pas étonnant que, par rapport à la sagesse humaine, la « Sagesse de Dieu » se révèle comme étant une « folie »… !

  De même, la distinction entre la Sagesse de Dieu et la sagesse de l’homme s’éclaire de la distinction faite entre la lumière spirituelle et la lumière physique, c’est-à-dire, par la nature différente de ces deux lumières ; Jésus, après avoir guéri l’aveugle-né dit aux Juifs : « Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. Quelques pharisiens, qui étaient avec lui, ayant entendu ces paroles, lui dirent : Nous aussi, sommes-nous aveugles ? Jésus répondit : Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais maintenant, vous dites : Nous voyons. C’est pour cela que votre péché subsiste… ! » Jean 9:39-41. Les ténèbres de ces aveugles étaient tout simplement leurs propres lumières. Et seule la vraie Lumière apportée par Jésus fut capable de leur montrer que ce qu’ils avaient compris jusqu’alors était exactement le contraire de ce qui devait être cru… !

   Ainsi, ce qui vient d’être dit, nous conduit donc à comprendre que la « folie de Dieu » concerne la Parole, tandis que la « Faiblesse de Dieu », elle, concerne l’Action mystérieuse de Son Dessein. Les contrastes audacieux par lesquels l’apôtre Paul nous transmet les vérités de l’Écriture ne sont pas un effet de style, mais ils nous révèlent la Manière d’agir de Dieu. Et le fait que la « Faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes… » nous apprend que Dieu tient compte de la faiblesse, de notre faiblesse, sinon Il ne serait à notre égard que Jugement, et non pas Miséricorde… ! Mais pour exercer la Miséricorde, ne faut-il pas avoir soi-même éprouvé la faiblesse ? Or, Dieu est Esprit, et non chair, et c’est là que se révèle le Mystère de Son insondable Amour envers nous. En effet, le Dieu Tout-puissant, parce qu’Il est aussi un Père compatissant, « connut » la faiblesse, non en Lui-même, mais dans la Chair de Son Fils … ! C’est en vue de cela que Dieu révéla Son Dessein de Salut pour nous, en se manifestant par l’Incarnation de Jésus-Christ, qui, justement, est « Emmanuel », c’est-à-dire, « Dieu avec nous » … ! » Matt 1 :23.

     La « Faiblesse de Dieu » fut donc manifeste en Jésus-Christ. Car la Nature et le But de la « Faiblesse » de Dieu ne sont pas ceux de notre propre faiblesse. La faiblesse humaine, en effet, se révèle comme n’atteignant pas son but, tandis que la « Faiblesse de Dieu » est le moyen par lequel Dieu atteint Son But, Son But suprême, en l’occurrence : notre Rédemption. L’apôtre Paul nous révèle ce mystère au sujet des souffrances de Jésus-Christ, en écrivant aux Corinthiens : « … Puisque vous cherchez une preuve que Christ parle en moi, Lui, qui n’est pas faible à votre égard, mais qui est puissant parmi vous… ! » Nous nous serions attendus à ce que l’apôtre nous entretînt davantage au sujet de la Puissance de Christ, mais il poursuit : « Car il été crucifié à cause de sa faiblesse…, mais il vit par la Puissance de Dieu ; nous aussi, nous sommes faibles en lui, mais nous vivrons avec lui par la puissance de Dieu pour agir envers vous… ! » II Cor 13:3-4. « Puissant », Jésus le fut par l’Autorité de Son Enseignement, par Ses Miracles et par Ses Prodiges. « Faible » Il le fut aussi, en particulier à l’approche du temps de Son Jugement et de La Croix ; temps où, dit l’Écriture, Jésus Lui-même dit à ses disciples : « Mon âme est triste jusqu’à la mort, restez ici, et veillez avec moi … ! » Matt 6:38. Or, peu après avoir été arrêté par la troupe de soldats, Jésus dit à Pierre qui voulait le défendre : « Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges… ? » Matt 26:53. Jésus vécut donc la Faiblesse et la Puissance, non seulement alternativement, mais aussi simultanément. En effet, en Gethsémané, la Profondeur de la Faiblesse de Jésus fut à la mesure de la « force », avec laquelle Il renonça à l’aide de ces soixante-douze mille anges. Ici se révèle le contraste entre la faiblesse « acceptée » de Jésus et la faiblesse « subie » par l’homme ! Car, pour Jésus, être faible fut autre chose que d’être sans force, en effet, la Grandeur de Sa Faiblesse fut cette « force inversée » qui Le rendit capable ne pas employer la  Force d’En-Haut qui était à sa portée… !

     En Gethsémané toujours, Jésus pria : « Mon Père, s’il est possible que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux… ! » Matt 26:39. Cette prière de Jésus révéla, non pas Sa Volonté s’opposant à la Volonté de Son Père, mais la « Faiblesse », à laquelle Il fut réduit, afin que nous soyons sauvés, ce qui aboutit à cette dernière prière de l’acceptation totale, disant : « Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite… ! » Matt 26:42. La Volonté du Fils n’eut, de toute Sa Vie, que ce seul But, lequel fut le résultat grandiose de la Faiblesse de l’Agneau destiné au Sacrifice. De quelle manière la « Faiblesse de Dieu », dont nous sommes bénéficiaires, s’exerça-t-elle donc ? En ce que Dieu, en Jésus-Christ, « fléchit » sous le « poids » de Sa Miséricorde même…, pour nous délivrer de la faiblesse de notre chair qui ne peut, par elle-même, accomplir la loi !

   Mais dira-t-on : Pourquoi, quant à nous, la nécessité de toujours passer par la faiblesse pour être fort ? Ne pourrait-on pas être fort une fois pour toutes, et de façon continuelle ? Mais c’est là méconnaître la nature humaine, notre propre nature. En effet, l’être le plus spirituel d’entre nous déjà n’échappe pas, d’une façon ou d’une autre, à la satisfaction, soit d’avoir compris une vérité particulière, soit d’avoir accompli une certaine œuvre. S’il y eut une personne à même de se garder d’une telle inclination, ce fut bien l’apôtre Paul lui-même, qui, cependant, écrit : « Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, à cause de l’excellence de ces révélations, il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan, pour m’empêcher de m’enorgueillir. Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m’a dit : Ma Grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi… ! » II Cor 12:7-9… !

      L’Esprit Saint dont l’apôtre était rempli ne suffisait-il pas à le garder de l’orgueil ? Pourquoi donc la nécessité de cette faiblesse, de cette souffrance continuelle pour l’en préserver ? Parce que l’Esprit de Dieu ne nous fortifie durablement qu’en nous tenant dans la faiblesse. Car l’un des premiers signes de l’autonomie rebelle, qui sépara l’homme du Dieu vivant, n’était-il point déjà le fait d’être conscient de sa propre force ? Ici donc s’éclairent les Paroles de Paul qui poursuit, en disant : « C’est pourquoi, je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses pour Christ ; car quand je suis faible, c’est alors que je suis fort… ! » II Cor 12:10. Il ressort de ces paroles cette vérité étonnante, que la faiblesse que l’on « reconnaît », est, justement, celle dont l’Esprit de Dieu se sert pour nous faire aspirer à la persévérance de « ceux qui vaincront », afin de nous conduire à la Victoire.… ! Or une victoire qui ignore la faiblesse ne dure pas. N’est-ce point là la « faiblesse » selon Dieu, telle qu’Il a voulu que nous en prenions conscience… ?